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Chapitre 3  L - Z     (Alchimie - Hermétisme)

 

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LA clÉ des grands mystÈres

Eliphas levi

Edition La Diffusion Scientifique

 1992

Eliphas Lévi, de son vrai nom Alphonse-Louis Constant, fut d'abord ecclésiastique avant de devenir une figure de l'occultisme. Éliphas Lévi est le plus bel exemple des marginaux visionnaires et prodigieux comme en a produit le dix-neuvième siècle avant que l'échec de 1848 n'en brise le moule.
L'ex-abbé Alphonse-Louis Constant a tenté, d'abord par le christianisme, puis par le socialisme, enfin par l'occultisme, d'élever la destinée de l'homme contemporain ballotté par les tempêtes qui agitent le siècle.

Emprisonné à trois reprises, sous trois régimes politiques successifs, pour des ouvrages comme Le Catéchisme de la liberté, La Voix de la famine, Caligula (comparé à Napoléon III), il est l'apôtre du féminisme dans l'église et dans la vie sociale. Et l'ami des grands réformateurs, en particulier Flora Tristan, future grand-mère de Gauguin.

 

Eliphas Levi est sans conteste un des maîtres de l'occultisme et, à coup sûr, son rénovateur en France. Tout le courant ésotérique de la fin du XIXe siècle ne peut d'ailleurs vraiment se comprendre qu’à partir de lui. Il reste que ses œuvres elles-mêmes sont peu connues, voire tout à fait négligées. Aussi la présente réédition est-elle particulièrement importante. Elle fera non seulement découvrir un des grands textes du genre, mais aussi un écrivain visionnaire parmi les plus curieux et les plus lyriques de la littérature française. ‎

 

Eliphas Levi est le pseudonyme d'Alphonse Louis Constant, né le 8 février 1810 à Paris. Après un parcours scolaire dans la plus pure tradition catholique, et alors qu’il doit recevoir l’initiation Sacerdotale, le 19 décembre 1835, il s’enfuit sans plus d’explication, dans les bras d’une jeune demoiselle : Adèle Allenbach dont il avait en charge l’éducation chrétienne. Cette soudaine décision, conduit la mère d’Alphonse à mettre fin à ses jours. Son impérieux besoin d’aimer, selon ses propos de l’époque, se manifeste ensuite auprès d’autres femmes : Flora Tristan, une socialiste militante puis Delphine de Girardin, une femme sensible, douce et romantique, adepte du spiritisme. Ne voulant pas séparer les misères du monde réel et la recherche du bien-être hypothétique de l’autre monde, Alphonse Constant se réfugie à l’abbaye de Solesmes où il découvre alors les gnostiques, les Pères de l’église, les livres de Cassien et les mystiques. A cause d’une mésentente, il quitte l’abbaye pour devenir chien de cour ou surveillant de récréation au collègue de Juilly. Face à son écœurement, issu de la maltraitance de ses supérieurs, il compose La Bible de la Liberté. Publié le 13 février 1841, l’ouvrage est interdit et saisi une heure après sa première mise en vente.

 

 Son procès le condamne à huit mois de prison et une amende de 300 francs. Onze mois plus tard (n’ayant vraisemblablement pas de quoi régler l’amende), il a mis à profit son temps par la lecture notamment des écrits de Swedenborg (scientifique révélé à sa spiritualité et son mysticisme à l’âge de 56 ans). A sa libération et grâce à ses relations et ses amis, il devient prédicateur itinérant mais son succès suscite la jalousie des prêtres. De retour à Paris, Eliphas Levi publie d’autres ouvrages : dans Le Livre des Larmes (1845), il développe pour la première fois des idées ésotériques ; mais le pamphlet La Voie de la Famine (1847) l’emmène de nouveau en prison pour six mois.

 

A sa sortie de prison, il participe à la révolution de février 1848 puis aux insurrections de juin. Recherché comme anarchiste, il évite la mort par le truchement d’un marchand de vin qui a le malheur de lui ressembler un peu trop. En 1852, il publie son chef d’œuvre : Dogme et Rituel de la Haute Magie. Malgré le succès, il est contraint de rejoindre l’Angleterre, où il rencontre Edward Bulwer-Lytton, célèbre auteur de roman et dirigeant de la société rosicrucienne. Introduit dans les cercles de Rose Croix, il fait des séries d’évocations magiques. A la suite de l’une d’entre elles, choqué, il décide de ne plus jamais conduire ces expériences gratuites de magie. Ses disciples avaient d’ailleurs la stricte consigne de ne s’occuper que de la partie spéculative de la science occulte.

 

De retour en France en 1855, il fonde avec Fauvety et Lemonnier La Revue philosophique et religieuse dans laquelle il écrira de nombreux articles sur la Kabbale. En 1859, la publication de L’Histoire de la magie – second volet de la trilogie (après Dogme et Rituel de la Haute Magie) lui confère l’argent et la sympathie de la plupart des ésotéristes français. En 1861, Eliphas Levi publie le dernier opus de sa trilogie, intitulé La clef des grands mystères. A cette époque, il travaille beaucoup, initiant l’occultisme à des érudits de la haute aristocratie. Il continue d’écrire de nombreux livres sur le symbolisme et la kabbale. Après une année de maladies et de douleurs, il s’éteint à l’âge de 65 ans.

 

Pour les détails de l’ouvrage et son sommaire, voir au chapitre 9 –Eliphas Levi

 

LA  CLḖ  ALCHIMIQUE DE L’ŒUVRE D’HERGḖ

Etienne  Badot

Ed. La Pierre Philosophale

2016

Savez-vous qui est le grand Cric ? Savez-vous pourquoi le professeur Calys aime les caramels mous ? Pourquoi la fusée lunaire rencontre-t-elle l'astéroïde Adonis ? Pourquoi le Sani-Cola est une boisson à la chlorophylle ? Pourquoi le vol vers Sydney porte-t-il le numéro 714 ? Les réponses à toutes ces questions, et à bien d'autres encore, tiennent en un seul mot : alchimie ! Avec ce livre, Étienne Badot nous fait partager le résultat de ses recherches.

 

Nous apprenons à lire Hergé autrement... et nous découvrons avec étonnement qu'il connaissait très bien l'alchimie ; il savait parfaitement quelles sont les matières de base du Grand Œuvre, ce qu'est la Pierre philosophale et comment l'obtenir. Le Sujet des Sages, le Feu secret, le Mercure philosophique, le Rebis... tous les arcanes essentiels de la philosophie hermétique se retrouvent, fort astucieusement dissimulés, dans les aventures de Tintin !

 

Ces messages cachés, Étienne Badot les décode et les explique en langage clair, nous révélant ainsi une facette curieuse et encore méconnue de l'œuvre et de la personnalité de ce grand maître de la bande dessinée que fut Hergé !

Cette seconde édition, revue et considérablement augmentée, apporte des informations inédites et des révélations nouvelles sur cette œuvre si attachante. 

 

Extrait du livre : « Un jour, au cours d’une interview, Hergé déclara que ses compositeurs préférés étaient Erik Satie et Claude Debussy. Lorsqu’un journaliste interviewe une personnalité quelconque, il lui pose souvent quelques questions sur ses goûts et ses centres d’intérêt, histoire de brosser son portrait. Le journaliste aurait pu tout aussi bien demander à Hergé s’il préférait le Bordeaux ou le Bourgogne ou encore quelle était sa marque de voiture préférée. La question posée et la réponse d’Hergé ne suscitaient donc pas d’intérêt particulier. Mais pour quelqu’un qui sait lire entre les lignes, c’est quasiment un aveu car Satie et Debussy furent tous deux membres de l’Ordre kabbalistique de la Rose + Croix, fondé par le Sâr Péladan et Stanislas de Guaïta. Satie composa d’ailleurs plusieurs œuvres en qualité de maître de chapelle de cet ordre. Nous retiendrons aussi qu’Hergé comptait parmi ses amis l’égyptologue Jean Capart, qui aida le fondateur de l’A.M.O.R.C. pour la création d’un musée égyptien à San José en Californie. Rappelons au passage que le personnage du savant Hippolyte Bergamotte est vraisemblablement inspiré de Jean Capart 
Je pense donc qu’Hergé était membre d’un ordre rosicrucien, fort probablement de l’Ordre kabbalistique de la Rose + Croix ou de l’A.M.O.R.C. Je devine déjà la question que vous brûlez de me poser, chers lecteurs : Pourquoi Hergé aurait-il appartenu à un ordre se revendiquant de la Rose + Croix plutôt qu’à une quelconque autre société secrète ? Quelles sont mes preuves ?"

 

« Ces preuves, c’est Hergé lui-même qui nous les a fournies ! Un de mes contacts, qui était au courant de mes recherches, me fit un jour part d’une information intéressante. Il m’affirma qu’Hergé avait caché dans chaque album de Tintin des codes secrets, dont notamment un rébus qui révélait le nom de l’ordre initiatique dont il était membre. L’information ne manquait pas d’intérêt mais elle ne m’avançait guère car le champ de recherche restait fort large : les ordres initiatiques et autres sociétés secrètes sont légion. Pour trouver, il me fallait avant tout savoir que chercher ! Cependant, je n’eus pas besoin de relire des dizaines de fois tous mes albums pour découvrir la clé.

 

C’est une carte de vœux dessinée par Hergé qui me démontra que la piste rosicrucienne était certainement la bonne. Cette carte montre Tintin, marchant dans la neige et tenant dans une main un paquet rose et dans l’autre un sapin de Noël dont la base est formée de deux planches de bois disposées en croix. La solution était lumineuse et évidente ! En effet, ce rébus Rose + Croix est partout dans l’œuvre d’Hergé : nous allons le retrouver dans tous les albums de Tintin, au moins une fois dans chaque aventure et même plusieurs fois dans certains albums. Bien entendu, la forme du rébus change à chaque fois. Il faut donc un œil attentif et de la sagacité pour les déceler, mais on peut tout de même les trouver si on se donne la peine de chercher un peu. Certains rébus sont assez faciles ; un enfant pourrait les trouver : lors de la rédaction de mon livre, ma petite-fille Denise, qui avait à l’époque onze ans, savait que j’écrivais sur Hergé et avait voulu m’aider dans mes recherches. Je lui avais donc expliqué le genre de rébus que je cherchais et en un week-end, elle m’en avait déjà trouvé trois, ce dont elle n’était pas peu fière. Eh oui ! Les albums de Tintin sont bien pour les jeunes de 7 à 77 ans ! »

 

LA DOCTRINE SPAGIRIQUE DE PARACELSE  

 Dr J. Emile Emerit

Edition Mercure Dauphinois

 2014

Paracelse (1493 ou 1494 – 1536) est un personnage essentiel dans l’histoire de la médecine, à la croisée des disciplines traditionnelles et d’une révolution de la connaissance comme de la pratique médicale dans un monde où l’être humain n’est pas encore morcelé mais saisi dans sa totalité. « Pour Paracelse, note Jean-François Gibert, le savoir médical repose sur quatre piliers : la philosophie naturelle, l’astronomie (rapport de l’homme à la matrice cosmique), l’alchimie, la vertu et le pouvoir immanent au médecin, au patient, à l’heure, au métal, etc. »

 

Jean-François Gibert remarque que dans la pensée paracelsienne « coexistent une immense intuition des lois du monde et, en germe, tous les concepts qui sous-tendent une large part de la science médicale contemporaine ».

 

Le docteur Emerit (1897-1968), l’un des grands hermétistes du XXème siècle, étudia longuement l’œuvre de Paracelse et la traduisit en latin. Il réalisa un fichier thématique dont il tira un extrait considérant tout ce qui avait trait à la spagyrie. C’est cet extrait, mis en forme par l’alchimiste et adepte Henri Coton-Alvart (1894-1988), qui nous est proposé heureusement aujourd’hui dans ce livre tout à fait remarquable.

 

Après une série de notes introductives excellentes de Jean-François Gibert, notamment sur la doctrine du tartre, sur la spagyrie, sur l’apoptose, sur quelques concepts essentiels chez Paracelse, l’extrait du docteur Emerit se présente sous la forme d’un dictionnaire d’une immense richesse pour les chercheurs. De « abeilles » à « Zinc », ce sont des concepts essentiels aux conséquences pratiques parfois considérables qui sont traités, pensons notamment à « âme », « archée », notion très importante chez Paracelse, « astres », « eau », « esprit », « feu », « homme », « limbe », « matrice », « mumie », « principes », « sang », « semence »... Bien que la langue soit impropre à caractériser l’expérience subtile, l’ensemble apparaît d’une grande cohérence.

 

Ce travail servira aussi bien le chercheur en médecine traditionnelle, le spagyriste que l’alchimiste. Par analogie, nombre de propositions font sens non seulement dans le domaine de l’alchimie métallique mais aussi dans celui des alchimies internes.

 

A la fin de l’ouvrage, le lecteur trouvera le Traité de l’Azoth de Paracelse. Bien que ce texte puisse être un apocryphe, le docteur Emerit comme Henri Coton-Alvart le considéraient comme une introduction excellente à la doctrine paracelsienne. Une double lecture en est possible, biblique et alchimique. Ce livre est précieux pour le chercheur en mettant à notre disposition le langage paracelsien afin de mieux approche rune œuvre si considérable.

 

Terminons cette présentation par ce propos nécessaire de Jean-François Gibert : « L’alchimie est une science secrète ; le secret est un droit incontournable de tout chercheur. Newton lui aussi a tenu secrètes nombre de ses recherches. Mais il est, par ailleurs, indiscutable que les hermétistes de toutes les époques se sont parfaitement compris entre eux. Sans doute ont-ils voulu tenir à l’écart de leurs connaissances une humanité qui, aujourd’hui encore, n’a pas dépassé le stade de l’enfance. L’hyper technologie n’est pas forcément un progrès et le monde contemporain porte en lui les germes d’une possible autodestruction. Ceci, les alchimistes l’avaient depuis longtemps compris, d’où la loi absolue du silence, qui ne peut être rompue que le jour où la conscience est face à la conscience. »

 

LA  DOCTRINE  SECRÈTE

GRILLOT  DE  GIVRY

Edition ARQA

 2009

Grillot de Givry fut un des plus grands auteurs chrétiens de son temps. Grand hermétiste, érudit brillant, ami de Léon Bloy et de Joris Karl Huysmans, Grillot de Givry fut aussi un traducteur renommé des anciens textes perdus du Corpus Hermeticum. Le Musée des sorciers, mages et occultistes parait en 1929, année de sa mort.

La Doctrine secrète – «Le Divin est impérissable. Le Divin n’évolue pas comme les hommes vers un but hypothétique et vague, à travers un progrès contestable; il plane, il est stable, et les négations ne l’empêchent pas d’être et de s’imposer aux générations qui le repoussent comme un anachronisme. Parmi les sociétés les plus matérialistes, au sein des villes les plus modernes, il se révèle tout à coup et attire irrésistiblement les âmes altérées de Mystère. » - Grillot de Givry – 1902 - Grillot de Givry fut un des plus grands auteurs chrétiens de son temps. Grand hermétiste, érudit brillant, ami de Léon Bloy et de Joris Karl Huysmans, Grillot de Givry fut aussi un traducteur renommé des anciens textes perdus du Corpus Hermeticum. Le Musée des sorciers, mages et occultistes parait en 1929, année de sa mort. De ce «testament philosophique», devenu rare chez les libraires de livres anciens, les éditions Arqa proposent de découvrir avec cet auteur mystique, un chapitre entier de cet ouvrage consacré à la « doctrine secrète », autrement dit l’Alchimie pérenne, celle de Nicolas Flamel, Basile Valentin, Dom Pernety, Cambriel ou Cyliani… Un texte de référence, survolant en quelques pages remarquables, avec une érudition sans faille, l’histoire de l’Alchimie et de sa doctrine secrète -

Extrait «Pour bien des gens qui ne l’ont pas étudiée, l’alchimie n’est qu’un amas de rêveries et de divagations, résultant d’une vaine tentative des hommes pour faire de l’or artificiel, à laquelle ils étaient poussés, soit par une cupidité sordide, soit par une folie orgueilleuse de vouloir s’égaler au Créateur. Cependant, ceux qui étudient l’alchimie en dehors de ces préoccupations inférieures ne tardent pas à y découvrir un charme dont la suavité ne saurait être décrite; et, dans l’édifice ténébreux des sciences du Moyen Age, celle-ci irradie comme ces roses géantes, silencieuses et immobiles qui, loin des vulgarités de la vie, baignent d’une lumière ineffable le transept des cathédrales endormies. Une des premières notions précises que l’on recueille de la lecture des auteurs ayant traité de l’alchimie, c’est que cette science repose sur un secret qui n’est réservé qu’à un petit nombre d’adeptes privilégiés possédant les qualités intellectuelles et morales requises pour l’obtenir. Difficile et étroite est la voie, et nombreux sont ceux qui s’y fourvoient dans des sentiers erronés où ils ne trouveront que déception, erreur, mensonge, ce qui leur fera dépenser en pure perte des sommes considérables. Cette vérité a été remarquablement exposée par Henri Khunrath, dans la planche de son Amphitheatrum aeternae sapientiae, Hanau, 1609, représentant la Citadelle alchimique, qui symbolise la science d’Hermès. Cette citadelle est entourée d’un large cercle divisé en vingt et un compartiments, ayant chacun une entrée. Vingt de ceux-ci n’ont point d’issue, et se trouvent barrés par le mur énorme qui les isole de la citadelle. Ils signifient les vingt voies parmi lesquelles peuvent se fourvoyer les chercheurs de la doctrine alchimique ; des inscriptions indiquent les opérations fausses que représentent ces voies, telles que : essai de transmutation de l’argent en or, par augmentation, essai de travail sur le mercure vulgaire, etc. Et comme ces vingt compartiments communiquent entre eux, l’amateur philosophe peut errer longtemps avant de reconnaître sa sottise. Le vingt et unième compartiment ».

 

LA GÉNÉRATION ET OPÉRATION DU GRAND ŒUVRE POUR FAIRE DE L’OR.

AUTEUR ANONYME

ÉDITION LE MERCURE DAUPHINOIS

 2007

Ce manuscrit peint du début du XVIIe siècle, se déclare lui-même comme : « Un ouvrage très ruineux et des plus chimérique et extravagant ; idée sortie de la cervelle creuse d’un échappé des petites maisons ».

Ce petit manuscrit, illustré de 21 aquarelles en couleur, provient du fond ancien de la bibliothèque de Lyon. Eugène Canseliet dans une lettre le cite, quant à Fulcanelli il le cite à deux reprises dans son livre « Les demeures philosophales » page 43 et page 86.

 

L’auteur de ce traité, un Adepte, a relaté sur un cahier d’écolier les opérations du Grand Œuvre et la Génération qui s’ensuit et les a illustrées de 21 aquarelles d’une très grande beauté et pureté.

L’aveu de ce grain de folie témoigne que l’Adepte a franchi le seuil au-delà duquel se voit l’essence des êtres et des choses et en même temps ce rébus ajoute à la série des figures le sens des lames du Tarot, comme celle du Fou.

 

Il semble que cette idée des Tarots ait présidée à la confection de ce livre. Malgré l’obscurité de certains passages, ce livret poétique si délicatement illustré transporte le lecteur intelligent vers le « Principe de Vie » que la science, déviant aujourd’hui sur les clones, se montre inapte à découvrir.

Les anciens avaient raison de rendre difficiles à comprendre leurs travaux afin que seuls ceux qui humblement le méritent, puissent en lire clairement les judicieux conseils.

 

L’ALCHIMIE

SERGE   HUTIN

ÉDITION  PUF

 2001

L’alchimie ne saurait se résumer à l’art de la transmutation des métaux, cette pseudo-science du Moyen Âge dont le but était la fabrication de l’or. Cet ouvrage nous propose l’histoire d’un art étrange, qui ne doit pas être réduit à une activité de charlatans et d’escrocs, et qui a tenté, pendant des siècles de réaliser une union des plus paradoxale : celle de la technique et celle de la mystique.

 

L’Alchimie est une discipline qui recouvre un ensemble de pratiques et de spéculations en rapport avec la transmutation des métaux. L’un des objectifs de l’alchimie est le grand œuvre, c’est-à-dire la réalisation de la pierre philosophale permettant la transmutation des métaux. 

Un autre objectif classique de l’alchimie est la recherche de la panacée (médecine universelle) et la prolongation de la vie via un élixir de longue vie. Toutefois, certains auteurs affirment que l’essentiel de la recherche alchimique n’est pas la transmutation des animaux, phénomène secondaire, mais la transformation de l’alchimiste lui-même.

 

On peut comprendre cette transformation comme abstraite et spirituelle, ou encore psychique et bien réelle, thèse proposée notamment par Carl Gustave Jung ou encore par Jacques Bergier dans Le Matin des magiciens.

La pratique de l’alchimie et les théories de la matière sur lesquelles elle se fonde, sont parfois accompagnées, notamment à partir de la Renaissance, de spéculations philosophiques, mystiques ou spirituelles.

 

L’alchimie s’est donné des buts distincts, qui parfois coexistent. Le but le plus emblématique de l’alchimie est la fabrication de la pierre philosophale, ou « grand œuvre », censée être capable de transmuter les métaux vils en or, ou en argent. D’autres buts de l’alchimie sont essentiellement thérapeutiques, la recherche de l’élixir d’immortalité et de la Panacée (médecine universelle), et expliquent l’importance de la médecine arabe dans le développement de l’alchimie. Derrière des textes hermétiques constitués de symboles cachant leur sens au profane, certains alchimistes s’intéressaient plutôt à la transmutation de l’âme, c’est-à-dire à l’éveil spirituel. On parle alors de « l’alchimie mystique ». Plus radical encore, l’Ars Magna, une autre branche de l’alchimie, a pour objet la transmutation de l’alchimiste lui-même en une sorte de surhomme au pouvoir quasi illimité. Un autre but de l’alchimie, est la création d’un homme artificiel de petite taille, l’homoncule. le Grand Œuvre avait pour but d’obtenir la pierre philosophale. L’alchimie était censée opérer sur une Materia prima, Première Matière, de façon à obtenir la pierre philosophale capable de réaliser la « projection », c’est-à-dire la transformation des métaux vils en or. Les alchimistes ont développé deux méthodes pour tenter d’obtenir la pierre philosophale: la voie sèche et la voie humide.

 

De façon classique la recherche de la pierre philosophale se faisait par la voie dite voie humide, celle-ci est par exemple présentée par Zosime de Panopolis dès 300. La voie sèche est beaucoup plus récente et a peut-être été inventée par Basile Valentin, vers 1600. En 1718, Jean-Conrad Barchusen, professeur de chimie à Leyde, dans son Elementa chemicae, développe cette voie. Selon Jacques Sadoul la voie sèche est la voie des hautes températures, difficile, tandis que la voie humide est la voie longue (trois ans), mais elle est moins dangereuse. Fulcanelli dit à ce propos « À l’inverse de la voie humide, dont les ustensiles de verre permettent le contrôle facile et l’observation juste, la voie sèche ne peut éclairer l’opérateur ».

 

Les phases classiques du travail alchimique sont au nombre de trois. Elles sont distinguées par la couleur que prend la matière au fur et à mesure. Elles correspondent aussi aux types de manipulation chimique : œuvre au noir calcination, œuvre au blanc lessivage et réduction, œuvre au rouge pour obtenir l’incandescence. On trouve ces phases dès Zosime de Panopolis. La phase blanche est parfois divisée en phase blanche lessivage et phase jaune réduction par certains auteurs alchimistes, qui admettent ainsi quatre phases (noir, blanc, jaune, rouge) pour l’ensemble au lieu de trois (noir, blanc, rouge). Les Arabes sont les premiers à donner à la pierre philosophale des vertus médicinales et c’est par leur intermédiaire que le concept d’élixir est arrivé en Occident. Roger Bacon veut « prolonger la vie humaine ». La quête alchimique, de métallique aux origines, devient médicale au milieu du XIVe siècle, avec le Pseudo-Arnaud de Villeneuve et Petrus Bonus. La notion de « médecine universelle » pour les pierres comme pour la santé vient du Testamentum du Pseudo-Lulle (1332). Johannes de Rupescissa (Jean de Roquetaillade) ajouta, vers 1352, la notion de quintessence, préparée à partir de l’aqua ardens (alcool), distillée des milliers de fois113 ; il décrit l’extraction de la quintessence à partir du vin et explique que, conjointe à l’or, celle-ci conserve la vie et restaure la santé. Paracelse, en 1533, dans le Liber Paragranum, va encore plus loin, en rejetant la transmutation comme but de l’alchimie, pour ne garder que les aspects thérapeutiques.

 

 Il a résumé ainsi sa pensée : « Beaucoup ont dit que l’objectif de l’alchimie était la fabrication de l’or et de l’argent. Pour moi, le but est tout autre, il consiste à rechercher la vertu et le pouvoir qui réside peut-être dans les médicaments. » En un sens Paracelse fait donc de l’iatrochimie (médecine hermétique), plutôt que de l’alchimie proprement dite. Dès lors apparaît une opposition entre deux usages de la pierre philosophale, la production de l’or (chrysopée) ou la guérison des maladies (panacée). La iatrochimie (ou médecine hermétique) a eu « pour principal représentant François de Le Boë (Sylvius) et consistait à expliquer tous les actes vitaux, en santé ou en maladie, par des opérations chimiques : fermentation, distillation, volatilisation, alcalinités, effervescences. » L’alchimie médicale a été étudiée par Alexander von Bernus.

 

La légende veut que l’alchimiste Nicolas Flamel ait découvert l’élixir de jeunesse et l’ait utilisé sur lui-même et son épouse Pernelle. De même la légende du comte de Saint-Germain marqua l’alchimie, il aurait eu le souvenir de ses vies antérieures et une sagesse correspondante, ou aurait disposé d’un élixir de longue-vie lui ayant donné une vie longue de deux à quatre mille ans selon lui. L’alchimiste se présente comme un philosophe. Il prétend connaître non seulement les métaux, mais aussi les principes de la matière, le lien entre matière et esprit, les lois de transformation… Son ontologie repose sur la notion d’énergie, une énergie contradictoire, dynamique, une, unique, en métamorphoses. Il tire aussi une morale de ses travaux, l’éloge du travail et de la prière : « Prie et travaille (Ora et labora) » (Khunrath). Il avance une grande méthode : l’analogie (« Tout ce qui est en bas est comme ce qui est en haut »). Sa notion-clef est celle d’origine, de retour, ou – comme le dit Pierre A. Riffard – de « réversion ». L’alchimiste veut retourner à la matière première, rétablir les vertus primitives des choses, rendre pur et sain toute créature : faire nature, pourrait-on dire.

 

AU SOMMAIRE/

 

Qu’est-ce que l’alchimie ?- les alchimistes et leur symbolisme- l’ésotérisme- le tarot- les origines de l’alchimie- Hermès Trismégiste- l’Egypte, la Chaldée et l’Iran- les diverses gnoses- les grands initiés- Alexandrie et Byzance- le Grèce- les alchimistes musulmans- la table d’émeraude- les alchimistes du Moyen Âge- Nicolas Flamel- Basile Valentin- Paracelce- les frères de la Rose+Croix- Le sens de la philosophie hermétique- le microcosme et le macrocosme- les trois mondes- les théories alchimiques avec comme base le Sel, le Soufre et le Mercure- les quatre éléments- les sept métaux- l’alchimie pratique avec le Grand Œuvre- l’œuf philosophique- la pierre philosophale- l’homunculus- l’alchimie mystique, son ascèse et illumination- ses passerelles avec la franc-maçonnerie -L’Ars Magna et Ramon Lull- le tantrisme- l’influence de l’alchimie sur les arts, la littérature, la technique, la pensée philosophique et la religion- les Philalèthe-

 

l’alchimie dans la franc-maçonnerie – art & initiation

Jean beauchard

Edition VEGA

 2007

Après avoir explicité la nature de l’alchimie et comment la science d’Hermès a imprégné la Franc-maçonnerie, l’auteur nous livre l’histoire d’un itinéraire personnel : une longue et constante initiation à travers les pratiques artistiques, alchimiques et maçonniques. Les langages plastiques et philosophiques se nouent au fil d’un parcours qui interroge les motivations personnelles, la tradition fondamentale et les pratiques rituelles en les éclairant du regard de l’Art royal.

 

Cet ouvrage a pour but d'expliquer aussi simplement que possible ce qu'est l'alchimie et comment la science d'Hermès a imprégné la Franc-maçonnerie. Ce sera en même temps l'histoire d'un itinéraire personnel : une longue et constante initiation à travers les pratiques artistiques, alchimiques et maçonniques.

 

L'hermétisme et son corollaire pratique : l'alchimie, ne sont pas pour moi de simples sujets de spéculation. Ils font partie de mes préoccupations constantes de plus de trente-cinq années et la pratique alchimique, qui pour moi s'est exercée sous divers aspects, est indispensable à une réelle pénétration de ces données.

 

Les rituels maçonniques font quelquefois allusion à l'hermétisme. À l'époque de leur constitution, au cours du XVIIIe siècle, l’imprégnation alchimique était d'une telle évidence qu'il n'était pas besoin d'en souligner l'existence. Mais après les révolutions technologiques, la philosophie de la nature n'aura plus la même réalité. Certains mots ont maintenant perdu de leur sens au point qu'ils deviennent insolites et inspirent de la méfiance ; au mieux ils sont détournés de leur signification d'origine. ...

 

Son second livre « Le Tarot des Alchimistes » est le résultat de très longues années de travail fait de recherches assidues sur les matières en question et d'une application permanente autant que minutieuse sur le plan artistique pour aboutir à des images les plus exactes possibles. Fond et forme sont étroitement liés.

 

En fait sur plus de trente années l'auteur a conçu et dessiné les lames du tarot qu'il nous propose aujourd'hui et qui nous fait passer de "l'épais au subtil" pour nous conduire jusqu'à l'inaltérable et  immarcescible perfection.

Car il s'agit bien de cela. Imprégné d'une somme de lectures considérable, Jean Beauchard, nous livre la quintessence de ses investigations en y apportant une touche personnelle, soit des réflexions venues en cours d'étude. Le tout donne une œuvre originale, ne ressemblant à aucune autre dans le genre. Avec ce voyage aux sources du Tarot et de l'Alchimie nous sommes au cœur du mythe, de la tradition et de la science hermétique. Sont ici traités les rapports que ces trois entités entretiennent entre elles. " Je montre aussi, en cet ouvrage, comment la Franc-Maçonnerie est constamment imprégnée de cet esprit", dit Jean Beauchard

 

Le but du Grand Œuvre est le mariage du soufre (pôle masculin) et du mercure (pôle féminin) par l'action du sel ; principe neutre et élément ternaire qui scelle les deux autres. La légende veut que l'alchimiste, au terme de sa quête, devienne hermaphrodite. L'importance du nombre 3 ; le ternaire qui permet de dépasser les oppositions en une nouvelle synthèse, se retrouve en maçonnerie afin de rassembler ce qui est épars. Un alchimiste a dit : « Le secret consiste à savoir convertir la pierre en aimant, qui attire, embrasse et unit cette quintessence astrale ». L'un est aussi le tout ; selon la formule alchimique, tout est un et tout se ramène à l'un. C'est là un enseignement initiatique important présent dans nombre de traditions. On distingue deux sortes d'unités : l'unité initiale et l'unité finale, l'alpha et l'oméga, symbolisé par l'image célèbre du serpent qui se mord la queue, souvent présente dans les traites alchimiques. Du magma initial surgit l'ordre final, entre les deux, les alchimistes devinent tout le circuit de la matière transmuée. Chacun sait que le but de tout alchimiste est de trouver la fameuse pierre philosophale. On s'est souvent perdu en conjectures pour deviner la nature réelle de cette pierre. Peut-être est-il possible d'y voir plus clair en raisonnant en maçon.

La pierre philosophale ne serait-elle pas notre pierre taillée ? Ne symboliserait-elle pas l'adepte accompli ? Quelle différence entre passer du vil plomb à l'or alchimique et passer de la pierre brute à la pierre taillée ? Deux terminologies différentes peuvent fort bien traduire une même réalité. En franc-maçonnerie, on comprend vite que la pierre n'est autre que le franc-maçon lui-même, et le travail initiatique un travail sur soi. De leur côté, bien des alchimistes ont reconnu que la coction finale avait lieu simultanément dans l'athanor de briques et dans celui du cœur. Jung, qui s'est intéressé à l'alchimie, pensait que l'œuvre opérative n'était que la projection de l'Œuvre intérieure. L'artiste et l'Œuvre, à l'instar du temple intérieur et du temple extérieur, ne font qu'un. Il apparaît donc que le but de l'alchimie semble bien être le même que celui de la franc-maçonnerie, à savoir le perfectionnement constant de l'initie.

Artiste créateur, Jean Beauchard conduit le lecteur de la matière vers l’esprit.

 

l’alchimie DḖVOILḖE –     Introduction de J.P GIUDICELLI DE CRESSAC BACHELERIE -

Johannes Helmond 

Edition Sesheta-Publications

 2015

Pour la première fois le Secret de la Pierre des Philosophes est ouvertement expliquée par Johannes Helmond Fr. Rose+Croix. Délégué par l'Ordre des Initiés Hermétistes de la Rose-Croix d'Or de 1710.

 

L’alchimie dévoilée est l’un des textes fondamentaux du vaste corpus alchimique traditionnel et cette nouvelle édition devrait contribuer à dissiper quelques-unes des nombreuses confusions qui voilent la réalité de l’art alchimique que cela soient celles générées par la psychologie, fusse-t-elle des profondeurs, ou par les mythes des « faiseurs d’or ». Au cœur de l’alchimie se trouvent les mystères de la matière et de l’esprit.

 

Selon Jean-Pierre Giudicelli de Cressac Bachelerie, Joannes Helmond est le pseudonyme d’un collège qui s’inscrit dans la tradition des Rose-Croix d’Or du XVIIIème siècle, elle-même héritière de courants plus anciens. Dans son avant-propos, Jean-Pierre Giudicelli de Cressac Bachelerie rappelle plusieurs points essentiels :

 

« La simplicité extrême de la voie

La réalité vérifiable de l’opérativité alchimique

La nécessité d’opérer dans un état modifié de la conscience, état de présence et d’intensité ».

 

Joannes Helmond introduit son livre par la question essentielle du langage alchimique : « La plus grande difficulté que rencontre toujours le non-initié, est la multiplicité des significations des seuls symboles alchimiques et leurs synonymes. Il est donc raisonnable de ne pas aborder les pratiques alchimiques avant de maîtriser vraiment la théorie de la science hermétique, donc de comprendre complètement les anciens écrits et d’avoir une intelligence profonde de la chose. » Se familiariser avec un corpus de livres anciens, être guidé dans l’acquisition de ce langage fait se symboles et de mythèmes, saisir les règles du « jeu des perles de verre » tout en se rapprochant de soi-même, au cœur même du silence constituent un préalable à la voie.

 

Joannes Helmond aborde ensuite les principes à l’œuvre, les feux, les vases, les préparations, les phases de l’œuvre qui font sens tant à l’externe qu’à l’interne. Il traite au final des processus mystériques à travers la Renaissance, les mythes osiriens, éleusiniens, hébreux ou chrétiens avant d’introduire la question des deux sentiers : « L’âme de l’homme se trouve à la croisée des chemins, comme Hercule. Elle a à choisir entre le monde extérieur sensible et éphémère, et le monde intérieur spirituel et éternel. Si elle s’est décidée pour ce dernier, alors tout ce à quoi l’homme se raccroche dans la vie ordinaire, doit perdre toute valeur pour lui. Une réévaluation doit s’instaurer, une totale transformation de la vie affective et spirituelle. Et, jusqu’ici, le monde extérieur avait passé pour être le seul monde réel et le monde intérieur pour n’être qu’une ombre de la réalité extérieure sensible, alors tout rapport au monde désormais se renverse. Seules les choses de la vie psychique et spirituelle sont réelles, le monde extérieur sensible n’est pas réel… »

 

Ce renversement permet de s’extraire d’un rapport dualiste et prométhéen à l’alchimie, piège redoutable, pour s’établir dans un rapport non-dualiste, source de l’art pur, par lequel l’alchimie devient célébration de ce qui est et non une vaine tentative « d’obtenir ». Ce texte, respectueux de la tradition alchimique des anciens courants se réclamant de la Rose-Croix, pose les bases d’une pratique ajustée et propose un paradigme sain, ou saint.

 

l’alchimie expliquÉe par son langage

 Léon gineste

 Edition DERVY

 2001

Par définition, l’alchimie manifeste un lien palpable entre toutes les choses et tous les êtres. Elle les métamorphose. L’univers devient alors limpide et accessible.

En agissant sur la matière, l’alchimiste se met au diapason de lui-même et des lois universelles avec lesquelles il établit un vrai dialogue.


Cependant, face aux multiples interprétations qui divisent les écoles d’alchimie, les scientifiques, les philosophes, les psychologues, la littérature alchimique est devenue un véritable chef-d’œuvre d’obscurité. Chacun défend sa théorie et pour les chercheurs que nous sommes des questions simples comme : qu’est-ce que l’alchimie ? Est-il possible de déchiffrer son langage ? Restent sans réponses.


Certes, il est difficile de transmuter un défaut, car tant qu’il n’est pas maîtrisé, il fait partie intégrante de notre personnalité et tend à s’exprimer chaque fois que les circonstances lui sont “favorables”. Pour réaliser sa transmutation, il ne faut surtout pas le combattre, car un tel combat le nourrit et lui donne encore plus d’importance. Comme je l’ai dit précédemment, on doit s’évertuer à lui substituer graduellement la qualité opposée.

 

À titre d’analogie, le seul moyen de vaincre l’obscurité est d’y apporter la lumière. Au début, un tel processus est difficile, mais avec le temps, il vient un moment où cette qualité nous devient “naturelle”. Dès lors, le défaut concerné a été transmuté.


Si l’alchimie spirituelle est fondamentale pour transmuter graduellement nos défauts en leurs qualités opposées et en venir ainsi à exprimer ce qu’il y a de meilleur en nous, une autre forme de transmutation est tout aussi nécessaire : celle qui consiste à remplacer toute pensée négative qui nous vient à l’esprit par une pensée positive. Par «pensée négative», il ne faut pas entendre uniquement les pensées empreintes de méchanceté, de rancune, de jalousie, de vengeance, etc. Il faut entendre également les pensées générées par la crainte, l’angoisse, le pessimisme, le manque de confiance en soi, etc. Que nous en ayons conscience ou non, elles nuisent à notre bien-être général et sont à l’origine de nombreux troubles psychologiques et physiques.

Quel intérêt y a-t-il à pratiquer l’alchimie spirituelle et mentale ? La réponse à cette question tient en un seul mot : s’améliorer. Mais pourquoi s’améliorer ? En premier lieu, pour devenir une meilleure compagnie pour soi-même, car tout défaut majeur est une cause de mal-être et fait de nous un ennemi de nous-mêmes. En second lieu, pour devenir une meilleure compagnie pour les autres, qu’il s’agisse de nos proches, de nos amis, de nos collègues de travail, de nos voisins, etc. En troisième lieu, pour devenir un meilleur citoyen et contribuer ainsi à l’amélioration de la société. Mais d’un point de vue rosicrucien, ces trois raisons se confondent en une seule : si nous vivons sur Terre, c’est pour nous parfaire en éveillant ce qu’il y a de plus divin en nous, ce qui suppose d’avoir une approche spiritualiste de l’existence.

 

Par ce livre, accessible à tous, Léon Gineste nous offre les clés d’un sanctuaire oublié afin de retourner aux sources d’un antique savoir. Ainsi, au fil des pages, s’anime peu à peu le souffle vivifiant qui transfigure la vie des chercheurs en une magnifique aventure défiant l’imaginaire.

 

L’ALCHIMIE EXPLIQUÉE SUR SES TEXTES CLASSIQUES 

EUGENE  CANSELIET

EDITION  PAUVERT

1972

Voici un livre attendu par tous les enfants d’Hermès, et dont le titre même dit bien qu’elle fut l’intention de l’auteur : alchimiste formé auprès du grand Fulcanelli, Eugène Canseliet se devait de présenter un jour et de commenter les textes classiques ayant trait à son art.

 

Nul mieux que lui n’était capable de mener à bien un semblable travail. Il n’avance rien, en effet, qu’il ne l’ai vérifié au laboratoire, là où jamais n’eurent à intervenir « les degrés infernaux de la température », sans lesquels on affirma, à tort, qu’aucune transformation n’est possible à l’intérieur de la matière. Faisant justice de cette erreur, le disciple de Fulcanelli met en lumière que l’Alchimie possède un agent secret que sans doute la physico-chimie ne pourra jamais obtenir, malgré le pouvoir terrifiant de ses colossaux appareils.

 

Mais la science hermétique ne se confine pas dans les manipulations expérimentales : « la philosophie enveloppe la pratique, le savant et le poète s’unissent dans une même personne ; l’intuition merveilleuse et triomphante collabore étroitement avec la raison logique et soumise ».

 

Ce nouveau volume apporte aux « curieux de sagesse » et, en particulier, à tous ceux qui se livrent aux arts libéraux, quelle que soit leur formation, rares et fort parlantes, parmi lesquelles quatre en couleur, enrichissent le texte et s’harmonisent avec lui.

 

12 chapitres expliquent la pensée alchimique de l’auteur :

 

La Dame par excellence, Sagesse et Discipline, Sollicitations trompeuses ou insensées , Le langage et la Cabale Hermétique, Les conditions extérieures pour la réalisation positive de l’œuvre, La matière prochaine et sa préparation, Le Sel des philosophes, Conjonction et Séparation, L’Etoile polaire des Mages, Les aigles ou Sublimations, L’œuf philosophal, La grande Coction.

 

L’ALCHIMIE – HISTOIRE ET ACTUALITḖ

Guy  Piau

Edition Numérilivre

2017

Alchimie. A l'évocation de ce mot moyenâgeux, surgit immédiatement l'image d'un occultiste enturbanné et fébrile, entouré de fioles et de cornues remplies de liquides multicolores. Le feu va-t-il transformer la lamelle de plomb enfournée, en cet or liquide tant attendu ? ! Au-delà de ce cliché, symbolisant avec l'hypothétique transmutation des métaux, l'art de purifier l'impur en imitant les processus de la nature, l'alchimie c'est d'abord l'histoire itinérante d'un concept.

 

Celle que nous raconte Guy Piau - historien reconnu de cette discipline - dans le présent livre, remarquablement documenté et soucieux du détail, avant d'en dégager une philosophie humaniste pertinente. L'alchimie, primitivement chinoise puis indienne, arrive à Alexandrie aux IIe et IIIe siècle. Grâce aux Arabes, elle gagne l'Europe où l'hermétisme chrétien favorise son essor. De Jahir Ibn Hayann al Sufi à Raymond Lulle, de Nicolas Flamel à Paracelse, praticiens célèbres, c'est une alchimie sans cesse actualisée qui réussit à traverser le temps, du VIIIe au XXe siècle.

 

Elle est ainsi accueillie, entre autres, par Carl Jung le psychanalyste et Gaston Bachelard le philosophe, qui la transmutent eux-mêmes en matière à penser. Guy Piau ne manque pas de nous rappeler ce que doit la franc-maçonnerie spéculative à l'alchimie, par le biais de l'hermétisme. Cette doctrine occulte, vecteur s'il en est de l'esprit alchimique, a hautement enrichi la palette allégorique de l'art Royal, avec, entre autres, la métamorphose de la matière, la panacée et l'immortalité. L'originalité de cet ouvrage s'affirme dans la belle réussite de l'auteur à faire de la raison et de  la poésie conjuguée, les compagnes de l'alchimie. Il nous montre que l'Homme, enfant de l'univers, n'est jamais davantage Homme que dans son vaillant cheminement vers l'inaccessible étoile. C'est là, sur cette traînée de lumière, qu'il se transforme par la réflexion. Et que brille soudain l'or de sa pensée !

La présence de l’hermétisme dans les débuts de la science classique a fait l’objet de nombreuses études. Il s’agissait bien sûr de corriger une version simplifiée de l’histoire des sciences, qui supposait que les travaux de Kepler, de Galilée ou de Descartes avaient d’un seul coup balayé aussi bien les thèses scolastiques que les idées hermétistes. Cependant, une fois reconnue cette présence persistante de l’hermétisme, des interprétations divergentes ont pu en être proposées.

On a fait remarquer à juste titre que l’organisation des savoirs au début du XVIIe siècle n’était pas le même qu’aujourd’hui et que l’approche mathématique du mouvement des planètes pouvait bien s’accompagner, chez Kepler, de la croyance en une âme du monde. Marin Mersenne s’intéresse aussi bien aux travaux de Galilée, dont il fournit une traduction française, qu’aux recettes étranges de la magie naturelle. Il critique les prétentions abusives des alchimistes, mais c’est pourtant un alchimiste, dans La Vérité des sciences, qui est chargé de réfuter les abstractions aristotéliciennes au nom de l’expérience. C’est précisément cette persistance de l’alchimie tout au long du XVIIe siècle qui est souvent invoquée comme la preuve la plus flagrante du goût des hommes de ce temps pour les étrangetés de l’hermétisme. L’alchimie prolongerait ainsi, jusqu’au seuil du siècle des Lumières, un amour de l’obscurité et des mystères hermétiques, comme si la rationalité de la science moderne, comme effrayée de ses propres audaces, avait eu besoin de maintenir, à côté de la mécanique, de l’optique ou de l’astronomie, les vieilles croyances de la magie, de l’astrologie et de l’alchimie dont Descartes devait encore se méfier.

 

Je ne voudrais pas rendre le XVIIe siècle plus rationaliste qu’il ne fut et lui attribuer plus de rigueur scientifique que nous ne saurions en trouver dans l’esprit scientifique du XXe siècle. Il est incontestable que, pendant tout le XVIIe siècle, de nombreux travaux manifestent un désir de pensée libre qui conduit à s’affranchir de toutes les précautions méthodologiques héritées des pratiques universitaires aussi bien que des recherches de la mécanique nouvelle. Pour ne prendre que quelques exemples, les travaux de Gaffarel sur les talismans et la cabale, ceux d’Athanase Kircher sur l’interprétation des hiéroglyphes ou du mathématicien Jean-Baptiste Morin, correspondant de Descartes, sur l’astrologie judiciaire, la fascination pour les écrits de confréries de Rose-Croix qui n’ont jamais existé, tout cela montre la vivacité d’un esprit de fantaisie qui est aussi un esprit de révolte contre la domination de la pensée scolastique. On en retrouve l’expression dans des romans comme ceux de Cyrano de Bergerac ou de Montfaucon de Villars. D’un autre côté, on ne saurait nier l’existence d’une « alchimie kabalistique », qui s’est surtout développée au XVIe siècle en Italie et en France. Les thèmes alchimiques sont alors mêlés à ceux d’autres traditions chez des auteurs qui, comme Robert Fludd ou Jacob Boehme, ont davantage le souci de construire un système du monde qui soit à la fois théologique, métaphysique et scientifique que de développer des recherches sur les propriétés chimiques de diverses substances.

 

Or c’est précisément cet intérêt pour la composition des corps mixtes, la recherche des principes et éléments dont ils sont formés, la possibilité de les transformer les uns dans les autres et d’en tirer des substances nouvelles utiles à la médecine et aux divers artisanats qui caractérise, me semble-t-il, les travaux alchimiques, et permet de les distinguer d’autres élaborations théoriques se réclamant, souvent abusivement, de l’hermétisme et de l’alchimie. L’ambiguïté vient cependant de ce que cette alchimie, qui n’est rien d’autre que la chimie de l’époque, s’est volontiers nommée science hermétique, ce qui a engendré, hier et plus encore aujourd’hui, de nombreuses confusions. Il faut donc revenir sur les raisons pour lesquelles les alchimistes se sont référés à Hermès, pour ensuite montrer que cette référence n’est en rien le signe d’une défaillance de la raison.Que le dieu qui a donné son nom à celui par lequel la science est communiquée aux hommes se nomme aussi Mercure, voilà qui ne pouvait que retenir l’attention des alchimistes, qui désignaient de ce nom aussi bien le vulgaire vif-argent, qui coule et s’amalgame avec tous les métaux, que le principe mercuriel dont la possession rend possible la transmutation des métaux. Pourtant, l’usage du nom d’Hermès est une pratique tardive dans l’histoire de l’alchimie, puisque l’alchimie médiévale, telle que nous la connaissons à travers les nombreux traités qui nous sont parvenus, fait rarement mention du dieu grec ou de son homonyme trois fois très grand.

 

Au XIIIe siècle, époque où s’élabore la doctrine qui va marquer les travaux chimiques jusqu’au XVIIe siècle, le Corpus Hermeticum est inconnu et les auteurs anonymes qui se cachent derrière les noms de Geber, Aristote, Thomas d’Aquin, Raymond Lulle ou Arnaud de Villeneuve, auxquels ils prêtent la paternité de leurs traités, n’ont pas besoin de se référer à une quelconque doctrine hermétique pour développer la doctrine de la formation des métaux et de la composition des corps mixtes à partir de laquelle se met en place leur théorie de la transmutation. L’héritage des traités arabes, traduits et imités dès le XIIIe siècle, offre en effet tous les ingrédients nécessaires à l’élaboration d’une théorie de la matière qui s’oppose à l’hylémorphisme en supposant que le Mercure et le Soufre sont les deux principes constitutifs des métaux, selon des proportions et des conditions naturelles d’élaboration dans les mines dont les variations expliquent la différence entre les métaux. La nature voudrait toujours faire de l’or et l’objectif de l’alchimiste est de fabriquer une médecine métallique qui confère aux métaux imparfaits la perfection que les cuissons naturelles ne leur ont pas apportée. Ni mystère, ni révélation ne sont nécessaires à l’élaboration de cette doctrine qui s’expose dans des Sommes rigoureusement construites, comme cela se pratique dans les autres domaines du savoir médiéva. Nous sommes dans le domaine de la philosophie naturelle et il ne s’agit pas tant pour les alchimistes de s’opposer à la science aristotélicienne que de la compléter dans un domaine où Aristote, après les quelques lignes qu’il consacre à la formation des métaux à la fin du troisième livre des Météorologiques, est resté silencieux.

 

Ce n’est qu’à la Renaissance que les alchimistes commencent à évoquer le nom d’Hermès en tant que fondateur de leur science, sans pour autant donner à l’alchimie le nom de science hermétique. Le plus souvent, c’est dans les brefs aperçus «historiques» qui introduisent les traités qu’Hermès est cité. Ainsi lit-on dès le début du Livre de la philosophie naturelle des métaux attribué à Bernard le Trévisan, et sans doute écrit vers la fin du XVe siècle (et donc après la publication florentine du Corpus Hermeticum), que « Le premier inventeur de cet Art ce fut Hermès le Triple: car il sut toute triple philosophie naturelle, savoir Minérale, Végétale et Animale.» L’auteur continue en rapportant qu’Hermès trouva dans la vallée d’Hébron, après le déluge, sept tables sur lesquelles étaient imprimés les arts libéraux. Il en fit un résumé que nous connaissons comme étant la Table d’Émeraude. Pythagore fut son disciple, et après lui Platon et Aristote, Galien et Hippocrate, ainsi que les Arabes et, plus près de nous, Arnaud de Villeneuve et Raymond Lulle.

 

L’intention de ce texte apparaît clairement: il s’agit de donner à l’alchimie, qui passe pour une science jeune, comparée à la philosophie naturelle des Grecs ou à la médecine, une antiquité telle qu’elle surpasse tous les autres savoirs. Les fabricants d’une telle histoire ne sont pas forcément de mauvaise foi, puisqu’ils ont entre les mains des traités alchimiques attribués à Platon ou Aristote, dont on suppose qu’ils ont appris cette science d’un maître plus ancien. On s’imagine alors, bien entendu, que la science est toujours le résultat d’une transmission, plutôt que d’une découverte progressive, ou plus exactement que la découverte n’est jamais que la réappropriation d’un savoir constitué en des temps reculés, mais qui s’était perdu.

 

l’alchimiste

Paulo coelho

Edition CARRIÈRE

 1994

Belle édition illustrée sur le roman initiatique qui a fait le tour du monde.

 

Ce roman enchanteur de Paulo Coelho a marqué des générations de lecteurs dans le monde entier. L'histoire, éblouissante dans sa puissante simplicité et sa sagesse évocatrice, est celle de Santiago, jeune berger andalou oui part à la recherche d'un trésor enfoui au pied des pyramides. En chemin, il rencontre une gitane, un homme qui se déclare roi et un alchimiste. Tous guident Santiago vers l'objet de sa quête. Ce voyage entrepris pour trouver des biens terrestres devient la découverte du trésor qui est en lui. Riche, envoûtant profondément humain, ce merveilleux conte philosophique est un testament éternel qui nous invite à être à l'écoute de nos cœurs et, par-dessus tout, à aller au bout de nos rêves

 

LA LETTRE DE JEAN PONTANUS SUR LA PIERRE DES PHILOSOPHES (1582)

Les Editions scientifiques de Dominique Richard d’après le manuscrit Ms 19969 de la BNF 

Edition de la Hutte

 2014

Tous les amateurs et amoureux de la science qui labourent en Alchimie, connaissent la référence à l’Epitre de Jean Pontanus, que l’adepte Fulcanelli mentionne plusieurs fois dans ses deux ouvrages, notamment dans son « Mystère des cathédrales », attirant l’attention des oeuvrants sur la fameuse « epistola de igne philosophorum » du manuscrit 19969 de la BnF : »Nous touchons ici au plus haut secret de l’œuvre ; et nous serions heureux de trancher ce nœud gordien en faveur des aspirants à notre science, - nous souvenant hélas ! que nous fûmes arrêté nous-même par cette difficulté pendant plus de vingt ans – s’il nous était permis de profaner un mystère dont la révélation dépend du « Père des Lumières » -

Il manquait réellement une édition Scientifique de cette lettre pour mettre enfin sincèrement à la disposition de tous, ce texte d’une portée considérable. « Par conséquent, de toutes tes forces, sache enquêter sur ton feu et tu aboutiras, parce qu’il effectue tout l’œuvre et c’est la clef de tous les philosophes, que jamais ils n’ont révélée », dit l’Epitre.

C’est affermi par la lecture réitérée de Pontanus, puis d’Artéphius, que l’impétrant doit s’engager dans une profonde méditation pour pénétrer la secretum secretorum. Car dit Artéphius : « Un livre en ouvre un autre » Puisse le vent de l’esprit le porter dans son ventre et le guider sur ce chemin des chemins.

La lettre de Pontanus est fameuse dès la fin de la Renaissance, durant tout le renouveau paracelsien et jusqu’au marges du XVIIe siècle, sa rédaction remonte vraisemblablement au troisième quart du 16e siècle ? Fort connue depuis sa parution en 1602 dans le volume III du Theatrum Chemicum, traduite en anglais dès 1624 par Eiranaeus Orandus, commentée en allemand la même année et en latin en 1661 par Andreas Orthelius, elle n’a pas été publiée moins de treize fois de 1582 à 1685. Cet immense succès éditorial s’explique car si l’on peut déclarer avec l’historien Didier Kahn : « Que la transmutation elle-même ne soit qu’un leurre, nul n’en doute aujourd’hui », il en allait tout autrement à l’époque et le récit d’un adepte parvenu à l’œuvre ne pouvait qu’échauffer les esprits.

La lettre se présente d’abord comme le récit autobiographique d’un adepte, mentionnant classiquement ses nombreuses pérégrinations et ses errements réitérés au laboratoire avant sa découverte du feu et de la Pierre, puis elle constitue un abrégé de l’œuvre dans lequel la question du feu et de ses propriétés est particulièrement saillante et détaillée, désignant enfin, en ultime conseil de lecture, le philosophe Artéphius, dont le Liber secretus sera justement publié dès 1612 à Paris.

A notre connaissance, il n’existait pas de traduction contemporaine en français de la lettre de Pontanus, sinon celle partielle de Françoise Bonardel qui traduit sur l’exemplaire du Theatrum chemicum de 1659, et l’autre partiale de Bernard Biebel, qui n’a pas su lire le manuscrit 19969 de la BnF, et dont la traduction circule comme le ver dans la pomme à tous les mauvais vents de l’internet.

Très belle plaquette de 30 pages

 

LA  MOËLLE DE L’ALCHIMIE

PHILATETE - Préface de  JEAN SOLIS et B.  HUSSON

Edition de LA  HUTTE

 2005

Je suis un philosophe Adepte, je me nomme Philalèthe  (amateur de vérité)  et, ayant l’âge de 33 ans,  j’ai acquis les secrets, de la médecine, de l’alchimie et de la physique, et j’ai décidais de faire ce traité, pour rendre aux hommes de science ce que je leur dois, et pour tendre la main à ceux qui se sont engagé  dans le labyrinthe  de l’erreur. Ce que j’écris, ne sont point des fables, mais ce que j’ai vu  et pratiqué.


Cette moelle, cette substance étoilée est tellement portée à fuir le feu qu’elle est toute spirituelle, et si vous m’en demandez la raison pour satisfaire votre curiosité, je vous dirais que la vie de chaque chose est comme un aimant s’attirant l’un à l’autre, nous appelons cela le pissat ou urine du vieux Saturne.


Ceci est notre acier, notre véritable hermaphrodite, c’est notre lune, ainsi appelée à cause de sa blancheur, c’est notre or qui n’est pas mûr, j’ai vu tous ces mystères et les ai travaillé de mes mains, j’ai souvent consulté la Nature et j’ai vu mols, les corps les plus solides et au lieu d’un corps gros et compact j’ai fais une terre tingeante fixe au plus violent feu.

 

LA  MONADE  HIÉROGLYPHIQUE

JOHN  DEE *    Traduction: GRILLOT DE GIVRY

ÉDITION  ARCHÉ  MILAN

 1975

La Monas Hieroglyphica, fut composée à Londres et terminée en 1564 à Anvers par le docteur John Dee, astrologue officiel de la Reine Elizabeth et alchimiste-hermétiste pour satisfaire sa passion intérieure. Ce petit traité enseigne comment l’hiéroglyphe mercuriel dérive du point central ou iod générateur.

 

John Dee (1527-1608) était le fils d’un membre officiel de la cour d’Henry VIII, il naquit donc dans le monde des Tudor, juste avant la rupture avec Rome. Il avait une admiration pour Pic de la Mirandole, Reuchlin, Giorgi, Agrippa et Raymond Lulle, et avait une grande familiarité avec les oeuvres occultes et alchimiques de son époque.

 

Il voyagea beaucoup, surtout resta longtemps à Pragues, ville alchimique et ésotérique de l’époque. En 1564 il publie le « Monas hieroglyphica » avec une dédicace à l’empereur Maximilien II. Cet ouvrage comporte de curieux diagramme, mais John Dee y attachait beaucoup d’importance en tant qu’exposé de toute sa philosophie. Ce Monas, est la combinaison des signes des sept planètes.

 

La planche 10 par exemple, avec le symbole zodiacal du Bélier représente le feu des opérations alchimiques en général (feu mercuriel) il représente également une certaine forme de mathématique ou de géométrie, mais il s’agit avant tout de « kabbale » et se rapporte à « la fabrication  prodigieuses de lettres hébraïques ». Bien qu’il n’y ait pas de signes hébraïques dans le Monas, on peut conclure que les éléments des signes planétaires dont il est composé pouvaient être utilisés d’une manière analogue à la manipulation des lettres hébraïques dans la Kabbale (N’oublions pas que John Dee était astrologue de profession).

 

Pour John DEE il y avait interaction totale entre : l’astrologie, l’alchimie, la kabbale, la magie, et l’occultisme.

 

l’androgyneCahiers de l’HermÉtisme

 Divers auteurs

Edition  Albin Michel

 1986

Asclepios demande à HERMÈS TRISMÉGISTE « Tu dis que Dieu possède les 2 sexes ? » « Oui répond HERMÈS, et non pas Dieu seulement, mais tous les êtres animés et végétaux ».  À partir de cette affirmation contenue dans le « CORPUS HERMETICUM » des chercheurs, des philosophes et des ésotéristes développent ce thème. On y retrouve l’androgynat dans le monde gréco-romain, chez J. Scot Erigène, chez Jacob Böhme, chez Ziegler, les aspects masculin et féminin de la Trinité dans la mystique chrétienne et les divers androgynats.

 

Aristophane dans le Banquet de Platon : « Jadis notre nature n’était pas ce qu’elle est actuellement. D’abord il y avait trois espèces d’hommes, et non deux comme aujourd’hui : le mâle, la femelle, et en plus de ces deux-là, une troisième composée des deux autres ; le nom seul en reste aujourd’hui, l’espèce a disparu. c’était l’espèce androgyne qui avait la forme et le nom des deux autres, dont elle était formée. De plus chaque homme était de forme ronde sur une seule tête, quatre oreilles, deux organes de la génération, et tout le reste à l’avenant. Ils étaient aussi d’une force et d’une vigueur extraordinaire, et comme ils étaient d’un grand courage, ils attaquèrent les dieux et  tentèrent d’escalader le ciel.

Alors Zeus délibéra avec les autres dieux sur le parti à prendre. Le cas était embarrassant ; ils ne pouvaient se décider à tuer les hommes et à détruire la race humaine à coups de tonnerre, comme ils avaient tué les géants ; car c’était mettre fin aux hommages et au culte que les hommes leur rendaient ; d’un autre côté, ils ne pouvaient plus tolérer leur impudence.

 

Enfin, Zeus ayant trouvé, non sans difficulté, une solution, il coupa les hommes en deux. Or, quand le corps eut été ainsi divisé, chacun, regrettant sa moitié, allait à elle ; et s’embrassant et s’enlaçant les uns les autres avec le désir de se fondre ensemble C’est de ce moment que date l’amour inné des êtres humains les uns pour les autres : l’amour recompose l’ancienne nature, s’efforce de fondre deux êtres en un seul, et de guérir la nature humaine. Notre espèce ne saurait être heureuse qu’à une condition, c’est de réaliser son désir amoureux, de rencontrer chacun l’être qui est notre moitié, et de revenir ainsi à notre nature première ».

 

Dans “Le Banquet” de Platon, Aristophane tient le discours sur l'amour tiré d'un mythe. Jadis, ne vivaient que des androgynes formés de deux êtres de sexes opposés, accolés l'un à l'autre. Forts de leur double nature, les androgynes voulurent défier les dieux et Zeus décida de les punir en les séparant en deux. Ils donnèrent naissance aux êtres humains tels que nous les connaissons. Selon Aristophane, l'amour ne serait rien d'autre que le sentiment de nostalgie de notre ancienne nature et une quête désespérée de l'unité perdu. L'union des êtres, ou des contraires, incarnerait une tentative de retrouver le chaînon manquant à travers la recherche de l'âme sœur.

Il découle de ce mythe que l'Androgyne représente à la fois le tenant et l'aboutissant de l'être manifesté, soit que les opposés soient fusionnés à l'état potentiel dans l'être non encore manifesté, soit que l'être manifesté ait réalisé leur réintégration et rejoint l'Unité primordiale. Originellement, l'être se situait au-delà des polarités fusionnées dans l'Unité. Il n'était ni masculin ni féminin et fort éloigné des caractéristiques physiques de l'hermaphrodite. En réalité, il se plaçait hors du plan existentiel, à un niveau proprement spirituel. L'Androgyne n'est ni masculin ni féminin, Il est neutre. Il est à la fois le symbole de l'être non encore manifesté dont les polarités sont toujours fusionnées au sein de l'Unité et de l'être manifesté ayant réalisé leur ré-intégration au sein de l'Unité primordiale

Sa scission symbolise la polarisation de l'Unité primordiale, à la source de la manifestation de toute chose.

Dans de nombreuses traditions, l'Unité primordiale est représentée sous l'aspect de “l'Œuf cosmique” de forme “sphérique”, la moins différenciée de toutes car elle ne privilégie aucune direction émanant du centre. La différentiation de l'Unité primordiale, sous ses aspects manifestés, passe par la dualité associée à la chute. L'Adam originel était androgyne; il est devenu mâle quand Ève est née de l'un de ses cotés (et non de l'une de ses côtes). Au cours de sa manifestation, l'être devient masculin ou féminin et passe par des cycles successifs de mort dans un état d'existence et de re-naissance dans un autre tant qu'il n'est pas libéré de la perception de la dualité propre au monde manifesté. La vie est un tout et la vivre pleinement mène à la transcendance. Alors, le Ciel rencontre la Terre, les polarités opposées disparaissent et les antagonismes se muent en complémentarités pour se fondre dans l'Unité première. Le dépassement des oppositions entre doute et credo s'opère dans la confiance. De même, la résolution des antagonismes tristesse et colère passe par la compassion. Quant au dilemme entre peur et agressivité, il ne se résout que dans l'amour et le partage. Restaurer l'état premier, tel est l'objet, par exemple, du “Yoga” qui signifie union (des contraires). Ces deux mouvements inverses se retrouvent dans les représentations de l'Androgyne au sein de diverses formes traditionnelles. L'Androgyne est souvent dépeint soit comme une dyade, soit comme une entité bisexuée. Des traditions diverses offrent de nombreux exemples de représentations sous la forme de dyades:

 

Dans la tradition hindoue par exemple, Shiva est un dieu androgyne enlaçant étroitement Shakti, sa propre énergie dépeinte sous la forme d'une déité féminine. Les sculptures érotiques du Temple de Khajurâho montrent de tels “couples” dont le véritable sens a été parfois oublié. Dans la tradition chinoise, le “couple” de frère et sœur, Fo-hi et Niu-koua, est représenté uni par leurs queues de serpent entrelacées, symbole de la force cosmique et de ses deux courants. L'un d'eux permet à l'Unité primordiale de se manifester sous sa forme duelle, notamment féminine et masculine. L'autre correspond au retour de l'être manifesté dans sa forme originelle et unifiée. Cette représentation évoque le Caducée, un autre symbole androgyne.

 

Originellement fusionnés au sein de l'Œuf Cosmique, Izanagi et sa jeune sœur Izanami jouent un rôle similaire dans le mythe de la création au Japon. En descendant du Ciel le long de l'arc-en-ciel, Izanagi plongea et agita sa précieuse lance dans l'océan; en la retirant, il laissa tomber une goutte d'eau qui forma la première île de l'archipel. Le couple y construisit l'auguste colonne céleste ainsi qu'un abri. Pour célébrer leur union sacrée, ils contournèrent la colonne, Izanami par la gauche et Izanagi par la droite, à l'image des deux serpents du Caducée. En tant que matrice où se répand l'énergie primordiale, le dieu Ptah de l'Égypte pharaonique fut à la fois “père” et “mère” des dieux dont chacun symbolise certains aspects du dieu originel

 

la pierre des sages ou essai sur l’alchimie spirituelle

Erik sablÉ

Edition Dervy

 1997

Erik Sablé à la suite de Jacob Boehme, de Tauler et des premiers auteurs rosicruciens, utilise la symbolique alchimique non pour nous entraîner en littérature (Paulo Coelho) ou en psychologie des profondeurs (Carl Jung) mais pour "décrire la régénération spirituelle de l'être humain, sa lente transfiguration en lumière" : "vous êtes vous-même la pierre philosophale, votre propre coeur est la matière première qui doit être transmuée en or pur".

Son approche est celle de la tradition et plus particulièrement de la tradition chrétienne. Ses sages et ses saints souvent cités nous rappellent que l'Evangile est une invitation à cette grande "œuvre" : "ce royaume des cieux est semblable à un grain de moutarde semé dans un champ" ; il doit subir toutes les transformations nécessaires de mort et de résurrection, d'anéantissement et de surgissement pour que s'épanouisse l'information créatrice ou l'or caché dans les profondeurs de sa semence.

Il explique l’œil du cœur, mourir pour renaître, l’abandon, la séparation, l’étoile hermétique, la rectification des métaux, les noces chimiques, les obstacles et les divers œuvres.

 

La rose rouge & la croix d’or

 J.P. giudicelli

Edition  LE MERCURE DAUPHINOIS

 2007

Ce livre constitue une mise au point d’un Collège dépositaire des Arcanes Majeurs, s’exprimant pour la première fois par la plume autorisée de M. GIUDICELLI de CRESSAC BACHELERIE qui a tenu à parler uniquement de ce qu’il a expérimenté et constaté pendant 40 années de quête inconditionnelle.

Un des grands mérites de cette étude est de redonner à l’Alchimie sa signification originelle, loin du verbiage fumeux de notre époque. L’auteur rappelle en effet les deux voies alchimiques : externe avec la Pierre au Rouge et interne avec la création tangible d’un Corps de Gloire,

 

« corps de conscience coagulée » qui permet à l’Adepte de « monter au ciel » de son vivant et lui donne la certitude de son immortalité.

 

Par ailleurs, il donne toutes les précisions nécessaire et argumentées sur la Materia Prima de l’œuvre, et indique au lecteur quels sont les filons traditionnels qu’il pourrait exploiter afin de rectifier heureusement et efficacement sa quête : ainsi sont présenté et analysés les différentes manifestations Rose-Croix et surtout les Ordres mentionnés n’avaient jamais fait l’objet d’une étude aussi sérieuse, peu de personnes en soupçonnant même l’existence.

L’auteur évoque enfin, avec de nombreux détails, des Filiations beaucoup plus internes et secrètes. La première édition (Axis mundi, 1988) de l’ouvrage de Jean-Pierre Giudicelli de Cressac Bachelerie, Pour la Rose Rouge et la Croix d’Or, dont Le Mercure Dauphinois nous procure aujourd’hui une nouvelle édition, revue, corrigée et augmentée, était épuisée depuis longtemps, et recherchée.

En son temps, l’ouvrage, entouré d’un parfum de mystère, a marqué l’imagination de toute une jeune génération, en révélant l’existence d’un certain nombre de cercles plus ou moins occultes, qui n’avaient plus de secrets pour l’auteur depuis longtemps.


Dans le même temps, Jean-Pierre Giudicelli de Cressac Bachelerie s’impliqua dans le développement ou le réveil d’un certain nombre d’organisations initiatiques ; il fit connaître l’œuvre de Giuliano Kremmerz à de nouveaux lecteurs et tenta notamment d’implanter en France une branche de la Fraternité thérapeutique et magique de la Myriam. Il faudra un jour raconter – mais il est peut-être encore trop tôt – comment s’est opérée alors une véritable renaissance contemporaine de l’occultisme, particulièrement – mais pas seulement - dans les rites maçonniques dits « égyptiens », où Jean-Pierre Giudicelli de Cressac Bachelerie et quelques autres ont joué un premier rôle, en particulier en remettant sur le devant de la scène les fameux arcana Arcanorum, dont beaucoup se réclament depuis.


Cette nouvelle édition développe plus encore certains thèmes forts de la version initiale (alchimies internes, arcanes, éveil, présence à soi-même), et aborde également des thèmes nouveaux, comme le Prieuré de Sion, sur lequel l’auteur pose un regard original. On doit se féliciter aussi de voir que cette nouvelle édition corrige sur certains points historiques la version précédente, par exemple à propos des Frères aînés de la Rose-Croix, dont l’origine moderne est évidente.


Jean-Pierre Giudicelli de Cressac Bachelerie est un guerrier ; il défend à ce titre une aristocratie de l’esprit. Pour lui, l’initiation s’accomplit dans un combat total pour la quête de l’instant présent, première étape d’une alchimie interne qui vise à libérer l’homme intérieur de toute entrave physique, mentale et psychique. Mais il ne néglige pas pour autant les voies alchimiques « externes », les traditions hermétistes, rosicruciennes, osiriennes, pythagoriciennes, gnostiques, la maçonnerie égyptienne et les nombreuses sociétés initiatiques, secrètes ou discrètes. Il en a fréquenté beaucoup, et s’y est impliqué depuis sa jeunesse. Ce livre consigne ainsi un témoignage très précieux sur l’histoire de certaines sociétés initiatiques contemporaines.

 

L’ART DE TROUVER LA PIERRE PHILOSOPHALE

Noël le Vallois et Nicolas de Grosparmy

Edition  Ramuel

 2002

Chère Sophiale, Fulcanelli voulait, au-delà de l’aspect des techniques dites humides ou sèches selon les moyens de mise en œuvre, qu’il existât deux voies : l’une, celle de la dissolution de l’or alchimique par le dissolvant alkaest, l’autre de l’or vulgaire, ou préparé, par notre mercure, ou philosophique, au cours de laquelle on réalise le mercure animé.

 

Au-delà du fait qu’à traves cette assertion Fulcanelli ignorait la voie des amalgames, celle du Polythéisme, antécédente au monothéisme, pour nous ces deux voies sont complexes et surtout philosophiquement sophistiqués du point de vue de la chimie de l’âme.

 

Nous n’avons reçu aucune initiation d’aucune sorte, avouons avoir rencontré Urbiger, un compagnon agréable, la voie dont il parle en son aphorisme XIV du Circulatum Major, et que Fulcanelli semble avoir découvert et mis dans ses livres, la voie d’avant la chute et ne nécessitant pas donc le commerce du serpent, celle-ci est la Philosophie, éternellement animée et réactive. Notez qu’elle comporte deux chemins, l’un dit « bref » et l’autre « du pauvre », ce qui permit à Urbiger de les mélanger avec les deux autres.

 

Cet ouvrage assez mystérieux et complexe se veut la clef de toutes les opérations alchimiques et la clef Majeure de la Sapience et Science des secrets de la Nature.

 

LA TABLE  D’ÉMERAUDE

CEDRIC  MANNU

EDITIONS  ARQA

 2011

« Il est vrai, sans mensonge, certain et très véritable : Ce qui est en bas est comme ce qui est en haut, et ce qui est en haut est comme ce qui est en bas, par ces choses se font les miracles d’une seule chose »

 

La table d’émeraude est sans aucun doute le texte sacré le plus important du corpus alchimique. Il en est à la fois le socle charnel et la clef de voûte céleste d’un système hermétique immémorial qui prend ses racines occultes dans la plus haute antiquité égyptienne pour sourdre, en notre temps d’abondance, avec une vivifiante fraîcheur jusqu’aux extrémités ensoleillées de nos consciences.

 

Heinrich Khunrath, l’érudit médecin rosicrucien et alchimiste allemand avait parfaitement compris dans son « Amphithéâtre de la Sagesse Eternelle » à quel point la Table d’Emeraude résumait absolument, en quelques mots choisis, toute la synthèse de la sapience antique. Le document  inédit que publient les Editions Arqa est une correspondance privée d’Eugène Canseliet à l’un de ses amis, écrit autour de l’année 1948, il comporte exactement 6 feuillets calligraphiés à la plume Sergent-major et intitulé « La Table d’Emeraude ». Il s’agit ici pour le Maître de Savignies de donner son expertise érudite de ce texte fondateur au regard de l’Alchimie pérenne, œuvre cardinale qu’il nomme lui-même comme étant « Le grand arcane philosophal ».

 

Eugène Canseliet profite ainsi de l’occasion qui lui est donnée par l’entremise de ce texte, d’approfondir grandement les connaissances du chercheur en alchimie, notamment en soulignant le rôle du vitriol, qu’il soit romain ou bleu, permettant l’obtention des émaux et la préparation du mariage d’Aphrodite et d’Ares au sein de l’antimoine.

Pour sa part, Cédric Mannu, biographe d’Eugène Canseliet, conjoint dans ce nouvel ouvrage une présentation savante à la fois de la Table d’Emeraude, en tant que document historique, la correspondance alchimique inédite d’Eugène Canseliet et, ajoutant aux mânes des grands philosophes, de Basile Valentin à Louis Boutard, nous propose une lecture aussi attentive que subtile de ce si beau texte qu’est la Table d’Emeraude. 

 

Le Soleil en est le père, et la Lune la mère. Le vent l'a porté dans son ventre. La terre est sa nourrice et son réceptacle. Le Père de tout, le Thélème du monde universel est ici.

 

Le « Thélème » c'est l'anima mundi, ou mieux le « spiritus mundi », « l'esprit du monde » le principe de tout ce qui vit, c'est à dire de tout ce qui est puisque, nous venons de le voir, tout ce qui est participe de quelque façon à la positivité de la vie. (Et ainsi la mort n'aurait pas d'existence substantielle, la mort n'étant que la disparition d'une apparence en vue de la constitution d'une autre apparence).L'esprit de la vie est la résultante des quatre éléments. On notera pourtant que le texte de la Table n'évoque pas l'Eau, quoique celle-ci soit structurellement représentée par la Lune. La conjonction hermétique du Soleil et de la Lune est en effet représentable par la superposition du triangle alchimique du feu et du triangle alchimique de l'eau qui forment ensemble la figure d'une étoile à six branches que l'on appelle le "sceau de Salomon". Le sceau de Salomon représente l'achèvement du grand Oeuvre et son point central correspond à la pierre philosophale née de ces noces alchimiques. Le Soleil et la Lune suffisent pour l'engendrer (le Soleil en est le père et la Lune la mère) mais non pour produire sa manifestation : car la pierre philosophale qui est l'équivalent de l'esprit du monde ou du « Thélème » évoqué par le texte, doit devenir "poudre de projection" ou "souffle vital" et alors c'est en effet le vent qui le porte dans son ventre. Au niveau de la terre "sa nourrice et son réceptacle" elle rencontre la matière elle-même et s'y incarne.

 

A l'inverse de ce qu'on connaît par l'initiation (les épreuves de la terre, de l'air, de l'eau et du feu) l'esprit du monde parcourt les éléments selon une gamme descendante et à son dernier stade trouve son incarnation. Pour les maçons, la démarche est très normalement ascendante : nous venons des formes obscures de la manifestation et de la chair pour nous élever vers l'apparition lumineuse de l'esprit du monde, vers cette gloire du Grand Architecte de l'Univers dont l'aurore est symbolisée par le premier enlèvement du bandeau sur nos yeux. On peut encore remarquer que la quaternité élémentaire, équivalent à la structure carrée d'un mandala comme nous l'avions déjà observé à propos de la première phrase, a pour résultante un cinquième élément (qu'on appelle parfois la quintessence), lequel cinquième élément opère un retour à l'unité ‑ qui est le Père de tout.

 

Il n'y a donc pas de chronologie certaine dans le Grand Oeuvre : l'esprit du monde, qui est la quintessence ou l'essence de tout ce qui est à la fois l'origine de la différenciation élémentaire et le résultat de celle-ci. Elle est la fin et le commencement suivant la parole de l'Evangile appliquée à cette autre "pierre" que fut le Christ (il convient en effet de rappeler que le Christ est pour l'alchimiste une manière de lapis philosophorum ou de pierre philosophale). Le Thélème est l'Alpha et l'Omega, et il nous faut abandonner l'idée rationnellement scientifique d'une série causale où tout effet s'explique par une cause antérieure. La Table d'Emeraude évoque un système ou toute chose causée est en même temps causante, où la « Nature » comme dirait Spinoza est à la fois naturée et naturante. Ainsi les catégories du temps ordinaire où il y a un « avant » et un « après » s'abolissent dans le Grand Oeuvre. Il ne reste plus peut‑être qu'un « éternel » présent : le Père de tout, le Thélème universel est ici.  

 

Sa force ou puissance reste entière, si elle est convertie en terre.

 

Entendons peut-être qu'elle doit se soumettre à un devoir d'incarnation, sous peine de demeurer virtuelle et sans efficace. De même sommes‑nous invités à nous tourner vers la matérialité du monde profane pour faire rayonner nos principes dans la "terre', qui en a le plus besoin. Mais, ajoute le texte, Tu sépareras la terre du feu, le subtil de l'épais, doucement avec grande industrie.

 

Fixer le volatil, volatiliser le fixe disent encore d'autres textes alchimiques. Il s'agit de tirer toute chose de son contraire, de découvrir le feu dans la terre, la lumière de l'obscurité, d'aboutir en somme à une spiritualisation de plus en plus grande de la matière. Telle est aussi la méthode maçonnique qui rend capable de percevoir et d'exprimer la conjoncture ou la complémentarité des opposés, qui rend de cette façon apte à comprendre et à surmonter les oppositions binaires : et l'eau n'éteint pas le feu, pas plus que le feu ne fait disparaître cette dernière. Nous conservons ensemble l'eau et le feu et nous profitons de la dynamique de leurs tendances opposées.

 

Il monte de la terre et descend du ciel, et reçoit la force des choses supérieures et des choses inférieures.

 

Ainsi l'esprit du monde ne néglige aucun apport. Toute la force du Thélème est une sorte d'égrégore des forces contraires et unies. De même la force d'une loge provient de la diversité de ses composantes humaines, dont les unes sont plus "manuelles" et les autres plus « intellectuelles » (mettons des guillemets à ces deux qualificatifs, car il existe un aspect pratique de l'intellectualité comme il y a, d'évidence, une intelligence des mains). Des tendances caractérielles différentes qui, ailleurs, dans le monde profane, entreraient en conflit sont, au sein de la Loge, harmonisées en vue du profit supérieur à la fois des individus et de leur assemblée égrégorique.

 

la table d’Émeraude d’hermÈs trismÉgiste

Commentaires de l’hortulain

Editions TRADITIONNELLES

 2000

Cette reproduction de l’édition de 1921 est augmentée d’une préface de Charrot & de A.M. Gedalge la table d’Emeraude, bible de l’alchimie et de l’hermétiste est ici très bien expliquée et commentée. Un trésor.

 

La Table d’Emeraude :

 

Tout ce qui est en haut est comme ce qui est en bas,
et tout ce qui est en bas est comme ce qui est en haut.
Et cela pour réaliser le miracle d'une seule chose
dont sont nées toutes choses par une opération toujours la même.

Son père est le Soleil,
sa mère la Lune,
le Vent l'a portée dans son ventre,
La Terre est sa nourrice.

C'est ici le père des talismans du monde entier, sa force est entière.
Il faut qu'elle soit transformée en terre.
Tu sépareras la terre du feu,
le subtil de l'épais,
doucement et avec intelligence.

Elle montera de la terre au ciel
et de nouveau descendra sur terre
pour recevoir la force des choses supérieures et inférieures.

Ainsi tu auras la gloire et la célébrité du monde entier.

Pour cela, toute obscurité s'enfuira de toi.
C'est ici la force de toute chose.
Elle vaincra toute chose subtile et pénétrera toute chose solide.

De la sorte, ce monde est créé.
Tels sont les arrangements admirables que j'évoque.
C'est pourquoi on m'appelle Hermès.
Je détiens la sagesse des trois modes du cosmos."

 

la tourbe des philosophes

 

Edition derVy

 1993

Livre de base des alchimistes, le texte serait du 11ème siècle et aurait été imprimé pour la première fois à Bâle en 1572. Cet ouvrage est l’édition intégrale en français de cette étude hermétique qui est une compréhension des arcanes du monde et un outil de travail.

 

La Tourbe des Philosophes  est un forum d’Alchimistes, alors pourquoi parler d’alchimie ? D’abord, par cette raison même qu’on en parle et que l’interrogation sur l’alchimie reste souvent vaine, ou se laisse leurrer. Et pourquoi en parle-t-on à l’envi ? Voilà la bonne question, primordiale. La raison la plus profonde est que notre civilisation, qui tend de plus en plus à devenir une, décivilisa­tion, laisse un grand vide et que ce grand vide, ce grand besoin, qui masque le grand désir d’une initiation, chacun essaie de le combler, pourvu qu’il prenne conscience, en se tournant vers des disciplines, occidentales ou orientales, ayant soi-disant vocation à initier.

 

Une raison particulière contribue à expliquer la vogue de l’alchimie. C’est la puissance onirique de ses images, que ces images soient figurées, ou qu’elles s’expriment dans le vocabulaire ide l’alchimie. Notre décivilisation a dévalorisé la puissance cognitive de l’imagination, et, Là aussi, il y a un manque, qui n’est qu’un des aspects du désir général d’initiation que chacun s’efforce de satisfaire. Un historien des religions, qui est sans doute le plus grand et certainement le plus utile des historiens des religions actuels, Mircea Eliade, admire le « fantastique pouvoir imaginaire » de l’alchimie. Et c’est vrai ; et c’est vrai que ce qu’un Gaston Bachelard appelait « le régime nocturne de l’esprit » a été mis en marge, déprécié, parfois condamné, et que ce régime nocturne de l’esprit, l’alchimie en relève de manière éminente.

 

Une autre raison particulière pour laquelle on parle tant d’alchimie, pour laquelle on s’intéresse à l’alchimie, est que l’alchimiste s’efforce à la maîtrise du temps. Le rapport de l’homme avec le temps fait problème pour l’homme contemporain, alors que les civilisations traditionnelles lui donnent une solution. L’alchimiste, un peu comme le yogi, s’efforce de sortir du temps et d’aboutir à un état de déconditionnement, à un état d’autonomie de l’esprit. Très généralement, l’alchimiste s’efforce de communiquer avec le monde et avec les autres consciences. Il existe une perméabilité de ma conscience aux autres consciences et de ma conscience au monde que la vision moderne du monde et de l’homme a reniée, bannie et à laquelle elle a substitué une autre vision qui exalte l’imperméabilité. Il y a une vue, et une expérience des rapports positifs qui existent entre tous les êtres, cette correspondance universelle, qui sont méconnues, et que l’alchimie réhabilite ; plutôt à quoi l’alchimie nous réhabiliterait. L’alchimie, disait encore Eliade, est « une religion cosmique ».

 

Elle se présente, en effet, comme un savoir total, comme une science universelle, et ce vieux rêve du savoir total, de la science universelle, que la science contemporaine, non seulement ne prétend pas réaliser, mais dont elle conteste même la notion, en se récusant devant le métaphysique, quand elle n’en conteste pas la réalité même, ce grand rêve se trouve satisfait par l’alchimie à en croire, du moins, les alchimistes, et l’alchimie elle-même. Et puis, que le plus savant soit le plus sage et le plus charitable, quelle surprise au temps des savants fous ou serviles ! Enfin, quoi de plus actuel aussi qu’une érotique mystique — le cas est rarissime en Occident chrétien — alors que le corps, pour sa punition, y fût maudit et qu’il y est profané !

 

À partir d’où parler de l’alchimie ? De quel lieu, comme on dit aujourd’hui, parler de l’alchimie ? La question est tout à fait pertinente. Elle est pertinente à l’alchimie, plus peut-être qu’à n’importe quel autre sujet, car s’il est une notion, vous le verrez, qui sera non seulement en filigrane, mais émergente à mainte reprise, dans mon discours, c’est la notion d’unité. Et pour que l’unité soit, sans déchoir en unicité, il faut qu’une correspondance unisse tous les êtres, et, par conséquent, que tout sujet ait un rapport analogique avec son objet, de sorte qu’il n’y a plus d’objet.

 

la tour Saint-Jacques

Élie CHARES FLAMAND

Edition La Table d’émeraude

 1991

Très bon  livre qui apporte une remarquable contribution à l’éclaircissement du mystère qui n’a jamais cessé d’entourer comme d’une aura l’unique vestige de l’ancienne Église St Jacques de la Boucherie : Tour construite entre 1509 et 1523. Des photos d’époque illustrent ce livre excellent !

Il y avait là à l’origine une petite chapelle dédiée à sainte Anne, bâtie vers l’an 950, sous le règne de Lothaire 1er. Erigée en paroisse sous Philippe-Auguste en 1200 et consacrée à saint Jacques, la chapelle fut rebâtie à partir de 1340. Elle sera achevée en 1520, sous le règne de François Ier. Selon l’usage de l’époque, les chapelles secondaires étaient construites par de riches bourgeois qui s’y faisaient généralement enterrer. C’est ainsi que Hugues Restauré fonda la chapelle de la Vierge en 1330; en 1347, la famille de Dampmartin offrit la chapelle de Saint-Michel et obtint le droit d’y nommer les chapelains par une bulle du pape Clément VI; en 1406, le lieutenant du Prévôt de Paris, Jean Turquant, consacra ses biens à la construction de la chapelle Saint-Fiacre.

 

Nicolas Flamel et sa femme Pernelle furent les principaux bienfaiteurs de Saint-Jacques-la-Boucherie qui était leur paroisse. Flamel fonda la chapelle des Éperonniers que l’on trouve sur la liste de ses biens. Il fit construire son tombeau sur le côté gauche de la chapelle « près de la petite vierge au banc de Monsieur Pichon ». Quelques années plus tard, Nicolas Flamel entreprit la construction du petit portail donnant sur la rue des Écrivains (rue de Rivoli), face à la rue Marivaux (rue Nicolas-Flamel) où il habitait.


On pouvait voir jusqu’à la fin du Directoire, sur le côté gauche du portail, un bas-relief où il figurait avec sa femme, agenouillés aux pieds de la Vierge à laquelle saint Jacques et saint Jean Baptiste les présentaient.

En plus de son métier d’écrivain-juré et peut-être de faiseur d’or, Nicolas Flamel faisait profession d’épitaphier. Cette inscription, gravée sur une dalle de pierre, fut scellée contre un pilier à l’entrée de la nef principale. Elle disparut en 1797 à la destruction de l’église et fut acquise par une fruitière de la rue Saint-Jacques qui s’en servit pour hacher des épinards. En 1841, elle la vendit à un marchand de curiosités; six ans plus tard un graveur la retrouva, l’acheta et l’offrit au musée de Cluny où on peut la voir.

 

Le clocher de Saint-Jacques-la-Boucherie fut construit de 1508 à 1522 par un architecte dont l’histoire n’a pas conservé le nom. D’après Sauval, la tour aurait été construite avec l’argent confisqué aux Juifs. Au début du XVIe siècle, sous l’influence italienne qui a mis à la mode la recherche de l’antique, les croisées d’ogive sont abandonnées au profit des voûtes à berceau ou à caissons, les colonnes ont des chapiteaux ioniques ou corinthiens. Or l’architecte de la tour Saint-Jacques a délibérément choisi un style gothique qui, déjà à l’époque, était archaïque. Héritière des techniques acquises, la tour est un chef-d’œuvre qui résume les apports du gothique flamboyant, élancement et légèreté.


L’ancienne église avait son chevet en saillie sur la rue des Arcis (rue Saint-Martin) et son grand portail était parallèle à la partie du boulevard de Sébastopol qui borde la Chambre des Notaires. La tour était à l’extrême droite de ce portail. A son angle nord- ouest, une petite tourelle contenait un escalier à vis de trois cents marches qui permettait d’accéder au sommet où s’élevaient une statue colossale de saint Jacques le Majeur, de quatre mètres de haut, et des effigies du bœuf de saint Luc, de l’aigle de saint Jean et du lion de saint Marc. L’intérieur de la tour était primitivement divisé en quatre étages, de bas en haut: la chambre d’asile, la chambre des gros ses cloches, celle des dindelles (petites cloches) et celle du carillon. Des voûtes séparaient ces différents étages. Elles ont été brisées en 1797 par la chute des plus grosses cloches: les révolutionnaires, afin de récupérer le bronze des douze cloches pour en faire des canons, jugèrent plus expéditif de la décrocher en incendiant les charpentes de chêne qui les soutenaient.

 

La Révolution décida de faire rentrer de l’argent dans ses caisses en vendant à des démolisseurs les églises et autres « lieux consacrés à la superstition ». En application des lois du 29 Fructidor an II et du 9 Germinal an V (septembre 1794 et 29 mars 1797) relatives à la vente des propriétés publiques, Saint-Jacques-la-Boucherie, avec ses dépendances d’une superficie de six cent cinquante toises, fut estimée à la somme de 326 000 francs. La démolition eut lieu quelques jours après, mais le nouveau propriétaire, séduit par la beauté de la tour, la conserva intacte. Le terrain fut loué pour 10 600 francs à un industriel qui construisit à. l’emplacement de l’église un marché de friperie de 1400 mètres carrés, inauguré le 13 octobre 1824 sous le nom de Cour du Commerce. Le sommet de la tour fut loué à un fabricant de plomb de chasse. La fonderie était installée dans une cabane de bois sur la plate-forme supérieure d’où le plomb en fusion était versé à l’aide de grandes cuillères en fer. Pendant la chute, d’une cinquantaine de mètres, les gouttes de plomb acquéraient une forme sphérique et se solidifiaient au pied de la tour dans de grandes cuves remplies d’eau froide.


L’avenir de la tour Saint-Jacques était incertain lorsque François Arago proposa à M. Rambuteau, préfet de la Seine, de la faire acheter par la ville de Paris. La transaction eut lieu et, le 27 août 1836, les héritiers Dubois cédèrent la tour et le terrain environnant pour 250 000 francs. Les avatars de la tour pendant les années troublées de la Révolution l’avaient laissée dans un piètre état. En 1852, l’architecte Bally fut chargé de la restauration. Les travaux dureront six ans pendant lesquels Bally fera faire dix-neuf nouvelles statues de saints qui garniront les niches vides; des vitraux sont posés à la place des abat-son, augmentant l’aspect de dentelle de la tour en l’allégeant; les statues mutilées de saint Jacques le Majeur, du bœuf, de l’aigle et du lion des Évangélistes sont transférées au musée de Cluny; des gargouilles dans l’esprit romantique sont mises en place au sommet.

 

 Lorsque quelques années plus tard le baron Haussmann fera percer la rue de Rivoli et le boulevard de Sébastopol, il sera nécessaire de supprimer la butte sur laquelle se dressait la tour et reprendre celle-ci en sous-œuvre en lui donnant une assise octogonale. Quatorze marches permettent d’accéder à l’ancienne entrée de la tour dont la hauteur se trouve portée à cinquante-huit mètres. Le baron Haussmann fit ériger une statue de Pascal sous l’arcade vide pour commémorer les expériences que celui-ci y aurait faites en 1648 sur la pesanteur de l’air, après celles du Puy-de-Dôme.

 

la tradition hermÉtique – les symboles & la doctrine – l’art royal hermÉtique

Julius evola

Editions TRADITIONNELLES

 2000

Dans cet ouvrage, nous prendrons le terme « tradition hermétique », dans un sens spécial qui est en grande partie celui le Moyen-Âge et la Renaissance lui ont donné. Il ne s’agit pas de l’ancien culte égyptien et hellénique d’Hermès, ni seulement des doctrines des textes alexandrins réunions dans le Corpus Hermeticum.

 

Au sens particulier où nous l’envisageons, l’hermétisme a d’étroites relations avec la tradition alchimique. La tradition hermético-alchimique occidentale sera l’objet spécial de notre étude qui tend à préciser le sens réel et l’esprit d’un enseignement secret, de nature à la fois doctrinale, pratique et opérative qui, avec de grands caractères d’uniformité, s’est transmis des Grecs à travers les Arabes, avec des textes et des auteurs qui nous conduisent jusqu’au seuil des temps modernes.


On y parle : du dragon ouroboros, la femme l’eau, le mercure, le venin, le sel et la croix. Les quatre éléments, le soufre, les planètes, les cendres, la soif, l’âme, le corps, l’esprit saturne, l’épée et la rose, l’œuvre au noir, la voie sèche et humide, la voie de Vénus, les feux hermétiques, le corps de lumière, l’immortalité, l’œuvre au rouge, les couleurs alchimiques, le silence, la tradition, les maîtres invisibles et la connaissance prophétique.

 

L’AURORE  OCCIDENTALE

ÉTIENNE  PERROT

ÉDITION  LA FONTAINE DE PIERRE

 1982

Après la publication de : « La voie de la transformation et les trois pommes d’or » Etienne Perrot publie ce troisième volet de son séminaire alchimique, c’est une série de libres méditations sur le traité alchimique attribué à Thomas d’Aquin.

 

Cet Aurore occidentale ou lever de l’aurore a été redécouvert par C.G. Jung et Marie Louise von Franz. Prenant pour tremplin les affirmations du vieil adepte, les méditations de Perrot donnent la plus large place à l’expérience personnelle. L’auteur, dont « la bouche a été ouverte » par la lecture du traité ancien, ainsi qu’il le confesse dans sa préface, se place à la suite de son devancier pour perpétuer l’éloge de la Sagesse alchimique et de sa « vérité libératrice ». L’ouvrage reproduit également la traduction du traité de Thomas d’Aquin.

 

Ce livre est une suite de variations sur l’entreprise hermétique telle que la célèbre Aurora Consurgens. Comme le fait remarque M.L. von Franz, chacune des paraboles de l’Aurore « parait reproduire à petites touches l’œuvre alchimique dans sa totalité ». C’est que l’alchimie ne se divise pas.

 

Tout écrit poursuivant véritablement la transmutation est un cercle complet décrit autour du centre indicible, lieu de la pierre, non-pierre. Les exposés se veulent autant de « méditations poétiques » et il importe aux yeux de l’auteur qu’ils embrassent la totalité du traité dont ils s’inspirent. Il est apparut important pour l’auteur de reproduire en tête du volume l’intégralité du traité de Thomas d’Aquin en bon français.

Les méditations que l’on va lire sont d’époques différentes. La plupart proviennent du séminaire originel tandis que les deux premières ont été substituées aux cours primitifs. La forme en est plus libre et s’inspire à un plus grand degré de l’esprit de la gaye science et de « l’ornithophilologie ». Il en résulte une diversité qui, si elle ne répond pas aux canons littéraires, n’en est que plus fidèle à la vie et à ses alternances.

Cet ouvrage contient et parle de :

1e Partie : Aurora consurgens (lever de l’aurore) de Saint Thomas d’Aquin

2e Partie : L’Aurore occidentale  -  Le pèlerinage occidental  -  La sagesse de l’aurore  -  Bry-sur-Marne ou le don de Dieu  -  Le déluge et la naissance de la Pierre  -  La libération des captifs  -  Le baptême de feu  -  La maison de la sagesse  -  Le ciel terrestre  -  Le colloque d’amour  -  Les noces éternelles  -

 

LA  VIE  MINÉRALEÉTUDE DE PHILOSOPHIE HERMÉTIQUE

Manuscrit de JULIEN CHAMPAGNE- Préface de JEAN ARTERO

ÉDITION LES TROIS R. 

 2010

Les Edition Les 3 R publient  ici un inédit de Julien Champagne, en qui certains comme R. Ambelain dans la revue de « la Tour St Jacques » y ont vu la figure légendaire de Fulcanelli, on sait presque sur, aujourd’hui que Fulcanelli n’est pas Julien Champagne et ceci grâce aux travaux de W. Gross. Il n’empêche que J. Champagne s’est intéressé de très près à l’alchimie, de si près qu’il l’a pratiquée en laboratoire, de si près aussi qu’il a écrit sur l’alchimie les pages qui composent le manuscrit de « la vie minérale, étude de philosophie hermétique et d’ésotérisme alchimique » daté de Paris 1908, mis à jour et publié pour la première fois par Jean Artero, en deux volumes , présentés sous emboitage et tirés à 400 exemplaires numérotés. Le premier reproduit le fac-similé du manuscrit, dans la belle calligraphie de J. Champagne, le second en procure la transcription intégrale.

 

L’introduction de Jean Artero rappelle le caractère exceptionnel de cette publication, qui atteste une fois de plus, des connaissances et de l’intérêt de Julien Champagne pour la science d’Hermès. Cependant Jean Artero, à qui l’on doit un « Présence de Fulcanelli », aux Edition Arqa, se montre extrêmement réservé quand à l’hypothèse Champagne –Fulcanelli, ce qui vient d’être confirmé par les ouvrages qui viennent de paraître, notamment ceux de Walter Gross. Tout en considérant la parenté évidente de la Vie minérale avec l’œuvre de Fulcanelli, il en souligne également des points divergents sur le fond.

 

Cette question et bien d’autres ne manqueront certainement pas d’être posées et débattues dans d’autres colloques et conférences.

 

LA  VOIE  DE  LA  TRANSFORMATION, D’APRES  CARL GUSTAV JUNG ET L’ALCHIMIE

ETIENNE  PERROT

EDITION  LA  FONTAINE DE  PIERRE

2000

Ce livre fondamental constitue une remarquable présentation théorique et pratique de la voie alchimique restaurée par C.G. Jung.

 

Il comprend deux parties distinctes qui s’enchaînent harmonieusement. La première est formée de six conférences ayant pour thèmes les aspects essentiels de l’œuvre de transformation et de réalisation décrite dans la psychologie des profondeurs de Jung. Ces exposés introduisent tout naturellement ceux de la deuxième partie, qui reproduit le contenu du premier séminaire alchimique public, ouvert à Paris le 16 Octobre 1969. L’auteur y parle le langage direct de l’alchimie traditionnelle, qui est celui du symbole transformant. Ces textes, intitulés « La Pierre des Transmutations », inaugurent l’enseignement de la « Nouvelle Alchimie » dispensée par Etienne Perrot et recueilli dans ses ouvrages dont la plupart sont publié aux « Editions La Fontaine de Pierre ».

 

1e Partie : Le passage au centre ou transformation dans la psychologie des profondeurs, et titre des six conférences :

La voie jungienne et le temps présent

La voie de connaissance et de transformation intérieure par les songes

De la transformation

Le passage au centre

Le transfert psychologique illustré par l’amitié spirituelle de Madame Guyon et de Fénelon.

C.G. Jung, l’alchimie et le sens de l’Homme.

 

2e Partie : La Pierre des transmutations ou la transformation dans l’alchimie

L’entrée dans la mer des sages ou la rencontre avec l’alchimie

Le Yi King premier livre des transmutations        

La vendange des raisons. L’athanor, fourneau hermétique. Les visions de Zozime

L’Arbre merle, l’Ouroboros, le zodiaque et l4homme, les deux ferments

Du Feu sacré des sages. Naissance et triomphe de la Pierre

 

Pierre Perrot a traduit et écrits les ouvrages suivants :

Les trois pommes d’Or. Yi King, le livre des transformations. L’Atalante fugitive. Le Rosaire des philosophes et de nombreux textes de Jung et de M.L  von Franz.

 

la voie hermÉtique

Françoise bonardel

Edition Dervy

 1985

Qu’est-ce qu’une Voie, sinon l’ouverture propice au cheminement, l’orientation nécessaire à la transformation ? Parler de Voie hermétique a donc de quoi surprendre, si l’on s’en tient à l’usage courant du terme, suggérant le repli plus que le déploiement, l’obscurité plus que la lumière inhérente à toute authentique Révélation.

 

Or, c’est bien en terme de Révélation que s’est imposé, depuis l’Antiquité gréco-romaine-égyptienne et pour de nombreux siècle, le message spirituel attribué à Hermès Trismégiste, prophète païen en qui certains hommes de la Renaissance croiront   reconnaitre le Père d’une sagesse primordiale et immémoriale bien antérieure au Christianisme.

 

C’est à reconstituer l’identité polymorphe d’Hermès le messager divin, et à « comprendre » comme le préconise le Trismégiste –le jeu incessant du clos et de l’ouvert que s’emploie ici l’auteur- ; décryptant pour cela quelques-unes des figures les plus significatives de l’hermétisme occidental, tour à tour doctrine de salut (gnose), voie de transmutation (alchimie), herméneutique,  toutes à des titres divers placées sous le patronage d’Hermès, de sa doctrine.

 

Le caractère composite de la doctrine hermétique, et la richesse multiforme de sa postérité semblent dus autant à la personnalité protéiforme d’Hermès qu’à la nature de l’enseignement consigné. Dans le Corpus Hermeticum, c’est bien de révélation qu’il s’agit, écrite sous sa forme philosophique et religieuse.

 

Rapporté à l’hermétisme, le mot tradition doit être pris dans son acceptation originelle de transmission ; non pas d’us et coutumes accréditant une vision passéiste et conservatrice des idées et des mœurs ; mais pérennité d’un savoir de type initiatique d’abord transmis par le Verbe d’Hermès à quelques rares disciples en quête de régénération spirituelle, puis au cours des siècles à ceux des mages, adeptes et artistes qui en ont ensuite perpétué l’esprit par leur pratique en matière de philosophie occulte et d’alchimie.

 

Fondée sur les Hermetica, et condensée dans la fameuse Table d’Emeraude (Tabula Smaragdina), la tradition hermétique peut en effet se prévaloir –comme toutes les traditions- d’un fondateur mythico-religieux doté d’une personnalité charismatique, de Livres quasi sacrés, et d’un mode de transmission d’inspiration « gnostique » dont la continuité est avérée tant d’un point de vue historique qu’initiatique. La question se pose par ailleurs de savoir si l’hermétisme n’est qu’une tradition parmi d’autres, ou si le rôle de « Père des sages »(selon Henri Corbin), et d’herméneute spirituel reconnu à Hermès, autorise à voir dans son enseignement le noyau ésotérique commun à la plupart des grandes traditions religieuses et initiatiques.

 

Au sommaire de cet ouvrage :

 

Première partie : Origines mythiques et historiques   -   les métamorphoses d’Hermès   -  les témoignages antiques   -  le creuset alexandrin   -   la Révélation Hermétique   -  au cœur du monde ; révélation et occultation   -   Cosmos et anthropogonies   -   la création des âmes   -   les paradoxes de l’agnosia-gnosis   -   la « compréhension » hermésienne   -   L’éternité vivante du lien  -   la méditation solaire et le culte des images   -   l’astrologie hermétique   -   Art et musique   -   le dépôt des livres qui est une gnose herméneutique   - 

Deuxième partie : La tradition hermétique et la Renaissance  hermétiste   -   Unité et diversité   -   les grands conciliateurs   -   le chaîne d’or du triple monde   -   Sagesse et magie   -   L’Art d’Hermès   -  Une tradition aux origines mythiques   -   le labyrinthe hermétique   -   la vase d’Hermès   -   Naturphilosophie et théosophie   -   L’équivoque occulto-hermétiste    -  D’étranges hybrides    -  L’hermétisme populaire   -   Hermès inconnu      -  Transitions et ambigüités    -   Hermétisme et Herméneutiques   -   Hermès messager de l’être   -   C.G. Jung et l’esprit Mercure   -   Herméneutique spirituelle, phénoménologie et alchimie   -   Récurrence hermésienne et anthropologie    -   L’hermétisme fertile et la synchronicité magique   - 

 

le char triomphal de l’antimoine

Basile valentin

Edition L’ORIGINEL

 2002

Ce texte du frère Basile Valentin, religieux de l’ordre de St Benoît, traite d’une façon gnostique, alchimique spirituelle et médicinale, un produit méconnu, mais indispensable en alchimie: l’antimoine.

 

La première moitié du livre explique l’antimoine et l’autre moitié donne des recettes de fabrication pour guérir certaines maladies. S’il est une matière qui a fait coulé de l’encre depuis des siècles dans les milieux alchimiques, c’est bien l’antimoine.

 

Prisée par les uns et méprisée par les autres, la stibine ou oxysulfure d’antimoine, n’a pas encore dit son dernier mot. Fulcanelli dément sa présence dans la finalisation du Grand-Oeuvre sans toutefois nier son utilisation. Entre paradoxes et intrigues, qui a vraiment compris à quoi sert l’antimoine dans l’Oeuvre philosophique minérale?

 

Auteur à succès et respecté des alchimistes, Basile Valentin a fournit une indication majeure dans l’un des titres de ses livres. Le char triomphal d’antimoine, en effet, doit retenir notre attention au regard du véhicule qu’il évoque.

Qu’est-ce qu’un char si ce n’est un engin capable de nous transporter? Cette petite nuance a échappé je crois à la plupart des investigateurs. Elle nous dévoile pourtant l’un des arcanes les plus méconnus de l’alchimie métallique, à savoir que l’antimoine n’est pas en effet la matière première du grand-oeuvre minéral, mais le moyen permettant à celle-ci d’être guidée vers la quintessence, autrement dit la Pierre.

 

Il est encore d’autres propriétés étranges dans cet antimoine, dont les Anciens se servaient par exemple pour se déplacer entre les mondes,  à l’instar d’Elie enlevé lui aussi sur un char…   Plus récemment, dans ses remarquables vidéos sur les villes alchimiques, Patrick Burensteinas nous décrit lui aussi un pèlerinage jusqu’à Compostelle, avec en arrière plan un travail sur l’antimoine. Le voyage symbolique de la matière à travers les couloirs du temps et de l’espace, montre le cheminement initiatique piloté par l’étoile ou axe du monde que représente le centre radiant du régule d’antimoine.

 

L’antimoine n’est-il pas ce Pilote de l’onde vive dont Eyquen du Martineau nous parle pour expliquer le flux et le reflux de la mer des sages vers laquelle s’achemine Patrick? Tout voyage implique un guide expérimenté qui connait les passages. Dans la réalité opératoire, c’est l’antimoine qui fait office de carte routière. il conduit l’alchimiste dans les entrailles de la terre à la recherche du Ghur minéral ou bouton de retour qui permettra l’élaboration de la grande pierre. L’antimoine est donc bien le maître des clés minérales, le chemin vers le centre, et le véhicule éclairé qu’enfourche l’alchimiste au péril de sa vie. Mais que vaut la vie si elle n’est pas jouée? 

 

LE CHEMIN DU CHEMIN suivi de LA CLAVICULE de Raymond LULLE

Arnaud de VILLENEUVE

Edition ARCHE MILAN

 1974

Textes alchimiques par excellence, ces 2 textes traitent de notre propre transformation.

 

Arnauld de Villeneuve est né vers 1245 en France, comme l'attestent Symphorianus Campegius et Joseph de Haitze. Quant au lieu précis de sa naissance il est incertain. Il étudia les langues mortes à Aix, la médecine à Montpellier. Il vint à Paris pour se perfectionner la rumeur populaire l'accusant de nécromancie et d'alchimie, il s'enfuit à Montpellier, où il fut bientôt nommé professeur, puis régent. En 1755 on montrait encore à Montpellier, sa maison portant sculptés sur la façade un lion et un serpent se mordant la queue. La soif d'apprendre le fait passer en Espagne, il professe quelque temps l'alchimie à Barcelone (1286) et apprend l'arabe. Il visite ensuite les universités célèbres d'Italie : Bologne, Palerme, Florence. Il revient à Paris, mais ses propositions hérétiques, ayant excité contre lui les théologiens, il s'enfuit prudemment en Sicile, où Frédéric II le prit sous sa protection. Le pape Clément V atteint de la pierre, manda Arnauld de Villeneuve auprès de lui, avec promesse de pardon. Arnauld s'embarqua pour la France. Les papes siégeaient alors à Avignon.

 

Mais en vue de Gênes il mourut, son corps fut enseveli dans cette ville (1313). Il eut pour amis et disciples Raymond Lulle et Pierre d'Apono. Principaux ouvrages Rosarium philosophorum, de Lapide philosophorum, Novum lumen, Flos florum, Semita semitae, Speculum alchimiae, de Sublimatione Mercurii, Epistola ad Robertum Regem, Testamentum novum. Tous ces traités se trouvent dans les éditions de ses œuvres complètes Opera omnia Arnoldi de Villanova, Notice sur le Semita semitae le Chemin du Chemin. Ce traité est à quelques passages près, identique au Flos florum. Il se trouve dans 1° les Œuvres complètes d'Arnauld de Villeneuve 

 

Ici commence le Chemin du Chemin traité court, bref, succinct, utile à qui le comprendra. Les chercheurs habiles y trouveront une partie de la Pierre végétale que les autres Philosophes ont cachée avec soin : « Père vénérable, prête-moi pieusement l'oreille. Apprends que le Mercure est le sperme cuit de tous les métaux ; sperme imparfait quand il sort de la terre, à cause d'une certaine chaleur sulfureuse. Suivant son degré de sulfuration, il engendre les divers métaux dans le sein de la terre. Il n'y a donc qu’une seule matière première des métaux, suivant une action naturelle plus ou moins forte, suivant le degré de cuisson, elle revêt des formes différentes. Tous les Philosophes sont d'accord sur ce point. En voici la démonstration : Chaque chose est composée des éléments en lesquels on peut la décomposer. Citons un exemple impossible à nier et facile à comprendre la glace à l'aide de la chaleur se résout en eau, donc c'est de l'eau. Or tous les métaux se résolvent en Mercure ; donc ce Mercure est la matière première de tous les métaux.

 

J'enseignerai plus loin la manière de faire cette transmutation, détruisant ainsi l'opinion de ceux qui prétendent que la forme des métaux ne peut être changée. Ils auraient raison si l'on ne pouvait réduire les métaux en leur matière première, mais je montrerai que cette réduction en la matière première est facile et que la transmutation est possible et faisable. Car tout ce qui naît, tout ce qui croît, se multiplie selon son espèce, ainsi les arbres, les hommes, les herbes. Une graine peut produire mille autres graines. Donc il est possible de multiplier les choses à l'infini. D'après ce qui précède, celui qui analyse les choses verra que si les Philosophes ont parlé d'une façon obscure, ils ont dit du moins la vérité. Ils ont dit en effet que notre Pierre a une âme, un corps et un esprit, ce qui est vrai. Ils ont comparé son corps imparfait au corps, parce qu'il est sans puissance par lui-même ils ont appelé l'Eau un esprit vital, parce qu'elle donne au corps, imparfait en soi et inerte, la vie qu'il n'avait pas auparavant et qu'elle perfectionne sa forme. Ils ont appelé le ferment âme, car ainsi qu'on le verra plus loin, il a aussi donné la vie au corps imparfait, il le perfectionne et le change en sa propre nature. »

 

LE  DISCIPLE,   TROIS  CONTES  ALCHIMIQUES.

PATRICK    BURENSTEINAS

Edition LE  MERCURE  DAUPHINOIS

 2008

Un disciple trahit son maître. Cette trahison restera- t- elle impunie ?


L’amour est il plus fort que l’habitude ?


Un vieil apothicaire obsédé par l’ordre est obligé de prendre comme apprenti un enfant espiègle. Y résistera t-il ?


Découvrons, à travers un alchimiste, des dragons, un sorcier, des potions, une princesse, et la réponse à ces trois questions.

 

LE FEU DU SOLEIL - ENTRETIEN SUR L’ALCHIMIE AVEC EUGÈNE CANSELIET

Robert  AMADOU

ÉDITION  PAUVERT

 1978

Feu du soleil, c’est le sens du nom initiatique –Fulcanelli- qui dissimule et manifeste à la fois le plus grand et le plus célèbre alchimiste de notre temps. Eugène Canseliet est son seul disciple, qui a publié ses deux ouvrages devenus classiques, Le Mystère des cathédrales et Les Demeures Philosophales, avant de fournir sa propre contribution à la littérature alchimique, contribution dans laquelle, bien entendu, il conservait les règles habituelles du secret.

 

Au cours de cet entretien avec Robert Amadou (décédé en 2008), Eugène Canseliet apporte des éclaircissements sans précédent sur le personnage Fulcanelli et sur lui-même, enfin et surtout parle de cette science occulte entre toutes, sur l’art des sages, sur la philosophie de la nature, sur la science d’Hermès et sur l’Alchimie en général.

 

E. Canseliet affirme : « L’alchimie est obligatoirement contestataire, parce que c’est une route nouvelle dans notre monde et c’est pourquoi elle attire la jeunesse ».

 

Cet entretien à bâtons rompus entre un alchimiste praticien et un occultiste-martiniste, donne des dialogues extrêmement enrichissent et révélateur, qui nous donne beaucoup d’indications non seulement sur la personnalité de Fulcanelli, de E. Canseliet et de R. Amadou, mais surtout sur les théories   et pratiques alchimiques, ésotériques et hermétistes.

 

le fil de pÉnÉlopetome II – anthologie alchimique

E. d’hooghvorst

Edition TABLE D’ÉMERAUDE

 1998

Après avoir traité de sujets en apparence bien différents comme la tradition grecque et latine, les contes de Perrault, les Tarots, la cabale juive et autres dans le premier tome du Fil de Pénélope, le Baron d’Hooghvorst offre aujourd’hui aux lecteurs une sélection de textes alchimiques allant de Raymond Lulle à Barent Coenders Van Helpen, qu’il intitule Le Fil de Pénélope – Tome II…


Ce Fil ne serait autre que la lumière de nature, le fil lumineux, le don de Dieu, l’esprit du soleil qui éclaire dans la nuit, permettant au disciple de l’Art de démêler les énigmes et les pièges dans l’élaboration de la Pierre…

Et si ce Fil est la clef indispensable pour ouvrir la porte de l’alchimie, on peut également supposer qu’il l’inspire.

 

En donnant ce titre au présent recueil alchimique, l’auteur met en évidence l’unité d’inspiration et d’expérience de tous les textes révélés.

 

Textes alchimiques : En guise d'introduction. Elucidation du Testament de Raymond Lulle. Les Cinq livres ou La Clef du Secret des Secrets de Nicolas Valois. Le Mémorial d'Alchimie de Pierre Vicot. Lettre Philosophique de Pierre Vicot.

 

La Philosophie Subtile de Paracelse. Le Manuel ou Traitée la Pierre Philosophale Médicinale de Paracelse. La Table d'Émeraude attribuéeàHermès Trismégiste Père des Philosophes suivie du Commentaire d'Hortulain. Le Tractatus Aureus attribué à Hermès Trismégiste suivi de la Huitième scolie du chapitre premier. Les Aphorismes Basiliens ou Canons Hermétiques de l'Esprit et de l'Âme comme aussi du Corps Mitoyen du Grand et Petit Monde de Nicolaus Niger Hapelius. La Pierre Aqueuse de Sagesse ou L'Aquarium des Sages attribué à Johann Ambrosius Siebmacher.

 

Médecine Spagyrique de Johann Pharamund Rhumélius. Traité du Ciel Terrestre ou Chaos Céleste des Magiciens et Première Matière de Toutes Choses d'Eugène Philalèthe. Instruction d'un père à son fils sur l'Arbre Solaire d'un Philosophe anonyme. Lettre sur le Secret du Grand Oeuvre, écrite au sujet de ce qu'Aristée a laissé par écrit à son fils, touchant le Magistère Philosophique de Limojon de Saint-Didier. L'Escalier des Sages ou La Philosophie des Anciens de Barent Coenders van Helpen. Balzac et l'Alchimie. Seconde partie: Essai sur l'Art d'Alchymie.

 

LE GRAND   ART   DE  L’ALCHIMIE

Jacques Sadoul

Edition J’AI  LU

 1973

Au Moyen Âge, les alchimistes cherchaient à faire de l’or en transmutant un métal dans un autre. Telle est la conception la plus répandu sur l’alchimie. Si celle-ci, encore reconnue comme « science » au XVIIe siècle, est aujourd’hui rejetée au rang des superstitions, il n’en reste pas moins vrai que nombre de découvertes chimiques parmi les plus importantes furent le fait de ces praticiens. Des savants tels que Van Helmont ou Helvetius purent réaliser eux-mêmes des transmutations et furent convaincus de la réalité du Grand Art alchimique. Loin d’appartenir seulement au passé, l’alchimie est probablement pratiquée à notre époque tout autant que du temps d’Albert le Grand, par exemple.


En racontant sa longue aventure depuis l’antiquité jusqu’à nos jours, ce livre montre que l’alchimie n’est pas qu’une « mystique » mais, opérativement une technique très précieuse, très fine, qui ne tolère pas l’erreur. En fait, une science véritable qui a un immense avenir devant elle.

 

L’alchimie est la pratique de l’Art Royal. Pourquoi le dit-on Royal ? Parce que les alchimistes du moyen âge cherchaient dans l’opération alchimique, l’obtention ou la naissance du Regulus, ou petit roi, enfant du mariage symbolique du Soleil et de la Lune, germe de la pierre philosophale. Cette union symbolique des deux pôles, on la retrouve dans les noces chymiques de Christian Rosenkreutz. Elle figure le mariage intime des deux matières, c’est à dire du Soleil et de la Lune, du masculin et du féminin sacrés et sur un plan concret opératif, l’union de Mars et de Vénus. Cette union pour les alchimistes, aboutira à la production d’un petit roi ou Regulus, et qui donnera naissance au processus de l’Art Royal.

 

L’alchimie est plus un art qu’une technique. Elle est l’art de l’amour, art hermétique, sublimé par l’observation respectueuse et pénétrante du vivant. Pénétrante, car il est une force qui pénètre tout ce qui vit et dans laquelle toute vie, toute matière trouve l’aliment qui lui est propre. La chimie, qui s’intéresse aux processus est exotérique, lors que l’alchimie, d’essence spirituelle, est ésotérique et hermétique. Pratiquer l’alchimie, c’est mettre en œuvre ce merveilleux dessein qui consiste à extraire de toute matière, minérale, animale ou végétale, le principe de vie, l’étincelle divine au cœur de toute chose. Une fois la matière dissoute, elle est coagulée de façon subtile en une autre forme, qui lui donne un autre aspect et fait d’elle un organisme vivant participant à l’Œuvre divin. Car ce qui anime subtilement la matière, c’est l’étincelle d’esprit qu’elle recèle.

 

Du monde minéral au monde spirituel, l’apparente dureté des formes ou la subtilité de l’être n’est qu’une question de dosage ; dosage de l’étincelle divine, qui enlumine le minéral ou illumine l’esprit, sur une échelle progressive qui va du gris foncé au blanc étincelant. Cela les alchimistes le savent et mettent en œuvre le principe du solve coagula, pour dissoudre et recréer sans cesse ; pour  modifier, grâce à la loi des correspondances,  les dosages d’esprit et de matière, à l’intérieur du monde des formes par l’action du soufre, du mercure et du sel, c’est à dire de l’esprit, du corps et de l’âme du monde. Les alchimistes appliquent cette action aux formes subtiles, comme aux formes grossières, à l’esprit, comme à la pierre.

 

L’alchimie est ainsi un dialogue permanent du vivant avec le vivant. Elle dissout et recompose la matière après lui avoir fait subir une série de purifications. Elle effectue ce processus autant de fois que nécessaire jusqu’à obtention d’une substance qui reflète l’équilibre le plus parfait entre matière et esprit : la pierre philosophale. Ainsi, la connaissance alchimique est-elle la capacité à faire vibrer notre être en harmonie l’être qu’on désire contacter ou connaître, qu’il s’agisse d’un être minéral, végétal, animal ou encore humain. L’alchimiste insuffle l’esprit dans la matière, que ce soit le corps minéral grossier d’une pierre brute, ou le corps astral d’un être humain. C’est pourquoi en alchimie, l’oratoire, n’est jamais loin du laboratoire. L’alchimiste est donc conduit au travers de sa pratique à porter un autre regard sur la nature afin de “Délivrer l’esprit par la matière et délivrer la matière par l’esprit”.

 

Mais comment pratiquer l’alchimie demande le disciple ? C’est très simple lui répond le Maître : « Regarde la nature. Tu me dis que tu la connais déjà, que tu la regardes chaque matin par ta fenêtre, en te promenant dans la forêt, ou dans ton jardin… Non. C’est autre chose que je te demande. Lorsque tu ouvres ta fenêtre le matin, regarde les arbres sans cligner des yeux. Tu ne penseras à rien d’autre qu’à garder les yeux ouverts sans que tes paupières ne cherchent à faire concurrence aux ailes des papillons. Ainsi, tu évacueras les perturbations du mental. Au bout de quelques temps, une minute complète parfois, une éternité ! Tu verras se dessiner autour des arbres comme un halo subtil. Puis peu à peu, quand les larmes commenceront à couler, tu ne te contenteras plus de voir ce halo, tu verras progressivement se dégager de chaque plante, de chaque brin d’herbe, comme une aura d’énergie subtile qui fera monter vers toi toute la force de la terre. Et cette aura se mêlant à la tienne, tu ne distingueras bientôt plus les formes pour n’en retenir que la vie. Cette force vibrante, colossale, qui élèvera bientôt les vibrations de ton corps jusqu’au point central de la Création, tu la garderas en toi, et lorsque dans ton laboratoire tu procèderas à l’opération, tu remercieras sans cesse le Créateur de te faire accéder avec autant de simplicité au principe vivant de toute chose.

 

C’est ainsi que toute opération, tu ne pourras conclure que par une prière ; une prière à l’âme du monde, prière au principe vibratoire de toute chose, à la Force sacrée de l’univers qui dynamise et ordonne toute Création en insufflant  son feu divin à travers la matière et les âmes. C’est pour cela que tu ne pourras distinguer en leur essence l’alchimie opérative, voie humide ou voie sèche, de l’alchimie spirituelle ou voie brève qui est le principe même de toute initiation ». Ainsi parle le Maître à son disciple, car avant de savoir, il s’agit de percevoir…Dans le règne minéral, la pierre philosophale transmute le plomb en or, dans le règne végétal elle accélère la fabrication des élixirs et sur le plan humain elle devient être de feu, par lequel la nature spirituelle se renouvelle.

 

De façon similaire à la franc-maçonnerie, l’alchimie aborde les phénomènes de l’intérieur vers l’extérieur, donc de l’essence vers l’apparence formelle. Ainsi, Art royal et franc-maçonnerie fusionnent-ils totalement en leur principe. Oswald Wirth auteur, entre autres d’un ouvrage consacré à l’Art Royal, définit la mission de la franc-maçonnerie comme rejoignant pleinement la cohérence alchimique au travers de l’alchimie spirituelle. Initiation donc, et travail ; travail sur la Connaissance avec des outils symboliques, et travail sur soi qui est méditation, travail sur les éléments et l’alchimie intime du corps spirituel, qui est alchimie du feu céleste. Ora et labora, Prie et travaille, devise des premiers alchimistes mais également règle de vie des bénédictins, dont ceux-ci n’ont sans doute pas la paternité. Qu’on soit ou non dans la foi, qu’il s’agisse de prière d’initié ou de méditation, le travail sur soi est incontournable pour faire fructifier les germes de l’initiation, quelle qu’en soit l’école ou la tendance.

 

Pour poursuivre nous souhaitons ajouter une petite touche inhabituelle, mais pas inédite pourtant, au concept d’Art Royal. L’univers est fondé sur deux principes : un principe d’expansion, que je qualifierai de principe du Big Bang, ou expansion par dissolution du Tout. Ce qui permet de dire que chaque créature contient le Tout en puissance et qu’elle est, comme disent les écritures, à l’image et à la ressemblance de Dieu. Le second principe est un principe de retour à l’Être originel par condensation, ce qui correspond pour les ésotéristes chrétiens au principe de la Réintégration, ou retour au plérôme initial. Réintégrer Dieu en son âme, par la voie directe ou la pratique de la théurgie, ou réintégrer les différents règnes du vivant dans le plérôme initial. Or, contrairement à la naissance du Regulus, qui est une création supplémentaire par l’union de deux essences et qui renvoie au nombre trois, donc, au principe d’expansion, le retour à l’être originel obéît au principe de condensation, qui lui renvoie au Un.

 

Le principe de condensation serait donc simplement une autre facette de l’Art Royal ? Et lorsque le principe de condensation s’applique aux âmes, on retrouve les noces chymiques qui ne symbolisent pas seulement l’union dans la naissance d’un troisième être, ou Regulus, mais la fusion de deux essences en une seule, c’est à dire la transformation ou transmutation du Deux en Un. Ainsi l’un des principes secrets de l’alchimie spirituelle serait l’application aux âmes du principe de condensation ou retour au plérôme initial, par un processus de fusion spirituelle, ou mariage cosmique des compléments spirituels divins ou jumeaux spirituels

 

Nous citerons à simple titre d’exemple, le traité intitulé « Les mystères de l’Etre» du Dr Ely Star, publié en 1902 : « Deux chars, lumineux comme des soleils, viennent d’apparaître sous la coupole céleste; l’un, à l’Orient, celui de l’âme masculine, l’autre, celui de sa pure Fiancée, à l’Occident. Rapides comme l’éclair, ils s’avancent, se rapprochent et, en une durée inappréciable, se sont confondus en une immense Auréole lumineuse, au milieu d’une explosion formidable d’accords séraphiques et de voix mélodieuses, rendant grâces à l’Eternel de l’Etre nouveau qui vient de se reconstituer en son intégralité spirituelle, l’Etre radieux, le nouvel Ange ravi dans sa divine extase !

 

Il ajoute : « Quand vous unissez ensemble la flamme de deux gaz différents, la nouvelle lumière obtenue par cette combinaison est plus que doublée : il en est de même pour les facultés de l’Esprit réintégré ». Ainsi les applications de l’Art Royal sont-elles aussi insaisissables qu’infinies. Car il est l’Art de la mise en en Œuvre de la volonté divine dans les différentes strates de la Manifestation, par les alchimistes, pour la réalisation du Grand Œuvre.

 

LE GRAND  ŒUVRE  DÉVOILÉ  -  CORRESPONDANCES ALCHIMIQUES

François  TROJANI

ÉDITION  ARQA

 2010

« Alchimie » Ultime métaphysique, sans doute , de la matière pure révélée à l’adeptat, science de la vie, androgynie des contraires, sacralisation parfaite d’une opération menée de main de maître sur le monde minéral et poussée à son ultime feu, pour en faire poindre, au cœur de la nature naturante, l’absolu des formes manifestées et ce, devant le seuil de l’humanité sans voix définitivement altérée par les signes des Temps.

 

Grande cire rouge encore, appréhendée selon les sentiers de la Tradition – qui sont ceux de la transmission- l’alchimie croît en conscience dans la spiritualité des minéraux et des métaux exposés au laboratoire et le silence approprié de l’oratoire.

 

Transmutation considérée comme impossible des structures acquises selon les éléments, les règnes et les lois, la Pierre Philosophale, telle une révélation divine apportée seulement au plus petit d’entre nous, au plus pauvre des cherchants, humble voyageur muni pour seul viatique du « don de Dieu », ne se conçoit véritablement en tant que voie de perfection, que comme un pèlerinage ineffable acceptant le « retournement » pour unique alternative à l’incarnation adamique.

 

Cette preuve – qui est aussi une épreuve- admet à contre-courant de la pensée établie, l’espace et le temps comme des dimensions trop étroites insuffisamment décrites par notre science physico-chimique moderne et pallie cette bien trop courte conception du monde quantique par une analyse qui concerne avant tout cette « force forte de toutes forces » dont nous parle à mots couvert la Table d’émeraude.

 

De l’Ergon au Pergergon le sentier des philosophes de la Nature, jonché de ronces ne laissera apparaître, pour qui le peut, la rose éternelle qu’au détour de bien des années d’infructueuses recherches, et pour cause. Comme le souligne parfaitement l’auteur de ce livre : Les matières en général et les métaux en particulier sont bien plus métastables qu’on ne le soupçonne généralement et les quasi-plasmas que génère notre voie par le feu entrent en résonnance avec les forces colossales de l’univers.  Un concept alchimique au sens noble du terme est exprimé ici en peu de mots, où le coup de dés du hasard entre alors dans la partie.

Mais que sont ces énumérations de noms épars : Graal Pierre PhilosophaleŒuvre au rouge – etc… Ces considérations  exceptionnelles sur l’alchimie pérenne, permettront sans doute au lecteur soucieux de découvrir des clés inédites sur la Science Sacrée, d’avancer encore, et de puiser à la source par les réponses apportées dans cet ouvrage. Le Grand Œuvre dévoilé n’est pas un livre de recettes, ni un catalogue de formules éculées sur une alchimie opérative galvaudée, ou pire encore sur une pseudo alchimie spirituelle peuplée de gourous à la mode New Age.

 

Le Grand Œuvre dévoilé est avant tout un livre d’alchimie, autrement dit un témoignage incontournable sur la transcendance des formes, écrit par un auteur guerrier aguerri au feu du creuset, un logographe ayant comme arme la connaissance, et la Foi comme bouclier, mais qui, pour autant, n’en oubli pas de rester dans l’ombre des cathédrales pour mieux privilégier son œuvre aujourd’hui dévoilée.

 

LE GRAND TRAITÉ D’ALCHIMIE ou la NATURE DÉVOILÉE

 

Edition J de Bonnot

 1999

Travail collectif vers 1600. De nombreuses illustrations d’alchimistes moyenâgeux. La traduction est celle de Dufournel 1772

 

Le Grand Traité d’Alchimie ou La Nature dévoilée Une somme alchimique rédigée à la fin du Moyen Âge sous le titre étrange de Aurea Catena Homeri L’Alchimie des ténébreux archi-mages révèle ses brûlants secrets à nos chercheurs d’avant-garde. Cet ouvrage n’est pas un grimoire. C’est une des rares versions non chiffrées qui nous soient parvenues du fond des âges. C'est aussi un rare grand traité ancien non codé, publié ne varietur d’après la première et rarissime traduction française imprimée en 1772 par Dufournet et enrichi de nombreuses illustrations parlantes des XVIe et XVIIe siècles.

 

 Un immense « contribut » à la science moderne L’alchimie, restaurée dans sa dignité, apparaît comme la mère avérée des sciences chimiques et physiques. Maintenant, il est prouvé que la plupart des mémorables et géniales intuitions des alchimistes étaient fondées : transmutation de la matière, découverte des médicaments de base, de l’éther et de l’homéopathie à partir de poisons fortement dilués, mise au point de nombreux procédés de distillation, théorie des atomes suivie de nos jours par celle des électrons à l’origine de l’énergie atomique, de changement des métaux en d’autres métaux à partir des modernes accélérateurs de particules, etc. Ses formules symboliques, enfin décryptées, se rencontrent aujourd’hui dans les écrits de nos penseurs les plus avancés

 

Notre édition du Grand Traité d'Alchimie comprend aussi les fameuses et fulgurantes Opérations hermétiques de Basilus Valentinus de l’Ordre de Saint-Benoît et in fine indispensable Glossaire de terminologie alchimique. Un vrai trésor iconographique vient rehausser ces commentaires aussi curieux qu'insolites. De format in-octavo (14 x 21 cm), relié plein cuir ébène et or 22 carats sur les plats et le dos, cet exemplaire unique provient d'une précieuse édition réalisée en 1999.

 

LE LIVRE DES FIGURES HIÉROGLYPHIQUES

Nicolas FLAMEL

Edition SAVARY

 1993

Ce livre est important dans la tradition symbolique d’œuvres médiévales interprétées alchimiquement. Flamel mis 20 ans pour déchiffrer ces figures qui étaient au cimetière des Innocents à Paris. Elles furent publiées en 1612.

 

On y trouve Hermès, le caducée, le dragon, le serpent etc…

 

C’est l’un des plus excellent traité d’alchimie composé par Nicolas Flamel tout à la fin du XIVe siècle, alors qu’il demeurait rue des écrivains, près l’église Saint-Jacques de la Boucherie

 

Sous un récit allégorique, Flamel dit être entré en possession d’un livre mystérieux, pour la somme de deux florins, livre qui allait bouleverser le cours de son énigmatique et surtout fabuleuse existence.

 

Le manuscrit est décrit minutieusement pour les illustrations symboliques qu’il renferme, ainsi que pour les figures d’Abraham le Juif, toutes riches d’enseignement sur la confection du Grand Œuvre et sa finalité.

 

C’est grâce à un certain Maître Canches, un médecin Juif fort savant, rencontré sur le chemin, au retour de son pèlerinage à Saint Jacques de Compostelle en Galice, qu’il put enfin réussir à mener l’œuvre à terme : « Ce fut le 17 janvier, un lundy environ midy, en ma maison, présente Perrenelle seule, l’an de la restitution de l’humain lignage mil trois cent quatre vingt deux »

 

Cet ouvrage est présenté dans son français de l’époque, il est divisé en 9 chapitres. On notera le ton d’excessive piété, mais il fallait montrer soumission et référence, pour échapper aux tribunaux de l’inquisition, surtout en pratiquant une discipline aussi sulfureuse. Nous sommes en 1382 et son livre ne paraitra qu’en 1612.

Il faut donc lire entre les lignes, comme tous les textes de l’époque.

Les gravures sont superbes, elles accompagnent le texte, qui sera reprit plus tard par d’autres alchimistes.

 

le matin des alchimistes

J.L. caradeau

Edition TRAJECTOIRE

 2002

Lorsque Louis Pauwels et Jacques Bergier publient, en 1960, le « Matin des Magiciens », ils y exposent l’activité volcanique de la pensée occidentale, l’éblouissante éruption du savoir !

Jean-Luc Caradeau a travaillé, ici, sur un sujet plus hermétique où la clarté de l’or obtenu par le Grand Œuvre n’est en fait qu’une façon d’exprimer la recherche de l’immortalité. Mais le matin des Alchimistes est plus symbolique que celui des Magiciens. Car le plomb à transformer c’est soi-même !

 

L’alchimie est aussi spirituelle. Le soufre, le sel et le mercure, les trois composants de la matière, sont énergies spirituelles. L’âge de l’or n’est-il pas l’âge d’or ? On voit que le matin n’est pas prêt de s’achever.
Vous allez parcourir l’aventure alchimique à travers les âges depuis les Égyptiens jusqu’aux Arabes, puis au Moyen Âge (Albert Le Grand, Roger Bacon, Raymond Lulle, Geber, Pétrus Bonus, Nicolas Flamel…), à la Renaissance (Bernard de Trévise, Denis Zachaire, Paracelce…), aux XVIIème et XVIIIème siècles (le comte de St Germain, Don Pernety…) … Un point très précis est effectué sur les adeptes contemporains. Des études spécifiques décrivent aussi l’alchimie en Inde et en Chine.


Enfin, bien sûr, de longues pages sont consacrées à la technologie alchimique : réceptacles, alambic scellé, œuf alchimique, vaisseaux, athanor… et se terminent par la description de l’expérience elle-même et des trois voies pour parvenir à la pierre philosophale.


Le livre ne va pas vous en livrer la clé, mais utilement vous guider. Car nul ne peut comprendre l’art alchimique sans la grâce divine. Alors que dire au lecteur, sinon : « Prie, lis, relis, travaille et trouve ».

 

LE MONASTÈRE DE CIMIEZ.  ALCHIMIESYMBOLISME ET TRADITION

BERNARD  CHAUVIERE

ÉDITIONS  ARRAKIS

 2009

Le monastère de Cimiez, situé sur les hauteurs de Nice, fut fondé au IXe siècle par les moines Bénédictins de l’Abbaye de Saint-Pons. Depuis 1546, il est occupé par des moines Franciscains.

 

En 1917 Eugène Canseliet et son maître Fulcanelli se rendirent à Cimiez. Quarante ans plus tard Eugène Canseliet donna l’interprétation hermétique et alchimique de plusieurs peintures décorant la sacristie et les corridors du 1e étage.

 

Dans l’église Notre-Dame nous pouvons admirer trois tableaux majeurs du primitif niçois Louis Bréa, la Crucifixion, la Déposition de la Croix, la Piétà. Nous comprenons alors l’intérêt que portaient ces religieux à l’Art sacré. Au XVIIe siècle, ils firent recouvrir de peintures murales de larges parties du monastère, en particulier par ces images singulières que le présent ouvrage nous décrit et qui malheureusement ne sont plus visibles aujourd’hui.

Elles risquent même de disparaître si les travaux urgents ne sont pas entrepris, bien que l’ensemble du monastère soit classé au titre des monuments historiques depuis 1993. Il a semblé opportun que les amateurs de symbolisme religieux, de la science d’Hermès, ainsi que tous les hommes et femmes de bonne volonté, puissent enfin avoir sous les yeux la totalité des fresques symboliques.

 

Il faut bien admettre aussi que rarement, l’alchimie et son symbolisme furent exprimés avec autant de précisions, en un lieu consacré à la religion, sachant toutefois que ces représentations offrent elles-mêmes une résonance aux mystères de la foi chrétienne.

 

De ce double aspect, il convient d’éviter toute assimilation hâtive et gratuite, toute confusion malheureuse et de le replacer dans l’histoire de l’alchimie elle-même du XVIIe siècle finissant, face aux nouvelles philosophies.

 

LE MYTHE D’HERMÈS

Pierre Gordon

Edition  Arma Artis

 1985

Comme tous les vieux mythes qui recouvrent une signification profonde, celui d’Hermès est, au premier abord, un tissu d’enfantillages, d’incohérences, et de non sens. Ce dieu naît dans une grotte du mont Cyllène, au nord ouest de l’Arcadie, il a pour mère la nymphe Maïa, à qui Zeus avait rendu des visites nocturnes. Aussitôt né, il sort de son berceau pour aller en maraude, son but principal est de mettre la main sur les troupeaux d’Apollon. Devant une caverne. Devant une caverne, il rencontre une tortue qui rampe, il lui ôte la vie, et dans le creux de la carapace, tend une peau de bœuf, il ajuste ensuite sur cette peau des baguettes de roseau, et des intestins de mouton : La lyre est découverte.

 

Après la chute du jour, il se faufile vers les montagnes de Piérie, où se trouvent les 50 vaches d’Apollon, il les amène à reculons pendant la nuit, après avoir attaché sous ses pieds des branches feuillus d’arbustes. Parvenu sur le bord de l’Alphée, il les enferme dans un antre, et en tue deux, non pour les manger mais se donner le plaisir de les sacrifier. Il invente à cette occasion le feu en faisant tourner une tige de laurier dans un morceau de bois tendre. A l’aube il regagne son berceau, sur le mont Cyllène ; Apollon ne tarde pas à s’apercevoir du rapt, et, grâce à ses facultés de clairvoyance, à trouver le coupable. Un vieillard affirme du reste avoir vu passer l’enfant et les vaches, mais le petit Hermès nie avec effronterie et adresse à Zeus, qui n’est nullement dupe de ses arguties, s’en amuse, et le condamne à restitution. Il se réconcilie avec Apollon.

 

Celui-ci est loin toutefois d’être complètement rassuré, il craint pour son arc ; d’autant plus qu’Hermès est fertile en tours, attestant son habileté (il se transforme notamment en brume pour passer par le trou d’une serrure). Un accord est finalement établi et Hermès donne sa lyre à Apollon en échange de la copropriété des vaches. Apollon lui fait en outre cadeau d’un fouet et d’une baguette, puis révèle à Hermès où se trouvent les Thries, vénérables sorcières en possession d’initier à l’art divinatoire (ces prophétesses recouraient aux petits cailloux sacrés appelés triai, que l’on jetait à la manière des sorts. D’autres vols ont été attribués à Hermès, tel le vol du trident de Poséidon, l’épée d’Ares, la ceinture d’Aphrodite et les flèches d’Apollon. Il tranche la tête du géant Argus chargé par Héra de surveiller la génisse Io, amante de Zeus. Son dada est le bétail, il est d’ailleurs souvent représenté avec une brebis dans les bras ou sur les épaules.

 

Telle sont les principales informations fournies par un hymne homérique fameux sur l’enfance d’Hermès. Cela peut paraître étrange que ce récit ai pu être récité lors de cérémonies initiatiques, mais à cette époque le merveilleux faisait parti des cérémonies. Hermès est souvent représenté avec un double visage, précédent ainsi le Janus romain, on le symbolise également comme le dieu de la fécondité animale et de la fertilité, l’analogue du dieu Pan, lequel était du reste tenu pour son fils ou son frère. . Il est également le conducteur des hommes aux enfers, il est la divinité des chemins et le protecteur des voyageurs, il est le gardien des portes – comme le Janus romain –

Alors comment expliquer que ce dieu espiègle aux exploits disparates et chaotique soit devenu à la longue l’Hermès Trismégiste, le Maître des pensées transcendantes, le dispensateur de la lumière cachée, le révélateur des secrets initiatiques ? Les exégètes qui ont travaillé sur Hermès sont très partagé, certain tiennent Hermès pour une divinité solaire ou pour l’incarnation de l’aurore, d’autres y voit un dieu du vent, le crépuscule ou l’hypostase de l’obscur, mais la majorité se sont rallier à la phrase de Cicéron : « Hermès a des origines multiples. »

 

L’auteur démontre qu’Hermès malgré cette multiplicité de visages se ramène à l’unité, lorsqu’on pose comme essence première de ce dieu l’ensemble des rites initiatiques, dont il fut considéré comme l’instaurateur.

 

Au sommaire de cet ouvrage :

Le rituel de mort et de résurrection – sens premier du mot Hermès – l’essence transcendante des hermai – Hermès bicéphale  et tricéphale – Hermès tétracéphale – L’hermaphrodite et l’androgyne initial – les travestissements initiatiques – Le caducée et les deux serpents enlacés – le trident d’Hermès – Hermès phallos è les hermai et leur culte – les fêtes d’Hermès – Hermès et le coq – l’éphèbe – la lyre , les vols de bétail – les chiffres de 100 et 50 – les vaches femmes et Io – les vaches d’Apollon – le vieillard d’Anchestos – Hermès inventeur du feu sacré – les Thries – hermès et le rire initiatique – les pléiades et la fille d’Atlas – Hermès psychopompe – Hermès dieu des voyageurs, messager de Zeus, dieu des marchands et des affaires –Hermès logios et logos – Hermès Thot – L’hermétisme –le mercure gaulois –

 

Les autres livres de Pierre Gordon sont au chapitre  10 G -

 

l’entrÉe du labyrinthe

Gilles pasquier

Edition DERVY

 1992

Une étude sur l’alchimie assez facile d’accès avec la table d’Émeraude, Béréshit, solve et coagula et les bases alchimiques. Dans une 2ème et 3ème partie on y trouve les textes intégraux de 2 manuscrits, alchimiques du XIXème siècle, les Récréations hermétiques et les Scholies. Les voies sèches et humides y sont bien expliquées.

 

En quoi consiste l'alchimie, comment fonctionne-t-elle et quelle langue parlent les alchimistes ? Hermétiques du légendaire Hermès Trismégiste, les textes classiques de l'alchimie ne peuvent se lire à livre ouvert. Pour la première fois, un ouvrage en donne les clefs. Les néophytes y découvriront comment conjuguer le mode hermétique, comment en traduire le langage analogique, comment retrouver le tour de pensée alchimiste, et comment, en superposant les lectures, recevoir l'explication. Les amoureux de science, ceux qui savent déjà que l'alchimie ne se réduit pas à de simples recettes, trouveront dans L'entrée du Labyrinthe une nouvelle façon de pénétrer dans des livres clos jusqu'alors. Les textes intégraux de deux manuscrits d'alchimie du XIXe siècle, les Récréations hermétiques et les Scholies complètent cette initiation à l'alchimie.

 

L’Alchimie est née en Égypte à ‘époque des Ptolémée (bien qu’il y ait là aussi contestation entre les « experts »). Or, à cette époque, beaucoup de « choses » qui nous paraissent complètement banales passaient pour être « merveilleuses ». Entre autre la fabrication du verre. Cette matière a toujours fasciné les alchimistes. C’est pourquoi il est intéressant de comprendre sa fabrication et sa coloration. Avec ces deux thèmes de recherche nous entrons déjà dans l‘antre des pré-chimistes. Fulcanelli nous signale qu’au Moyen Âge les verriers étaient des chevaliers qui allaient « au travail » avec l’épée sur le côté. Ceci n’est peut-être qu’anecdotique, du moins il fallait être un chevalier, dans le sens noble du terme, pour travailler le verre. Je vous conseille donc de lire tous les chapitres écrits sur le verre et & sur les pierres précieuses. Et oui, fabriquer des gemmes artificielles est une activité qui se rapproche énormément du travail du verre. Un autre conseil – d’importance - étudiez également bien le processus du Pourpre de Cassius (connu bien avant lui) et que vous trouverez également sur ce site. Le Pourpre de Cassius n’est pas la Pierre, non, mais il ressemble bougrement à un Ferment de la Pierre au rouge, même s’il n’a rien d’alchimique en lui.

Revenons à l’Antiquité qui a vu la naissance de l’Alchimie. Les gens de ces époques étaient persuadés qu'’l était nécessaire de se purifier pour survivre dans l’autre vie. On pouvait se purifier moralement, en suivant les préceptes de Socrate et de Platon (par la discrimination philosophique), en participant aux Mystères (ce qui était moins fatigant), en suivant les règles de la nouvelle religion (le Christianisme), etc. L’Alchimie proposait une autre voie : une purification de l’esprit par la recherche théorique dans les livres, une glorification des ou du Dieu(x) dans un isolement assez complet (l’alchimiste est tellement occupé par sa recherche qu'’il n’est plus complètement de ce monde) et, surtout, par l’absorption de son élixir final, la purification de son corps humain à la façon d’un Christ (corps de Lumière) ou d’un Fulcanelli qui transcende les deux univers (le visible et l’autre) & Ceci faisait donc parti des préoccupations des Anciens, de la même façon que nous nous intéressons aujourd’hui à l’Internet, aux vacances payées ou à la retraite après 37 années de cotisation !

La Pierre philosophale n’était donc pas uniquement un produit pour se purifier : son mode de fabrication montrait le chemin & Effectivement, la Pierre, à partir de la matière préparée,  devenait noire, puis blanche et enfin rouge, couleur de la royauté ! De plus, la cendre morte renaissait grâce à l’apport de l’Air et de l’Eau, ainsi qu’on imaginait que cela pouvait se réaliser lors de la résurrection des corps.

 

L’ENTRÉE OUVERTE AU PALAIS FERMÉ DU ROI

EYRÉNÉE    PHILALETHE

Bibliotheca  Hermetica

 1970

Le traité d’Eyrénée Philalèthe : « L’entrée ouverte au palais fermé du Roi » fut écrit en latin et publié en 1666 à Amsterdam, il est considéré par tous les amateurs de la littérature alchimique comme l’un des chefs-d’œuvre de la philosophie hermétique. On y trouvera exposés, aussi clairement que le permet la discipline initiatique, les principes du Grand Œuvre et les règles fondamentales de « L’Art sacré » d’Hermès.


Cette édition donne, pour la première fois, les variantes assez nombreuses des textes anglais et latins de cet ouvrage qui a été traduit de nouveau par un spécialiste de l’Ecole de Chartres, d’une façon bien plus exacte que par Mr Dufresnoy, dans son « Histoire de la philosophie hermétique », version vieille de plus de deux siècles et qui, jusqu’à présent, était la seule traduction française de ce traité magistral.


La compréhension et l’application de « L’Hermétisme alchimique » requiert tout d’abord l’obtention de vertus dont les trois principales sont :

 

1/ La Sagesse, car la Pierre est qualifiée de philosophale.

2/ La Force, qui permet le combat et la victoire contre le dragon des illusions.

3/ La Beauté, dont la Pierre possède cet éclat incomparable.


Le paradoxe apparent du titre  « L’entrée ouverte au palais fermé du Roi » peut avoir un début de réponse si nous considérons que nous sommes la porte et que le Palais du Roi est en nous.

 

LE  PHÉNIX D’OR OU L’HOMME DIEU

Josseline Docquir

Edition Ramuel

 1998

Percer le mystère de la Vie, percer le mystère de l’Homme, ce fut de tout temps le rêve des savants. Créer l’homme clone, n’est-ce pas transgresser les Lois de la Vie et oublier la dimension du sacré pour se transformer en dangereux magiciens et se hausser à l’égal de Dieu ? Cette création de laboratoire, réplique de l’homme, concrétisation d’A.D.N. aura-t-elle une âme ? Sera-t-elle un fils de Dieu ? Qui serons-nous demain si nous laissons les scientifiques transformer notre patrimoine génétique et transgresser les Lois de Vie et de conception ?

 

« Le Phénix d’or » conformément à la vieille Tradition Sacrée, nous révèle les Lois de la Vie et de notre évolution depuis notre originelle conception. Le but de cet ouvrage est de revendiquer notre identité et de perpétuer la Voie Sacrée de l’être à travers la Connaissance exacte et réelle de nous-mêmes depuis nos origines, avant que les scientifiques ne nous transforment en mutants et que nous ayons perdu la mémoire de notre Soi Divin.

 

Légende du Phénix : Le Phénix ressemble à un Héron, il est le symbole de l’immortalité et de la Résurrection, son nom est issu du grec et désigne la couleur rouge, ou couleur de feu, en référence à la légende de sa mort et de sa résurrection dans le feu purificateur. On raconte qu’il amassait des herbes odorantes afin de les embraser et de s’y réduire lui-même en cendres sur l’autel d’Héliopolis, mais il renaissait trois jours plus tard pour une vie renouvelée. Les Pères de l’Eglise le considéraient comme le symbole de l’immortalité de l’âme et de la Résurrection du Christ.

 

Les mythes antiques dépeignaient plus tard le Phénix comme paré d’un plumage doré. Dans la symbolique alchimique, il est la destruction et la recomposition de la « materia prima » qui se transforme pour devenir la Pierre Philosophale.

Le phénix est, dans l'Egypte ancienne, un symbole des révolutions solaires : il est associé à la ville d'Héliopolis. Il se pourrait toutefois que cette cité du soleil ne soit pas originellement celle d'Egypte, mais la Terre solaire primordiale, la Syrie d'Homère. Le phénix, disent les Arabes, ne peut se poser ailleurs que sur la montagne de Qâf, qui est le pôle, le centre du monde. Quoiqu'il en soit, le phénix égyptien ou Benou, était associé au cycle quotidien du soleil et au cycle annuel des crues du Nil ; d'où son rapport avec la régénération et la vie. Comme il s'agissait, en Egypte, du magnifique héron pourpré, on peut évoquer le symbole de régénération qu'est l'oeuvre au rouge alchimique. Les Taoïstes désignent le phénix sous le nom d'oiseau de cinabre (tanniao), le cinabre étant le sulfure rouge de mercure. Le phénix correspond d'ailleurs, emblématiquement, au Sud, à l'été, au feu, à la couleur rouge. Son symbolisme est de même en rapport avec le soleil, la vie et l'immortalité. Le phénix est une monture des Immortels. Il est l'emblème de Nlukoua qui inventa le cheng, instrument de musique en forme de phénix, imitant le chant surnaturel du phénix.

 

Le phénix mâle est symbole de félicité ; le phénix femelle est l'emblème de la reine, par opposition au dragon impérial. Phénix mâle et phénix femelle sont ensemble symboles d'union, de mariage heureux. Encore les phénix de Sia-che et Long-yu, s'ils manifestent le bonheur conjugal, conduisent-il les époux au paradis des Immortels. C'est un phénix qui révéla à Pien-ho la présence du jade dynastique des Tcheou, symbole d'immortalité, et c'est le Fong-Hoang, manifestation du pur yang, qui apparaît lors des règnes heureux.      Al-jili fait du phénix le symbole de ce qui ne tire existence que de son nom ; il signifie ce qui échappe aux intelligences et aux pensées. Ainsi, comme l'idée de phénix ne peut être atteinte que par le nom qui la désigne, Dieu ne peut être atteint que par l'intermédiaire de ses Noms et de ses Qualités.

 

Cet oiseau magnifique et fabuleux se levait avec l'aurore sur les eaux du Nil, comme un soleil ; la légende le fit se consumer et s'éteindre comme le soleil, dans les ténèbres de la nuit, puis renaître de ses cendres. Phénix évoque le feu créateur et destructeur, dont le monde tient son origine et auquel il devra sa fin ; il est comme un substitut de Shiva et d'Orphée. Il est un symbole de la résurrection, qui attend le défunt après la pesée des âmes (Psychostasie), s'il a dûment sacrifié aux rites et i sa confession négative a été jugée véridique. Le défunt devient lui-même phénix. Le phénix porte souvent une étoile, pour indiquer sa nature céleste et la nature de la vie dans l'autre monde. Le Phénix est le nom grec de l'oiseau Benou ; il figure à la proue de nombreuses barques sacrées, qui vont déboucher dans l'immense embrasement de la lumière... symbole de l'âme universelle d'Osiris qui se créera sans fin d'elle-même, tant que dureront le temps et l'éternité.

 

La pensée occidentale latine devait hériter du symbole concernant le phénix, oiseau fabuleux dont le prototype égyptien, l'oiseau Benou, jouissait d'un prestige extraordinaire, en raison de ses caractéristiques. Chez les Chrétiens, il sera, à partir d'Origène, considéré comme un oiseau sacré et le symbole d'une irréfragable volonté de survie, ainsi que la résurrection, triomphe de la vie sur la mort."  Selon Ted Andrews, dans Le Monde enchanteur des Fées (1993, 2006), "le phénix est cet oiseau légendaire qui, après avoir été consumé par le feu, renaît de ses cendres. Plusieurs contes et légendes font référence à ce mythe. Le héros vit jusqu'à un âge avancé et le phénix apparaît immédiatement avant ou après sa mort. Bien que mort, le héros peut revivre. Pourvu de plumes dorées et rouges, d'une tête de faisan et d'un long plumage, le phénix remue le corps et l'âme. Dans la mythologie chinoise, le plumage réunit cinq nuances et produit un son mélodieux mêlant cinq notes. En Égypte, le phénix est associé au culte de Râ, le dieu-soleil. Même dans le christianisme, il symbolise la mort et la résurrection de Jésus.

 

Selon la tradition, il ne peut exister qu'un seul phénix à la fois, et celui-ci vit pendant 500 ans. Puis, il pond un œuf d'or, est consumé par le feu, et un nouveau phénix émerge de l'œuf et s'élève des flammes. C'est un ancien symbole du soleil et de la résurrection - de la vie après la mort. Il représente l'âme immortelle, l'amour, la jeunesse éternelle, et même l'autonomie. C'est l'une des rares créatures fantastiques qu'il peut être amusant de rechercher. La période la plus propice à cette recherche est le petit matin, quand le soleil de l'aube est à son apogée, ou le soir, lorsque le soleil lance ses derniers rayons. Le printemps et l'automne sont les saisons les plus favorables. Le parfum de la myrrhe l'attire. Si vous le rencontrez, vous êtes en droit d'espérer renaître au cours de votre vie. Une telle rencontre est toujours vivifiante et bénéfique. Elle annonce une vie nouvelle, un regain d'énergie et un recommencement."

 

Au sommaire de cet ouvrage :

 

Les temps qui viennent et les temps qui sont – Révélations – Le Monde et les mondes – La fraternité blanche – L’Homme qui était avant l’homme – Naissance de l’homme création des divers corps – Le corps physique et les corps subtils – Les énergies et l’énergie – La flamme spontanée et l’Orient – les cinq sens ou les cinq entités psychiques – Le pouvoir de la pensée -

 

LE PROCÉDÉ DE Mr D’ANVERS

FABRICE BARDEAU

Edition SAVARY

 1993

Tous les petits secrets symboliques de l’alchimie sont ici dévoilés l’œuf philosophique et le feu y sont décrits avec minutie.

 

Ce document exceptionnel fut découvert  il y a quelques années, ce manuscrit unique fut rédigé en 1722. Inédit à ce jour, ce document exceptionnel, écrit par un authentique adepte, et le texte le prouve, est riche d’enseignements et dévoile des secrets dont les adeptes se gardent bien de parler ordinairement.

 

On trouve ainsi des renseignements sur : « L’œuf philosophal et sa capacité » ; « La variabilité du rapport du (M.A.) et de l’ʘ, en fonction du vol des Aigles » ; les Fourneau secret ; « Les trois Feux » ; etc. et bien d’autres conseils sur les différents points de la pratique opérative.

 

D’Anvers se montre laborieux et quelquefois, un peu « envieux » dans le cours des ses descriptions des manipulations, comparativement à Flamel qui est souvent plus explicite. Mais, l’un et l’autre se complètent harmonieusement. Enfin, pour plus de clarté et pour en faciliter l’accès, nous avons pris le soin d’expliciter les symboles alchimiques qui pouvaient être un obstacle à la compréhension de ce document qui devrait satisfaire les amateurs éclairés et les passionnés du Grand Art d’Alchimie.

 

LE  ROSAIRE  DES  PHILOSOPHES

Traduction du latin et Préfacé   par  ÉTIENNE  PERROT

ÉDITION  LA  FONTAINE  DE  PIERRE

 2001

Le Rosaire des philosophes est l’un des écrits les plus lus et commentés des alchimistes. On peut en dater la composition à la première moitié du XIVe siècle, mais il n’a rien perdu de son actualité, puisque, au XXe siècle, C.G. Yung utilisa les gravures qui illustrent ce traité comme support de réflexion pour son livre : La psychologie du transfert.

 

Entrer dans cet écrit, c’est laisser à la porte une certaine raison pour plonger dans une logique différente, un langage autre, celui des symboles et des images. La désorientation qui en résulte permet de se retrouver en prise directe avec la vie de l’âme et avec la langue paradoxale de l’inconscient. Vient alors une ouverture à la nature même des processus qui habitent le monde de la psyché et le monde de la matière.

 

Les alchimistes s’efforçaient de comprendre la nature extérieure. Ce faisant, ils dévoilaient les mouvements de la nature intérieure, comme si nature extérieure et nature intérieure se répondaient. Le respect de la nature était au cœur de leur démarche et l’on trouve très fréquemment sous la plume de l’auteur du Rosaire des Philosophes, la recommandation de ne rien faire qui soit contraire à la nature, de ne rien brusquer (l’impatience du diable) de ne pas se décourager, mais d’accepter de revenir sans cesse sur un point, dans une « réitération » que l’on retrouve inévitablement dans tout travail approfondi sur soi-même. A ce prix, qui est celui d’une désappropriation et d’une transformation et transmutation, se révèle ce qui fait l’essence de la vie.

 

les alchimistes

Jean biÉs

Edition  Ph. Lebeau

 2000

Jean Biès fournit les clés de l’initiation alchimique où il s’attache à décrypter le mystère des origines et le sens symbolique des mots.

 

Il scrute la personnalité d’alchimistes célèbres, surprend l’artiste au travail dans son laboratoire et exploite les étapes du grand œuvre. Partant de l’Art royal égyptien, relié par la Grèce et l’alchimie arabe, l'auteur nous fait faire un vrai pèlerinage.

 

L’Alchimie est bien une recherche de l’or, mais plus surement de l’or que chacun possède en lui-même. Paulo Coelho, auteur du récit L’Alchimiste, a contribué récemment à populariser cette vérité originelle et à dégager l’alchimie de quelques faux semblants.

 

La nature de l’alchimie est à la fois matérielle et spirituelle.

 

Au travail sur la matière répond simultanément le travail sur soi. Cette œuvre d’âme est ainsi liée à des opérations techniques tendant à équilibrer les mouvements intérieurs et à assurer la métamorphose de l’être par la transmutation.

Les alchimistes utilisèrent sans malice les symboles de la foi chrétienne tout simplement parce qu'ils 'collaient' avec les arcanes de leur propre gnose" "L'usage d'une terminologie d'obédience chrétienne, justifiée par l'environnement culturel, de plus en plus sollicité en Occident pour symboliser la recherche alchimique, peut égarer le lecteur. Les références à la Passion du Christ, à sa descente aux Enfers et à sa Résurrection ne sont pas des leurres mais des 'renvois' symboliques destinés à faire entendre le sens profond des opérations dans l'athanor et le creuset."

 

" Le terme d'"alchimie" au sens strict du mot suggère un stade préliminaire ou primitif de la chimie. Cependant, l'alchimie n'a jamais été une proto-science bien qu'elle partage avec la science le même objectif, la conquête du savoir, le but ultime étant de parvenir à la connaissance de soi et à la complétude. Dès le début, l'alchimie a eu une dimension transcendantale, un souci éthique et une approche mystique tout à fait étrangers à la méthodologie scientifique moderne.

 

La Pierre Philosophale est le terme qui désigne l'objet du travail de l'alchimiste, il souligne le fait que la quête de l'alchimiste vise " la Connaissance d'Or " (aurea apprehensio). L'importance fondamentale de cette notion dans les écrits alchimistes provient du fait que l'alchimiste acquiert la connaissance à laquelle il aspire au cours de sa quête, la recherche étant plus importante que la récompense. La recherche est la récompense puisque la connaissance, autrement dit la conscience de soi, est la condition préalable à la liberté qui est le but ultime de l'alchimie " " La confusion faite au sujet de la véritable nature de l'alchimie avait pour origine l'interprétation littérale de ce qui est censé être métaphorique. Quand les premiers alchimistes parlaient de transmuter un métal ordinaire en or, ils identifiaient le 'métal de base' plomb ou or métallique (aurum vulgi) à, respectivement, l'ignorant ou le néophyte, et l'or, appelé or philosophique (aurum philosophorum) à la Compréhension d'Or (aurea apprehensio) qui est l'objectif à atteindre par l'adepte.

 

" Dès les premiers temps, l'alchimie a eu une double face : d'une part, un travail chimique pratique en laboratoire ; d'autre part, un processus psychologique, en partie consciemment psychique, en partie inconsciemment projeté et vu à travers les diverses transformations de la matière. " " Certes, on peut penser que la psychologie peut ôter à l'alchimie son vêtement de mystère, mais elle ne déchiffre pas le secret du secret. C'est pourquoi l'on doit s'attendre qu'une époque à venir considérera également notre recherche comme métaphorique et symbolique, de même que nous l'avons fait pour l'alchimie. On verra alors le mystère du Soi développer un aspect qui est aujourd'hui encore inconscient pour nous, quoiqu'il se trouve impliqué dans nos formulations, mais d'une façon si voilée que le chercheur de demain se demandera à son tour si nous savions ce que signifiaient les mots que nous employions. "  En dépit de leur 'méthode hérétique' (elle l'était incontestablement) les alchimistes ont montré dans leur attitude vis-à-vis de l'Eglise chrétienne plus de perspicacité que certains modernes philosophes des Lumières "

 

L'alchimie " est véritablement un mouvement spirituel secret et compensatoire de la doctrine religieuse officielle, de la même façon que les rêves sont en partie complémentaires et en partie compensatoires par rapport à la conscience du rêveur." " Je suis d'avis que l'espoir des alchimistes de tirer l'or philosophique, la panacée, ou la pierre miraculeuse de la matière d'une part, est une illusion déterminée par des projections, mais d'autre part, correspond à certains faits psychiques qui sont d'une grande importance dans la psychologie de l'inconscient. " " L'alchimie mérite une mention spéciale. Importante parce qu'elle a conservé et transmis les doctrines hermétiques de l'antiquité tardive, elle l'est aussi pour le rôle qu'elle a joué dans l'histoire de la culture occidentale. "  " La fonction primordiale, fondamentale, de l'alchimie : être une science cosmologique et sotériologique." Cette fonction s'est altérée pour céder la place peu à peu à une science empirique, de laboratoire.

 

cosmologie : science qui étudie les lois de l'Univers, de son fonctionnement dans son ensemble.
sotériologie : science théologique traitant du salut de l'humanité, de sa rédemption.
 

 

 Ainsi 'Hermès Trismégiste', avec le néoplatonisme et le kabbalisme, aurait joué un rôle d'une importance insolite dans la formation de la destinée humaine au cours de cette période où il exerçait une glorieuse ascendance sur l'esprit occidental. "

 

L’auteur nous invite à explorer :

 

L’Art suprême  -  Le mystère des origines  -  Grimoires et figures  -  Entre ombre et lumière  -  L’Europe alchimique  -  La quête initiatique dans le secret des mots  -  Le livre des merveilles et le message mythologique  -  Un monde imaginal  -  Les faiseurs d’or et l’alchimie intérieure  -  Sous l’écorce des pierres  -  Les fondements du Grand Œuvre  -  La materia prima et les trois énergies  -  L’alchimiste au travail  -  Les métamorphoses  -  Le Magistère des Sages  -  L’œuvre au noir, au blanc et au rouge  -  Alchimie et christianisme  -  Carl Gustav Jung et l’alchimie revisitée  -  Le nouvel Hermès  -

 

les 12 clÉs de la philosophie

Le Frère basile valentin

Edition de MINUIT

 1956

Traduction, notes et explications des images par Eugène Canseliet. L’auteur Basile Valentin frère de l’ordre de St Benoit, nous livre ici des clés de philosophie alchimique.

 

14 illustrations hors-texte, un index des noms, des auteurs et des ouvrages anonymes, des vocables et des expressions symboliques, des termes spéciaux de la Philosophie hermétique L’auteur, qui vécut à Erfurt à la fin du XIVe siècle, est un des plus célèbres représentants de la tradition alchimique.

Parmi les livres de Basile Valentin celui que composent La Grande Pierre des Anciens et Les Douze Clefs se montre, plus que nul autre, en étroit rapport avec la science hermétique, c’est-à-dire avec l’alchimie pure. La découverte de ce traité renommé, par ses circonstances extraordinaires qu’elles relèvent de la fiction ou de la réalité, à savoir de l’obédience philosophique ou de Dieu même le dote du caractère merveilleux souvent réservé aux manifestations fatidiques ou traditionnelles de la Connaissance.


Olaus Borrichius, chimiste, botaniste et philologue danois, par un opuscule posthume, nous signale brièvement ce fait surnaturel dans son examen (conspectus) de Basile Valentin, « moine de l’Ordre de Saint-Benoît, auteur très célèbre aujourd’hui, mais qui ne commença que longtemps après sa mort à se faire enfin connaître des savants, tandis que ceux-ci attribuent à un coup de foudre que se soit ouverte une colonne du temple d’Erfurt brisée par le milieu où son manuscrit, jusque-là, avait été caché ». Il formule tout aussitôt cette réserve : « Mais ces choses, en tout cas, répandues également dans le peuple, par l’intermédiaire des images, ne reposent sur aucune certaine autorité. »
Si Borrichius tint en particulière estime « cet écrit, par tous, généralement jugé véritable et d’or », nous nous devons à notre tour de ne pas cacher que nous gardons à ce traité une non moins spéciale tendresse.

 

 Après tant d’années déjà, nous nous rappelons vivement le souvenir du culte de notre vieux maître Fulcanelli pour Basile Valentin, qu’il considérait comme son premier initiateur. Ce point, capital selon nous, dont le grand intérêt nous mut à le mentionner dans notre préface, vaut que nous le signalions de nouveau, ne serait-ce que pour affirmer, en même temps, combien se montre heureux le choix que firent MM. Lindon et Lambrichs, aux Éditions de Minuit, avec La Pratique et Les Douze Clefs, dans le nombre considérable de ces livres rendus plus précieux par leur extrême rareté.

 

Au sommaire de cet ouvrage :

 

Introduction – Épigramme de Michel Maier sur la Pratique de Basile – Préface de Basile Valentin – De la Grande Pierre des Anciens Sages – Première Clef – Deuxième Clef – Troisième Clef – Quatrième Clef – Cinquième Clef – Sixième Clef – Septième Clef – Huitième Clef – Neuvième Clef – Dixième Clef – Onzième Clef – Douzième Clef – « De la Première Matière de la Pierre Philosophique » – Bref Appendice – « Explication du Soufre » – « Sentiment sur le Sel des Philosophes » – Grâces à Dieu – Addition – Index alphabétique


Paradigme du Grand Œuvre – Clef I. Les deux Agents du Premier Œuvre et leur Préparation – Clef II. Purification du Mercure par les « Laveures » ignées – Clef III. Combat des deux Natures issues du Dragon – Clef IV. La Mort génératrice de la Cendre et du Verre précieux – Clef V. Développement de l’Embryon ou Soufre philosophique – Clef VI. Union royale du Soufre et du Mercure ; Alliance du Ciel et de la Terre – Clef VII. Le Vase philosophal et son Scel ou Lut de Sapience – Clef VIII. La Putréfaction, Clef majeure de la Résurrection et du Grand Œuvre – Clef IX. La Révolution des Planètes et des Couleurs – Clef X. L’Élixir ou Médecine du second ordre – Clef XI. Nourrissement du Lion rouge par le sang volatil du Lion vert – Clef XII. Floraison des deux Pierres, après la Multiplication, au terme du Grand Œuvre – L’Athanor et le Bestiaire du Grand Œuvre

 

LES 12 PORTES D’ALCHIMIE

George  RIPLEY

Edition TREDANIEL

 1979

La lecture de l’alchimie en général est comme un parcours dans un labyrinthe. L’auteur, alchimiste bien connu nous dévoile hermétiquement les portes à franchir pour arriver au but suprême. Tout cela est dit dans un langage du Moyen-Âge.

Le Livre des Douze Portes a été écrit par l'un des deux alchimistes de l'Angleterre du XVe siècle. Il s'agissait de George Ripley, contemporain de Thomas Norton. Ce dernier aurait été initié à l'alchimie par Ripley, un chanoine de Bridlington, qui rassembla ses connaissances dans le Compound of Alchemy, ouvrage dédié à Edouard IV. C'est ce traité qui fut plus tard connu sous le nom du Livre des Douze Portes et qui a été réédité en 1979, à Paris, avec une introduction de B. Biebel. On trouve un Opera omnia de Ripley,  paru à Cassel en 1649. Thomas Norton [1433  - 1513], très proche de Ripley, a rédigé un Ordinal of Alchemy mais qui paraît devoir être attribué à son arrière-grand-père... Quoi qu'il en soit, dans le préambule d'un de ses nombreux écrits, adressé à la reine Elisabeth, il rapporte qu'au temps d'Edouard IV, sept personnes détenaient le secret alchimique, l'archevêque d'York, Dalton un moine de Tewkesbury et son arrière-grand-père. Norton sembla avoir reçu le secret de la transmutation de Hugh Brice, en 1466, alors que ce dernier dévaluait la monnaie de la Tour de Londres où il était appointé pour effectuer cette opération. Cependant, J. Van Lennep rapporte que ce secret lui fut peut-être révélé par George Ripley.


Dans la seconde moitié du XVe siècle, Georges Ripley (1415-1490), chanoine de Saint-Augustin à Bridlington dans le diocèse d'York, lisait les plus grands maîtres de l'alchimie, mais sans parvenir à aucun résultat. Il entreprit donc, comme beaucoup d'alchimistes, de voyager pour découvrir le secret de la transmutation. Ainsi vers 1477, gagna-t-il Rome où, introduit dans les bonnes grâces du pape Innocent VIII, il fut élevé au rang de prélat domestique et de maître des cérémonies. A son retour en Angleterre, les autres membres de sa congrégation n'appréciant pas les titres dont il avait été honoré, lui firent mauvais accueil. Dépité, Ripley s'en alla en 1488 chez les Carmes où, se repliant dans une austère solitude, il s'adonna à ses expériences. L'on raconta qu'il pratiquait l'alchimie avec un tel succès qu'il put offrir aux chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem la somme de cent mille livres d'or pour la défense de Rhodes contre les Turcs..

Cette prodigalité n'empêcha pas les membres de sa communauté de l'accuser de magie, après sa mort en 1490. Ashmole pensait que Ripley avait initié Thomas Norton. On lui attribua plusieurs traités par la suite dont la plupart ne furent pas imprimés. Le seul qu'on lui doive avec certitude, est le Compound of Alchymy qu'il composa en 1471 lorsqu'il était chanoine et qu'il dédia à Edouard IV. C'est en tout cas ce qu'il affirme au début de l'ouvrage Ce traité réapparut sous le titre Liber 12 Portarum dans un recueil de  ses oeuvres publié en latin, à Cassel, en 1649. Lui sont également attribués plusieurs rouleaux manuscrits et peints connus sous le nom de Ripley Scrowle et qui répètent, à part quelques variantes, en des styles très différents les mêmes sujets.

Fulcanelli évoque la figure de notre alchimiste dans le Mystère des Cathédrales, p. 129, lorsqu'il nous dit que : " [la réincrudation] est l'Entrée ouverte au Palais fermé du Roy, de Philalèthe, la première porte de Ripley " [chap. sur la cathédrale de Paris]  et plus loin dans le même ouvrage, p. 185 :  "Ripley s'approche plus de la vérité lorsqu'il dit : « il n'entre qu'un seul corps immonde dans notre magistère ; les Philosophes l'appellent communément Lion vert. C'est le milieu ou moyen pour joindre les teintures entre le soleil et la lune"

Fulcanelli parle aussi de Ripley dans les Demeures philosophales, d'abord p. 100 quand il évoque l'alchimie médiévale et p. 243 :   c'est l'Hypérion et le Vitriol de Basile Valentin, le lion vert de Ripley et de Jacques Tesson, en un mot la véritable inconnue du grand problème." Comme on peut le voir, c'est surtout par la référence au Mercure philosophique que George Ripley est évoqué. Carl-Gustav Jung parle à de nombreuses reprises de Ripley dans son Psychologie et Alchimie [Buchet-Chastel, 1970], en particulier dans le chapitre sur la materia prima : "Sir George Ripley, alchimiste anglais (1415 ? - 1490), écrit : « Les philosophes disent aux chercheurs que les oiseaux et les poissons nous apportent le lapis, chaque homme le possède, il est en chaque lieu, en toi, en moi, en chaque chose dans le temps et dans l'espace. il s'offre sous une forme vile [vili figura]. De lui sourd notre eau éternelle [aqua permanens] ». En effet, selon Ripley, la prima materia est l'eau ; c'est le principe matériel de tous les corps, y compris du mercure." [Ubiquité et perfection]

On se permettra ici de douter que Ripley ait voulu désigner l'eau, en tant que liquide vulgaire ; car cette eau doit posséder une qualité ignée qui nous montre sa vraie nature, ou un feu aqueux ce qui est la même chose. On pourrait citer d'autres passages, notamment lorsque Jung écrit que le Mercurius est cité par Ripley comme l'extraction du feu à partir du chaos pour rendre l'occulte manifeste [p. 438]. Et encore cet extrait : "Ripley rattache ainsi ce symbole [la roue] à celui de la peregrinatio et de la quaternité. La roue s'étend jusqu'à devenir la roue du soleil, qui roule dans les quartiers du ciel, et par là elle devient identique au héros ou au dieu-soleil qui subit une passion faite de travaux difficiles et de l'auto-incinération, comme Hercule, ou de l'emprisonnement et du démembrement par le principe du mal, comme Osiris. Le char de feu sur lequel Elie monta au ciel est un parallèle bien connu du char d'Hélios." [le parallèle Lapis-christus] Enfin, un chapitre entier de Jung est consacré à Ripley.

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LE SECRET DU SEL

Elias Artista Hermética

 Edition Ramuel

 2005

La traduction de cet ouvrage, signé Elias Artista Hermetica, provient de l’édition originale allemande    réalisée à Ausgabe en 1770.

 

Ce texte probablement issu de l’ancien courant hermétique Rose+Croix, véhicule la véritable connaissance hermétique, celle résolument traditionnelle.

 

C’est une œuvre incontournable pour tout cherchant amoureux de l’art, car elle porte entièrement sur l’élément clef de la science alchimique : Le Sel. L’auteur y traite des différents sels issus des trois règnes de la nature, du « retournement de son intérieur », de l’Esprit Céleste et de sa capture, de la fermentation et de la combustion pour la séparation du pur et de l’impur, de l’extraction de l’Aqua Vitae, des deux esprits blanc et rouge….

 

Le cherchant y trouvera pour la partie pratique, « le testament d’or » en annexe, attribué à Elias Artista, Œuvre Magistrale s’il en fut, qui ne figure pas dans le texte d’origine, et agrémenté d’un avant propos de Chrysopée et d’une postface de Patrick Rivière.

 

Au sommaire de cet ouvrage alchimique on y trouve :

 

Le sel, ses origines, ses divers composants, les quatre unités, nombreuses sortes de sel, trois sortes de sel pour la cuisson, le sel essence de la terre, le sel des métaux, la beauté du sel dispensé par le soleil, la lune et les étoiles, le mercure blanc et le sulphure rouge, l’acidium est un acide épaissi par le soleil, de la putréfaction, le sel n’est pas un minéral, origine du salz, l’homme fait de sel, l’offrande du sel, l’alliance du sel, caractère du sel, les statues de sel, su sel qui, en son corps, est dissous dans le subtil, comme la semence masculi dans les réceptacles de semence, pourquoi l’homme doit utiliser le sel, un mercure colorant dans le sel, du sel des métaux, un minéral dans lequel le soufre du soleil est très puissant, le jugement de Basile Valentin sur le sel, la comparaison du sel avec le Christ, des allégories de la Turba de Fictuld, le sel : clef universelle, le sel minéral en particulier vitriol, nitrate de sel, le vitriol mélangé au  salmiac, le testament d’or.

 

LES  FABLES  ÉGYPTIENNES  ET  GRECQUES  - 2 Tomes

A. J. PERNETY

ÉDITION  ARCHÉ   MILAN

 2004

A travers des fables, des légendes et des mythes égyptiens et grecs, le moine bénédictin A. J. Pernety nous donne une explication hermétique et alchimique du Grand Œuvre. Les anciens sages en parlant de ce Grand Œuvre disaient que c’était une médecine qui gérait tous les maux. Pernety nous dit la même chose mais en langage symbolique, ésotérique et hermétique.

 

Ces fables, ces mythes et ces légendes nous donnent des exemples archétypaux de ces opérations magiques, alchimiques, hermétiques et merveilleuses qui nous indiquent comment se soigner, comment évoluer, comment chercher et trouver les diverses manières de voyager sur le sentier spirituel de la vie et y trouver le bonheur dans sa propre transformation et transmutation.

 

Pernety commente dans le premier tome les opérations suivantes :

 

La Nature, la Lumière, l’homme, les éléments, la terre, l’eau, le feu, l’air, les opérations de la nature, la différence entre les trois règnes de la nature, le règne minéral, végétal et animal, les mixtes, l’humide radical, l’harmonie de l’univers, traité de l’œuvre hermétique, aphorismes de la vérité des sciences, la clef des Sciences et de la nature, le secret, les noms qu’ont donné les Anciens a leur matière, le feu en général et le feu philosophique en particulier, la calcination, la solution, la putréfaction, la fermentation,  l’Elixir, la quintessence, la teinture, les vertus de la Médecine, les maladies des métaux.

 

Dans le second tome il commente les fables suivantes :

 

Les hiéroglyphes des Egyptiens, les dieux de l’Egypte, Osiris, Isis, Horus, Typhon, Harpocrate, Anubis, Canope, les Rois d’Egypte et les monuments élevés, Simandius, le bœuf Apis, le chat, le chien, le lion, le bouc, le crocodile, le cynocéphale (Thot), le bélier, l’aigle et l’épervier, l’Ibis, le lotus et la fève d’Egypte, le colocafia, du perfea, du musa ou amusa, les allégories ayant un rapport avec l’Art Hermétique, la conquête de la Toison d’Or, le retour des Argonautes, l’enlèvement des pommes d’Or du jardin des Hespérides par Hercule, l’histoire d’Atalante, la biche aux cornes d’Or, Midas, l’Âge d’Or, les pluies d’Or, la guerre de Troie avec Achille, Hélène, Ajax, Agamemnon, Pyrrhus, histoire de Saturne, de Jupiter, de Junon, de Pluton, de Neptune, de Vénus, de Pallas, de Mars, de Vulcain, d’Apollon, d’Orphée, d’Esculape, de Diane, de Mercure, de Bacchus, de Persée, de Léda, de Castor et Pollux, d’Europe, d’Antiope, l’enlèvement de Proserpine, Adonis, les travaux d’Hercule, les jeux méditerranéens, les amazones, Anthée, Prométhée délivré, le palladium, Enée et sa descente aux enfers, les chevaux de Rhésus.

 

les messes basses de nicolas flamel

mathias

Edition du  PRIEURÉ

1993

Qui était Nicolas FLAMEL ? Le second mari de Dame Perrenelle était-il un alchimiste, un mage, un souffleur, un mystificateur voire un escroc ? La littérature, prodigue en songes de toutes natures, a depuis 1416, date probable de sa mort, changé cet écrivain juré de l’Université de Paris en faiseur d’or. Mais comment le faisait-il ?


Le roman de Mathias se veut plus proche de l’initiation que de l’histoire. Et c’est bien une constante de cette nouvelle fiction que nous voyons paraître dont l’anecdote est un généreux prétexte pour approcher d’un sens. Ainsi renoue-t-on avec la tradition de ces livres de « haute graisse » qui, mêlant imagination et mémoire, jeu et enjeu, proposent une lecture à plusieurs niveaux possibles, ainsi capables de plaire aux doctes comme aux enfants.
Ce qui, si vous lisez bien, ne manque pas de sel.

 

Plus de 600 ans après sa mort, le pontoisien Nicolas Flamel a gagné la notoriété d’un roi de France ! La légende, le fantasme, la rumeur et les "coups de pouce" de l’histoire ont construit son immortalité.

Pour les lecteurs de tous les âges, il est devenu l’inventeur de la "pierre philosophale", pierre qui selon les alchimistes transformait le métal en or et assurait la vie éternelle. Bien plus qu’une rumeur, Nicolas Flamel a bel et bien existé. Né à Pontoise, en 1330, il fait partie des personnages illustres et mystérieux de la ville.

Copiste et libraire : Nicolas Flamel passe les treize premières années de sa vie à Pontoise avant de poursuivre ses études à Paris. À la Faculté des Arts, son jeune âge et son savoir surprennent les étudiants et il attire spontanément la sympathie. En ce temps où l’imprimerie n’a pas encore été  inventée, les manuscrits sont légions. Nicolas Flamel devient copiste, libraire et écrivain public. Installé alors dans une échoppe adossée au cimetière des Innocents, de nombreux habitants du quartier font appel à ses services pour rédiger les actes administratifs tels que les testaments, les successions et les donations. Deux ans plus tard, il rejoint le quartier Saint-Jacques la-Boucherie, où la plupart des commerçants ont migré. L’anarchie, qui succède à la capture du roi après la bataille de Poitiers, provoque la multiplication des litiges et successions. Une aubaine pour les libraires, rédacteurs d’actes, qui ont ainsi pignon sur rue !

La légende de « l’alchimiste » À 27 ans, Nicolas Flamel achète sa première maison et se montre très généreux en multipliant les donations. Le clerc est devenu un bourgeois influant et fortuné après avoir investi dans l’immobilier au temps de la dépression économique de la Guerre de Cent Ans et en épousant Pernelle, une riche veuve. Lorsqu’il meurt le 22 mars 1418, l’"enfant de Pontoise" a gagné une grande place dans la mémoire collective. Mais sa fortune intrigue et les spéculations vont bon train. On attribue sa richesse à ses connaissances en alchimie.

Grâce au Livre d’Abraham le Juif et à un voyage en Espagne, Nicolas Flamel aurait selon les rumeurs découvert le secret de la pierre philosophale. La légende véhiculée par le poète Robert Duval et le médecin Jacques Gohory sera reprise dans leur livre "Le livre des figures hiéroglyphiques", paru en 1612. Cet ouvrage, qui rencontre un énorme succès, se veut être la traduction d’un texte de Nicolas Flamel traitant d’alchimie. Néanmoins, le vocabulaire et des anachronismes prouveront que la source de ce texte date en réalité du XVIème siècle. Mais le Pontoisien est déjà le plus célèbre alchimiste français. Le mythe a triomphé.

 

les neuf preux d’anjony gardiens de la voie alchimique

R. camou

A.C.V.

 1999

Depuis qu’en 1926 est paru, sous le nom de Fulcanelli, l’ouvrage intitulé « Le Mystère des Cathédrales », tout quêteur des sciences secrètes se prend à subodorer un sens cryptographique à maintes représentations religieuses ou profanes – sculptures, fresques, gravures, emblèmes.

 

Ces messages codés jouent sur un répertoire qui va de la rose du jardin hermétique au bestiaire fabuleux où se côtoient dragons, sirènes, griffons et salamandres, jusqu’à sous-tendre légendes et mythologies peuplées de dieux et de héros.

 

Le monde entier prête sa scène au « théâtre chimique », afin d’y exposer, sans le trahir, l’ensemble du processus opératif. Les arcanes de l’Art majeur ne se révèlent qu’à ceux-là seuls qui en possèdent les clés.

Ainsi les neufs Preux d’Anjony ont-ils pu traverser quatre siècles sans rien avouer de leur vocation initiatique au premier degré, qui est d’ordre visuel. Encore fallait-il, pour que l’illustration se fasse verbe, allier aux complexités d’une symbolique foisonnante une suffisante approche des principes métaphysiques, dont on sait que se nourrissent les racines de toutes les religions.

 

Ce qui confère à l’alchimie le rôle privilégié de miroir de la Tradition Universelle.

 

les nobles Écrits de pierre dujols & de son frÈre

Pierre & Antoine dujols

LE MERCURE DAUPHINOIS

 2000

Pierre Dujols (1862 – 1926) est toujours présenté comme un libraire et un bibliophile averti. Le philosophe-alchimiste qu’il était disparaît derrière l’activité à tel point que son Hypotypose au Mutus Liber, commentaire précieux et essentiel du Grand Œuvre, est moins connue que d’autres tentatives d’élucidation de ce « livre d’images sans paroles ». Mais comme l’écrit Henri La Croix-Haute dans son introduction : « Celui qui réussit n’est pas habilité à s’en prévaloir. »


Il était juste de lui rendre sa place dans l’Olympe des hermétistes afin que ceux qui viennent puissent trouver une nourriture qui ne soit pas dénaturée. Dans sa recherche du Principe, il n’a pas oublié le thème de La Chevalerie qu’il rattache, en tant que savant, au ternaire corps-âme-esprit et montre ainsi que cette dénomination n’était nullement honorifique mais initiatique. Le lecteur découvrira enfin son frère Antoine Dujols de Valois qui atteste de sa lignée royale dans Valois contre Bourbons et à travers son petit opuscule La régénération de la vigne, qu’il est bien lui aussi un Philosophe de la Nature.

 

Suivant l'usage de l'époque, les Dujols tenaient salon; leur salon fut fréquenté par nombre d'ésotéristes, tels Oswald Wirth, Paul Vulliaud et René Guénon, ainsi que la cantatrice Emma Calvé, car comme Champagne, notre homme adorait la musique. Dujols était également en correspondance attentionnée avec Papus. Fulcanellidans les Demeures Philosophales qualifie Pierre Dujols d'"érudit et savant philosophe", c'est-à-dire alchimiste,

 

Pierre Dujols  est le patronyme d'un homme devenu mythique pour certains. Pierre Dujols est un ami de Paul Decoeur, alchimiste opératif dont le  nomen mysticum est Vulcain Solaire. Pierre Dujols est également un alchimiste opératif. Ils voient leur maître chouan, Paul Decoeur et lui-même, réaliser la Pierre Philosophale. Il verra plus tard son ami Paul Decoeur accéder également à l'adeptat. Pierre Dujols anime la Librairie du Merveilleux, rue de Rennes à Paris, avec son associé A. Thomas, puis seul. Il édite ou réédite plusieurs ouvrages. D'autres personnes ne retiennent de Pierre Dujols que l'homme ayant fini sa vie infirme et dans l'indigence financière.

 

Pierre Dujols naît le 22 mars 1862 à Saint-Illide dans le Cantal, presque dix-sept années après son frère Antoine Dujols. Celui-ci est né le 24 août 1845 à Saint-Illide également. Dans la marge d’un manuscrit  à gauche, se voit le sceau du timbre impérial, frappé dans le papier. Napoléon III a encore huit années de règne devant lui. L'aventure politique de celui-ci se terminera le 2 septembre 1870, lors du désastre de Sedan face aux prussiens, cause majeure de l'épisode dramatique de la Commune de Paris.

 

Selon des témoignages Pierre Dujols passe une partie de sa jeunesse dans le sud de la France. Il suit ses parents à Marseille et devient l'élève des Jésuites à Aix-en-Provence. Il est journaliste à Marseille puis à Toulouse où il s'installe. Avec sa voix de baryton Pierre Dujols chante dans une chorale. Avec un ami il publie un livre-recueil de chansons populaires. Sa mère, étant du midi, ne parle que le provençal. La méconnaissance du français officiel est courante à cette époque dans plusieurs régions de France. Sa femme, Mademoiselle Charton, devenue son épouse en 1887, aime à faire sa prière le soir en regardant le coucher du soleil. Elle est d'Hennebont, en Bretagne, née le 2 février 1868. Elle est décrite par Mme Dubois comme ayant des dons de clairvoyance, faisant des rêves prémonitoires, lisant les lignes de la main et dans les cartes.

 

Puis Pierre Dujols monte à Paris avec sa femme où ils résident au 47 rue Henri-Barbusse, nom actuel car cette rue fut rebaptisée. Est-ce un clin d'oeil du destin ? En effet Henri Barbusse fut un membre de la fraternité des Veilleurs de Schwaller de Lubicz. Pierre Dujols ouvre la "Librairie du merveilleux" au 76, rue de Rennes, à Paris, en 1909. Il est spécialisé dans l'ésotérisme. A l'époque on parle d'occultisme. Il est aussi éditeur. Cet ouvrage appartient à la bibliothèque de Suhalia, la station scientifique suisse où les Veilleurs et les Schwaller de Lubicz œuvrèrent quelques années.

 

Dès le début Pierre Dujols rédige un "catalogue périodique d'ouvrages anciens et modernes, neufs ou d'occasion". Le premier catalogue n'est pas daté, mais il est probablement du début d'année 1909. L'année apparaît sur la couverture du deuxième catalogue. Le nom de son associé, A. Thomas, est inscrit sur le troisième catalogue. La série se continue jusqu'au numéro quinze. Au numéro XVI le catalogue change d'aspect graphique, et s'intitule "quatrième année, XVI (Ancienne série), Numéro 1, avril 1912".Grace à la générosité d'une personne passionnée, pour la première fois une partie de ces notices est accessible à tous ici. Il s'agit des notices du numéro 1, de 1912, à la notice 7, d'août 1913, la dernière publiée par Pierre Dujols. Dans cette deuxième série le nom de A.Thomas a disparu. Il ne collabore plus à ce catalogue.

 

En 2013 : un autre bibliophile met à notre disposition deux nouvelles notices de Pierre Dujols, publiées dans la première série. A. Thomas commence à publier, de son côté, dès novembre 1909 la revue "la Gnose", et sort le premier numéro. Même si les noms du directeur, rédacteur en chef et secrétaire de la rédaction correspondent aux pseudonymes respectifs de Palingénius, Marnès et Mercuranus, toute correspondance doit être adressée à M. A. Thomas, 76, rue de Rennes. L'Administration est à la Librairie du Merveilleux, à la même adresse.

 

Parmi les connaissances de Pierre Dujols se trouvent la cantatrice Emma Calvé, amie de Natalie Clifford Barney, l'Amazone du Paris lesbien, l'abbé Mugnier, artisan de la conversion de Joris-Karl Huysmans. Pierre Dujols reçoit à sa table l'alchimiste L. Faugeron. Viennent également au domicile parisien Julien Champagne et René Guénon. L'alchimiste Henri Coton-Alvart indique : "Julien Champagne a glané beaucoup de choses auprès de Dujols auquel il faisait croire qu’il savait." Henri-Coton Alvart rendra un hommage posthume vibrant à Pierre Dujols, en 1932, "son Maître". Outre ses notices bibliographiques, Pierre Dujols est aussi l'auteur, sous le pseudonyme de Magophon, de l'hypotypose du "Mutus Liber", dans sa réédition du 23 juin 1914. Celle-ci est tirée à 285 exemplaires numérotés et signés de la main de l'éditeur, Emile Nourry. Dans son commentaire introductif de douze pages il introduit plusieurs termes nouveaux qui seront réutilisés par la suite par Fulcanelli. Plus poignant, en 1932 l'alchimiste Henri Coton-Alvart (1894-1988) lui dédicace un poème posthume.  

 

LES NOCES  CHYMIQUES  DE  CHRISTIAN  ROSENCREUTZ

VALENTIN   ANDRÉAE

ÉDITIONS TRADITIONNELLES

 1994

L’auteur- Valentin Andréae, quelques années après avoir écrit ce texte (1616) des noces chimiques, avoua l’avoir écrit comme un jeu, une plaisanterie. En réalité et selon ses disciples il voulu brouiller les pistes, pensant en avoir trop dit.

 

Cette œuvre, traitant du Grand Œuvre, peut rejoindre l’ouvrage de Philalèthe « L’entrée ouverte au palais fermé du Roy ». Ce sont des œuvres traitant du processus alchimique que tout initié doit expérimenter s’il veut atteindre une réalisation personnelle, le problème de toutes ces œuvres est qu’elles se sont habillées de mots à plusieurs sens, de plans, de niveaux et d’interprétations différentes avec des plumages extrêmement symboliques et hermétiques, qui souvent sont incompréhensibles même pour des initiés, et que pour en extraire la substantifique moelle, il faut non seulement en avoir les clefs mais également faire preuve d’imagination dans le déchiffrage de cette langue des oiseaux.

 

Ce travail de déchiffrement et de compréhension avant la mise en route peut se définir par l’adage hermétique suivant : « Lege, lege, relege, ora, labora et invenies » soit – Lis, lis, relis, prie, travaille et tu trouveras (Mutus Liber).

 

L’histoire commence en 1459 la veille de Pâques et représente une invitation à un mariage d’un roi et d’une reine.  Ce voyage initiatique en 7 jours est truffé de symboles alchimiques et ésotériques, qui permettent plusieurs niveaux de  lectures.

 

1e jour : Alors que C.R (Christian Rosenkreutz) est en prière et se prépare à la fête de Pâques, il a la visite d’une apparition (qu’il appelle Fama, mais qui s’appelle Alchimia). Cette vision lui demande d’aller à un mariage royal. R.C accepte et se met en route aussitôt, après avoir cousu sur un manteau blanc 2 rubans rouge en forme de croix et orné son chapeau de 4 roses rouges. C.R. fait un drôle de songe, il est dans une tour profonde et obscure avec d’autres personnes qui luttent pour en sortir, avec de temps en temps une lumière insupportable – ceci rappelant la caverne de Platon – puis les prisonniers sortent à l’aide d’une corde que leur envoi C.R. – il reçoit une médaille en or à l’effigie du soleil levant -

 

2e jour : Il arrive au château où il se trouve devant 4 chemins, lequel prendre ? l’un est long et périlleux (voie humide), l’autre est court et difficile ( voie ascétique) le 3e est la Voie Royale- le 4e lui est interdit, c’est la 11e porte alchimique et anagogique. Il est aidé par une colombe ((symbole de l’âme) et laisse le corbeau pour le moment. Puis il s’annonce comme « Un frère de la Rouge Rose+Croix », il est admis et passe encore 2 autres portes portant des symboles d’un lion (égo). Ces épreuves étant terminées, il pénètre dans une grande salle où sont rassemblées des personnes qui se vantent, le tout baignant dans une musique douce. Puis arrive une vierge qui annonce l’arrivée du Roi et de la Reine, mais également qu'’il va y avoir l’épreuve de la pesée : « Afin qu'’aucun imposteur ne se trouve ici, que nul coquin n’aveugle les autres, et que, dans le calme sans trouble, vous soyez élus pour les noces très pures, il faudra, demain, supporter que chacun d’entre vous soit pesé et que soit clairement mesuré ce qu'’en soi, chacun a oublié »

 

3e jour : La scène du jugement de la pesée : 3 groupes sont formés autour d’une balance en or, la balance ayant 7 poids différents. R.C refuse de participer à cette pesée. L’épreuve fait le tri entre les bons et les imposteurs, alors R.C participe à cette épreuve qu'’il gagne facilement. On lui remet un habit de velours rouge et des feuilles de laurier. Puis c’est la scène des 10 sentences et des 10 anecdotes. Un grand banquet réunit tous les invités (candidats) qui sont présenté à tour de rôle, et tous possèdent « l’insigna » c'est-à-dire l’Ordre de la Toison d’Or (golden fleece) et celui du Lion volant (flying lion). Après quelques épreuves dont il triomphe, il reçoit une branche de laurier et un habit de velours rouge. Puis viennent les cérémonies et la visite de plusieurs pièces du château, où se trouvent des objets insolites.

 

4e jour : C.R visite les jardins où il est confronté avec la source hermétique (Hermès) puis est donné la représentation d’une pièce de théâtre en 7 actes à la maison du soleil.  Il reçoit l’Ordre de la Toison d’Or et un nouveau vêtement. Fort de ces distinctions et précédé par Alchimia il gravit un escalier de 365 marches jusqu’à la vision du Roi et de la Reine. Il a la vision des 6 personnes royales, de l’autel et de l’ornement de la salle des Noces. Statues animées, pages et jeunes filles. Puis sont apporté 6 cercueils et 6 hommes de nature royale. Les hommes sont décapités et placés dans les cercueils, et il est annoncé que ces hommes reviendront à la vie le lendemain. Vision de 7 vaisseaux et 7 flammes. Les personnes décapitées sont mises en secret dans les 7 vaisseaux-

 

5e jour : Visite des caves souterraines où se trouve un tombeau orné d’escarboucles (symbole de la passion du Christ) tombeau appelé Venus ou Amour. Un poème est déclamé sur Vénus qui se réveillera et sera mère d’un Roi. Les candidats montent à bord des navires  où ils atteignent la mer de la Plénitude et rencontrent des sirènes qui leur offrent des chants et une perle précieuse. Visite de la Tour de l’Olympe, lieu où doit s’accomplir la résurrection des personnes royales décapitées. Cette tour a 7 étages et se trouve au centre d’une île représentant un carré parfait, puis le jour s’achève et C.R se retrouve en bas de la tour dans un laboratoire, où il doit laver des plantes, des pierres précieuses et d’autres matières, en extraire l’essence et la sève (la substantifique moelle) et les mettre en flacons. Enfin R.C  contemple les décapités, la lune, la mer et le feu, a des visions/révélations planétaires et astrologiques et  tout cela dans une sorte de symphonie surréaliste  cosmique.

 

6e jour : Tout le monde est réunit à l’étage inférieur de la Tour où on va leur apprendre l’Alchimie pratique avec cornues, flacons, feu, matériau, langage, purifications, etc. ceci pour les transformer et les purifier. Ils passent ensuite  au 2e étage où chacun reçoit, soit, une corde (symbole de la certitude du mystique) soit une échelle (symbole de la Tour) soit des ailes (symbole de la pensée de ceux qui vivent dans et pour le Savoir). C.R reçoit une échelle qui symbolise la colonne vertébrale qui s’élève du plexus sacré jusqu’à la région de la pinéale (symbole de la Tour). On passe au 3e étage avec les symboles du coffre, du globe d’Or, des portes, des miroirs et de l’éclat du soleil. Un coffre est amené contenant les cadavres des 6 personnes royales qui seront littéralement liquéfiés.

 

7e jour : C.R quitte la Tour en tant que Chevalier de la Toison d’Or en compagnie de 12  navires, chacun arborant un signe du zodiaque (celui de la balance pour R.C).  Vision de 500 navires dont l’un est fait d’or et de pierres précieuses. Arrivé à terre il retrouve le Roi et la Reine. Puis le gardien qui au départ lui avait fait passer les premières épreuves, leur lit une lettre. Enfin tous les candidats reçoivent les règles de l’Ordre de la Rose+Croix avec un maître mot « Purifications », on leur donne le pouvoir de combattre : la maladie, la pauvreté et l’ignorance. C.R inscrit alors les mots suivants : Suma Scientia nihil Scire. Fr. Christianus Rosencreutz. Eques aurei Lapidis. An 1459. (Le plus grand savoir est de savoir que nous ne savons rien. Frère C.R chevalier de la Pierre d’Or. An 1459)

 

Puis C.R prend la place du gardien en renonçant au bonheur de jouir de tous les trésors spirituels, mais les dernières lignes disent  que le lendemain il retourna dans sa patrie.

 

LES  NOCES  CHYMIQUES- VIE  ET  ŒUVRE DE VALENTIN ANDRÉAE

DIVERS  AUTEURS

EDITION  ARCADIA

 2008

Johann Valentin Andréae (1586-1654) né en Allemagne, son père est abbé dans un couvent, il reçoit donc une éducation religieuse stricte, il apprend les lettres et les sciences, mais il est attiré par le coté mystique et mystérieux du spirituel.  En 1614 il se marie et va gravir les échelons hiérarchiques de l’Eglise luthérienne. Il aime voyager et parcours l’Europe, sa curiosité va le pousser à chercher les organisations secrètes et va rencontrer le premier embryon de la société des frères de la Rose+Croix, il va aussitôt adhérer et participera au premier manifeste de la Rose+Croix, il sera d’ailleurs mandaté par eux pour faire connaître le mouvement dans toute l’Europe. Il va également écrire pour ce mouvement 3 livres -La Fama fraternitatis (1614), Confessio Fratrum Rosae Crucis (1615) et les noces chymiques de Christian Rosencreutz en 1616- Ecrivain prolifique il écrira entre 1616 et 1620 plus de 100 ouvrages sur la religion, des écrits  Rose+Croix, des satires et des dissertations de théologie mystique. Le duc de Brunswick le couvrira d’or et de cadeaux et la hiérarchie religieuse lui décerna des titres et des postes importants, il mourut en 1654 à Stuttgart.

 

Le récit des noces chymiques est enveloppé, comme tous les textes alchimiques de l’époque d’un voile allégorique avec un langage codé appelé langue des oiseaux, ce qui en fait souvent une lecture difficile. Les noces chymiques n’échappent pas à cette règle, j’en veux pour exemple le blason de Christian Rosencreutz. Tout d’abord  les 2 rubans en forme de croix de saint André, puis les 4 roses rouge. En grec le mot rose commence par un P majuscule, si nous mettons comme sur le blason de Christian  Rosencreutz ce P majuscule au centre de la croix de saint André, nous obtenons le monogramme du Chrisme (Christ) que l’empereur Constantin arborait sur son labarum (étendard). De plus le prénom de Christian a pour racine Christ, et le nom de Rosencreutz indique la rose rouge au centre de la croix latine (symbole de l’amour et du Christ). Nous voyons bien que tout cela donne au récit une coloration très chrétienne, mais en langage codé

 

Auriger développe le 4e jour des noces chymiques et donne son interprétation de cette pièce de théâtre en 7 actes, joué dans la maison du soleil, une pièce bizarre.

 

T. Parter nous invite à faire le rapprochement entre ces noces et la cour d’Heidelberg en 1615 en Allemagne, cour brillante qui inspira peut être Valentin Andréae, mais on peut y voir également l’influence de ces noces chymiques sur les origines de la Rose+Croix, avec son action chevaleresque, issue de la croix rouge de saint Georges, de l’Ordre de la jarretière et des roses d’Angleterre. L’Angleterre qui va voir se développer très rapidement ce mouvement sous la houlette de Michael Maier et Robert Fludd.

 

Jean Louis Brun dans son livre « Yi King, un chemin initiatique »  explique avec beaucoup d’humilité le parallèle entre l’alchimie des noces chymiques, le tarot et le Yi King. Dans les noces le premier jour il est dit que le toit de la maison se soulève et laisse passer la lumière, or la carte de la Maison Dieu du tarot, est cette tour qui se soulève et laisse passer des éclairs, assimilés à la lumière. Correspondance avec l’exagramme no 55 et le signe du taureau. Christian entame alors son voyage comme Hercule, plus loin il trouve son maître intérieur et le jardin des Hespérides, puis rejoint l’axe du monde (la Tour) où il va apprendre à devenir son propre guide. A travers le zodiaque et le Yi King, l’auteur explique ce parcours d’après une approche métaphysique, par la lutte de son ennemi (l’égo) et celui d’atteindre le renoncement suprême.

 

Roland Edighoffer, grand spécialiste de la Rose+Croix, dans un bel et long article, explique la symbolique très forte de ce voyage initiatique au pays des symboles et de son intériorité, et donne la possibilité à chacun d’y voir des lectures alchimiques, historiques, chevaleresques, religieuses, utopiques, hermétiques, rosicruciennes, zodiacales, ésotériques et anagogiques.

 

Il fait également le rapprochement de ce voyage avec celui de Dante dans la Divine Comédie, voyage avec Virgile, les épreuves, la Rose Rouge, la Vierge Marie, Béatrice, sa transformation et son retour. On trouve également John Dee et l’ouvrage alchimique qu’il fit paraître à Anvers en 1564, et qui raconte la transformation alchimique d’un personnage, qui revient périodiquement sur terre pour guider l’humanité.

 

Livres références :

Les Noces chymiques de Valentin Andréae. Editions Traditionnelles. 1994

B.A BA des Rose+Croix par Jean Marc Vivenza. Edition Pardès. 2005

La lumière des Rose+Croix par Frances A. Yates. Edition Culture Art Loisir. 1978

Les Rose+Croix et la crise de conscience au 17e siècle. Par Roland Edighoffer Ed. Dervy 1998

L’utopie des Rose+Croix  par  Vanloo

 

LES NOCES CHYMIQUES - PRACTICA LEONIS VIRIDIS

Johann Valentin Andreae

Edition Clara Fama

2018

Publié anonymement en 1619, ce texte a pour dessein de révéler le sens symbolique du manifeste rosicrucien paru trois ans plus tôt sous le titre Les noces chymiques de Christian Rosenkreutz. Il se présente au début comme un traité d’alchimie décrivant un certain nombre d’opérations, puis se poursuit par l’explication du récit des deux premiers jours des Noces chymiques. L’auteur, qui pourrait bien être Johann Valentin Andreae, indique comment participer soi-même aux noces chymiques : en pratiquant l’alchimie spirituelle et en suivant une voie initiatique.

Pour accomplir le grand œuvre tant recherché par les alchimistes, il convient de s’interroger d’abord sur ses propres motivations, puis de développer en soi des vertus telles que la patience, la constance, la modestie, et suivre les lois de la nature. L’auteur décrit également les dangers et les épreuves qui attendent celui qui se lance dans la quête spirituelle. Ce document rare, qui complète la trilogie des manifestes rosicruciens du XVIe siècle, éclaire le symbolisme de l’alchimie spirituelle telle qu’elle est transmise par l’Ordre de la Rose-Croix.

Nous retrouvons des écrits alchimiques aussi bien dans la Chine Taoïste d’il y a 4000 ans qu’en Egypte, en Arabie ou dans toute la Chrétienté. L’Alchimie n’est-elle pas, dans son sens primordial l’expression d’une Loi Divine ? C’est pourquoi dans la Rose-Croix d’Or nous parlons d’une Alchimie Spirituelle. Car l’oeuvre alchimique concerne la transformation de l’homme lui-même, et tout alchimiste sait que l’Athanor n’est que la présentation extérieure de sa transformation intérieure. Par quoi commence la fabrication de l’or selon l’alchimie occidentale ? Le point de départ est dans un coeur parfaitement accordé à la source de l’Or spirituel. La Rose-Croix désigne cette orientation comme le « désir du salut ». Et l’homme découvre alors le laboratoire alchimique où l’or sera fabriqué : c’est lui-même.

 

LES 33 MÉDAILLONS HERMÉTIQUES du portail central de notre-dame de paris

Jacques trescases

Edition DETRAD

 2008

Notre-Dame de Paris, chef d’œuvre de l’architecture sacrée, monument prestigieux s’il en fut, au centre de la capitale, temple qui suffirait à légitimer la prétention de la France à mériter son titre de fille aînée de l’Église… mais temple énigmatique à bien des titres, qui recèle des trésors assumés par la chrétienté, relevant pourtant d’une culture ancestrale qui la dépasse singulièrement…


Dans un livre remarquable, Thierry de Champois, architecte de son métier, montre, en homme de l’art, que les façades des principales cathédrales gothiques sont construites « grâce à une utilisation savante du Nombre d’Or, qui définit les rapports et les rythmes d’une géométrie invisible et silencieuse » et assure ainsi « la conjonction savante du mystique et du rationnel ». Le jeu combiné des carrés, rectangles, triangles, cercles et pentagrammes étoilés permet de tenir un double discours architectural : « le premier dicte, à la manière de Saint-Paul, les largeurs, hauteurs et profondeur d’un Temple édifié par les Chrétiens pour leur Dieu.

 

Le second épelle les étapes du cheminement intérieur et spirituel de l’homme individu, Temple privilégié de Dieu. « Cette géométrie d’Or demeure cachée, » poursuit notre auteur, « parce qu’elle était, et avait toujours été, plus encore qu’une science jalousement gardée, un langage initiatique ».

 

Ainsi, « loin des morales d’Églises, des scléroses religieuses et des dogmes fossiles, les bâtisseurs de cathédrales, sous prétexte d’architecture, ont installé la Sagesse à la place qu’ils estimaient devoir lui revenir de droit universel ».


Ce qui est vrai pour la structure architecturale elle-même, l’est encore davantage pour ses ornements, de verre ou de pierre. C’est à un véritable parcours initiatique intérieur que le visiteur d’une cathédrale gothique est convié, parcours qui reprend et résume toute la connaissance universelle, fût-elle antérieure ou parallèle au christianisme.


Ainsi, à Notre-Dame de Paris, au cœur même du pilier majeur du portail central, nous trouvons cette Sagesse, discrète, mais magnifiquement rendue : Loin d’être là par hasard et afin que nul n’ignore sa signification ésotérique, elle l’indique elle-même en tenant dans sa main deux livres, l’un ouvert, l’autre fermé, ce dernier pour nous dire que la vraie connaissance ne saurait être livresque, fût-elle issue d’un livre inspiré, mais ne peut résulter que d’un travail intime mené en soi et sur soi. Pour que ce message soit incontestable, ce bas-relief figure lui-même sous une statue de Jésus, tenant également un livre fermé, nous invitant ainsi à recréer sa Parole, plutôt qu’à la répéter.

Nos sculpteurs humoristes et savants ne se sont d’ailleurs pas contentés d’adresser ce seul clin d’œil aux Initiés : les références astrologiques et alchimiques sont nombreuses sur la façade de notre prestigieuse cathédrale. Il ne semble pas pourtant que ces sciences sacrées traditionnelles soient en odeur de sainteté auprès de la hiérarchie ecclésiastique !


Dès lors, la question se pose de savoir si les prélats commanditaires ont été au courant, donc complices, de cette ouverture d’esprit à laquelle ils ne nous on guère accoutumés, ou si les divers opératifs qui ont contribué à l’édification des chefs d’œuvre gothiques ont profité de leur ignorance pour pimenter, à leur nez et à leur barbe, leurs temples, de références ésotériques et de symboles, puisant leur origine avant l’ère de la chrétienté ou en dehors d’elle.


Cela signifierait que, pour eux, même si le secret du langage des sciences traditionnelles était largement perdu, le fond même de la connaissance était à sauvegarder. Ils espéraient ainsi, sans doute, qu’on pourrait, grâce à des savoirs actualisés et un vocabulaire renouvelé, retracer les étapes d’acquisition de la sagesse dont nos aînés nous avaient balisé le chemin, à partir des figures symboliques laissées comme traces d’un savoir ancestral.

 

LES  TROIS  POMMES  D’OR 

ETIENNE  PERROT

EDITION  LA  FONTAINE  DE  PIERRE

 1981

Ce n’est pas un hasard si notre siècle a vu à la fois la désintégration nucléaire et la divulgation du secret alchimique qui en est la contrepartie et l’antidote. Cette dernière découverte a été l’œuvre de C.G. Jung dont Etienne Perrot est généralement tenu pour l’héritier dans ce domaine.

 

Le présent volume est une élucidation d’une série d’images comptant à la fois parmi les plus belles et les plus mystérieuses de l’hermétisme classique, les emblèmes de l’Atalante Fugitive de Michel Maïeur (1617), rompant, comme le veut l’esprit du temps, avec la règle selon laquelle les alchimistes expliquaient ce qui est obscur par ce qui l’est plus encore (obscurum per obscurius), l’auteur s’adonne avec allégresse au dévoilement de ce qui avait dû demeurer caché au long des siècles, en illustrant sa démonstration à l’aide de songes de contemporains. Les gravures de Michel Maïeur servent ainsi de thèmes à des leçons de vie conduisant à la réalisation de la totalité intérieure, qui est la Pierre des Sages et le « dieu terrestre ». Les trois pommes d’Or témoignent que la « voie de la libération » possède, dans l’alchimie restaurée par Jung, une expression autochtone qui n’a rien à envier à l’Orient. Il émane de ces pages une poésie et une fraicheur qui font comprendre le nom de gaie science appliqué à l’art hermétique.

 

Les leçons alchimiques de cet ouvrage sont accompagnées des projections d’images empruntées au livre de Michel Maïeur, 35 illustrations sur les 50 de l’Atalante sont ici interprétées magistralement par Etienne Perrot et renforcent les explications alchimiques, ésotériques et hermétiques de l’auteur.

 

16 Leçons nous sont proposées :

 

Seul le Soi voit le Soi    -   L’enfant du vent   -   La terre est sa nourrice   -   Lavage et ablution hermétiques   –   Agriculture  chymique   -   La montagne aux aigles   -   Le vol des aigles   -  L’entrée dans le jardin secret   -   Des aigles chymiques à la terre noire ou de la tête à la queue   -   Grand Œuvre et affinités électives   -   L’éveil de Tchen   -    Suivre la nature   -    De la nuit obscure ou nigredo    -   Epiphanie de la pierre   -    L’évangile de l’Homme   -   Jung continué ou l’Homme du Verseau .

 

le symbolisme hermÈtique dans ses rapports avec la franc-maçonnerie

Oswald wirth

Edition Dervy

 1993

On croit que l’alchimie est un ensemble de procédés chimiques pour obtenir la transmutation des métaux et parvenir à fabriquer de l’or. Mais l’alchimie n’est pas seulement cela ; elle est également un système scientifique général. Et aussi un système philosophique. Enfin un art. : l’art de la culture intellectuelle et morale de l’homme.


L’« or potable » que l’on cherche à produire symboliquement, c’est la perfection humaine. C’est cette alchimie-la que cultive Oswald WIRTH, en n’envisageant pas l’alchimie comme un but, mais comme un puissant moyen d’arriver au discernement du Vrai conduisant à la réalisation du Bien.

 

Ce qui fait qu’Hermès et l’Hermétisme sont une référence habituelle dans la Maçonnerie, tout comme l’est aussi Pythagore et la géométrie, se retrouvent dans deux courants historiques de pensée  qui viennent, à travers la Grèce, Rome et Alexandrie, de l’Égypte la plus lointaine, et par son intermédiaire, de l’Atlantide et de l’Hyperborée, comme c’est en fin de compte le cas de toute Organisation Initiatique, capable de relier l’homme à son Origine. Et il va de soi que cette impressionnante généalogie qui compte les dieux, les sages (les prêtres) et les rois (aussi bien de Tyr et d’Israël que d’Écosse : la royauté ne dédaignait pas la construction et le roi était un maître opérateur de plus) constitue un domaine sacré, un espace intérieur construit de silence, lieu où deviennent effectives toutes les virtualités, et où l’Être Universel peut ainsi se refléter de façon spéculative.

La loge maçonnique, comme on le sait, est une image visible de la loge Invisible, tout comme le Logos est le déploiement de la Tri-unité des Principes.

L’influence du dieu Hermès et les idées du sage Pythagore n’ont pas totalement disparu de ce monde crépusculaire que nous habitons, elles sont en fait tout ce qu’il en reste y n’oublions pas que les alchimistes assimilent Jésus au Mercure Solaire, au moins en Occident. D’autre part, sans elles le monde ne pourrait pas même exister, aussi bien dans le domaine des énergies perpétuellement régénératrices attribuées à Hermès et à sa Philosophie, que dans celui des idées-forces pythagoriciennes, dont l’ordre numérique (et géométrique) est aujourd’hui indispensable à la plus simple des opérations. La déité est immanente en tout être, et les Enfants de la Veuve, les fils de la lumière, la reconnaissent au sein de leur propre loge, faite à l’image du Cosmos.

 

La racine H. R. M. est commune aux noms Hermès et Hiram, ce dernier formant avec Salomon un parèdre où se conjuguent la sagesse et la possibilité (la doctrine et la méthode), la Tradition (Kabbale) hébraïque, qui vît naître Jésus, se signalant comme le vecteur de cette révélation sapientielle, royale et artistique (artisanale) que constitue la Science Sacrée, apprise et enseignée dans la loge par les symboles et les rites, « livre » codé que les Maîtres déchiffrent aujourd’hui, ainsi que le firent leurs ancêtres dans les temps mythiques, puisque la Maçonnerie n’octroie pas la Connaissance en soi sinon qu’elle montre les symboles et indique les voies pour y accéder, avec la bénédiction des rites ancestraux, qui agissent comme les transmetteurs médiatiques de cette Connaissance. Autrement dit que l’actualisation de la possibilité, c’est-à-dire l’Être, l’assurance que tout est vivant, que le Présent est éternel, la simultanéité du Temps, la notion de Tri-unité du Seul et Unique, constituent une Connaissance que les francs-maçons atteignent par l’expérience que procure un apprentissage graduel et hiérarchisé

 

L’idéographisme alchimique – L’Enseignement muet – La Géométrie philosophale – Le Cercle – La Lumière créatrice – Soleil et Lune – La Croix – Le Sel – Le Nitre – Le Vitriol – La Substance animatrice – Jupiter et Saturne – Le Mercure – Le Triangle – Le Soufre – Le Carré – L’Équerre – La Swastika – Le Tartre – La Pierre des Sages – L’Initiation hermétique

 

le travail alchimique ou la quÊte de la perfection

O.M. aivanhov

Edition PROSVETA

          2004

Ne luttez pas contre vos faiblesses et vos vices, car c’est eux qui vous terrasseront, mais apprenez à les utiliser en les mettant au travail. Que ce soit la jalousie, la colère, la cupidité, la vanité, etc., il faut savoir comment les mobiliser afin qu’ils travaillent pour vous dans la direction que vous avez choisie.


Prenez les forces de la nature, comme l’électricité, le vent, les torrents, la foudre… Maintenant que l’homme sait comment les dominer et les utiliser, il s’enrichit. Et pourtant, à l’origine, ce sont des forces hostiles. Vous trouvez normal d’utiliser les énergies naturelles, alors pourquoi êtes-vous étonné quand on vous parle d’utiliser les énergies primitives qui sont en vous ?...

 

Lorsque vous connaîtrez les règles de l’alchimie spirituelle vous saurez transformer et utiliser toutes les forces négatives que vous possédez en abondance.

 

LE  TRÉSOR   DES   ALCHIMISTES  

JACQUES   SADOUL

J’AI  LU

 1970

Voici un livre complet et parfaitement clair sur ce thème difficile qu’est l’alchimie. A travers une extraordinaire enquête dans le passé, Jacques Sadoul nous fait revivre les vies tumultueuses et les découvertes d’Albert le Grand, Nicolas Flamel, Paracelse, le Cosmopolite, Fulcanelli et tant d’autres. Il démontre, en citant des preuves historiques indiscutables, que la transmutation d’un métal quelconque en « or » a été réellement effectuée par ces alchimistes devant des témoins irrécusables. Deux savants illustres, Van Helmont et Helvetius, y ont personnellement procédé en se servant de parcelles de Pierre philosophale qui leur avaient été remises par un Adepte.

 

Pour le commun des mortels, comme sans doute pour certains alchimistes (ou se croyant tels), l'alchimie est essentiellement « l'art de faire de l'or ». L'unique différence entre ceux-ci et ceux-là, c'est que les premiers tiennent un tel art pour chimérique alors que les seconds en affirment la réalité. Quant aux profanes «éclairés», voire aux gens de science, leur appréciation est plus nuancée.

 

S'ils supposent, en général, que la chimie a fait prompte et roide justice des recettes bizarres ou fallacieuses dont foisonnent les élucubrations des adeptes, ils concèdent, en revanche, que les théories scientifiques les plus récentes recoupent sur bien des points les idées des hermétistes (leurs « rêveries », disait-on encore aux jours, pas si lointains, de la chimie lavoisienne). Les conceptions d'aujourd'hui sur l'unité de la matière, sur l'inanité de la notion de corps « simples », sur la possibilité d'en opérer la transmutation, sur l'analogie universelle (l'atome, disent les savants, est un petit système solaire), etc., sont un involontaire hommage rendu aux hermétistes qui, de tous temps, n'ont jamais dit autre chose.

Peut-être, avant de condamner en bloc des opérations et manipulations apparemment défectueuses, les savants en place feraient-ils bien de se demander comment ces fols d'alchimistes ont pu tirer des principes aussi justes d'expériences aussi fallacieuses, alors que la chimie, depuis Scheele et Lavoisier, partant d'expériences rigoureuses, a dû brûler plus d'une fois ce qu'elle adorait la veille ? Inutile d'entamer ici des controverses superflues.

    Au surplus, l'alchimie - vraie - n'a nul besoin d'aller quémander quelque justification que ce soit chez les tenants de la moderne physicochimie. Bien au contraire ! Car c'est peut-être pour avoir succombé à cette manie d'approbativité, pour avoir cédé au chimérique espoir de convertir quelques profanes aux convictions des fils d'Hermès que, de concessions en abandons, la plupart des hermétistes ont fini par se cantonner au seul domaine de la transmutation métallique, surtout depuis deux ou trois siècles - du moins dans leurs écrits publics.

Et l'impression que l'alchimie n'est rien de plus qu'une sorte de mauvaise chimie, compliquée d'idées biscornues et de prétentions extravagantes, est bien celle que doit éprouver le profane en les lisant sans préparation. Or, ce qui devait arriver arriva. Quelques chimistes, séduits par la largeur des vues philosophiques des disciples d'Hermès et impressionnés par leur unanimité doctrinale, ont cru de bonne foi qu'il suffirait de « rajeunir » une terminologie désuète, de transposer en termes de chimie moderne des manipulations décrites à demi-mot et de faire abstraction de la partie « mystique » de la doctrine pour réconcilier les inconciliables. Mais leurs efforts, en porte-à-faux, n'aboutirent qu'à créer un monstre hybride, baptisé « hyperchimie » et dont - à juste titre - ni chimistes ni alchimistes ne se soucièrent d'endosser la paternité, nul n'y reconnaissant plus les siens ! Les hyperchimistes, dont François Jollivet-Castelot fut le type le plus représentatif, restèrent à une ou deux exceptions près (Delobel, par exemple) des « souffleurs » patients et tenaces autant que mal inspirés et malchanceux.

Certes, la transmutation des métaux par voie alchimique est - toute théorie mise de côté - un fait sur lequel il est difficile d'ergoter. Et le seul livre du très officiel Louis Figuier, L'Alchimie et les Alchimistes, mentionne deux ou trois exemples de transmutations par projection (dont celle du savant Van Helmont, adversaire déclaré de l'Alchimie, offre toutes les circonstances de contrôle et d'impartialité souhaitables), dont une seule suffirait à prouver la réalité de l'art transmutatoire et l'avance considérable prise par les hermétistes sur MM. les physico-chimistes, nonobstant leur manque de fours électriques et de cyclotrons. Mais la partie n'est pas le tout et si l'Alchimie n'était qu'une sorte de chimie transcendante ou de métallurgie secrète, nous ne pourrions l'estimer au point de rompre une lance en sa faveur. Si l'or et les passions qu'il suscite, l'or et les maux qu'il provoque, l'or et les crimes qui lui font cortège avait été l'unique ou le principal but poursuivi par les alchimistes, si son éclat fascinateur avait été l'unique lumière de leur âme, nous ne pourrions que les plaindre et tenir à bon droit pour folie leur prétendue sagesse.  Mais en est-il vraiment ainsi ? Si nous lisons de véritables initiés à la science d'Hermès, tels que Khunrath, Jacob Böhme, d'Eckhartshausen, Grillot de Givry ou l'admirable auteur de l'Hortulus Sacer, nous finissons par nous apercevoir que tout en discourant aussi de l'Oeuvre métallique, ils parlent surtout d'autre chose. Qu'est-ce à dire ? Exposons-le comme nous l'avons compris, sans prétendre avoir tout compris.

L'Alchimie vraie, l'Alchimie traditionnelle, est la connaissance des lois de la vie dans l'homme et dans la nature et la reconstitution du processus par lequel cette vie, adultérée ici-bas par la chute adamique (2) a perdu et peut recouvrer sa pureté, sa splendeur, sa plénitude et ses prérogatives primordiales : Ce qui, dans l'homme moral s'appelle rédemption ou régénération ; réincrudation dans l'homme physique ; purification et perfection dans la nature, enfin, dans le règne minéral proprement dit : quintessenciation et transmutation. Son domaine embrasse donc tout le créé  et, pour l'humanité militante, toute la portion du créé qu'elle a entraînée avec elle dans sa déchéance et qui doit ressusciter avec elle et par elle, telle qu'elle fut avant la Transgression. Quoique son domaine le plus central soit le plan spirituel, l'Alchimie connaît cent applications plus ou moins contingentes, à tous les degrés et sous tous les aspects de la vie. Il existe donc une alchimie intellectuelle, une Alchimie morale, une sociale, une physiologique, une astrale, une animale, une végétale, une minérale, et bien d'autres encore. Mais l'Alchimie spirituelle demeure le modèle, la clé et la raison des autres. Et, conformément à l'énoncé hermès dans la fameuse Table d'Emeraude, la connaissance d'une quelconque de ces adaptations découvre implicitement celle de toutes les autres. L'univers est un et cette unité est le sceau de la Vérité.

Or le suprême Grand-Oeuvre, le seul qui se puisse appeler sans outrance « la Voie de l'Absolu », c'est la réintégration de l'homme dans sa dignité primordiale selon un processus rarement réalisé ici-bas (mais non irréalisable), processus que les anciens appelaient, croyons-nous, « l'Oeuvre du Phénix » et qu'on peut lire, ici et là, entre les lignes de certains passages de la Bible, des Evangiles, de l'Apocalypse et de quelques ouvrages, rosicruciens ou autres, dont plus d'un ne semble pas traiter, à première vue, de ce qu'on entend vulgairement par « alchimie ». Et cet Oeuvre-là n'est ni du goût, ni dans les cordes des amateurs de « petits particuliers », des collectionneurs de recettes bonnes seulement à torturer inutilement les métaux, des fabricants d'homuncules, des distillateurs d'herbes, de sang, de moelle ou de sperme, ni de ceux qui ne rêvent de longévité corporelle que dans l'espoir misérable de rééditer les folies et les désordres d'une jeunesse tumultueuse ! Il est même, assez probablement, hors de la portée de plus d'un adepte admiré comme tel pour sa réussite, réelle ou supposée, dans le domaine de l'Alchimie métallique.

Car cette science (à tous les degrés de sa réalisation, y inclus la Pierre transmutatoire) est science de vie, science vive, science vivante à jamais - et science des Vivants. Et seuls les « Vivants » peuvent la pratiquer intégralement sans mensonge et sans dommage. Telle est l'origine des malheurs qui ont émaillé, et parfois clos, l'existence de pas mal de faiseurs d'or qui n'étaient, hélas, rien de plus que des « faiseurs díor » - sans parler de ceux qui ne furent que des « voleurs d'or » Il n'y a que celui qui a régénéré, avec l'assistance d'En-Haut, ses propres métaux microcosmiques et les a dépouillés de la lèpre des sept péchés qui peut de plein droit, de droit divin, régénérer à son gré les métaux physiques. Celui-là n'agit qu'à bon escient, dans la Lumière du Verbe Les autres - qui n'en sont pas là - ou bien font du Grand-Oeuvre une simple opération magique (car l'on peut réaliser des transmutations apparentes par voie magique, mais ceci n'a rien à voir avec l'Alchimie) ou bien ont vu leurs efforts, leurs souffrances, leurs travaux, leur persévérance et leur charité couronnés d'or - physique - par la bonté du Ciel toujours indulgent envers les débutants de bon vouloir ; ou bien encore ont eu pour toute sagesse l'art d'écouter aux portes et d'espionner par le trou des serrures. Ceux-là, s'il en est qui aient réussi, se sont forgé avec leur or maudit une chaîne plus lourde que celle de bien des criminels de droit commun.

Il a été fait mention, quelques lignes plus haut, d'une catégorie de chercheurs, parfois heureux, qui représentent, pensons-nous, l'honnête moyenne des hermétistes. Ceux-là en sont, intérieurement, aux préliminaires de l'Oeuvre du Phénix. Le Ciel (eu égard á leur bonne volonté et aux difficultés du début de la Voie) les inspire soit directement par une révélation intérieure, soit indirectement en les orientant vers un véritable Maître, leur permet d'accéder aux connaissances adéquates à telle partie de la science et met à leur portée les moyens de réalisation. Ceux-là ont aussi mandat d'agir, mais dans certaines limites et sous certaines conditions (dont le désintéressement, la patience dans les épreuves, la charité et l'humilité sont le plus universellement requises). Mais ce droit est une grâce spéciale, par laquelle le Ciel escompte leur bonne volonté et fait crédit à leurs mérites

 

le trÉsor des trÉsors des alchimistes

Paracelse

Edition Phœnix

 1978

Petite plaquette ou Paracelse, développe le secret du mercure, du souffre du phénix et de l’aigle. En effet, ni la Médecine Homéopathique et ni, à fortiori, la Médecine Allopathique, ne peuvent s'en réclamer à bon droit, tant cette "Médecine de Paracelse" offre des aspects originaux et multiples Paracelse emprunta largement à "l'Hermétisme" médiéval - voilant pudiquement les termes "d'alchimie" et de "magie naturelle" - la matière ésotérique de son oeuvre. En réalité, loin de se cantonner à la seule pratique de la médecine hippocratique", Paracelse s'avéra être un authentique "philosophe par le feu" ("philosophus per ignem"), c'est-à-dire un remarquable "alchimiste" doublé d'un médecin doté d'une réelle efficacité (2). D'ailleurs, n'écrivait-il pas à cet égard, à l'encontre du caractère péjoratif entachant "l'Alchimie" : "L'alchimie qu'ils déshonorent et prostituent n'a qu'un but : extraire la quintessence des choses, préparer les Arcanes, les Teintures, les Elixirs capables de rendre à l'Homme la santé qu'il a perdue".

 

Il s'agissait bien en effet pour lui, de concilier des expériences d'origine apparemment empirique à la sublime réalisation de "l'Ars Magna". Il y parvint magistralement car lui seul sut fidèlement transposer les lois "alchimiques" dans le domaine médical ou "Iatrochimique" (de "iatros" = médecin) "Je vous ferai connaître la Teinture, l'Arcane ou la Quintessence donnant la clef de tout mystère. Chacun peut se tromper et ne doit se fier qu'à l'épreuve du feu. En spagyrie, comme en médecine, il faut toujours attendre que le feu ait séparé le vrai du faux. La lumière de la Nature nous indique ce que nous devons admettre" ("De la teinture des physiciens", chap. I).

 

C'est ainsi que Paracelse fut amené à appliquer les lois "alchimiques" dans le domaine médical, sous le terme générique qu'il innova : la Spagyria (la "Spagyrie"), pour désigner la "Médecine hermétique" et la préparation des remèdes thérapeutiques qui en émanent directement. Et c'est grâce à cette "médecine" - révolutionnaire en soi -, à des heures de celles d'Hippocrate et de Galien, que Paracelse contribua très largement à enrayer de son temps de nombreux fléaux, tels la peste, certaines maladies nerveuses, l'épilepsie, l'hystérie, etc. Aussi peut-on lire l'épitaphe suivante déposée sur sa tombe à Salzbourg: 'Celui qui a fait disparaître par son art merveilleux les plaies cruelles, la lèpre, la podagre, l'hystérie, et d'autres maladies incurables. 

 

Que recouvrait donc le terme de Spagyrie : Paracelse s'était attaché à appliquer la devise "alchimique" : solve et coagula ("dissous et coagule") pour la préparation particulière de ses nombreux remèdes. Le terme même de "spagyrie" s'en trouvait directement issu ainsi que son étymologie ne manquait pas de le souligner : "spao" signifiant en grec "extraire" et 'ageiro, agerein", "rassembler" ; or, pour séparer et extraire, ne fallait-il pas nécessairement dissoudre, ainsi que pour recombiner, rassembler, ne convenait-il pas de coaguler ! Mais de quoi s'agissait--il au juste, sinon des principes essentiels résidant au sein des trois règnes végétal, minéral et animal. Le dessein principal de la Spagyrie consiste donc bien à séparer la matière subtile de la matière grossière et tangible d'un "mixte" - corps composé, de l'un des trois règnes - dans un but de "purification" et, par voie de conséquence "d'évolution", afin de transmettre les vertus régénérées du "mixte" à tout individu dont la santé est éprouvée par un quelconque déséquilibre.

 

"La Spagyrie est une science qui nous apprend à diviser les corps, à les résoudre (réduire) et à en séparer les "principes" par des voies, soit naturelles, soit violentes. Son objet est donc l'altération, la purification et même la perfection des corps, c'est-à-dire leur génération et leur médecine. C'est par la solution (putréfaction animale, fermentation végétale ou liquéfaction minérale) que l'on y parvient et l'on ne saurait y réussir si l'on ignore leur construction et leurs "principes" (le mot "principe" signifie ce de quoi une chose tire son origine et ce qui constitue l'essence de cette même chose). On sépare les parties hétérogènes et accidentelles pour avoir ensuite la faculté de réunir et de conjoindre les homogènes. La méthode spagyrique dérive de la science hermétique ; tous les êtres sublunaires sont constitués par trois 'principes" : le sel, le soufre et le mercure.

 

Toutes les maladies sont inhérentes à un déséquilibre dans l'action de ces trois "principes". C'est pourquoi tout véritable remède est destiné à entretenir cet équilibre dans le corps et à le ramener si l'un des principes vient à dominer les deux autres avec trop de violence..."  Ainsi, en observant "dans la lumière de la nature et dans le miroir de la vérité" (selon l'expression chère à Paracelse), tout ce qui vit sous le soleil est d'essence triple, bien qu'étant "un" en apparence, qu'il s'agisse d'un minéral, d'une plante ou d'une substance animale. Chacun de ces composants subtils porte le nom de "principe de la matière" ; en analogie avec la tripartition métaphysique de l'Homme :"Corps - Ame - Esprit", les principes spagyriques se dénomment "Sel -Soufre - Mercure" -, ces derniers ne correspondant pas aux substances chimiques du même nom mais faisant référence à des notions infiniment plus subtiles.

 

Paracelse traduisit cette division en ces expressions succinctes :"l'Art les isole et les rend visibles, et ainsi : - ce qui brûle, c'est le "Soufre",- ce qui s'élève en fumée, c'est le "Mercure",- ce qui se résout en cendres, c'est le "Sel". Et de préciser en son "Traité des trois Essences Premières" "l'un est une liqueur, c'est le "Mercure", l'autre est une "oléité" ("oleitas", sorte d'huile), c'est le "Soufre", le troisième est un alkali, c'est le "Sel" de l'unité, tirez le nombre ternaire et ramenez ensuite le ternaire à l'unité." Cela implique donc que dans la pratique il convient d'extraire ces trois substances - voilées sous les vocables de "mercure", "soufre' et "sel" - de les purifier séparément, puis finalement de le conjoindre harmonieusement. Voilà qui donne bien tout son sens au terme de "Spagyrie" (extraire et rassembler). Quant aux processus d'extraction, ils seront bien entendu variables en fonction de la nature de la "matière" utilisée ; car, extraire le "soufre" des végétaux (huile des plantes) est chose aisée, mais des minéraux et des métaux, c'est évidemment bien plus complexe.

 

Selon les Anciens "tous les corps sont faits de matière et d'esprit. La Matière est passive et inerte, tandis que l'Esprit est le principe vital-actif, empreint de l'Idée divine qui est cause d'évolution. Il est donc clair que la vertu des mixtes (corps composés d'atomes ou de molécules et tirés de la Nature) est dans l'esprit, et que cet esprit est beaucoup plus actif lorsqu'il est délivré de sa prison corporelle. Tout le côté physique de l'Art spagyrique réside dans cette séparation ou extraction. Pour obtenir cet esprit en puissance de son maximum de vertu, il le faut exalter ; pour l'exalter, il le faut mûrir (faire évoluer), et pour le mûrir, il faut corrompre son corps, à la façon dont le grain se putréfie dans la terre avant que de pouvoir germer. Or, cette putréfaction n'est autre que l'évolution de la matière, par laquelle les atomes de la substance se séparent des hétérogénéités, se resserrent, se purifient, s'exaltent et s'élèvent à une altitude beaucoup plus noble que n'était leur état primitif. Tout l'Art Spagyrique consiste à provoquer l'évolution de la matière pour la purifier et l'exalter, ce qui ne peut se faire que par de subtiles et longues opérations que les auteurs anciens ont laissées dans l'ombre"  

 

En quoi consiste la pratique spagirique, Les techniques de préparation des remèdes spagyriques exigent une connaissance approfondie de la Nature et du Cosmos : pour effectuer les récoltes (lieux et moments propices), pour mettre en oeuvre les fermentations, distillations, cohobation, sublimations, calcinations, digestions, etc... Ces manipulations de Laboratoire de nature "spagyrique" définissent l'ensemble des "opérations sur le minéral, le végétal, ou l'animal"; dans ce dernier cas, il s'agit le plus souvent de sous-produits animaux. Autrefois, le nombre des différentes opérations était plus conséquent ; pas moins d'une cinquantaine de manipulations sont décrites dans les ouvrages anciens, dont beaucoup sont tombées en désuétude, telles que "l'assation", la "réverbération", la "réincrudation", etc. Les plus importantes qui se pratiquent couramment sont au nombre de sept: - dissolution ou décomposition (avec décantation et filtration), - fermentation ou putréfaction,- distillation et rectification (avec circulation ou rotation),- calcination ou cémentation, - sublimation ou exaltation,- cohobation ou réunion,- coagulation ou fixation.

 

LE TRIOMPHE HERMÉTIQUE  précédé du MUTUS LIBER

LIMOJON DE SAINT-DIDIER

Collection  BIBLIOTHECA  HERMETICA

 1971

Cet ouvrage comporte une introduction et des notes d’Eugène Canseliet, ainsi qu’une hypotypose de Magophon sur le Mutus Liber (C'est-à-dire des explications des gravures de ce Livre muet).

 

Il comporte trois traités alchimiques d’une importance fondamentale. Limojon de Saint-Didier né en 1630, mort en 1689, est considéré unanimement par les meilleurs spécialistes comme l’un des plus savants maîtres de l’Art d’Hermès et comme l’auteur de l’un des meilleurs traités de toute la littérature alchimique : 

 

« Le triomphe hermétique ou la Pierre philosophale victorieuse »

 

Cette édition rassemble la totalité des textes attribués au célèbre Adepte, y compris la rarissime « lettre d’Aristée », Eugène Canseliet fera une introduction magistrale à cette édition. On y verra également pour la première fois la signature authentique de Limojon de Saint Didier, précieux document découvert récemment par Eugène Canseliet.

Les amateurs de la philosophie hermétique pourront consulter en outre, un remarquable commentaire du Mutus Liber, indispensable à l’intelligence de la signification de cette merveilleuse série de gravures symboliques, intégralement rééditée dans ce volume. Mogaphon, pseudonyme de Pierre Dujols, l’un des plus grands érudits du début du XXe siècle, avait sa place parmi les maîtres de l’hermétisme, à coté de Limojon de Saint Didier, qui fut l’un de ses auteurs préférés.

 

Ce livre contient :

 

L’hypotypose et le Mutus Liber. Le triomphe hermétique, l’ancienne guerre des chevaliers, entretien d’Eudoxe et de Pyrophile sur l’ancienne guerre des chevaliers, Lettre aux vrais disciples d’Hermès contenant six principales clefs de la philosophie secrète, Notice sur les citations latines de Limojon de Saint Didier, Lettre d’un Philosophe, Epitre d’Aristée à son fils sur la clef d’Or de la nature.

 

LETTRE D’UN PHILOSOPHE  A  SON  AMI  SUR LE GRAND ŒUVRE

Préface  de    JEAN  SOLIS

Edition DE LA  HUTTE  

 2007

Ce texte resté inédit, est répertorié au catalogue des manuscrits français des bibliothèques de France. Le philosophe réputé de ce nom, connu par plusieurs ouvrages classiques d’alchimie récemment réédités, auteur de l’histoire de la Paix de Nimègue, fut ambassadeur de Louis XIV et l’accompagna souvent à Venise, aux Pays Bas et en Irlande, il se prénommé Alexandre Toussaint.

 

Il fut un extraordinaire philosophe-alchimiste et entretint une correspondance très importante avec  de nombreux autres Alchimistes, en voici un extrait : « Lorsque vous voudrez par exemple avoir de l’or dissous, vous le mettez dans un matras rond ou ovale, en chaux ou en feuilles ; que le dissolvant couvre l’or qui doit être dissous : il est certain néanmoins que cette précaution n’est nullement nécessaire que pour hâter l’opération, car une seule goutte que l’on mettrait sur un louis ne laisserait pas que de produire le même effet, que s’il était couvert ; à la vérité en bien plus de temps. Toutefois en 24 heures il serait dissous sans qu’il eut perdu rien de son poids, non plus que l’agent  de sa quantité, comme je l’ai expérimenté 1000 fois dans ma vie avec admiration et que les différentes solutions que j’en ai faites n’ont jamais diminué la qualité ni la quantité du dissolvant.

 

LE  VERGER  CHYMIQUE (VIRIDARIUM CHYMICUM)

DANIEL  STOLCIUS  DE  STOLZENBERG

EDITION  LA  FONTAINE  DE  PIERRE

 2009

Traduction inédite d’Etienne Perrot. L’amour du feu est au cœur de la démarche alchimique, souligne Stolcius de Stolzenberg : le feu transforme et génère, il soigne et guérit, il conduit au vrai et, par la grâce de Dieu, se transmet et se propage. Dans ce souci de transmission, l’auteur du Verger chymique, reprend 107 gravures alchimiques pour les commenter par de courts poèmes et les rendre intelligibles à ses lecteurs.Ainsi se trouve décrit le processus alchimique, véritable passage par étapes successives de la décomposition à l’unification et à la pierre. L’œuvre nécessite un réel don de soi, une confiance débouchant sur une fécondité qu’illustre l’image di pélican ou celle de l’enfant. Rien n’étant définitivement acquis ou réalisé, les opérations se renouvellent, s’affinent, touchent à diverses facettes de l’être et de l’univers, ce que C.G. Yung a évoqué à notre époque sous le terme de mysterium conjunctionis.

 

Cet ouvrage fut terminé à Oxford en 1623, il renferme les 107 gravures hermétiques de l’époque, qui furent publiées dans différents ouvrages. Certaines gravures sont de l’auteur, les autres sont de Basile Valentin, de Michel Maïer, du philosophe Sorghef et de Johann Daniel Mylius. Toutes sont accompagnées d’un commentaire sous forme de poème. La signification mystique, alchimique et hermétique de ces gravures et commentaires sont un enchantement pour les yeux et de profondes réflexions sur notre démarche, notre origine et notre futur, mais aussi la possibilité que nous avons de nous transmuter et d’accéder à une réalisation spirituelle ici et maintenant.

 

La quête de l’immortalité va connaître un énorme succès en Occident. Le Corpus Hermeticum, le Poimandres, l’Asclépios et de nombreux autres manuscrits (cf Annexe 1) sont redécouverts, traduits du grec et de l’arabe en latin. Ce savoir passe pour très ancien, ce qui nous l’avons vu est inexact, et est d’autant mieux accueilli qu’il se présente comme une sotériologie (une doctrine de salut) empruntant de nombreux éléments doctrinaux aux gnoses, au stoïcisme et au néoplatonisme.

 

Elle inquiète d’ailleurs sérieusement l’Eglise, qui y voit une forme de concurrence de la foi chrétienne, et le pape Jean XXII ira jusqu’à promulguer contre eux (en 1317) une décrétale qui commence par Spondent, dont la teneur suit : il désapprouve cet art et, ce faisant, il interdit de s'en mêler, l'interdiction englobant tout le monde (chrétiens et juifs), avec des peines encourues par les contrevenants, qu'ils soient religieux, clercs ou laïcs.

Signalons que Jean XXII a aussi commis une décrétale contre les innovations musicales et aussi une contre la chimie et la médecine. Le moindre des paradoxes n’est-il pas que ce Pape ait été un maître reconnu des arts occultes, pratiquant l’Alchimie et la Kabbale, et l’auteur d’un traité intitulé « Ars transmutatoria » (traduit en français en 1557) ? Pour Carl Jung, l’Alchimie a constitué des siècles durant un salutaire « correctif » au christianisme, porté à se désintéresser de la vie de la nature.

 

Ce cheminement de l’Alchimie au sein de la culture occidentale, obligatoirement marqué par l’évolution des idées scientifiques qui entraînera son déclin progressif, est néanmoins suffisamment durable pour accréditer la pérennité d’une tradition.  Rejetée par Descartes comme le prototype de toute fausse science, son ennemi inconditionnel, les Lumières et surtout le XIXème siècle, l’Alchimie ne trouvera que de rares défenseurs : notamment Newton, Leibnitz chez les scientifiques et Goethe, Hölderlin, Baudelaire chez les poètes. Mais l’étymologie du mot poésie ne vient-elle pas du grec poiein, qui signifie créer ?

 

Quelques mots sur le mode opératoire alchimique. Il est relativement codifié et les auteurs distinguent généralement sept étapes : distillation, calcination, putréfaction, dissolution, ces quatre étapes formant l’Œuvre au noir ou nigredo, puis coagulation, vivification qui forment l’Œuvre au Blanc ou albedo, puis multiplication ou projection, ultime étape et Œuvre au rouge ou rubedo. Dans certains ouvrages, le nombre et l’ordre des étapes alchimiques différent, comme dans le Rosarium Philosophorum (1550) (sublimation, descension, distillation, calcination, solution, congélation, fixation, itération, incinération), ou comme dans le « Dictionnaire mytho-hermétique » de Dom Pernety, qui recense 12 étapes.

 

Le processus alchimique consiste donc pour l’essentiel à dissoudre et coaguler (solve et coagula) : dissoudre ce qu’il y a de fixe dans le souffre vulgaire, fixer ce qu’il y a de volatile dans le mercure ordinaire, et cela jusqu’à obtention d’un mercure double dont le souffre, une fois purifié, constitue le principe vivant et igné. D’abord unis dans la mort après leur conjonction (les « noces chymiques »), Roi et Reine, Soleil et Lune appelés alors Soufre et Mercure sont appelés à une glorieuse apothéose sous la forme d’un « corps » double et imputrescible (Rebis), justifiant le parallèle entre l’obtention de la Pierre philosophale (« Toison d’Or », « Elixir rouge »), phase que les alchimistes représentent par le phénix et le pélican, et résurrection du Christ.

 

Daniel Stolcius de Stolzenberg est né en Bohême à la fin du XVIe siècle. Il poursuit ses études à Pragues et devient médecin et poète, il voyage à travers l’Europe et on le retrouve à Francfort, Oxford, Gdansk…où il exerce la médecine. Il a été influencé par les théories de Paracelse et fut le disciple de Michel Maïeur. Sa théorie alchimique est essentiellement centrée sur l’être humain

 

LE  VOYAGE  ALCHIMIQUE  EN  7 DVD

PATRICK  BURENSTEINAS

PRODUCTION  PGA FILMS

 2009

Ce coffret qui contient 7 DVD et un livret, constitue la somme du Voyage Alchimique. Une expérience unique qui devait durer près de 7 années.

 

A Noël 2004, un alchimiste, Patrick Burensteinas, et un cinéaste Georges Combe, sont partis sur les chemins de l’alchimie. Il se sont donnés rendez-vous sur la Grand Place de Bruxelles, pour aller jusqu’à Saint Jacques de Compostelle, puis, suivant les traces de Nicolas Flamel, ils ont retrouvé à Paris de nombreux messages alchimiques pour terminer leur périples devant Notre Dame où, sur le porche central, se trouve le résumé du Grand Œuvre.

 

Au terme de ce voyage initiatique, vous ne serez plus le même : le monde, fait d’esprit et de matière, vous paraitra plus beau, plus simple et plus lumineux.

 

1e DVD-  Bruxelles. Pourquoi Bruxelles ? L’auteur répond : Parce que la Grand Place de Bruxelles est alchimique, parce que la Belgique est la capitale de la bande dessinée, et que la pierre de Bruxelles contient tout un livre d’image hermétique.

 

2e DVD – Chartres. Sa cathédrale énigmatique, son architecture hermétique et alchimique, son labyrinthe, ses trois Vierges noires (vierge du sel = corpus/corps) (Vierge du soufre = âme/anima)  (Vierge du mercure = esprit/ spiritus)

 

3e DVD – Le Mont Saint Michel. Rabelais et ses 3 personnages dont les noms commencent par la lettre G - Gargantua – Gargamelle – Grangousier – C’est au retour d’un voyage initiatique en Orient que Grangousier va jeter une pierre ou plutôt un rocher dans la baie et c’est à partir de ce rocher que va se bâtir le Mont Saint Michel. Une autre légende veut que le Mont soit une réplique de la grotte italienne de Monte Gargano, là où apparut Saint Michel. La langue des oiseaux alchimiques serait née au Mont St MICHEL. Des opéras se sont construits sur les légendes et mythes du Mont St MICHEL.

 

4e DVD – Rocamadour – Le gardien de pierre. Les élémentaux, ces esprits qui utilisent comme corps les éléments.  La terre et les gnomesL’eau avec les ondines et les sirènesL’air et les sylphes – enfin le Feu et ses salamandres. Tous ces éléments sont imagés par les contes de fées.

 

5e DVD – Saint Jacques de Compostelle – Son pèlerinage – La coquille, lieu de naissance de Vénus – Le sens du voyage – La cathédrale et la plage del padron –

 

6e DVD – Paris et Nicolas Flamel – Les endroits où a habité N. Flamel – les marques alchimiques – Le cimetière des Innocents – L’auberge de Nicolas Flamel –

 

7e DVD – Notre Dame de Paris – L’Eglise et les alchimistes – Son portail, véritable livre de pierre dédié au Grand Œuvre. Une richesse à découvrir.

 

Le livret est super intéressant, à la fin il contient tout un bestiaire alchimique, glané sur les façades et intérieur des maisons, églises, cathédrales et autres.

 

LE VRAI   ET  VIEUX CHEMIN  DE  NATURE  D’HERMÈS-TRISMÉGISTE

par         I.C.H. «  UN VRAI FRANC-MACON » Avant Propos de  JEAN  SOLIS

Edition DE LA  HUTTE

 2006

Ce manuscrit allemand daté de 1782, narre  le mouvement spirituel de l’Alchimie à cette époque, mouvement qui s’était profondément  transformé, de par le fait que beaucoup d’alchimistes s’étaient réfugiés  derrière le tablier de la Franc-Maçonnerie, mais  ce  mouvement était regardé avec bienveillance autant par les Lumières que par les monarques en cette fin de siècle.

 

On se souviendra de Dom Pernetty, Cagliostro, Théodore de Tschoudy et autre Comte de St  Germain .Que ceci et d’autres fusent de vrais alchimistes, de purs spéculateurs, ou des escrocs clinquants, il n’en demeure pas moins que le mouvement alchimique et le mouvement Rose Croix, se confondirent et s’abimèrent dans la Franc -Maçonnerie spéculative. La mouvance alchimique connut ensuite une obscure nuit de plus d’un siècle, puis continua discrètement sa transmission, généralement loin des loges, ou malheureusement la théorie domine la pratique sérieuse.

 


Ce texte est une exception dans la littérature alchimique, il s’agit là d’un vrai texte de laboratoire, d’un vrai guide éclaircissant de nombreux aspects de l’Art.

 

l’hermÉtisme alchimique chez andrÉ breton

Richard breton

Edition Ramuel

 1997

Interprétation de la symbolique de trois œuvres du poète. L’originalité de l’entreprise effectuée par l’auteur est dans la recherche alchimique des symboles opérateurs épars dans l’œuvre du chef de file des surréalistes. L’auteur a le mérite de souligner les allusions d’André Breton au mode opératoire alchimique qui jalonne ses textes et d’avoir su rendre compte de la progression hermétique du poète dans ses trois versions littéraires que sont NADJA, l’AMOUR FOU et ARCANE 17.

 

Alors que la guerre sévissait de par le globe, Breton écrivit cet hymne à la vie, à la liberté, à l’amour. Il venait de rencontrer celle qui restera sa compagne (Elisa Bindhoff Enet), l’être unique, indispensable complément de son moi. En exil, hors du théâtre des opérations, il peut méditer sur l’état du monde, saisi du même désespoir horrifié devant la guerre qu’en 1914, aux origines du surréalisme. Alors il prône la révolte contre la condition actuelle de l’homme, réclame la rupture avec les tenants de la société établie (l’armée, l’Eglise, le pseudo-esprit logique, positiviste…) et apporte les germes d’un esprit nouveau, pouvant seul régénérer l’homme. Et cet esprit nouveau trouve ses fondements dans l’alchimie, la renaissance n’étant possible qu’une fois admises — comme en alchimie — la présence du germe de Vie dans tous les corps et la reconnaissance d’un état de départ imparfait, déchu.

 

De toute évidence, Breton présente l’homme et la société actuelle comme déchus (en récusant toutefois l’idée que cet état soit lié à une « faute » originelle), mais garde sa foi en sa libération, sa régénération : Non, en dépit de certaines apparences, tout n’est pas encore sacrifié au Moloch militaire. La chute n’est plus une faute, mais la phase nécessaire d’une dialectique de mort et résurrection.

L’homme est libre de tout péché (malgré l’Eglise catholique, fidèle à ses méthodes d’obscurcissement). La chute se caractérise par la rupture de l’Unité, la dislocation des êtres en sexes opposés, des individus en conscients et inconscients, de la matière en différents éléments : le réveil coïncidera donc avec la reconstitution de l’Unité et de l’autre être, d’un autre sexe […] qui lui soit sous tous rapports apparié, au point que l’un sans l’autre apparaisse comme le produit de dislocation d’un seul bloc de lumière. Tous les appels à la femme procèdent de ce désir. Voilà expliqué l’invocation de Mélusine par Breton, la femme-enfant qui doit sauver l’homme adulte.

 

De même que l’alchimiste cherche à réincruder les métaux morts, à réintroduire l’esprit vital, Breton cherche à revivifier la société, à rénover. A partir de l’expérience d’Elisa (mort de sa fille, tentative de suicide, puis renaissance à la vie et à l’amour de Breton), il nous livre le moyen de régénérer la vie : l’alchimie. D’abord le mot lui-même est lâché, puis les allusions de plus en plus précises surgissent : l’androgyne (le Rebis), le pélican qui verse son sang pour nourrir ses petits et renaître en eux (phénix), l’île où, en abordant (dans la nef hermétique), on croise des drapeaux noirs, jaunes, rouges… Cette île est encore ici décrite comme un centre du monde, hors du temps, de la « folie de l’heure », où les différents règnes de la création cohabitent et dont la légende de l’ogre dévorant les jeunes filles nous évoque une fois de plus le thème cher du massacre des Innocents[10]… Face au rocher de l’île, l’Artiste est le témoin émerveillé du spectacle dans son athanor. Il y surveille le déroulement des phases par une « fenêtre » (maintenant dévoilée). Le « cube noir de la fenêtre » devient, en fin de spectacle, une étoile, celle du 17e arcane des Tarots.

 

Cette lame, expliquée par O. Wirth comme décrivant l’éveil à la lumière (mythe d’Isis), est fidèlement (voire textuellement) retranscrite par Breton. Il nous faut changer de morale et de logique ; reconstituer la science sacrée ; voilà ce que réclame Breton en clamant sa confiance dans l’éternel reverdissement de ses raisons d’espérer, au moment où elles peuvent paraître détruites. Et alors l’auteur nous livre, sous sa plume, un véritable texte alchimique ; il est regrettable que nous n’ayons pas la place ici de le reproduire (de le dévoiler), car il s’agit d’un superbe couplet, parfaitement structuré, résumant l’Œuvre. Y apparaissent clairement : l’influence de la lune, la mer philosophique, la séparation des deux natures, leur combat, les couleurs de l’Œuvre et, après la nuit du combat et la mort, l’aurore de la résurrection et de l’union avec l’éclosion de la rose qui dit « toute l’Egypte sacrée », l’Egypte d’où provient, selon la légende, l’alchimie…

 

Les trois oeuvres : un processus hermétique et alchimique: Les trois romans hermétiques d’André Breton, outre leur analogie exotérique, forment un tout dans une interprétation alchimique. Nadja, la cause première, marque la phase préparatoire, celle de la conception, de la recherche, du rassemblement des différents éléments en vue de l’action future. Le lecteur est, pour sa part, sensibilisé à l’alchimie évoquée par petites touches, plutôt que de manière coordonnée. L’Amour fou retrace l’exécution, le processus alchimique. Nous assistons à la succession des étapes ; les errements dans Nadja deviennent ici marche ordonnée, puis ascension où aucune hésitation n’est permise quant au but à atteindre. Arcane 17 traduit la réussite finale. Cet ouvrage se situe au-delà de l’élaboration alchimique. L’apparition de l’Etoile coïncide avec le succès. L’accent n’est plus mis sur un processus, mais sur les pouvoirs et qualités de la Pierre procurant liberté, amour et vie. Chacune des trois femmes, prétextes des romans, désignent un aspect différent de la Pierre. Nadja est la matière première, à l’état sauvage. C’est l’objet méprisé que l’Artiste devra dompter et qui sera pour lui source de joies (Flamel). Ondine, on l’a vu, est le Mercure des philosophes. Elisa, décrite comme la fée Mélusine, ou la femme-enfant qui vient régénérer le monde en portant l’esprit nouveau, est, bien entendu, la Pierre de vie à son état final.

 

Parallèlement à la description d’une alchimie opérative, les trois livres retracent les transformations intérieures du poète. Nadja, comme nous l’avons déjà remarqué, traduit l’insatisfaction totale au niveau psychique de son auteur à la recherche de lui-même. Breton apparaît entouré de plusieurs femmes dans ce livre : le couple idéal n’est pas encore formé. Dans l’Amour fou, il croit avoir trouvé l’être complémentaire unique ; les femmes de son rêve, au premier chapitre, semblent se fondre dans la personne d’Ondine. Mais le livre reste un appel à l’amour unique et Ondine n’est pas encore la seule présence féminine. Dans Arcane 17, Breton, adulte uni à la femme-enfant, voit sa personnalité structurée, unifiée, équilibrée. Plus de quête ni de marche, plus d’appels à l’amour fou désormais trouvé. Breton célèbre un seul être au long du livre ; ici se réalise ce qui commença dans Nadja qui, par moments, donnait « l’illusion très singulière (du) personnage de Mélusine… » Breton a trouvé son anima, cette partie rejetée du conscient qu’il s’agit de faire resurgir : c’est la femme « perdue puis retrouvée ». Par elle il peut entrer désormais en communication providentielle avec les forces élémentaires de la nature.

 

La multiplicité des récits n’est qu’apparente, car tous se correspondent et se fondent dans la même unité. Unité, mais aussi foisonnement, traduisant les multiples états et qualités de la Pierre unique. Structure concentrique où chaque scène s’ouvre sur une autre. Nous regardons par des fenêtres successives. Breton nous précise bien que le conte, le réel, le rêve ne s’opposent pas il n’y a qu’une seule scène, mais « à plusieurs plans ». Le cadre unique de la fenêtre polarise la lecture en fondant les plans du mental, du théâtral, du vécu, du rêvé, de la politique, du poétique, de l’ésotérique, du moral…

 

Il semble que, pour les deux premiers livres au moins, Breton ne construisit pas sciemment ses récits sur un plan alchimique. L’alchimie, par son inconscient, s’est plutôt glissée dans son écriture. Au contraire, dans Arcane 17, la présence de textes alchimiques dénote la prise de conscience de la Science sacrée. Le langage symbolique tient lieu, dans ces œuvres de Breton, de langage onirique et retrace le processus d’individualisation. La trame alchimique est le témoin de l’évolution de l’auteur (non ressentie au début car n’affectant pas son conscient) comme peuvent l’être les rêves. Nadja et l’Amour fou marquent des phases cruciales de l’évolution de la personnalité de Breton, alors qu’il intègre peu à peu ses diverses expériences oniriques, spirites, littéraires, poétiques, révolutionnaires, hermétiques… Avec Arcane 17, le processus est terminé, il n’y a plus différents niveaux de lecture, mais un seul, incluant exotérisme-ésotérisme, conscient-inconscient, vécu-rêve. Mais Breton ne fut pas un initié. L’hermétisme alchimique servit à donner une dimension nouvelle et une unité dans ses recherches personnelles. Poursuivre ses connaissances alchimiques eût été pour lui privilégier une voie particulière. La liberté consiste à ne pas s’engager à fond sur le chemin des symboles : il ne voulut (ou ne put ?) devenir un hermétiste.

 

l’hermÉtisme – philosophie & tradition

Philippe roy

Edition du COSMOGONE

 2000

Dans l’histoire des idées, l’hermétisme et l’alchimie constituent une invitation un mystère. C’est un mystère qui résonne sur fond d’imaginaire, de légendes et de quêtes impossibles. Aujourd’hui, l’adjectif hermétique est devenu synonyme de complexité, de fermeture ou de secret. Pourtant la philosophie hermétique forme un chaînon bien défini de la pensée humaine, élaboré au cours des siècles au sein ou en marge des grands courants culturels ou religieux. Son contenu et ses développements sont accessibles à partir d’une documentation foisonnante et originale.

Ce courant philosophique et spirituel doit son nom au dieu gréco-égyptien HERMÈS – THOT, sa référence « totémique » et son fondateur mythique.

Si l’hermétisme est identifiable à travers ses foyers historiques, ses textes originaux et ses hypothèses, il ne fut cependant ni une science, ni une religion. Il n’institua ni corps de doctrine arrêté, ni écoles, ni culte, ni temples. Tout au plus figure-t-il une tradition au sein de laquelle des « chercheurs » tracèrent leur propre cheminement. Son application la plus célèbre est l’alchimie.

 

l’imposition des mains & la mÉdecine philosophale

Oswald wirth

Edition TRÉDANIEL

 1978

Préfacé par Marius Lepage, ce livre développe le côté alchimique d’O. Wirth. Il y développe l’art de guérir par les médecines douces et notamment par l’imposition des mains, les régimes végétariens, le magnétisme, l’hypnose, le sommeil, les guérisseurs, le danger des drogues, les maladies, la puissance de la pensée, le désintéressement, les incantations, l’éréthisme psychique, la volonté, la foi et la philosophie, la gnose, l’hermétisme, le souffre, le mercure, le sel, les couleurs, les oiseaux, la rose-croix, les métaux et les planètes.

Wirth est né le 5 août 1860 dans le canton de Berne à Brienz où son père, originaire de Rouffach, s’était exilé après avoir été condamné en 1849 à neuf mois de prison pour avoir participé au soulèvement de l’Alsace. Il fait ses études à Fribourg au Collège Saint-Michel qu’il devra quitter, écrit Marius Lepage, car «rapidement les prêtres du collège, lassés des continuelles interrogations de ce ‘contestataire’ en matière de dogmes, le renvoient, ‘en raison de ses opinions religieuses’».

Après trois ans passés en Angleterre, il fait son service militaire au 106e Régiment d’Infanterie à Châlons-sur-Marne. Il est initié le 26 janvier 1884 à La Bienfaisance Châlonnaise, loge du Grand Orient de France.

Élevé au grade de Maître le 27 juin 1885, il devient Secrétaire de sa loge la même année et est choisi comme rapporteur de la question posée par le Grand Orient à ses loges: Quelles sont les modifications qu’il convient d’apporter aux rituels? «Wirth comprend, écrit Marius Lepage, que les rituels alors en vigueur ne correspondent plus à rien d’authentiquement initiatique... ils ont été dépouillés de ce qui en constituait l’essence même, et la raison d’être.

Il convient que soient maintenus les anciens rituels, quitte à y apporter quelques simplifications ayant pour objet de les débarrasser de tout le verbiage grandiloquent propre à presque tout le XIXe siècle. Il ne s’agit nullement de faire du neuf, comme le demande le Conseil de l’Ordre, mais de revenir aux plus anciennes traditions initiatiques dans leur totalité et leur intégralité». La loge décidera la diffusion de ce rapport prémonitoire. De retour à Paris, Wirth devient le secrétaire de Stanislas de Guaita et s’affilie à une loge du Grand Orient, Les Amis triomphants, où ses idées sur le rituel rencontrent peu d’échos. Le 22 mai 1888, il vient en visiteur à la loge Travail et Vrais Amis Fidèles qui vient de quitter le Suprême Conseil de France pour se rattacher à la Grande Loge Symbolique Écossaise. Il y donne une conférence qui a beaucoup de succès, s’y affilie le 26 mars 1889 et en deviendra Vénérable quatre ans plus tard. Cette loge, écrit Paul Lanchais, était composée essentiellement de petits commerçants et artisans, l’élément bagnard y était fortement représenté par des hommes jugés par un Conseil de Guerre pour avoir participé à l’insurrection de la Commune, condamnés à dix ans de bagne en Nouvelle-Calédonie et amnistiés en 1879.

Dans ce qui est probablement son premier article maçonnique, Wirth écrit en 1889: «Toute la Franc- Maçonnerie française doit être réorganisée. Il y a aujourd’hui trois grades, Apprenti, Compagnon et Maître. Ils n’ont en vérité aucune existence effective. Ils sont pratiqués dans les Loges comme de simples formalités ne répondant pas à une discrimination intellectuelle... [On s’occupe dans les Loges] de tout sauf de la Maçonnerie... Tout cela serait travail qui, parce que profane, pourrait s’accomplir devant un public profane... aux maçons de sauver [la Franc-Maçonnerie] par appel au réveil et à la

Oswald Wirth est un écrivain auquel pourraient s’appliquer les paroles d’Albert Lantoine à propos du Rite Écossais Ancien et Accepté: «Célèbre et peu connu». On parlait de lui, écrit Marius Lepage dans l’Avant-propos qu’il écrivit en 1962 pour la réédition du Livre de l’Apprenti, comme d’une sorte de saint de la Franc-Maçonnerie, et, ainsi qu’il arrive pour les saints, l’hagiographie estompait ses traits et sa pensée sous le voile pieux de la fable... On oublie parfois que la trilogie que Wirth consacra aux grades symboliques portait en surtitre La Franc- Maçonnerie rendue intelligible à ses adeptes – cruauté lucide – et qu’outre ces trois ouvrages connus, Wirth fut l’auteur de plusieurs autres livres, parmi lesquels Les Mystères de l’Art Royal (1932) et Notions élémentaires de Maçonnisme (1934) que J. Corneloup a beaucoup cités tout au long du chapitre qu’il a consacré à Wirth dans La chair quitte les os... mais l’acacia refleurira (1968) en concluant: «Le plus grand mérite de Wirth a été de se tenir entre l’équerre et le compas». Son livre sur l’imposition des mains fut un succès.

Il s’agissait déjà pour Wirth en 1889 de revenir aux plus anciennes traditions initiatiques dans leur totalité et leur intégralité. Il s’en expliquera clairement quarante ans plus tard: «Or, lorsqu’une tradition a cessé d’être comprise, elle ne vit plus dans les esprits. En tant qu’observance servile, elle peut se maintenir transitoirement; mais ce qui manque de cohésion rationnelle ne tarde pas à se disloquer, car tout cadavre tend à se décomposer... Ces formes creuses dont l’esprit s’est retiré, ces écorces mortes, mais persistantes en raison même de leur dessèchement, figurent ce qui se maintient à l’état cadavérique, en tant que superstition, au sens étymologique du mot. Il convient, en effet, d’appeler superstitieux tout ce qui tient debout sans justification logique, comme, par exemple, les rites perpétués par habitude ou par respect du passé, alors que nul ne sait plus à quoi ils correspondent. Hiram est l’intelligence qui anime la tradition maçonnique : il revit en nous dès que nous comprenons tout le mystère de la Maçonnerie, en nous rendant exactement compte de la raison d’être de ses usages symboliques».

 

L’ŒUVRE AU ROUGE

O. PACTAT- DIDIER

Edition  Le signe d’O

 1999

Une aventure à la recherche de cette étape ultime de l’alchimie. Une prise de conscience sur les changements qui s’opèrent autour de nous et qui font que cette recherche change et devienne plus difficile. Un chemin initiatique long et difficile. Ce neuvième ouvrage convie le lecteur à participer à une quête essentielle qui évoque la phase ultime du Grand Oeuvre Alchimique. Une profonde métamorphose s’opère actuellement autour de nous et en nous sur des plans subtils, parce que l’évolution accélérée à laquelle l’humanité actuelle est confrontée nous oblige à regarder le monde avec une conscience élargie

 

Nombreux sont les écrivains qui ont exploré les arcanes mystérieuses en quête d’imaginaire et de poésie. Dante, membre de la société secrète « Les Fidèles d’Amour » est un parfait exemple. Sa Divine Comédie est une œuvre à clés tout autant initiatique que poétique. Les romantiques, les symbolistes…, mais surtout les surréalistes ont suivi la même voie. André Breton était féru d’ésotérisme, il a en particulier utilisé les symboles alchimiques et les images du tarot divinatoire comme source d’inspiration artistique et littéraire.

 

Mais de quoi parle-t-on au juste ? La question mérite d’être posée alors que les médias abreuvent les consommateurs de sensations frelatées d’histoires de complot et d’illuminati. Que l’alchimie fut une pratique opérative, fructueuse ou vaine, est une évidence historique. En revanche, Guy Piau pose une question fondamentale  dans son ouvrage : L’alchimie est-elle une opération spéculative, une quête spirituelle ? Existe-t-il un message hermétique ? Si oui, quid des rapports entre l’alchimie et la franc-maçonnerie ?

 

Tout d’abord, nous pouvons constater que les termes communs aux traditions maçonnique et hermétique sont nombreux. Ainsi, le Grand Œuvre ou l’Art Royal (la couronne est un élément récurrent de l’iconographie hermétique) sont des mots employés tant par le maçon que par l’alchimiste pour désigner leur quête respective. On connaît l’importance du symbole en franc-maçonnerie, ce langage universel est également fort prisé des alchimistes. Nombre d’œuvres hermétiques parmi les plus célèbres, sont purement iconographiques. C’est le cas, par exemple, du « Mutus Liber » ou des 17 figures attribuées à Jean Conrad Barchusen abondamment cités par Guy Piau.

 

Le soleil, la lune et les étoiles qui ornent nos temples maçonniques sont également des symboles alchimiques. Le soleil représente le principe mâle ; le souffre, tandis que la lune est le principe féminin ; le mercure. On verra ultérieurement que les «noces chymiques» du souffre et du mercure ne sont autres que le Grand Œuvre, et comment il est possible d’y reconnaître un des buts de la franc-maçonnerie. Sept étoiles symbolisent les 7 distillations nécessaires à l’alchimiste pour réussir le Grand Œuvre. On retrouve ici la symbolique des nombres chère à toute tradition initiatique. Le nombre 7 est le nombre de la perfection, de l’éternité.

 

Notons enfin, que les 4 éléments et la pierre jouent un rôle fondamental en alchimie et en franc-maçonnerie. Il est possible, me semble-t-il, d’aller plus loin encore que le simple constat d’un langage commun entre l’alchimie et la franc-maçonnerie. Leur but et leur méthode sont les mêmes. Le but du Grand Œuvre est le mariage du souffre (pôle masculin) et du mercure (pôle féminin) par l’action du sel ; principe neutre et élément ternaire qui scelle les deux autres.

 

La légende veut que l’alchimiste, au terme de sa quête, devienne hermaphrodite. L’importance du nombre ; le ternaire qui permet de dépasser les oppositions en une nouvelle synthèse, se retrouve en maçonnerie afin de rassembler ce qui est épars. Un alchimiste a dit : « Le secret consiste à savoir convertir la pierre en aimant, qui attire, embrasse et unit cette quintessence astrale. ». « L’un est aussi le tout. », selon la formule alchimique, «tout est un et tout se ramène à l’un. ». C’est là un enseignement initiatique important présent dans nombre de traditions.

 

On distingue deux sortes d’unités : l’unité initiale et l’unité finale, l’alpha et l’oméga, symbolisés par l’image célèbre du serpent qui se mord la queue, souvent présente dans les traités alchimiques. Du magma initial surgit l’ordre final, entre les deux, les alchimistes devinent tout le circuit de la matière transmuée. Chacun sait que le but de tout alchimiste est de trouver la fameuse pierre philosophale. On s’est souvent perdu en conjectures pour deviner la nature réelle de cette pierre. Peut-être est-il possible d’y voir plus clair en raisonnant en maçon.

 

La pierre philosophale ne serait-elle pas la pierre taillée du maçon ? Ne symboliserait-elle pas l’adepte accompli ? Quelle différence entre passer du vil plomb à l’or alchimique et passer de la pierre brute à la pierre taillée ? Deux terminologies différentes peuvent fort bien traduire une même réalité. En franc-maçonnerie, on comprend vite que la pierre n’est autre que le franc-maçon lui-même, et le travail initiatique un travail sur soi. De leur côté, bien des alchimistes ont reconnu que la coction finale avait lieu simultanément dans l’athanor de briques et dans celui du cœur. Jung, qui s’est intéressé à l’alchimie, pensait que l’œuvre opérative n’était que la projection de l’œuvre intérieure. L’artiste et l’œuvre, à l’instar du temple intérieur et du temple extérieur, ne font qu’un. Il apparaît donc que le but de l’alchimie semble bien être le même que celui de la franc-maçonnerie, à savoir : le perfectionnement constant de l’initié. Voyons maintenant ce qu’il en est de la méthode.

 

Oswald Wirth estimait que l’initiation maçonnique, en particulier l’épreuve de la terre, résumait l’essentiel du processus alchimique. Lors de l’initiation maçonnique, le récipiendaire est tout d’abord dépouillé de ses métaux. La première opération alchimique consiste à débarrasser la matière première, nous parlerions nous de la pierre brute, de toutes ses impuretés. Ensuite, le futur franc-maçon est placé dans le cabinet de réflexion où il mourra en tant que profane. En alchimie, la putréfaction ou œuvre au noir, se déroule dans l’œuf philosophique hermétique, scellé. L’hermétiste Jacob précise que «la fin du Grand Œuvre est de se débarrasser, quand il le voudra, de la chair corruptible sans passer par la mort. ». Au sein du cabinet de réflexion se trouvent de nombreux symboles alchimiques. A commencer par le sel, le souffre et le mercure ; éléments essentiels du Grand Œuvre dont le rôle a été évoqué précédemment. N’oublions pas le coq qui annonce le lever du soleil et qui, selon Fulcanelli, symbolise un autre élément alchimique ; le vif argent.

 

Enfin, bien sûr, la célèbre formule alchimique « V.I.T.R.I.O.L.» ; visita interiora terrae, rectificando invenies occultum lapidem. Pour les non latinistes, dont je suis, visite l’intérieur de la terre et en rectifiant tu trouveras la pierre cachée. On a vu que le franc-maçon et l’alchimiste étaient à la fois maître d’œuvre et matériau, la formule « V.I.T.R.I.O.L. », qui invite à l’introspection  indispensable à toute initiation va dans ce sens. J’ai évoqué Jung, ici le parallèle avec la psychanalyse s’impose. N’est-ce pas en visitant les profondeurs de l’Homme, dans les ténèbres intérieures, que le psychanalyste va chercher la lumière, la vérité de l’être ?

 

On peut également noter que le travail de l’alchimiste, tout comme celui du maçon, doit s’effectuer à couvert ; condition sine qua non de la réussite du Grand Œuvre. Ainsi de nombreux auteurs hermétistes soulignèrent le fait qu’il doive toujours y avoir à la porte du laboratoire, une sentinelle armée d’un glaive flamboyant pour examiner tous les visiteurs et renvoyer ceux qui ne sont pas dignes d’être admis. Le rapprochement avec le frère couvreur et le tuilage est évident.

 

En conclusion, il semble légitime de penser que l’alchimie est bien une philosophie initiatique et qu’il existe effectivement un message hermétique, un but et une méthode assez proches de ce que nous connaissons en maçonnerie. L’alchimie étant historiquement antérieure à la franc-maçonnerie spéculative, on peut en déduire que l’hermétisme a inspiré les premiers maçons. « L’œuvre au rouge » passionnera sans doute celui qui sera déjà engagé sur la voie maçonnique ou sur le chemin hermétique. En revanche il déconcertera le lecteur profane puisqu’il étudie ce qu’il est convenu d’appeler les « hauts grades » maçonniques qui ne s’adressent qu’aux francs-maçons déjà bien avancés dans l’initiation. Par ailleurs, il serait dommage de déflorer certains symboles et rituels au risque de priver le futur récipiendaire d’émotions extraordinaires au sens propre du terme.

 

L’auteur, qui cite de larges extraits des rituels du rite écossais ancien et accepté (le rite maçonnique le plus pratiqué de par le monde) eut été bien inspiré de se remémorer les propos d’un illustre auteur et franc-maçon, Casanova, qui écrivait : « Le secret de la maçonnerie est inviolable par sa propre nature, puisque le maçon qui le sait ne le sait que pour l’avoir deviné. Il ne l’a appris de personne. Il l’a découvert à force d’aller en loge, d’observer, de raisonner et de déduire. Lorsqu’il y est parvenu, il se garde bien de faire part de sa découverte à qui que ce soit, fût-ce à son meilleur ami maçon puisqu’il n’a pas eu le talent de le pénétrer, il n’aura pas non plus celui d’en tirer part en l’apprenant oralement. Ce secret sera donc toujours secret. »

 

l’œuvre minÉrale

J.R. glauber

Edition  JOBERT PARIS

 1977

C’est une réédition de 1559 sur un traité d’alchimie composé des trois parties de l’œuvre minérale, de la teinture de l’or, d’un traité de médecine universelle et de la consolation des navigants. Écrit en vieux français.

 

Édition originale de la traduction française de ces traités d'alchimie extrêmement rares de Johann Rudolf Glauber (1604 - 1668), médecin et alchimiste originaire de Karlstadt qui fait figure de précurseur de la chimie moderne. Fils de barbier, Glauber est un autodidacte qui se forma notamment en visitant de nombreux laboratoires à Paris, Vienne, Salzbourg et Bâle. La guerre de Trente ans le contraignit à fuir l'Allemagne; il s'installa à Amsterdam où il inventa des fourneaux de distillation qui permettaient d'atteindre de très hautes températures. Il fut le probablement le premier à équiper l'un de ses fourneaux d'une cheminée. On lui doit notamment la découverte du "sel admirable" (sulfate de soude). Il porta son intérêt essentiellement aux applications médicales de la chimie.

 

Cet exemplaire contient : 1. Les trois parties de L'Oeuvre minérale, soit; La première partie de l'oeuvre minérale, ou est enseignée la séparation de l'Or des Pierres à feu, Sable, Argile, & autres Fossiles, par l'Esprit de Sel, ce qui ne se peut faire par autre voye. Comme aussi une Panacée, ou Médecine universelle, antiomoniale, & son usage. 64 pages. - La seconde partie...

De la naissance & origine de tous les métaux & minéraux ; de quelle façon ils sont produits par les astres, sont composés d'eau & de terre, & reçoivent diverses formes. 48 pages. - La troisième partie... ou commentaire sur le livre de Paracesle, appelée le Ciel des Philosophes, ou le Livre des vexations, dans lequel sont enseignées les transmutations des métaux. 111 pages.

A la suite: 2. La teinture de l'or ou le véritable or potable. 22 pages. 3. Traitté de la médecine universelle ou le vray or potable

 

L'Alchimie c'est l'Art des transformations évolutives. L'évolution c'est la distance qui sépare l'Alpha de l'Oméga, l'Alpha c'est le Verbe Créateur, c'est la poussée initiale... L'Oméga c'est le terme. Louis Claude de Saint Martin dit : " L'origine se confond avec la fin des choses ". Mais ne nous limitons pas à ce qui a une vie apparente indiscutable. Tout ce qui existe vit et disons simplement que la vie se manifeste différemment dans chacun des règnes, que la conscience y est plus ou moins endormie et que chez l'homme ordinaire elle est le plus souvent à peine éveillée. Cette idée d'une conscience propre à tous les règnes y compris les minéraux, voire même d'une mémoire se trouve dans toutes les phases de l’oeuvre.

Dès lors si nous avons reconnu qu'une même loi assume l'évolution de tout ce qui existe quel que soit le règne envisagé ou l'ordre de grandeur circonscrit dans l'espace et le temps, si nous admettons que des processus invariables tendent à faire jaillir le maximum de perfection possible sur un être, ou une catégorie d'êtres donnée, toujours dans l'un quelconque des règnes. Si enfin nous jugeons concevable qu'il soit possible à l'homme de saisir cette loi en l'une de ses corrélations et de l'appliquer de telle façon qu'une évolution minérale qui réclamerait sans doute un nombre incalculable d'années, va se trouver réduite à un temps très court du fait que l'Art va supplanter la nature, alors nous concevons la somme de Sagesse qui se peut déduire d'une telle Opération. Cet Art, c'est l'Alchimie : l'Art Royal. Et nous voyons clairement que son but essentiel n'est pas de faire de l'or.

L'homme a tendance à rejeter tout ce qu'il ne comprend pas, ou tout du moins à le classer dans une catégorie qui lui est immédiatement accessible et le plus souvent il se contente de ces sortes de clichés. Pour l'ensemble des profanes, faute de pouvoir atteindre une compréhension raisonnable de l’alchimie ésotérique et spirituelle, faute de pouvoir l'expliquer, ils échafaudent des invraisemblances, la ramenant au médiocre niveau de leur jugement.

3 M

MÉDECINE  SPAGYRIQUE  -       B.A-BA

PATRICK  RIVIÈRE

Edition PARDÈS

 2003

Patrick  Rivière  est devenu, au fil des ans, un véritable spécialiste de l’alchimie et de la médecine  hermétique. Il nous livre ici une étude à la fois claire et synthétique, de  cette fameuse  médecine spagyrique.

 

Il s’efforce ainsi de démythifier les concepts du grand  alchimiste-médecin de la Renaissance : Paracelse (1493 – 1541), que l’on présente trop souvent abusivement d’ailleurs, comme le précurseur de Samuel Hahnemann, le père de l’homéopathie. Ceci est tout à fait regrettable, car l’homéopathie et la  spagyrie,  sont  fondamentalement différentes, même si une certaine parenté d’esprit les unit.

 

L’auteur s’appuie fidèlement sur les textes paracelsiens dans cet ouvrage où les arguments diagnostiques et proprement thérapeutiques de la Spagyria, sont, pour la première fois  clairement  dévoilés  et révélés.

 

Dans ce livre, riche d’enseignements hermétiques, le lecteur parviendra sans conteste, à la conclusion selon laquelle les fondements de la médecine holistique moderne, ne peuvent que reposer, immanquablement, sur cette thérapeutique naturelle et alchimique, que constitue la  médecine spagyrique.

 

Y est expliqué : Les quatre éléments , les trois principes de base de l’alchimie , le sel , le soufre et le mercure , et leur extraction dans le règne végétal , la rosée ( élixir de vie ) , les métaux , les sels minéraux et leurs relations  avec les 12 signes du Zodiaque , des extraits du livre de J.Pharamond Rhumelius : disciple de Paracelse , la fabrication en laboratoire ,  et les traitements .

Au sommaire :

Introduction à la médecine spagirique  -  Paracelse  -  sur quelle base précise reposait la médecine spagirique   -   les 2 natures  -  les quatre éléments  -  Mercure, Sel et Soufre   -   De la nature au laboratoire  -  la rosée, élixir de vie  -   les signatures dans la nature  -    les métaux   -  spagyrie végétale, métallique et minérale  -   les sels minéraux  -   les 12 signes du zodiaque  -   Psychologie et spagyrie  -   Jean Pharamond Rhumilius  -   Elixirs spagyriques de l’institut Spagu-Nature  -  Traitement du comportement 

 

MIROIR D’ALCHIMIE et LE COMPOSÉ DES COMPOSÉS

ROGER BACON ET ALBERT LE GRAND

ÉDITION  ARCHE  MILAN

 1974

Le miroir d’alchimie fut composé par Roger Bacon, moine Irlandais franciscain qui naquit en 1214- 1294. Il fut surnommé le docteur admirable et voua à l’alchimie un véritable culte. Il déclara avoir obtenu de l’or, mais ajouta que cet or n’est que sa propre transmutation mystique. Il fut emprisonné 11 ans (ses écrits sentaient trop le soufre). Son œuvre majeure est : L’opus majus en 1268 –

 

Le composé des composés fut écrit par Albert le Grand, - (1193-1280). Cet évêque allemand fut un des plus grands et plus fameux personnage de l’alchimie. Il conclu malgré tout au fait qu’il est impossible de faire de l’or physique mais affirma que toute transformation et transmutation de l’être est un fait alchimique.

 

Dans leurs écrits, les philosophes  se sont exprimés de bien des manières différentes, mais toujours énigmatiques. Ils nous ont légué une science noble entre toutes, mais voilée complètement pour nous par leur parole nuageuse, entièrement cachée sous un voile impénétrable. Aussi il est très important d’exercer avec persévérance votre esprit sur ces 7 chapitres qui renferment l’art de tranmuer les métaux, sans avoir à vous inquiéter des écrits des autres philosophes. Repasser souvent dans votre esprit, leur commencement, leur milieu et leur fin, et vous y trouverez des inventions si subtiles que votre âme en sera remplie de joie.

 

mutus liber

Jean laplace

Edition ARCHÉ – MILAN

 1979

C’est le livre culte de l’alchimie. Les 15 planches couleur parlent d’elles-mêmes à qui sait voir et entendre.


Après Magophon, alias Pierre Dujols de Valois, et Eugène Canseliet, que nous reste-t-il encore à dire du Mutus Liber qui soit positivement enrichissant pour le lecteur ?

 

Des 15 planches, nous aurions pu donner une analyse longue quantitativement mais où se répéterait ce que l’amateur pourrait trouver ailleurs.

 

Entre un cumul de citations et un court texte original nous avons choisi la deuxième possibilité qui correspond d’ailleurs mieux à notre caractère.

 

Nous avons essayé d’orienter notre travail vers la solution d’une particularité de l’œuvre ; c’est à savoir la distinction qu’il y a lieu d’opérer entre l’Art et la Nature. Bien sûr nous avons parfois dû voiler nos propos, tant l’image est expressive jusqu’à la divulgation.

 

Le lecteur, qui en est averti n’oubliera donc pas que « la lettre tue et l’Esprit vivifie ».


Un livre grand format, complet des 15 planches (manuscrit de BALE – 1507) et des commentaires de chaque planche.

 

MUTUS  LIBER  - L’ALCHIMIE  ET  SON  LIVRE  MUET (MUTUS LIBER)

ISAAC BAULOT.  Introduction et commentaires d’EUGENE CANSELIET

EDITION  GUTENBERG REPRINT

 1996

Réimpression intégrale de l’édition originale de La Rochelle, 1677. Après bien des recherches sur l’auteur de cet ouvrage qui se voulait anonyme, il est prouvé que c’est Isaac Baulot habitant à La Rochelle  qui en est l’auteur.

 

Il y a plus de deux siècles paraissait à La Rochelle, par les bons soins de Pierre Savouret, un recueil de 15 gravures alchimiques, tiré certainement à très petit nombre d’exemplaires et qui allait devenir l’œuvre la plus rare et la plus convoitée et la plus mystérieuse dans le domaine des livres alchimiques illustrés.

 

Autre singularité, le recueil n’était accompagné d’aucuns textes, à l’exception d’un très court « avis au lecteur » et du réglementaire « Privilège du Roy », justifiant ainsi pleinement son titre : Mutus Liber.

 

Il devait par la suite connaître deux rééditions anciennes –l’une en 1702 placée à la fin de la Bibliotheca Chemica de Manget, l’autre de format plus réduit, gravée vers 1725. C’est ensuite seulement en ce XXe siècle, que Marc Haven, Magophon (Pierre Dujols) et enfin Eugène Canseliet proposèrent aux « amoureux de Science », des éditions commentées de ce précieux Livre  Muet.

 

Il convient de souligner ici, que c’est à celui qui œuvra tant au renouveau d’intérêt pour l’alchimie, Eugène Canseliet, qu’il échut, en cette toute fin du XXe siècle, d’éclairer de ses pertinents commentaires le précieux « livre d’images et de Sapience »

 

MUTUS LIBER  ALTUS

 SOULAT

L’ARBRE D’OR

 2001

Aucun livre d’emblèmes hermétiques ne saurait être comparé au MUTUS LIBER en intérêt et en rareté. Stanislas de Gaïta et Poisson le considéraient tous deux, à des points de vue différents, comme l’un des plus lumineux joyaux de leurs collections. C’est d’après l’exemplaire de notre cher et regretté ami Albert Poisson que la présente réédition a été faite.


Ce recueil précieux est l’œuvre de Saulat (ou plutôt Soulat), seigneur des Maretz, en faveur duquel, comme l’a remarqué Brunet, le privilège a été accordé (Ed. princeps : Rupellae – 1677 – in-folio, réédité par Manget, in Bibliotheca chemica T. II). Le nom de l’auteur, du reste, se trouve deux fois indiqué dans l’ouvrage, pour qui sait lire ; c’est donc une erreur de l’attribuer à Tollé, comme le fait Barbier (Anonymes latins, n° 20.997), – Question futile, d’ailleurs : l’auteur s’est caché lui-même sous le pseudonyme d’Altus ; qu’importent en effet l’homme et son nom devant l’Œuvre et sa mystérieuse sublimité.


Dans ces planches, on trouve, clairement exprimés, le choix de la matière première, la conjonction du Soleil et de la Lune, l’intervention du Flocs Caeli, l’action de Mars, de Saturne dévorant son enfant, de Mercure, les différentes couleurs de l’Œuvre jusqu’à l’obtention de la Pierre au rouge, puis la projection et la multiplication. Quoi de plus clair, de plus admirablement vrai que la gravure de tête, et surtout que la gravure dernière ? Toute la sagesse des adeptes anciens y éclate.


En fin du livre est le traité symbolique de la Pierre philosophale avec les 78 figures de J.C. Barchusen.

3 N

NICOLAS  FLAMELDES LIVRES ET DE L’OR

NIGEL  WILKINS

EDITION  IMAGO

 1993

Nicolas Flamel, écrivain calligraphe et riche bourgeois de Paris, fut-il vraiment alchimiste et parvint-il, comme le prétend la rumeur, à faire de l’or et à percer ainsi le secret du Grand Œuvre ?

 

L’auteur évoque les rues animées du vieux Paris et nous plonge en plein XVe siècle. Il reconstitue la vie de Flamel et scrute la façade sculptée de son ancienne demeure, rue de Montmorency.

 

En médiéviste éminent, il analyse le testament conservé aux archives nationales ainsi que divers actes qui mentionnent maître Nicolas, généreux donateur et constructeur de multiples édifices. Nigel Wilkins s’interroge, en outre, sur les divers ouvrages alchimiques qui lui furent attribués, et notamment sur le fameux « Livre des figures hiéroglyphiques », mettant en scène Nicolas et sa femme Pernelle, et qui, jusqu’à nos jours, reste à la source de nombreuses méditations occultistes.

 

Cette enquête rigoureuse, qui dissipe bien des énigmes, met en lumière comment Nicolas Flamel l’homme des livres, le libraire copiste, devint l’alchimiste légendaire dont le souvenir hante encore le quartier de la Tour Saint-Jacques.

 

On voyage à travers Paris , du cimetière des Innocents, jadis hanté par Villon, on passe rue de la Ferronnerie, rue Saint Denis, rue de Montmorency où il habitait, on scrute les façades à la recherche de signes alchimiques et hiéroglyphiques, on est dans les paroisses Saint-Jacques-de-la-boucherie et de Saint-Merri, la rue des Lombards qui a abrité des générations de changeurs, la Tour Saint Jacques bien sur, à la recherche du parfum de Nicolas, mais au fait qu’en est il du mythe, de la légende ou de la vérité sur Nicolas et sa femme ?

 

Où est passé son or ? Ses écrits ? Bien sur il avait des maisons qu’il louait, mais cela est peu de choses à coté de ce qu’on lui prête. Et son livre des figures hiéroglyphiques, est ce de lui ? Nous écoutons ses défenseurs et ses accusateurs comme des jurés dans un tribunal, et tout cela est passionnant car en même temps, l’Alchimie nous est expliquée ainsi que l’histoire et les légendes attachés à cette discipline.

 

Avait il un secret et comment nous l’a-t-il légué, il faut certainement chercher à comprendre ses dessins et ses figures sculptées dans la pierre, l’auteur nous l’explique et nous fait découvrir l’invisible.

 

Nigel Wilkins est maître de conférences à l’Université de Cambridge. Parisien d’adoption, il a publié de nombreux ouvrages sur le Moyen Age.

3 P

PARACELSE – LES 7 LIVRES DE L’ARCHIDOXE

Préface du Dr Marc HAVEN

Edition  NICLAUS

 1960

100 Gravures et tableaux – 8 Planches et un portrait de Paracelce. Cet ouvrage de Paracelce parle et décrit en langage alchimique la sexualité de l’époque, comment la guérir, l’améliorer, ainsi que d’autres maladies.

 

Réimpression de ce curieux ouvrage qui contient des secrets et des talismans précieux contre diverses maladies, pour l’amour, la réussite en affaires, la confusion des ennemis, etc.

 

 Introduction Préface et Traduction par Marc Haven -  Le livre : Extrait de la Préface  "Au commencement du XVIe siècle, alors que toute la science somnolait en répétant les oracles d’Avicenne et de Galien, apparait un homme à la voix forte, médecin et chimiste, qui se dresse en adversaire des lois établies, brûle les livres médicaux des Grecs et des Arabes, parle philosophie en langue vulgaire, guérit les malades contre toutes les règles de l’art et court l’Europe, buvant avec le premier venu, bataillant avec beaucoup, étudiant avec tous..."

 

L’auteur: Né en 1493 ou en 1494 en Suisse centrale et décédé le 24 septembre 1541 à Salzbourg en Autriche, Paracelse, Philippus Theophrastus Aureolus Bombastus von Hohenheim, est un alchimiste, astrologue et médecin suisse,

 

Cet esprit rebelle et mystique de la Renaissance est à l’origine de pensées très modernes : "Certains n’hésitent pas à faire de Paracelse le précurseur de toute science de la médecine du travail et de l’homéopathie et le rénovateur de la médecine (et de la chirurgie2, de la toxicologie et de la psychothérapie)."

 

philosopher par le feu

Françoise  bonardel

Edition  Du Seuil

 1995

C’est une anthologie de textes alchimiques occidentaux que l’auteur nous offre. Le feu fut un élément principal des alchimistes dans leur recherche de l’or spirituel. Le feu étant la base de toute spiritualité.

 

Philosopher par le feu : tels se voulurent les alchimistes, en vertu de certaine alliance –entre l’œuvre de sagesse et l’élément igné – devenue bien étrange pour des esprits comme les nôtres, tenant désormais leurs lumières, et leur éventuelle sérénité, d’autres sources de clarté.

 

De la flamme ; spontanément associée à l’inflammabilité de l’esprit privé du pouvoir de raisonner, n’avons-nous pas appris à nous défier ?

 

Et d’Héraclite seul la philosophie retiendra qu’il ait choisi le Feu pour exprimer, d’un monde encore mal ordonné par la pensée, l’unité cachée, l’ardeur invincible en même temps que l’incessante mobilité : « Le feu tire joie de sa forme », dira plus tard William Blake.

 

Une anecdote rapportée par Aristote puis commentée par Heidegger, nous montre le plus obscur des physiciens-penseurs antérieurs à Socrate se réchauffant un jour auprès d’un modeste four de boulanger et justifiant sa présence insolite en ce lieu par un mot si limpide qu’il en devint énigmatique : « Ici les dieux sont présents. »

 

Que l’amateur de choses divines sache bien que notre voie n’est ni historique, ni païenne ; mais que nous nous dirigeons vers la lumière de la nature extérieure, pour nous luisent les deux soleils » - proclamait le théosophe Jakob Boehme (1575-1624), en cela fidele à l’esprit alchimique et à cette double source de luminosité dont se recommandait avant lui Paracelse (1493-1541) – s’émerveillant de ce que le feu ‘a puissance de dévoiler ce qui est caché et de le rendre manifeste », et concluant : 

 

« C’est de cette vision que nait la science des remèdes qui en sont le témoignage ».

 

L’auteur nous offre des textes anthologiques de : Abraham  - Julius Africanus  -  Albert le Grand  -  Aristote  -  Aros  -  Artéphius  -  Avicenne  -  Roger Bacon  -  Beauvais  -  Jacob Boehme  -  Petrus Bonus  -  Calid  -  François Cambriel  -  Eugene Canseliet  -  Claude Chevalier  -  Coenders  -  Le Cosmopolite  -  Oswald Crollius  - Crosset de la Haumerie  -  Démocrite  -  Espagnet  -  Marcil Ficin  -  Nicolas Flamel  -  Fulcanelli  -  Geber  -  Glauber  -  Grasseus  -  Grosparmy  -  Hermès Trismégiste  -  Kirchweger  -  lambsprick  -  Bruno de Lansac  -  Lavinius de Moravie  -  le Breton  -  Le Pelletier  -  Etienne Libois  -  Limojon de Saint-Didier  -  Nicolas Locques  -  Raymond Lulle  -  William Salmon  -  Michael Scot  -  Petrus de Silento  -  Stéphanus d’Alexandrie  -  Michael Mayer  -   Marie la juive  -  Montador  -  Philippe Muller  -  Samuel Norton  -  Olympiodore  -  Ostanès  -  Pantheus  -  Paracelse  (  Pontanus  -  Dom Pernetty  -  Jean Perreal  -  Philalèthe Eyrénée  -  Philothaume  -  Planis Campis  -  Albert Poisson  -  Psellus  -  Richard l’anglais  -  George Ripley  -  Philippe Rouillac  -  Martin Ruland  -   Stolcius  -  Chevalier de Stuart  -  Synésius  -  Tauladanus  -  Jacques Tesson  -  Bernard le Trévisan  -  Salomon Trismosin  -  Philippe Ulstad  -  Basile Valentin  -   Nicolas Valois  -  Laurent Ventura  -  Arnaud de Villeneuve  -  Denis Zachaire  -  Zozime de Panopolis  -

 

Au sommaire de cet ouvrage :

 

L’alchimie peinte par elle-même   -  Dialogue entre Ciel et Terre : Hermès  Trismégiste   -  Le mortier mystique égyptien   -  L’art d’Hermès   -   L’esprit du Monde : alchimie et cosmologie   -   Grand Œuvre, Genèse et embryologie   -   Dialogue de l’artiste avec la Nature   -   la déontologie opérative : ora et labora   -   énigmes et paraboles   -   Fables, songes et visions   -   les ingrédients de l’œuvre : Eléments et Principes   -   Clôture du Vase et couleurs du Temps   -   la matière aux mille noms   -   L’œuvre du Lion vert   -  Clefs du Magistère   -   Feux croisés   -   Le Feu secret des Sages   -   Nigrum nigrius nigro ( œuvre au noir)   -   une gestualité opérative (solve et coagula)   -   le Ciel chymique : teindre et quintessencier   -    une royauté métallique : l’Or Philosophal   -   un souveraineté bénéfique : la Pierre des Sages   -    une charité prolifique : la médecine universelle   et sa révélation cabalistique    - 

 

En fin d’ouvrage l’auteur nous donne 16 pages de glossaire sur les mots alchimiques

 

propos sur la chrysopÉe

J. François gibert

Edition  DERVY

 1995

Le manuscrit de Pierre Dujols – Fulcanelli sur la pratique alchimique est prétexte, pour l’érudit Jean-François Gibert, à nous offrir les réflexions d’un travail de plusieurs années auprès de son maître en hermétisme, dont il nous livre les secrets philosophiques à travers mythes et légendes.


Quels sont les véritables buts de l’Alchimie, et quel or s’agit-il d’obtenir ? La réponse se trouve dans l’antique savoir des Anciens, dans les doctrines les plus secrètes du paganisme reprises et amoindries dans le judéo-christianisme, dans les contes et coutumes chamaniques, le taoïsme et la mystique gréco-égyptienne. Ainsi est abordé le domaine peu connu des corrélations existant entre la Gnose et l’Alchimie, sa sœur jumelle, qui seule a survécu. L’étude comparée de leur littérature le montre aisément. Face à cette longue lignée apparaît le « matérialisme pseudo-alchimique », voie sans issue selon l’auteur qui nous invite, afin d’illustrer ses propos, à étudier le manuscrit sur la Chrysopée de Dujols.

 

3 voies régissent le chemin vers cette chrysopée qui nous transformera en or spirituel :

 

La Voie brève : Elle régit la fabrication des Poudres de transmutation avec l’Athanor. c’est la base du travail de l’alchimiste et le récit de son expérience primitive : les tâtonnements, le doute, les essais décevants qui parsèment ce voyage tortueux qui ressemble à un tunnel sombre dont les parois se dérobent sans cesse. Premier état de la matière, représentation de l’origine et de la fin de toute chose, la poudre mène le Nephilim sur les chemins de la décomposition élémentaire de la matière, et ce, tout au long du premier cercle : l’Œuvre au noir. L’alchimiste est donc obligé de s’engager dans cette Voie.

 

Son nom de « brève » est paradoxal car, bien qu’elle ne nécessite que l’emploi de l’Athanor et puisse être exécutée dès le début du labeur alchimique, elle se révèle la plus longue, puisqu’au-delà du premier cercle elle traverse les suivants : quelles que soient les réussites qui embellissent le chemin de l’Œuvre, il ne faut jamais oublier le danger, la menace et la mort qui guettent. L’usage des Poudres symbolise les Processus de destruction, que les Adeptes appellent l’Escarboucle. au terme de cette aventure, l’alchimiste aperçoit la forme achevée de la poudre de transmutation : la Pierre Philosophale du Grand Œuvre. Cette étape de départ de l’Œuvre a naturellement lieu au cœur du système du labeur alchimique : l’Athanor, qui est actif dès sa consécration. N’importe quel Nephilim s’étant livré à ce rituel et possédant des bribes de connaissances de l’Art Sacré peut produire des poudres.

 

La Voie sèche : En travaillant sur cette Voie, l’alchimiste prend le parti d’explorer deux Substances : l’Ambre et le Métal, à l’aide du Creuset. C’est la Voie de la génération et de la Maîtrise. L’ambre manifeste le principe de l’Androgyne, c’est-à-dire la faculté de créer qui habite la matière, la façon dont elle peut générer autre chose qu’elle même sous l’action de l’alchimiste. Ainsi apparaissent des Substances inconnues à partir de l’Ambre, qui est l’ambassadeur de l’Œuf Alchimique du Grand Œuvre.

 

Le Métal est la concrétisation de la Chrysopée : le contrôle de l’alchimiste sur les éléments, car il sait que d’êtres inertes, les matériaux travaillés dans le Creuset sont au contraire chargés de puissances instables et inattendues. Afin d’imposer sa volonté à ces énergies secrètes et les utiliser, le Nephilim dispose des Métaux qui ont le pouvoir de dominer les autres matières. Le roi des Métaux alchimiques est le Mercure des Philosophes qui appartient au Grand Œuvre.

 

Le Creuset représente la composante féminine qui se dissimule dans la matière : un site courbe et fertile qui accueille la semence. La Voie sèche est donc la recherche des principes maternels qui assurent la génération et la rectitude. L’alchimiste de cette Voie opère dans le Creuset comme dans la mère qui enfante et élève sa progéniture. Il remplace la nature créatrice et sa matrice. La matière naissante sera ensuite élevée, nourrie par le Processus cosmiques. Le Creuset est le lieu de l’éducation de la matière par la maîtrise du Ka.

 

La Voie humide : Elle sert à produire la liqueur et la Vapeur alchimiques, grâce à l’Alambic. C’est la Voie du changement et de la compréhension. La Liqueur permet la pratique du Cinabre. L’alchimiste, qui s’insinue dans les mystères intimes du monde, tente de décanter la matière afin d’apercevoir son principe vital (car pour l’Alchimie, rappelons-le, toute matière est "vivante", à savoir chargée de Ka). Ce faisant, il contemple le changement incessant de la matière dans la circulation de la Liqueur, son affinement, sa concentration...La Liqueur est donc à la fois l’essence (au sens de la parfumerie) des matières chargées et leur capacité de se transformer. En exploitant ce mouvement interne, l’alchimiste apprend à le provoquer, à susciter la transformation. La forme parfaite de la Liqueur est l’Elixir de Longue Vie.

 

La Vapeur participe du principe de l’Alkaest. Les mouvements incessants au cœur des choses apparaissent également dans les danses hypnotiques des Vapeurs qui remplissent le laboratoire. pour comprendre la matière et accéder à la révélation des Processus qui animent les Champs Magiques, l’alchimiste emploie ces Vapeurs qui portent dans leurs étranges volutes la mémoire de la matière. Grâce aux Vapeurs, le Nephilim déchiffre la matière comme un livre, il s’efforce de la rendre transparente et de recevoir l’enseignement qui se cache entre les particules élémentaires. La Vapeur du Grand Œuvre se nomme le Spiritus Mundi. Pour manier la Liqueur et la Vapeur, l’Alchimiste se sert de l’Alambic. Sa forme et son emploi rappellent la fonction masculine d’ensemencement, la production de la composante mâle. L’Alambic montre comment le changement s’introduit dans la matière et la modifie. L’alchimiste effectue cette transformation plus rapidement que la nature, par l’usage des Liqueurs. Les gaz qui s’échappent de l’Alambic lui montrent en outre qu’une partie de la matière ne reste pas dans le corps originel : cette Vapeur est le symbole du sens des choses qu’il faut saisir. L’Alambic révèle ce sens, à la manière d’une loupe ou d’un traducteur.


Y est développé : le chamanisme, la tradition russe, la cosmologie et ses rapports avec l’hermétisme, une histoire de teinture, la cyclologie babylonienne, la gnose, et l’alchimie taoïste.

 

propos sur « les deux lumiÈres » de Henri coton – alvart

Henri LA CROIX – HAUTE

Edition Le Mercure Dauphinois

 2001

Ce livre s’adresse à ceux qui s’interrogent sur le sens de la vie : quel est le but de l’existence ? Quel est ce principe de vie qui nous anime?


Dans cette quête, l’alchimie, voie appelée royale, offre à ceux qui l’empruntent de séparer le pur de l’impur, à la fois au laboratoire et en soi-même. Lorsque le voyage est entrepris, il est nécessaire de posséder des cartes. Henri Coton – Alvart et son disciple La Croix – Haute les proposent : chaque mot est pesé, chaque ligne méditée, la direction indiquée.


Les bornes qui jalonnent la route du lecteur ont pour noms : deux lumières, trois principes (mercure, soufre et sel) quatre éléments, matière et énergie, cellule et ferment, astres et zodiaque, ainsi que les liens entre l’hermétisme et la métaphysique : « Entendre le cristal qui se forme et l’herbe pousser dans le silence de la nature, nous met en présence des serviteurs du monde divin. À nous d’entretenir la petite lumière transmise du fond des âges sans la laisser éteindre au vent des tempêtes… »

 

Mais qui est l'"adepte" Henri Coton? Fils d'une émailleuse et d'un sculpteur, peintre-héraldiste, il entrera par la suite comme ingénieur chimiste à la Société alsacienne des explosifs. Dans un des livres qu'Alexandra Charbonnier a consacré à Oscar Vladislas de Lubicz Milosz (1877-1939), le poète lituanien grand ami de René Schwaller (O.V. Milosz, L'Age d'Homme, 1996), Henri Coton apparaît bien dans le cercle intérieur des Veilleurs, les frères d'Elie, et Alvart y est son nomen mysticum, comme Aor y est celui de Schwaller.

Il les quitte en 1921 pour suivre sa propre voie. De 1927 à 1935, il apparaît ensuite dans l'entourage de Paul Le Cour et de sa revue Atlantis. Il semble alors avoir cantonné ses apparitions publiques à certains salons, comme celui de la toujours inévitable Nathalie Clifford Barney, à Paris, ou à Nice celui de Maurice Prozor. Il s'était retiré de la vie active à Taillebourg, dans les Charentes, mais possédait aussi un laboratoire d'alchimie près de Saint-Paul de Vence, dans les Alpes Maritimes. Pour Geneviève Dubois, il  aurait accédé à l'adeptat dans les années 1970.

Henri Coton a peu publié de son vivant, et c'est son disciple en alchimie Henri La Croix Haute - le Dr Emerit étant surtout astrologue - qui a rassemblé une partie de ses écrits dans le recueil intitulé Les deux lumières (Dervy, 1996), puis dans son volume Propos sur Les deux lumières (Le Mercure Dauphinois, Geneviève Dubois éditeur, 2001).

Notons également qu'Alvart paraît avoir inspiré beaucoup des pensées développées par son ami Robert Hollier, un médecin aveugle de Lyon qui fut président d'Atlantis, dans son livre Tohu Bohu (Omnium Littéraire, 1972).


Dans le livre qu'il a consacré à René Schwaller (Dervy, 2003), Erik Sablé affirme que Coton fut en fait vice-président des Veilleurs (le président en étant René Bruyez). Le même Coton en aurait bien fait partie du cercle intérieur de 12 membres, que Sablé dit s'être appelé "Les Frères de l'Ordre mystique de la résurrection." Pour lui, c'est sans doute Alvart qui fut à l'origine des connaissances de Schwaller en alchimie.

Avant de quitter Henri Coton, dont on souhaiterait savoir plus, notamment quant à ses rapports avec Julien Champagne, qu'ils fussent ou non mauvais, voyons ce qu'il pensait du Grand Œuvre alchimique: "Le monde créé contient en lui un principe hostile qui a provoqué l'événement qualifié de chute. Ce monde montre en toutes ses parties un dramatique mélange de vie de mort, de sagesse et d'absurdité. La notion centrale de l'hermétisme est l'intervention efficace, curative et prépondérante de l'unité manifestée pour surmonter le facteur pathogène du monde.

Mystiquement, c'est le Christ (Louis Cattiaux, dans son admirable Le Message retrouvé, ne dit pas autre chose, lui qui réalisa le Grand-Œuvre sans faire de bruit) ; physiquement, c'est la pierre philosophale. Elle existe partout présente, car sans une étincelle de cet agent, il n'y aurait ni vie ni permanence. La pierre philosophale n'est ni une création ni une fabrication de l'alchimiste. Tout ce que celui-ci peut faire est de la prendre là où elle est, la rassembler, la séparer de sa gangue, la purifier, la placer dans son vaisseau et suivant le cas l'administrer à qui en bénéficiera ou la renvoyer dans sa pureté de lumière au monde céleste d'où elle est venue. »


Et pour ne pas terminer  cette première approche des liens entre Alvart et "Hubert" sur un...lien informatique, mentionnons l'amitié qui unit les Coton et les Celli, Rose Celli, qui en 1925 eut le prix Fémina,  était une amie de la comtesse Prozor, et son compagnon, le peintre Elmiro Celli (vers 1870-1954), fut un frère d'Elie.

Les Celli furent également proches de Milosz (Pierre d'Elie) et des Schwaller (René Schwaller aurait aidé le peintre, comme il aida Carlos Larronde). On trouve d'ailleurs un tableau d'Elmiro en couverture de l'ouvrage d'Isha Schwaller, La lumière du chemin. Ce tableau a fait partie de la collection d'Aor et d'Isha. Son titre? "La voie de la lumière".

3 Q

qu’est-ce que l’alchimie ?

André savoret

Edition  ARQA

 2008

L’Alchimie vraie, l’Alchimie traditionnelle, est la connaissance des lois de la vie dans l’homme et dans la nature et la reconstitution du processus par lequel cette vie, adultérée ici-bas par la chute adamique a perdu et peut recouvrer sa pureté, sa splendeur, sa plénitude et ses prérogatives primordiales : ce qui, dans l’homme moral s’appelle rédemption ou régénération ; réincrudation dans l’homme physique; purification et perfection dans la nature, enfin, dans le règne minéral proprement dit : quintessenciation et transmutation.

Son domaine embrasse donc tout le créé et, pour l’humanité militante, toute la portion du créé qu’elle a entraînée avec elle dans sa déchéance et qui doit ressusciter avec elle et par elle, telle qu’elle fut avant la Transgression.
Quoique son domaine le plus central soit le plan spirituel, l’Alchimie connaît cent applications plus ou moins contingentes, à tous les degrés et sous tous les aspects de la vie.

Il existe donc une alchimie intellectuelle, une alchimie morale, une sociale, une physiologique, une astrale, une animale, une végétale, une minérale, et bien d’autres encore. Mais l’Alchimie spirituelle demeure le modèle, la clé et la raison des autres. Et, conformément à l’énoncé d’Hermès dans la fameuse Table d’Émeraude, la connaissance d’une quelconque de ces adaptations découvre implicitement celle de toutes les autres. L’univers est un et cette unité est le sceau de la Vérité.


Or le suprême Grand Œuvre, le seul qui se puisse appeler sans outrance « la Voie de l’Absolu », c’est la réintégration de l’homme dans sa dignité primordiale selon un processus rarement réalisé ici-bas (mais non irréalisable), processus que les Anciens appelaient, croyons-nous, « l’œuvre de Phénix » et qu’on peut lire, ici et là, entre les lignes de certains passages de la Bible, des Évangiles, de l’Apocalypse et de quelques ouvrages, rosicruciens ou autres, dont plus d’un ne semble pas traiter, à première vue, de ce qu’on entend vulgairement par « alchimie ».


Et cet Œuvre-là n’est ni du goût, ni dans les cordes des amateurs de « petits particuliers », des collectionneurs de recettes bonnes seulement à torturer inutilement les métaux, des fabricants d’homuncules, des distillateurs d’herbes, de sang, de moelle ou de sperme, ni de ceux qui ne rêvent de longévité corporelle que dans l’espoir misérable de rééditer les folies et les désordres d’une jeunesse tumultueuse !

Il est même, assez probablement, hors de la portée de plus d’un adepte admiré comme tel pour sa réussite.

3 R

REBIS OU LE SECRET DE L’ALCHIMIE – L’ORATOIRE – TRAITḖ D’ALCHIMIE OPḖRATIVE –   TOME  1

Séverin Lobanov

Edition Hermésia

 2017

Rebis ou le Secret de l'Alchimiste constitue très certainement l'un des premiers vrais traités complets d'Alchimie du XXIème siècle qui, en trois volumes, tente de fournir des clefs opératives très précises sur les différents aspects de l'oeuvre, du Grand oeuvre, ainsi nommé parce qu'un et triple : c'est-à-dire physique, psychique et spirituel tout à la fois.

 

Le premier volume consacré à l'Oratoire fournira les outils magiques ou théurgiques, qui seuls permettront à l'Alchimiste d'affirmer ensuite son ascendant sur la Matière et d'engager ainsi cette dernière vers des chemins de traverse réputés impossibles......

 

Contrairement à une idée reçue, le succès en Alchimie ne réside pas dans la connaissance d'une combinaison chimique inconnue de la science actuelle, mais bien dans la réalisation d'une exception, d'un miracle que seule la pratique théurgique préalable permet d'espérer obtenir « si fata te vocant », « si tel est ton destin » : c'est alors que l'Esprit féconde la Matière et que l'impensable peut se produire... Les techniques et la progression exposées dans ce volume ne sont pas exclusives de l'Alchimie et pourront également intéresser tout aspirant Mage

 

Sans que l'on puisse s'écarter de la composante spirituelle de l'alchimie, on peut considérer que l'aspect de la pratique répond à un certain nombre de grands principes qui n'ont pas beaucoup évolué depuis plusieurs centaines d'années. La recherche pratique de la transmutation des métaux doit aller de pair avec la purification de l'âme.

 

Loin d'être des personnages au matérialisme exacerbé, les alchimistes procèdent à leurs opérations, dans un "laboratoire" qui est toujours assez proche de "l'oratoire", comme chacun peut le constater à Bourges à l'Hôtel Lallemant.

 

Pour Serge Hutin, c'est un des traits essentiels de l'alchimie traditionnelle, " d'allier toujours au laboratoire un local consacré à la prière et aux exercices spirituels, autrement dit un oratoire ". Il ajoute que cet oratoire peut être situé, selon les dimensions des locaux, dans une pièce jouxtant le laboratoire.

C'est bien le cas de l'Hôtel Lallemant de Bourges puisque le fait de monter quelques marche conduit du laboratoire à l'oratoire en quelques mètres.

Dans l'oratoire l'alchimiste vient se recueillir, il prie, il réfléchit, il… se repose, et c'est aussi dans cet espace de méditation que se trouvent généralement les quelques livres de l'alchimiste, livres précieux, car n'oublions pas que l'imprimerie est juste en train de se développer. Une des devises fortes des alchimistes est "Ora et labora", ce qui se traduit par "Prie et travaille". L'alchimie est donc très proche de la religion, quelle qu'elle soit. C'est ce qui explique la tolérance par exemple de la religion catholique vis à vis des alchimistes, et ceci pendant très longtemps, alors que les membres d'autres sociétés, aux principes tout aussi secrets, ont été excommuniées, pourchassés et parfois brûlés. Parmi les principes, se trouve celui de l'unicité. C'est une des figures les plus célèbres de la symbolique alchimiste avec ce serpent ou ce dragon selon les figures qui "se mord la queue " et forme un cercle : l'Ouroboros. La devise en est " Omnia in unum" ce qui signifie "Un et un tout". Cette théorie est très moderne, on peut même dire que les alchimistes avaient une sacrée intuition. L'idée d'unicité est devenue ces dernières années, aussi bien en physique nucléaire que dans le domaine de la vie avec les gènes et l'ADN, un des axes de recherches du XXI e siècle. Tout ce qui est multiple vient de l'unité, et à la fin, c'est le parcours inverse. Ainsi toute manifestation dérive d'une seule et unique matière par une adaptation.

 

Parmi les autres grands principes, ceux qui ont trait aux quatre éléments d'Aristote ne font pas preuve d'une originalité farouche. L'air, l'eau, la terre et le feu accompagnent de nombreuses écoles de pensées. C'est une tradition séculaire et cette vision du monde au travers des quatre éléments est le socle intangible de toute chose. Canseliet, l'exprimera ainsi : " Malgré les subtilités les plus extraordinaires, on ne pourra jamais faire que les quatre éléments ne soient à la base de toute création". L'air l'eau la terre et le feu sont des substances que l'on retrouve dans d'autres pratiques et d'autres civilisations.

 

Et puis avec ces quatre éléments, s'ajoute un…. Cinquième qui est la Quintessence (Quinte -essentia) et sans être à proprement parler d'un élément, c'est un résultat, une vertu. La quintessence, " assure la cohésion des quatre éléments ", c'est finalement un principe de perfection. Par contre, les grands principes qui gèrent l'alchimie sont des données originales, transmises depuis la nuit des temps. C'est la trilogie formée par : le Soufre - le Mercure - le Sel. Aux premiers jours de l'alchimie, seuls le Soufre et le Mercure étaient présents., il faudra attendre le milieu du XV e siècle en Occident pour voir apparaître le Sel, le Soufre et le Mercure, éléments constitutif de toute matière, proviennent des métallurgistes qui ont remarqué que les minerais que l'on trouve dans la terre sont souvent formés de ce l'on appelle aujourd'hui des sulfures, c'est à dire des "mélanges" de Soufre et d'un Métal. Lorsque les forgerons par exemple chauffent à haute température ces minerais, le Soufre s'en va et fait place à un produit liquide qui est plus fin, plus clair et qui ressemble au Mercure. On trouve dans ce domaine, le sulfure de plomb, (PbS), mais aussi le sulfure de fer (FeS).

 

Le grand principe des alchimistes est donc de travailler un minerai formé par définition de Soufre et de Mercure de le chauffer, en enlevant le Soufre, afin d'obtenir davantage de Mercure pour aboutir à davantage de pureté. Un métal, dans la tradition des alchimistes, est formé de Soufre et de Mercure et ce degré de pureté est fonction des proportions respectives de Soufre et de Mercure. Le plomb par exemple est un métal "vil", comme le cuivre et l'étain, il possède beaucoup de Soufre, c'est un métal imparfait qui doit être purifié, afin de diminuer le Soufre, et après moult opérations, il s'approche de l'argent puis de l'or, pour devenir un métal parfait, formé de Mercure et de presque plus de Soufre !On pensait à ces époques, que l'or était le métal qui comprenait le plus de proportion de Mercure, on utilisait d'ailleurs le mercure pour des amalgames afin d'imiter l'or, c'était le cas à partir du cuivre. Plus le métal contenait de Mercure, plus il était précieux. Avec le temps, cette terminologie de mercure, soufre, cinabre.... qui sont des matières chimiques qui nous sont familières se transformèrent en produits génériques. C'était davantage la Qualité de la matière que le produit réel.

 

Certains auteurs cherchent à clarifier les écrits des alchimistes dans ce domaine complexe, car il y a une véritable ambiguïté entre le Soufre avec un grand S, celui des alchimistes et le soufre, élément chimique élémentaire et classique pour nous aujourd'hui, nommé S et comportant un atome de 16 électrons donc 16 protons pour assurer l'équilibre des charges électriques et 16 protons. Comme souvent en alchimie, lorsque l'on évoque le Soufre du philosophe, ce n'est pas le métalloïde que l'on connaît aujourd'hui, pas plus que le Mercure du philosophe n'est le Mercure, métal liquide à température ordinaire que l'on mettait autrefois dans les thermomètres. Ce sont les mêmes mots qui n'ont pas la même signification. Ce ne sont pas des métaux ou des éléments chimiques, mais des principes. On découvre alors cette dénomination, du principe, suivi de " Philosophe " : Le Soufre des Philosophes symbolise le corps, c'est un principe mâle, actif et sec, il utilise la chaleur et c'est un élément essentiel de la voie sèche. Le Mercure des Philosophes symbolise quant à lui, l'âme. C'est un élément femelle, humide, volatil. Il est utilisé dans la voie humide. Il est froid et se symbolise parfois par le dragon. Le Sel des Philosophes se situe entre les deux principes précédents. C'est un " alkali ", appelé parfois le Feu Secret des Sages. C'est avec ce Sel que l'on obtient la cohésion du Mercure et du Soufre, il donne la stabilité à cet édifice. Le mercure que l'on connaît aujourd'hui était appelé autrefois "le vif-argent". Le Mercure, c'était la liquidité, l'humidité, la froideur de la matière. Il devint l'eau, la femelle alors que le Soufre était assimilé au feu, au mâle. Chaque produit était appelé par des mots différents, comme par exemple le cinabre était le "dragon rouge ", et le vert de gris qui est un oxyde de zinc "semence de Vénus ", le cuivre "le lait d'un animal.

 

Pour le profane, l'alchimie est essentiellement basée sur la notion de transmutation. C'est simplement une théorie qui permet de faire passer, par une pratique précise, un métal donné vers un autre métal. Pour ce faire, il suffit de modifier les proportions de Soufre et de Mercure, avec l'aide du Sel. Lorsque l'alchimiste procède à une transmutation, il modifie les proportions de Soufre et de Mercure, avec un grand S et un grand M et cherche à atteindre le métal qui est le plus pur : l'Or. L’aspect génial et visionnaire des alchimistes, c'est une certaine analogie avec la science moderne du XX e siècle. Un métal, ou un élément est formé de trois composants élémentaires qui forment un atome :- le proton -  l'électron - le neutron. L'atome est formé, en effet d'un noyau central composé de neutrons et de protons et autour de ce noyau, un nombre d'électrons tourne, en quantité égale au nombre de protons. Avec ces trois particules élémentaires, la science du XX e siècle a découvert que tous les atomes étaient formés de ces trois particules et que leurs quantités respectives donnaient un métal ou un autre.

 

A l'origine du Grand-Oeuvre se trouve la théorie de la transmutation, puisqu'il s'agit de transformer un métal vil en or. Mais les alchimistes, devant la difficulté de réaliser ce Grand-Œuvre ont mis en place une étape intermédiaire, appelée le Petit-Œuvre, dans laquelle, l'objectif est de transformer un métal vil en Argent qui, s'il n'est pas parfait, mérite une mention particulière. Quant au Grand-Œuvre, appelé parfois Grand Magistère, c'est le "but ultime de tout alchimiste", celui qui mène à la pierre rouge, la célèbre pierre philosophale. Celui qui arrive à cette pratique obtient à la fois la pierre philosophale mais dans le même temps, la grande lumière, appelée l'illumination spirituelle, c'est à dire la Sagesse. Il existe dans la tradition alchimique deux chemins, deux voies pour atteindre cette pierre philosophale. La voie sèche et la voie humide. La voie humide se fait par une sorte de maturation de la prima matéria, qui est placée dans l'œuf philosophique. C'est en quelque sorte une gestation en milieu humide en prenant beaucoup de temps. Il faut selon les traités, une quarantaine de jours, et parfois plus. C'est l'école de la patience. L’autre voie dite voie sèche est beaucoup plus rapide, elle aboutit au même résultat mais en chauffant la prima matéria de manière forte. On peut arriver au résultat en quelques heures. C'est une voie pour alchimiste pressé….. mais elle comporte beaucoup de danger et d'explosion des produits en cause. Les métaux sont souvent assimilés à des êtres vivants, et il n'y a pas de différence entre métaux et matières organiques ou vivante. Le processus est curieux, c'est celui de l'évolution. On va d'un état de plus en plus évolué passant d'un métal vil à commencer par le fer, puis le cuivre, le plomb, l'étain, le vif-argent, vers un métal moins vil, l'argent et cela jusqu'à l'or, l'aboutissement du Grand Oeuvre.

 

On trouve encore l'Elixir de longue vie, que l'on peut lire dans un roman de Balzac, peu connu, Malgré le scepticisme dont il était armé, don Juan trembla en débouchant la magique fiole de cristal. Quand il arriva près de la tête, il fut même contraint d'attendre un moment, tant il frissonnait. Mais ce jeune homme avait été, de bonne heure, savamment corrompu par les mœurs d'une cour dissolue ; une réflexion digne du duc d'Urbin vint donc lui donner un courage qu'aiguillonnait un vif sentiment de curiosité, il semblait même que le démon lui eût soufflé ces mots qui résonnèrent dans son cœur : " Imbibe un œil ! " Il prit un linge, et, après l'avoir parcimonieusement mouillé dans la précieuse liqueur, il le passa légèrement sur la paupière droite du cadavre. L'œil s'ouvrit. Dès le XIIIe siècle, mais sans doute avant, les hommes de science vont remettre au cœur de leur préoccupation : le mythe de l'éternelle jeunesse, qui avait une connotation relativement légendaire. Naît alors une nouvelle littérature sur "comment retarder la vieillesse" ou sur la "prolongation de la vie" qui est très vite aspirée par l'alchimie. L'or nouveau, issu du Grand Oeuvre devient l'élixir de longue vie par excellence et " occupe une place importante dans l'imaginaire occidental pendant des siècles. " selon le professeur Agostino Paravicini Bagliani.

 

La pierre philosophale était au centre des opérations de transmutation sans qu'il soit possible d'en déterminer la nature. Elle devait permettre par sa puissance de transformer le métal vil en argent ou en or. C'est un catalyseur de la transmutation, elle peut apparaître sous forme de pierre de couleur rouge, couleur rubis, et au toucher de cette pierre, le plomb se transforme en or, par simple contact ou frottement. La pierre peut aussi prendre la forme d'une poudre, et le jet d'une pincée de celle-ci sur le morceau de plomb le transforme là encore en or. La pierre philosophale est aussi un principe qui rend meilleur et plus éclairé, c'est pour le métal, l'évolution vers l'argent ou l'or, donc le métal est plus beau, et….. il en est de même pour la vie et l'homme. La pierre philosophale soigne donc les métaux et aussi l'homme et ses maladies. C'est en effet l'Elixir de longue vie, celui qui donne l'immortalité et chasse la maladie et la souffrance, "soignant le corps». Enfin, la pierre philosophale soigne l'âme, et rend l'homme meilleur, lui apportant la Sagesse.

 

Quel beau programme pour celui qui réussit à mettre la main sur cette Pierre des philosophes, et cela explique que des femmes et des hommes, durant des siècles, aient cherché à l'acquérir, mettant en œuvre à la fois leur temps, leurs compétence et parfois leur vie. Cela explique aussi, à partir du XVI e siècle, l'appétit des charlatans et des escrocs de tout poil pour se procurer une once de cette pierre rouge si miraculeuse ! La pierre philosophale a donc un côté mystique, elle recèle l'âme du monde, mais au niveau technique, c'est un agent tinctorial des métaux, proche d'un colorant. De quoi est-elle composée, c'est un secret et y répondre reviendrait à nier l'alchimie. Ce secret doit demeurer inviolé......Mais l'alchimie subit une évolution récente avec l'apport des philosophes et de nouvelles recherches. Il ressort que le travail de laboratoire pour certains n'était qu'un prétexte et que tout était dans la " transformation psychique " pour reprendre les termes de Pierre Lory dans les dix traités d'alchimie de Jâbir Ibn Hayyân. L'auteur ajoute qu'il est nécessaire de réhabiliter ce travail de recherche mentale, et d'étudier plutôt que de condamner. Il remarque que de grands savants comme Leibniz et Newton admettaient qu'il était possible d'effectuer des transmutations métallurgiques. Et sur un tout autre plan, Carl Jung a réalisé des travaux et " il a été frappé par l'analogie entre le symbolisme des rêves et des hallucinations de certains de ses patients. Pour Jung, il existe dans le psychisme de chacun une sorte de processus tendant vers un but final qui doit permettre l'accomplissement de soi.

 

Le nombre de documents donnant les moyens d'arriver à la Pierre philosophale et au Grand-Œuvre sont considérables, et cela est d'autant plus étonnant, de la part d'un "confrérie" qui met le secret au centre de ses préoccupations. Mais ces "recettes" sont-elles crédibles ? C'est la question de fond, d'autant plus que ces révélations partent d'un mystère primitif. Le point de départ, c'est à dire la composition de la matière première, laquelle matéria prima n'est jamais révélée ! Dans certains traités, ce sont 4 opérations qui président au travail des alchimistes :- la purification du sujet, c'est à dire de la matière première.- la dissolution ou volatilisation jusqu'à ce qu'il ne reste que l'être universel - la solidification nouvelle- une dernière combinaison sous l'empire de l'être le plus pur.

 

Comme avec ces 4 opérations élémentaires, de nombreux alchimistes ne purent arriver à leur fin, il semble que la pratique devint plus complexe, et 2 opérations supplémentaires furent ajoutées. C'est alors que la nouvelle gamme d'obtention de la pierre philosophale pour obtenir de l'or - la calcination, elle correspond à la couleur noire, c'est l'extension des désirs, la destruction des différences. C'est la réduction à l'état premier de la matière.- la putréfaction, qui sépare les éléments calcinés- la solution dont la couleur est blanche, c'est une matière totalement purifiée.- la distillation- la conjonction qui correspond à la couleur rouge ou à l'union des opposés.- la sublimation qui correspond à l'or, c'est la couleur du soleil. Le tout se résume dans ces mots : solve et coagula aussi valable pour la matière que pour l'être. Et c'est pourquoi on retrouve dans l'iconographie alchimique de nombreux exemples de couples " faisant l'amour ", dans un bocal ou sur un champs. La plupart étant rois et reines !

 

Le grand commandement éthique qui était imposé aux Alchimistes était d'être " charitable " et " envieux ". Il devait partager avec d'autres la Sagesse, mais ne pas autoriser la divulgation au premier venu des techniques. Donc il fallait fournir des indications pratiques pour les " Frères " et accéder à la vraie fraternité, celle des philosophes en séparant le bon du mauvais pour la suite. Il est particulièrement difficile de lire les traités alchimiques quels qu'ils soient. Rien n'est simple car, il n'y a pas souvent de logique. Les expressions sont souvent sibyllines, il y a aussi de longs chapitres sur la métaphysique, sur le cosmos, des digressions qui déroutent le lecteur. Des textes sont parfois insérés pour abuser le lecteur profane.

 

Les traités d'alchimie sont souvent des ouvrages passionnants mais ils souffrent d'un hermétisme que l'on conçoit mal aujourd'hui. La plus grosse difficulté tient au langage des alchimistes : un seul terme n'a pas toujours la même signification. Ainsi, par exemple, le livre de " Soixante-dix " est un ouvrage de Djâbir Ibn Hayyan, qui donne un certain nombre de recettes pour atteindre la Pierre philosophale. Chaque chapitre commence par une louange à Dieu, c'est ainsi que dans " le Livre des Trente Paroles ", le texte commence ainsi :" Au nom de Dieu le Tout Miséricordieux, Louange à Dieu, à Qui seul revient la Souveraineté, et seul réalise en Lui-même Son unicité, le Créateur par sa Puissance, qu'il soit loué. Il y a donc souvent une forte connotation religieuse sachant que certains chapitres prennent en compte les valeurs humaines. Jabir parle de l'arrogance et de la fierté de l'homme qui commet de graves erreurs. Il poursuit sur le mensonge, car " Dieu m'a fait éviter le mensonge, qu'Il vous en délivre également ". C'est toute une partie très moraliste qui transparaît dans l'ouvrage, avant de proposer la manière dont doit être traitée la matière.

 

Il apparaît donc que les traités d'alchimie comportent toujours plusieurs approches :- d'une part, une référence à Dieu est une constante dans de nombreux traités alchimique. Cela signifie que les alchimistes peuvent être des religieux, mais aussi qu'ils ne veulent sans doute pas se mettre à mal avec l'institution religieuse," que Dieu soit exalté ". - Puis, on trouve des conseils moraux ou des propos sur l'homme :" Les gens se situent à différents niveaux. Chez certains, la réflexion n'aboutit à rien de fructueux. D'autres apportent une solution après mûre réflexion. Il y a les bilieux dont la bile jaune s'est transformée en bile noire.....Un jugement pondéré, qui ne tombe pas dans l'erreur, est celui du mélancolique ".- Des renseignements sur les outils et moyens à utiliser. Le monde des alchimistes est formé de gens qui ont inventé des procédés, comme le bain-marie, mais aussi des matériels, comme l'alambic pour la distillation, ou encore le célèbre athanor qui est le four des alchimistes. Mais les instruments de verre comme le pélican qui est "une cornue à col recourbé", ont été utilisés par les alchimistes puis… les chimistes. Enfin, l'objet le plus célèbre des laboratoires souterrains des alchimistes est sans contexte ce ballon de forme ovoïde, fait le plus souvent de verre et que l'on va appeler l'œuf philosophique. C'est pour reprendre une terminologie d'alors, "un objet destiné à être placé dans l'athanor, ce qui constituait la chambre nuptiale où le Soufre et le Mercure devaient s'accoupler" comme le rapporte d'Histoire des Sciences.

 

Comment peut-on expliquer la fin des alchimistes au 16 ° siècle en occident ?L'alchimie c'est la rencontre et le travail dans une même direction d'un aspect pratique, les fourneaux, et autres cornues avec la recherche de l'or à partir de métaux quelconques, et puis une quête plus spirituelles, qui est la recherche de l'élixir de longue vie ou plus simplement la sagesse. Deux tendances s'affrontent alors, Une première avec la science physico-chimique qui devient prépondérante, et néglige les aspects mystiques et spirituels. Ils deviennent des chimistes. Une seconde à l'opposé, écarte tous les aspects matériels et pratiques et se consacre uniquement à la spiritualité, utilisant encore un langage alchimiste mais en ayant éliminé tout travail. Il faut dire qu'il n'est jamais simple de passer de l'alchimie à la chimie et qu'il y a continuité. Les alchimistes avec leur défaut n'étaient pas des gens incompétents, on peut même dire qu'ils avaient un sacrée intuition. L'idée d'unicité est devenue ces dernières années, très moderne, aussi bien en physique nucléaire que dans le domaine de la vie avec les gènes et l'ADN. Le tout est dans un, c'est une découverte récente.

 

Au sommaire de ce tome 1 du Rebis :

 

Chapitre 1 : L’Oratoire et les rituels théurgiques  -  Les deux Kabbales  -  Kabbale juive et Kabbale magique  - Faut-il connaitre l’hébreu ?  - Alphabet hébreu  -  Deux arbres de vie séphirotique  -  personnaliser son oratoire  -  les palais  -  les 10 Séphiroth et leurs Palais contemporains  -  l’échelle de lumière et ses 10 stations  - 

Chapitre 2 : Le temple  - l’Arche d’alliance  -  Yoga  -  orientation rituelle  -  Arme magique  -  le serment personnel  -  le journal magique  -  la lune noire  -  Neidan  -  Matricer  -  l’orgueil  -  choc en retour  - 

Chapitre 3 : Apprendre à visualiser les Sephiroth et les Polygones  -  Sephiroth et figures géométriques

Chapitre 4 : Un premier rituel séphirotique d’origine martiniste  -  calendrier  -  gérer son sommeil  -  Synthèse pour le premier rituel secret

Chapitre 5 : Le rituel de la croix kabbalistique  -  signe de la croix  -  le point étincelant  -  la sphère de lumière  -  le pilier lumineux  - l’assomption de la forme télesmatique  -  l’Arbre de Jesse  -

Chapitre 6 : Le petit Pentagramme  -  donner des couleurs et des reliefs  -  couleurs et correspondances élémentales  -

Chapitre 7 : La descente des énergies de Mezla  -  les constellations  -  se mettre au diapason des rythmes lunaires et solaires  -  les 4 mondes  -  Bannissement et invocation  - 

Chapitre 8 : Magie Kabbalistique  -  les carres magiques d’Agrippa  -  les 7 tableaux séphirotique et planétaires  -  4 fils de couleur – la kabbale des 9 chambres  -  les noms sacrés   -  langue sacrée  -  Sigils  -

Chapitre 9 : Méditation et alchimie de Mezla  -  méditer sur les symboles  - Alchimie et Théurgie  -  Glande pinéale  -

Chapitre 10 : Magnum Opus -  Synchronicités  -  Paréidolies  -  Les divers rêves  -  Voyage astral  - Don d’ubiquité ou service invisible  -  Eglise intérieure  -  Vers le Grand Œuvre  -  Expériences lunaires et solaires  -  Grande semaine ou Semaine sainte  - Conjuctio Oppositorum  -  Solve et Coagula  -

Chapitre 11 : L’échelle de Jacob  -  Malakim  -  Gardiens du seuil  -  glaives de feu  -  Chérubins  -  messagers et gardiens  -  contemplation angélique  -  la Grande vision d’Ezéchiel  -  Hashmal  -

Chapitre 12 : les Archanges  -  Gabriel  -  Saint Lichel  -  Michaelum  -  Michi Celum  -  Michi celatum  -  Quis ut Deus  -  Michael  -  El  -  Raphael  -  Tobit  - Cécité spirituelle  -  Uriel  -  Auriel  -

Chapitre 13 : Assomption angélique et formes divines  -  Métatron  -  2 colonnes  -  Gémellités célestes originelle  -  Sandalfon  -  l’arcane de la Transfiguration  - Denys l’Aréopagite  -   MacGregor Mathers versus Knorr Von Rosenroth   -  Anges et éléments  - Aller à l’essentiel  - méditer  -  voyage mental  -  persévérer

Chapitre 14 : Le Désert intérieur  -  Anges et oiseaux mystiques  -  le Mercure double  -  les 7 vertus  -  la Rencontre  -  construire un espace intérieur  - Paradis perdu  -  révéler les fêlures  -   les 2 colonnes du Temps  -  Méditation  du désert   -  Merkavah

Chapitre 15 : L’eau double de la Genèse  -  le Sepher Yetsirah   - Emesh, Mem, et le Rosée céleste  -  le Firmament  -  Saphir  - Abysses  -  les vertus théologales  -  Notre Dame des douleurs  -   -  le drame de la création se joue au Mont St Michel  -  Marie-Madeleine  -  Saint Maximin  -  perles d’immortalité  - Ama et Aïma  -  le Tétragramme  -  la coupe d’amertume  -  Marah  -  le dieu Mercure  -  les cornes  -  le Caducée  -  l’Annonciation  -  Myriam  - 

Chapitre 16 : L’Or d’Ophir  -  divers Or  -  La Reine de Saba  -

Chapitre 17 : le Golem  -  Abraham Aboulafia  -  Tsérouf  -  le Vulcain lunatique  -  l’Art du potier philosophal  -  Hybris ou la démesure  -  mort ou vérité ?  -  Adam  embryonnaire  - intuitions cosmologiques  -  Nœuds lunaires  -   la voix des Abysses  -  Supérieurs inconnus  -  La vision magique  - le sel d’harmonie  - les tattwas  - Ether  - les 2 sphères dorées et argentées  -  le Palais des glaces  - le point, la ligne, le triangle, le carré, le Pentagramme, l’Hexagramme, l’Heptagramme, l’Octagramme, l’Ennéagramme, le Décagramme   - 

 

REBIS OU LE SECRET DE L’ALCHIMISTE         LE LABORATOIRE      TRAITḖ D’ALCHIMIE OPḖRATIVE –        TOME 2                                   

Séverin  Lobanov

 Edition Hermésia

 2017

Ici se présente le deuxième volume de Rebis ou le Secret de l'Alchimiste, consacré au Laboratoire. Sont exposées en clair, souvent pour la toute première fois, les techniques et manipulations concrètes se rapportant à la voie alchimique d'Alexandre von Suchten qui est aussi celle suivie par Nicolas Flamel, Eyrénée Philalèthe ou encore le grand Isaac Newton... Confection et Purifications du Régule martial étoilé, Cohobation du Lunaire issu des Colombes de Diane avec le Mercure sophique, Laveures, Aigles volantes, Grande Conjonction : ces prestigieuses Opérations aux noms si mystérieux sont décrites ici dans l'ordre et avec précision, le propos étant parfois même soutenu par un croquis, une photo, voire une petite synthèse. Matières, matériels employés sont indiqués avec clarté.

 

Et l'exposé ne limite pas son propos à la seule voie mercurialiste de von Suchten... Contrairement à une idée reçue, ces techniques ne relèvent pas du Secret absolu car seul l'Alchimiste travaillant parallèlement en Oratoire les Opérations pratiquées par ailleurs au Laboratoire, et surtout ayant obtenu les signes attendus, peut espérer déverrouiller les serrures bloquant au profane l'entrée dans la Roseraie des Sages... L'Oeuvre se protège lui-même, défend seul ses accès vers la Merveille, le Rebis, et c'est pourquoi il est licite d'en parler. Ora et Labora !

 

Comme vous le savez, les alchimistes du Moyen-Âge pratiquaient l’alchimie matérielle (ou opérative) dans le secret de leur laboratoire, à l’aide d’outils et d’instruments insolites, parmi lesquels des cornues, des alambics, des creusets, sans oublier l’athanor, foyer principal des opérations. Leur but était de transmuter des métaux vils (généralement le plomb) en or, selon un processus qui comportait plusieurs étapes (sept d’après la plupart des livres de référence).

 

À l’issue de ce processus, ils étaient censés obtenir la Pierre Philosophale qui, après avoir été réduite en poudre et projetée sur le métal en fusion, transformait celui-ci en or. Cela étant, rien ne permet d’affirmer qu’ils y soient vraiment parvenus.

Si l’Art Royal ou Grand Œuvre fait partie intégrante de la Tradition rosicrucienne, les sociétés initiatiques s’adonnent plutôt à l’alchimie spirituelle.

Celle-ci consiste à travailler sur nous-mêmes, afin de transmuter nos faiblesses et nos défauts (nous en avons tous) en leurs qualités opposées : pessimisme en optimisme, impatience en patience, paresse en courage, orgueil en humilité, intolérance en tolérance, etc.

Le but d’une telle alchimie est de devenir meilleur sur le plan humain, avec tout ce qui en résulte de positif pour nous-mêmes et pour autrui. Malheureusement, trop peu de personnes ont conscience de l’intérêt et même de la nécessité de se livrer à cette transmutation mystique, ce qui explique en grande partie l’état quelque peu chaotique du monde.

 

Certes, il est difficile de transmuter un défaut, car tant qu’il n’est pas maîtrisé, il fait partie intégrante de notre personnalité et tend à s’exprimer chaque fois que les circonstances lui sont “favorables”. Pour réaliser sa transmutation, il ne faut surtout pas le combattre, car un tel combat le nourrit et lui donne encore plus d’importance. Comme je l’ai dit précédemment, on doit s’évertuer à lui substituer graduellement la qualité opposée. À titre d’analogie, le seul moyen de vaincre l’obscurité est d’y apporter la lumière. Au début, un tel processus est difficile, mais avec le temps, il vient un moment où cette qualité nous devient “naturelle”. Dès lors, le défaut concerné a été transmuté.

Si l’alchimie spirituelle est fondamentale pour transmuter graduellement nos défauts en leurs qualités opposées et en venir ainsi à exprimer ce qu’il y a de meilleur en nous, une autre forme de transmutation est tout aussi nécessaire : celle qui consiste à remplacer toute pensée négative qui nous vient à l’esprit par une pensée positive. Par «pensée négative», il ne faut pas entendre uniquement les pensées empreintes de méchanceté, de rancune, de jalousie, de vengeance, etc. Il faut entendre également les pensées générées par la crainte, l’angoisse, le pessimisme, le manque de confiance en soi, etc. Que nous en ayons conscience ou non, elles nuisent à notre bien-être général et sont à l’origine de nombreux troubles psychologiques et physiques.

 

Quel intérêt y a-t-il à pratiquer l’alchimie spirituelle et mentale ? La réponse à cette question tient en un seul mot : s’améliorer. Mais pourquoi s’améliorer ? En premier lieu, pour devenir une meilleure compagnie pour soi-même, car tout défaut majeur est une cause de mal-être et fait de nous un ennemi de nous-mêmes. En second lieu, pour devenir une meilleure compagnie pour les autres, qu’il s’agisse de nos proches, de nos amis, de nos collègues de travail, de nos voisins, etc. En troisième lieu, pour devenir un meilleur citoyen et contribuer ainsi à l’amélioration de la société. Mais d’un point de vue rosicrucien, ces trois raisons se confondent en une seule : si nous vivons sur Terre, c’est pour nous parfaire en éveillant ce qu’il y a de plus divin en nous, ce qui suppose d’avoir une approche spiritualiste de l’existence.

 

Au sommaire de ce 2e tome du Rebis :

 

Première partie :  L’embarquement vers Cythère   -  La Materia Prima  -   de la Tourbe des philosophes  -  Amaroli  -  Arcanum Liquoris Immortalis  -  La querelle de l’antimoine  -  Antimonium  -  Le régule étoilé  -  Le filet ou rets subtils  -  Eyrénée Philalèthe  -  Témoignages des philosophes  -  Alexander Von Suchten  -  La stibine  -   Le Laboratoire  -  le four  -  la lingotière  -  les creusets  -  le concasseur et l’amalgameur  -  l’appareil pour distiller le mercure  -  les coupelles et le bain de sable  -  Ingrédients minéraux et métalliques  -   Or, fer, cuivre, stibine, mercure, cuivre, sels et eaux fortes  -  la naissance du petit roi  - 

 

Deuxième partie : L’Odyssée chimique  -  Mars alchimique  -  Le régule martial  -  préparation du régule martial d’antimoine  -  la Tempête  -  les purifications  -  L’étoile flamboyante des mages  -  L’Estoile internelle  -  les colombes de Diane  -  Méditations lunaires  -   Le lunaire  -  le mercure sophique  -  Polyphonie  -  Le miroir  -  Cohobation  -  Animer notre mercure en Ora  -  Hod  -  Cohober en labora  -  les laveuses  -  Purifier ou vaincre le mal par le mal  -  Terre noire ou damnée  -  blanchir Latone  -   les aigles  -   Aquilae : théorie de Philalèthe  -   Sublimation  -  blanches ou noires colombes  -  Tirer l’Or magique  -  dans la barque du soleil  - 

 

Troisième partie : Terrae Incognitae  -  Conjonction  -  L’entrée ouverte au palais du roi fermé  -  Le Ciel des philosophes  -  Amalgamation de votre chaux d’Or avec le mercure purifié et préparé  -  la poudre rouge  et son utilisation 

Terraformation  -  le feu secret  -  Pontanus et le feu philosophique  -  les deux feux de Philalèthe  -  Feu secret et feu sacré  -  fusion à froid et mémoire de l’eau  -  Finis Gloriae Mundi  -  Robert Boyle  -  Théurgie et oracles Chaldéens  -  les statues des dieux  -  de la fontaine indécente à la fontaine de jouvence  -   la Spagyrie  -   Paracelse  -  Georges Starkey  -

 

Séverin Lobanov est un alchimiste contemporain qui a été confronté très jeune à la possibilité d'une vision différente du monde et de la nature. En effet il a été élevé dans le souvenir d'une arrière-grand-mère fascinante et mystique, aveugle et disciple d'un étrange abbé thaumaturge. Puis, à l'occasion d'un premier mariage précoce, il fait la rencontre déterminante pour sa vocation d'alchimiste avec son nouvel aïeul par alliance, éditeur associatif et correspondant occasionnel de la revue Atlantis. Cet énigmatique et attachant octogénaire fut aussi l'un des exécuteurs testamentaires du mystérieux Philéas Lebesgue, "Paysan de l'Univers" et "Alchimiste du Verbe" comme le surnommait affectueusement son meilleur ami et voisin, le fameux alchimiste Eugène Canseliet qui retiendra sa définition de la Haute Science : "la Science de la Vie", au sens le plus large accordé à ce dernier terme. Toutefois ce n'est qu'après sa rencontre avec Jean Dubuis et ses Philosophes de la Nature que Séverin Lobanov se décidera à se tourner à son tour vers le fourneau opératif du laboratoire et ses travaux bien particuliers

 

 REBIS OU LE SECRET DE L’ALCHIMISTE -  PRATIQUES INTERNES ET PHILOSOPHALES     TOME 3

Séverin Lobanov

Edition  Hermésia

 2018

 

Et si derrière la classique description en Alchimie des travaux canoniques de l'Oratoire et du Laboratoire, un autre propos très secret se dissimulait, se dessinait en creux, comme en filigrane...à l'usage des seuls Initiés, « Solis Sacerdotibus » ? Des considérations d'une portée si haute et si transcendante qu'un Adepte ne pourrait que les évoquer indirectement ... Tel est l'avertissement liminaire qui bien souvent ouvre, voire clôt, les meilleurs traités de Haute-Science, ceux rédigés précisément par ces Adeptes parvenus au terme heureux de leurs Travaux.

Ce troisième et dernier volume de Rebis ou le Secret de l'Alchimiste, consacré aux pratiques internes et philosophales n'esquivera pas la difficulté, bien au contraire... Il sera donc abordé en chemin des thèmes aussi rares et déconcertants que le Corps de Gloire, la Rotation des Âmes ou transfert de conscience, le Tétramorphe, le Livre de la Fécondation des Âmes... Un voyage étrange et initiatique parti depuis la Terre Noire d'Egypte, Alkimia, et nous menant à la rencontre de Phanès, de Khéper ou de l'Acéphale, avant l'arrivée finale à l'autel du Rebis, porte d'entrée vers la mystérieuse Cité des Immortels, Louz... Et les aspects pratiques relatifs à ces Arcanes, à ces opérations internes et philosophales, ne seront oubliés en route mais regroupés dans trois annexes spéciales. Ora et Labora !

Tout d'abord, nous pouvons constater que les termes communs aux traditions maçonnique et hermétique sont nombreux. Ainsi, le Grand Œuvre ou l'Art Royal (la couronne est un élément récurrent de l'iconographie hermétique) sont des mots employés tant par le maçon que par l'alchimiste pour désigner leur quête respective. On connaît l'importance du symbole en franc-maçonnerie, ce langage universel est également fort prisé des alchimistes. Nombre d'œuvres hermétiques parmi les plus célèbres, sont purement iconographiques.

C’est le cas, par exemple, du Mutus Liber ; ou des 17 figures attribuées à Jean Conrad Barchusen. Le soleil, la lune et les étoiles qui ornent nos temples maçonniques sont également des symboles alchimiques. Le soleil représente le principe mâle ; le soufre, tandis que la lune est le principe féminin ; le mercure. On verra ultérieurement que les « noces chimiques » du soufre et du mercure ne sont autres que le Grand Œuvre, et comment il est possible d'y reconnaître un des buts de la franc-maçonnerie.

Sept  étoiles symbolisent les 7 distillations nécessaires à l'alchimiste pour réussir le Grand Œuvre. On retrouve ici la symbolique des nombres chère à toute tradition initiatique. Le nombre 7 est le nombre de la perfection, de l'éternité. Parmi les figures de Barchusen, remarquables tant par leur symbolisme que par leur esthétique, on peut voir le tétragramme au sein de nuées accompagnant une apparition divine. Notons enfin, que les 4 éléments et la pierre jouent un rôle fondamental en alchimie et en franc-maçonnerie, rôle que je détaillerai dans une autre partie de cette planche. Il est possible, me semble-t-il, d'aller plus loin encore que le simple constat d'un langage commun entre l'alchimie et la franc-maçonnerie. Leur but et leur méthode sont les mêmes. Telle est mon hypothèse, et je vais m'efforcer, sinon de la prouver, tout au moins de l'étayer.

Le but du Grand Œuvre est le mariage du soufre (pôle masculin) et du mercure (pôle féminin) par l'action du sel ; principe neutre et élément ternaire qui scelle les deux autres. La légende veut que l'alchimiste, au terme de sa quête, devienne hermaphrodite. L'importance du nombre 3 ; le ternaire qui permet de dépasser les oppositions en une nouvelle synthèse, se retrouve en maçonnerie afin de rassembler ce qui est épars. Un alchimiste a dit : « Le secret consiste à savoir convertir la pierre en aimant, qui attire, embrasse et unit cette quintessence astrale ». L'un est aussi le tout ; selon la formule alchimique,  tout est un et tout se ramène à l'un. C'est là un enseignement initiatique important présent dans nombre de traditions. On distingue deux sortes d'unités : l'unité initiale et l'unité finale, l'alpha et l'oméga, symbolisé par l'image célèbre du serpent qui se mord la queue, souvent présente dans les traites alchimiques. Du magma initial surgit l'ordre final, entre les deux, les alchimistes devinent tout le circuit de la matière transmuée. Chacun sait que le but de tout alchimiste est de trouver la fameuse pierre philosophale. On s'est souvent perdu en conjectures pour deviner la nature réelle de cette pierre. Peut-être est-il possible d'y voir plus clair en raisonnant en maçon.

La pierre philosophale ne serait-elle pas notre pierre taillée ? Ne symboliserait-elle pas l'adepte accompli ? Quelle différence entre passer du vil plomb à l'or alchimique et passer de la pierre brute à la pierre taillée ? Deux terminologies différentes peuvent fort bien traduire une même réalité. En franc-maçonnerie, on comprend vite que la pierre n'est autre que le franc-maçon lui-même, et le travail initiatique un travail sur soi. De leur côté, bien des alchimistes ont reconnu que la coction finale avait lieu simultanément dans l'athanor de briques et dans celui du  cœur. Jung, qui s'est intéressé à l'alchimie, pensait que l'œuvre opérative n'était que la projection de l'Œuvre intérieure. L'artiste et l'Œuvre, à l'instar du temple intérieur et du temple extérieur, ne font qu'un. Il apparaît donc que le but de l'alchimie semble bien être le même que celui de la franc-maçonnerie, à savoir le perfectionnement constant de l'initie.

Voyons maintenant ce qu'il en est de la méthode. Oswald Wirth estimait que l'initiation maçonnique, en particulier l'épreuve de la terre, résumait l'essentiel du processus alchimique. Lors de l'initiation maçonnique, le récipiendaire est tout d'abord dépouillé de ses métaux. La première opération alchimique consiste à débarrasser la matière première, nous parlerions nous de la pierre brute, de toutes ses impuretés. Ensuite, le futur franc-maçon est placé dans le cabinet de réflexion où il mourra en tant que profane. En alchimie, la putréfaction ou Œuvre au noir, se déroule dans l'Œuf philosophique hermétique, scellé. L'hermétiste Jacob précise que « la fin du Grand Œuvre est de se débarrasser, quand il le voudra, de la chair corruptible sans passer par la mort ».Au sein du cabinet de réflexion se trouvent de nombreux symboles alchimiques. A commencer par le sel, le soufre et le mercure ; éléments essentiels du Grand Œuvre dont le rôle a été évoqué précédemment. N'oublions pas le coq qui annonce le lever du soleil et qui, selon Fulcanelli, symbolise un autre élément alchimique, le vif argent. Enfin, bien sûr, la célèbre formule alchimique V.I.T.R.I.O.L. : visita interiora terrae, rectificando invenies occultum lapidem.

On a vu que le franc-maçon et l'alchimiste étaient à la fois maître d'Œuvre et matériau ; la formule  V.I.T.R.I.O.L. qui invite à l'introspection indispensable à toute initiation va dans ce sens. J'ai évoqué Jung, ici le parallèle avec la psychanalyse s'impose. N'est-ce pas en visitant les profondeurs de l'Homme, dans les ténèbres intérieures, que le psychanalyste va chercher la lumière, la vérité de l'être ? Chaque épreuve de l'initiation maçonnique correspond à une étape du processus alchimique. L'épreuve de l'air : le subtil se dégage de l'épais. L'épreuve de l'eau : la purification par l'eau, la distillation ou Œuvre au blanc. L'épreuve du feu correspond à la calcination, l'Œuvre au rouge qui annonce l'aboutissement du Grand Œuvre. L'initiation maçonnique et l'Œuvre alchimique peuvent se résumer en une suite de purifications successives tendant à la pureté absolue. On peut également noter que le travail de l'alchimiste, tout comme celui du maçon, doit s'effectuer à couvert ; condition sine qua non de la réussite du Grand Œuvre. Ainsi de nombreux auteurs hermétistes soulignèrent le fait qu'il doive toujours y avoir à la porte du laboratoire, une sentinelle armée d'un glaive flamboyant pour examiner tous les visiteurs et renvoyer ceux qui ne sont pas dignes d'être admis. Le rapprochement avec le frère couvreur et le tuilage est évident. En conclusion, il semble légitime de penser que l'alchimie est bien une philosophie initiatique et qu'il existe effectivement un message hermétique, un but et une méthode assez proches de ce que nous connaissons en maçonnerie. L'alchimie étant historiquement antérieure à la franc-maçonnerie spéculative, on peut en déduire que l'hermétisme a inspiré les premiers maçons.

 

ROBERT  FLUDD. ALCHIMISTE ET PHILOSOPHE ROSICRUCIEN

SERGE  HUTIN

ÉDITION SAVOIR POUR ÊTRE

 1994

Robert Fludd (1574-1637) fut l’un des derniers vrais « homme de la Renaissance », à qui aucune science n’était étrangère et qui s’efforçait d’embrasser la totalité des connaissances humaines. Né dans l’Angleterre élisabéthaine, il devint un hermétiste convaincu en voyageant sur le continent, puis, de retour à Londres, entama une carrière de médecin paracelsiste. Ses volumineux écrits sont consacrés à défendre la philosophie des alchimistes et des Rose+Croix et à appliquer leurs doctrines à une vaste description de l’homme, des sciences alchimiques et de l’univers.

 

En exposant les idées d’harmonies cosmiques, de multiples niveaux d’existence et de leurs corrélations, Fludd résume les enseignements ésotériques communs à tous les âges et à tous les peuples. Très en avance sur son temps à divers égards, il reconnut l’universalité de la vérité, lui réservant un accueil favorable, qu’elle vint de source catholique, de la kabbale, de Pythagore, de Platon ou d’Hermès Trismégiste.

 

Fludd possède au plus haut degré l’art d’exprimer sous forme graphique sa philosophie et sa cosmologie, et les nombreuses planches qui illustrent ses œuvres furent gravées par les meilleurs artistes de l’époque.

5e fils d’une famille noble, il est élevé dans l’Anglicanisme, après d’excellentes études dans plusieurs disciplines, il s’éveille  à la littérature hermétique et alchimique. Il vit en ascète et s’enferme dans un mysticisme inné, il restera célibataire et voyagera beaucoup, et c’est au cours d’un de ses voyages en Allemagne qu’il sera en contact avec  l’Ordre de la Rose+Croix et qu’il sera initié. Il est en contact avec Michael Maier, rosicrucien de la première heure.

 

Il revient en Angleterre, est reçu Docteur en médecine, s’inscrit au conseil de l’ordre et commence à exercer. Ses traitements sont faits à partir de suggestion, de médecine magnétique et de remèdes classiques. A 42 ans il se met à publier des ouvrages hermétiques en petit nombre, mais ceux-ci ne plaisent pas à l’Eglise qui les met à l’index. En Angleterre par contre c’est le succès malgré des polémiques et des querelles avec ses contradicteurs tel que Kepler, Mersenne, Gassendi et autre Foster.

 

Son œuvre est une véritable Encyclopédie Hermétique tant ses écrits reflètent une grande érudition. Ses maîtres à penser sont : Roger Bacon, A. de Villeneuve, Paracelse, Cornélius Agrippa, Pic de la Mirandole, Plotin, Jamblique et Scott Erigène.

 

Etant très religieux, sa philosophie est une gnose hermétique qui transcende la Raison, c’est un système qui cherche à résoudre par l’illumination les problèmes fondamentaux, mais en fait ses théories seront celles de la théosophie rosicrucienne.

 

Fludd considère que deux Principes se disputent le monde : le bien et le mal (Dieu et le diable). Il pense que Dieu et le monde sont une seule et même chose vue sous deux aspects différents. Le monde est le reflet de la divinité, le miroir où le Dieu inconnu se révèle. L’univers est hiérarchisé selon les deux principes existant en Dieu : le positif et le négatif. Le Monde se divise lui-même en trois mondes : le monde archétypal, le macrocosme et le microcosme, et selon lui tout ces mondes sont doubles. L’homme ou microcosme est une image du monde, donc une image de Dieu, il est ainsi capable d’atteindre par son âme, l’unité divine, mais il est soumis à de nombreuses influences célestes, naturelles ou surnaturelles (d’où la grande importance qu’il donne aux arts divinatoires).

 

Est expliqué dans cet ouvrage :

L’œuvre et les ouvrages de Robert Fludd, son œuvre scientifique et les sources du système, les diverses querelles, sa philosophie religieuse (philosophie hermétique rosicrucienne), Dieu et le monde, la création, la chute et la rédemption selon l’ésotérisme hermétiques des Roses+Croix, les trois mondes et leurs divisions, grandeur et misère de l’Univers et de l’homme, les Fins dernières.

 

ROBERT FLUDD Philosophe hermétique et arpenteur de 2 mondes

Jocelyn GODWIN

Edition UN LIVRE DE LA VUE

 1980

124 illustrations ornent ce livre qui nous parle du macrocosme, de la kabbale, des Pyramides, des vents, de l’homme, du microcosme, et des arts microcosmiques.

 

Longtemps négligé, Fludd apparaît aujourd'hui comme une des plus remarquables figures du xviie siècle. Héritier de la tradition hermético-kabbalistique de la Renaissance, cet esprit encyclopédique, qui se heurta aux milieux du rationalisme naissant, prétendit, à travers une vaste description du macrocosme et du microcosme, restituer dans sa pureté la philosophie éternelle miraculeusement enseignée aux premiers hommes et contenue dans l'Écriture sainte.

 

Né à Milgate House (Kent), Fludd, qui latinisa son nom en de Fluctibus, entra en 1592 à St. John's College, à Oxford. Bachelier en 1596, maître ès arts en 1598, il voyagea ensuite pendant six ans sur le continent, étudiant la médecine paracelsiste et les sciences occultes. Il s'inscrivit ensuite à Christ Church College (Oxford) et fut reçu docteur en médecine (1605). Afin de s'installer à Londres, il demanda à être admis dans le Collège royal des médecins. Refusé en 1606, 1607 et 1608, à cause de son mépris pour le galénisme et de son arrogance, il fut accepté en 1609, et même élu censeur en 1618, 1627, 1633 et 1634.

 

C'est pour défendre les manifestes rosicruciens contre les attaques d'A. Libavius que Fludd publia en 1616 son premier ouvrage, l'Apologia compendiaria, qui reparut en 1617, considérablement augmenté, sous le titre de Tractatus apologeticus. Tout en priant les Rose+Croix de le recevoir dans leur société, Fludd y justifie la « bonne magie » (c'est-à-dire la magie soit « mathématique », soit kabbalistique, celle-ci reposant sur l'invocation des noms des anges), et présente un ambitieux programme de réforme des sciences, inspiré par la Monas hieroglyphica et J. Dee. Toujours en 1617, il fait paraître, sous l'anagramme de Rudolfo Otreb, un Tractatus theologo-philosophicus, sur la vie, la mort et la résurrection (où il aborde le problème de l'origine du mal en se référant à la tradition chrétienne, mais aussi aux Prisci theologi et à des mythes comme celui de Démogorgon)

3 S

soli donius – maÎtre des ÉlÉments

Henri LA CROIX-HAUTE

Edition LE MERCURE DAUPHINOIS

 2003

le bien et le mal (Dieu et le diable). Il pense que Dieu et le monde sont une seule et même chose vue sous deux aspects différents. Le monde est le reflet de la divinité, le miroir où le Dieu inconnu se révèle. L’univers est hiérarchisé selon les deux principes existant en Dieu : le positif et le négatif. Le Monde se divise lui-même en trois mondes : le monde archétypal, le macrocosme et le microcosme, et selon lui tout ces mondes sont doubles. L’homme ou microcosme est une image du monde, donc une image de Dieu, il est ainsi capable d’atteindre par son âme, l’unité divine, mais il est soumis à de nombreuses influences célestes, naturelles ou surnaturelles (d’où la grande importance

 

18 illustrations de cet alchimiste. Philosophe du 18ème siècle qui interprète le grand œuvre à travers les figures hiéroglyphiques des égyptiens. Les 4 éléments sont expliqués dans chaque illustration.

 

Solidonius est le nom d'emprunt d'un « auteur très remarquable et philosophe très éminent », dont on ne sait rien, respectant ainsi l'impersonnalité active de toute authentique quête philosophique et spirituelle. Les dix-huit peintures de cet auteur mystérieux, qui remonterait au 18ème siècle, veulent révéler par l'image les secrets des hiéroglyphes égyptiens. En quel sens faut-il entendre ce projet ? Henri de la Croix-Haute, dans son introduction, écrit : « En sous-titrant « des Egyptiens » les figures du livre, l'auteur a orienté le choix du pseudonyme.

 

Dans l'antique Egypte des pharaons, fils du Soleil, les grands prêtres se devaient de porter le titre de « serviteur du soleil ». En latin Soli est le datif de Sol, -is et donius, dont le suffixe indique la filiation, paraît provenir du verbe grec διδωμι (faire don à, se vouer pour), le suffixe grec -ios exprimant la vocation. Ainsi « Solidonius » signifierait « voué au Soleil, à la Lumière, à Dieu » comme Poseïdonios fut un séide du dieu de la mer et Aristotelius, un partisan d'Aristote. En outre, chez les alchimistes, le sigle astrologique du soleil figure l'or, le feu inné dans la matière, le père de la pierre des Sages ». Dans son exploration du Grand Oeuvre alchimique, Solidonius nous fait rencontrer les Quatre éléments, le Chevalier dans son armure, la Sirène, le Mercure, l'Aigle, le Cheval...

 

SPLENDOR SOLIS - LE LUSTRE DU SOLEIL

Salomon Trismosin

Edition ESH

 2013 

De tous les traités d’alchimie qui furent enluminés, le Splendor Solis est certainement un des plus beaux et un des plus mystérieux, il est en quelque sorte la « pierre philosophale », tant il dépasse ce que l’on a connu antérieurement. Les miniatures sont admirables, ce qui a fait que l’on a oublié qu’elles accompagnées un traité alchimique.

Cet ouvrage aurait pour auteur Salomon Trismosin, une littérature alchimique abondante lui sera attribuée dans les éditions anciennes, mais cela ne résoudra pas le fait de savoir qui était Trismosin, on suppose que ce pseudonyme viendrait de la première miniature du manuscrit, le soleil dessiné sur l’écu a trois soleils à la place des yeux et de la bouche, cela pourrait donc donner : Salomon trois soleils ou Trismosin.

Le traité en lui même appartient à un genre très répandu parmi les alchimistes, celui des « Quintessences des philosophes », c'est-à-dire extrait des « bon traités » souvent accompagnés de notes et d’éclaircissements.

Si on ne sait rien des origines du traité et des miniatures, on pense en savoir un peu plus sur sa rédaction en tant que manuscrit enluminé. Des chercheurs ont étudié cette époque et ont ciblé certains candidats à ce travail.

 

Le manuscrit de Berlin donne les dates de 1532 et 1535, en ajoutant qu’à cette date une famille d’enlumineurs du nom de Solis vivait à Nuremberg, ils étaient également miniaturistes, graveurs et calligraphes, mais s’ils participèrent à l’élaboration de ce traité, ils n’en furent point l’auteur.

La traduction de ce traité assez difficile, fut un travail de longue haleine, avec l’aide des traductions anglaises de Joscelyn Godwin et celui de Julius Kohn, lequel fut membre de la Golden Dawn et participa à l’expansion de cette société ésotérique, il orienta donc cette traduction du traité vers une recherche moins magique mais plus mystique et alchimique.

Cet ouvrage comporte la reproduction des miniatures et de quelques pages calligraphiées des exemplaires qui sont conservés actuellement à Londres, à Berlin et à Kassel, seules ces trois villes ont un exemplaire de ce traité unique, tant par son texte que par ses miniatures, qui expliquent et décortiquent les phases ésotériques et alchimiques de la transmutation de l’homme au fur et à mesure de son cheminement initiatique.

La première partie de ce traité commence par un avant propos qui raille les ignorants et rappelle l’importance des mines dans la recherche de la matière première et l’importance de connaitre les quatre éléments.

La deuxième partie fait l’éloge de la Nature et de retour à l’état primitif des métaux, c’est suivi par des réflexions sur les rapports de l’Art et de la Nature et cela finit par une étude sur la putréfaction.

La troisième partie est un exposé sur le mercure et le soufre, la salamandre et la Vierge, le couple philosophal.

La quatrième partie commence avec 8 paraboles et sept miniatures

La cinquième partie décrit les régimes des planètes avec une certaine logique quoique pas évident ; ces paraboles abordent différentes questions sur la problématique du Grand Œuvre.

La sixième partie est divisée en deux. La première propose quatre courts chapitres, avec pour chacun une miniature qui s’y rapporte (le soleil noir de la putréfaction) et trois autres chapitres qui se rapportent et traitent de la coagulation, de la Sublimation et de la Réunion ; la deuxième, traite des Feux et ensuite des saisons pour œuvrer.

La septième partie expose brièvement les diverses préparations de l’œuvre : Calcination, Sublimation, Trituration et Assation ;

La huitième partie est un récapitulatif final sur les difficultés du Grand Œuvre, il contient enfin une section finale qui expose les effets de la Pierre Philosophale, elle est un éloge de l’Alchimie dans lequel l’auteur rappelle que si l’alchimie se réalise par art, elle nécessite un « don de Dieu » préalable, assimilable à la Lumière de Nature.

Cet ouvrage contient environ 80 miniatures provenant des manuscrits conservés à Londres (les plus belles) puis les miniatures conservés à Berlin et à Kassel. C’est le premier ouvrage qui réunit ces trois origines avec le texte traduit en bon français.

 

SYMPHONIE  ALCHIMIQUE

PIERRE SEA  et  LAURE DE NEITH

EDITION  DE  LA  HUTTE

 2010

Un superbe livre grand format, avec des photos magnifiques et des textes adaptés. La préface est de René Lachaud, grand connaisseur de l’Egypte ancienne, alchimiste et hermétiste reconnu.

 

L’alchimie est la science traditionnelle du perfectionnement des complémentarités, soleil et lune, lumière et ténèbres, masculin et féminin, et des cycles de mort et de renaissance. Toute l’alchimie peut se résumer en deux mots : Solve et Coagula. Il s’agit de dissoudre le fixe et de cristalliser le volatil afin de permettre aux fameuses noces philosophiques de se réaliser. En alchimie moderne (métaphysique) on peut dire que dans notre athanor nous devons prendre conscience que nous devons combattre et maîtriser notre égo, nos passions, nos défauts, abandonner nos idoles, autrement dit dissoudre le fixe, pour laisser passer cette lumière que nous recherchons.

 

Ce mariage royal (art royal) est d’ailleurs perpétué chaque année dans la fameuse galette des Rois, galette qui représente la Pierre des sages, sa forme ronde représente le soleil, et à l’intérieur bien caché se trouve la fève. Fève qui symbolise l’enfant-roi qui va croître et augmentera son pouvoir de transmutation.

 

C’est un livre alchimique fait de rêves poétique, profond et dont les photos couleurs sont une véritable symphonie, un mariage texte-images très réussi

 

QUINTESSENCE

Pierre Séa et Laure de Neith

Edition de la Hutte

 2014

Cet ouvrage de format 30 x 29 s’appelle : « Quintessence » il est la suite de « Symphonie Alchimique » (du même format) sorti il y a 4 ans, il est donc la suite logique et hermétique du précédent.

Symphonie Alchimique représentait le voyage hermétique dans l’intimité du cinabre, c’était là une étape importante sur le chemin labyrinthique qui conduit vers la lumière, cette expérience des voies royales était dédiée au règne métallique, aujourd’hui avec cet ouvrage les auteurs nous proposent les nouvelles expériences et leurs vécu avec le règne végétal.

Pour celui qui n’a jamais œuvré, le règne métallique et minéral semble être un monde éteint. Par contre, la vivacité de l’univers végétal ne surprend personne.

Travailler sur et avec une plante, en dissocier les divers composants, puis les rassembler après les avoir purifiés, constitue une véritable « Alchimie de Nature ». Ainsi recomposée, cette nouvelle plante, régénérée, est débarrassée de son principe mortifère, elle ne subit plus les lois de l’entropie et des cycles, elle retrouve sa forme originelle, son Être premier.

Tout ce labeur s’effectue sous le contrôle des quatre éléments et des trois principes. Ils passent successivement du symbole à la manifestation et nous donne une quintessence.

Cette quintessence est un élixir lorsque les vertus premières de la plante sont orientées à des fins thérapeutiques.

Au 15e et 16e siècle, Paracelce fut un véritable artiste en matière de médecine alchimique et hermétique, qui magnifia l’usage des élixirs. Il a formalisé le Sel ajouté au Soufre et au Mercure jusqu’alors admis, ces trois substances pouvant être décomposées dans chacun des quatre éléments.

Afin de mettre en pratique cet axiome alchimique « Toute chose attire son semblable », l’auteur utilise la quintessence d’une plante comme étant une « pierre liquide » qui harmonise et équilibre nos constituants. Le règne végétal est un règne intermédiaire entre les règnes minéral et animal, cette position médiane permet à l’homme de bénéficier des bienfaits d’une plante régénérée et purifiée sans avoir à la dulcifier.

L’Alchimie végétale est une véritable Alchimie d’école, elle permet de vivre toutes les phases du Grand Œuvre, œuvrer avec une plante, c’est non seulement entrer dans son intimité la plus subtile mais c’est aussi pénétrer la nature toute entière. Observer la Nature différemment, c’est aussi nous inciter à regarder autrement notre propre nature.

Les deux premières images de cet album mettent en scène Paracelce et Durer. Paracelce véritable orfèvre en Alchimie, reconnaissait en Durer son fils spirituel, c’est pourquoi les auteurs ont pris comme image et fil rouge le célèbre « L’homme au chardon » d’Albrecht Durer. Le chardon-Marie tient son nom d’une légende liée à la Vierge Marie, qui aurait donné son sein à l’enfant Jésus sous un bosquet contenant des chardons.

La dernière partie de cet ouvrage intitulée : Archeus et Gurh, n’est pas une voie végétale mais une authentique voie de Nature : la Voie de l’Eau. Eau céleste sous toutes ses formes, rosée, orage, pluie, neige, et démontre que dans la nature et l’univers tout est énergie, et que la matière n’est que de l’énergie densifiée.

L’élément Feu, originel et principiel, se transforme successivement en Air, Eau et Terre, par involution. Tout le travail, de l’alchimiste consiste donc à inverser ce processus afin que l’involution devienne évolution

On sépare chacun des quatre éléments, ensuite on divise chaque élément en trois principes (Sel, Soufre et Mercure), chaque principe est purifié, une fois purifié, on reconstitue par addition tous les Mercures, tous les Soufres et tous les Sels, puis on les unit avec l’Eau mercurielle, ainsi peut se célébrer les noces alchimiques du Mercure et du Soufre, par l’intermédiaire du Sel, on obtient ainsi l’Archeus ou semence masculine.

Enfin on préparera le réceptacle féminin qui s’appelle Gurh ou terre noire de Kemet ou Vierge Noire et qui sera ensemencé par l’Archeus. Il est a noté que ces opérations nous ouvrent des portes vers la mémoire de l’Eau.

Les auteurs de ces ouvrages reconnaissent avoir découvert le fil d’Ariane de ces transformations alchimiques en Egypte à Hermopolis dans le sanctuaire de Thot, et c’est ainsi qu’ils ont pu se relier au monde de l’invisible, au Collège de la Nuit.

3 T

THÉORIES ET SYMBOLES DES ALCHIMISTES – LE GRAND ŒUVRE

Albert POISSON

Editions  TRADITIONNELLES

 1981

15 planches et 45 figures agrémentent ce traité alchimique. On y trouve tous les symboles. L’œuf philosophique, l’athanor, le feu, le souffre, le mercure, le sel et l’explication des planches du Mutus  Liber.

 

L'Alchimie fut mêlée, en raison de son origine, chez les Grecs à la magie et à la théurgie. Plus tard, grâce aux philosophes arabes, cette science s'épura. Mais c'est au XVème ou XVIème siècle qu'elle fut assimilée aux sciences occultes proprement dites. Dès lors, un grand nombre d'alchimistes questionna la Kabbale, la Magie (blanche) ou bien encore l'Astrologie pour découvrir la clef du Grand Oeuvre. Paracelse n'admettait parmi ses disciples, selon certains historiens kabbalistiques, que des personnes versées dans l'Astrologie, et comme il l'affirme lui-même : "Mais il me faut revenir à mon sujet pour satisfaire mes disciples que je favorise volontiers quand ils sont pourvus des lumières naturelles, quand ils connaissent l'Astrologie et surtout quand ils sont habiles dans la philosophie qui nous apprend à connaître la matière de tout". (

 

Alors que ses prédécesseurs ou contemporains admettaient simplement l'action des astres dans la génération des métaux, Paracelse allait plus loin et prétendait calculer quand et comment les planètes influaient sur les métaux. Suivant cette doctrine, certains alchimistes alliaient intimement l'Astrologie à l'hermétisme, ils ne commençaient donc jamais une opération sans s'assurer auparavant de l'influence favorable des planètes. C'est encore à Paracelse que l'on doit d'avoir introduit des données kabbalistiques dans l'Alchimie. Il a condensé ses doctrines occultes dans son "Traité de philosophie occulte" et dans ses "Archidoxes magiques".

Avant lui, B.Valentin avait fait quelques essais dans le même sens. Il décomposa le mot "Azoth" de la façon suivante : "Azoth, commencement et fin, car il est A et O, présent en tout lieu. Les philosophes m'ont orné du nom d'Azoth, les latins A et Z, les grecs Thau, les hébreux aleph, tous signifient et font Azoth" (l'azote des philosophes). Après Paracelse, on ne trouve guère que deux auteurs ayant traité spécialement de la Kabbale alchimique. Ce sont Panthée, prêtre vénitien, et Jean Dee, alchimiste et mathématicien anglais. Panthée a écrit deux traités, dans lesquels on y découvre que le nombre de la génération est 544 et celui de la putréfaction est 772, que le mercure, l'or et l'argent correspondent aux lettre hébraïques : "Seth", "hé", "vau", et autres rêveries semblables. Jean Dee dans son traité "La Monade hiéroglyphique" a essayé de constituer une Kabbale particulière à l'aide des symboles alchimiques. Ainsi, pour lui, la symbolique du mercure représente la lune, le soleil est les quatre éléments. De plus, le signe du soleil représente la monade, figurée part le point autour duquel le cercle symbolise le Monde. Ce curieux traité se trouve imprimé dans le second volume du "Théatrum Chimicum".

Ces alchimistes et quelques autres, tels que Khunrat, Mayer, Blaise de Vigenère, introduisirent dans la science une interprétation nouvelle de la théorie alchimique. Alors que les sciences exactes et naturelles procèdent par induction et par déduction, les sciences occultes procèdent par analogie; ils appliquèrent la méthode de l'analogie à l'Alchimie. Ainsi, ils pensaient qu'il existe trois Mondes; La matière, l'humain et le divin. Dans la matière nous avons le soufre, le mercure et le sel, principes de toute chose; l'humain, ou microcosme, le corps, l'esprit et l'âme réunis; dans le monde Divin, trois personnes en une seule : Dieu. "Ainsi est Trinité en unité et unité en Trinité, car là sont corps, esprit et âme, là est soulphre, mercure, arsenic" (Bernard le Trévisan : "La Parole délaissée"). "Le Grand Oeuvre a, par suite, un triple but dans le Monde matériel : la transmutation des métaux pour les faire arriver en or, à la perfection; dans le microcosme, le perfectionnement de l'homme; dans le Monde Divin, la contemplation de la divinité dans sa splendeur". D'après la seconde acceptation, l'homme représente l'athanor des philosophes hermétiques où s'accomplit l'élaboration des vertus, c'est dans ce sens, selon les mystiques, qu'il faut entendre ces paroles : "Car l'Oeuvre est avec vous et chez vous, de sorte que le trouvant en vous-même, où il est continuellement, vous l'avez aussi toujours, quelque part où que vous soyez, sur terre et sur mer" (Hermès Trismégiste, "Les sept Chapitres").

Les Alchimistes mystiques entendaient par soufre, mercure et sel, la Matière, le Mouvement et la Force. Le mercure, principe passif et femelle, la Matière; le soufre, principe actif et mâle, la Force qui façonne la Matière et lui donne toute espèce de formes par le moyen du Mouvement, qui est le sel. Le sel, c'est le moyen terme, c'est le résultat de l'application de la Force à la Matière, symboliquement, c'est le nouvel être qui prend naissance par l'union du mâle et de la femelle. Cette haute théorie ne semble pas en contradiction avec la science actuelle. La chimie et la physique ne réfutent pas l'hypothèse d'un Matière unique. Hypothèse admise depuis longtemps par la métaphysique comme indispensable à l'explication du Monde. Le savant anglais Crookes appelle cette Matière unique, le protyle; selon sa théorie, nos corps simples actuels ne sont que des polmères du protyle. D'autre part, il est très juste que la Matière n'agit, n'a de propriétés particulières, que lorsqu'elle est en Mouvement; par suite a 273° au-dessous de zéro, au zéro calorique absolu les propriétés chimiques sont nulles, l'acide sulfurique est sans action que la potasse caustique; enfin l'unité de la Force s'impose aussi aux physiciens.

 

Quel est le savant qui fait aujourd'hui une différence entre la cause du magnétisme de la chaleur, de l'électricité, de la lumière, du son. Les fluides n'existent plus, ils sont remplacés par des force réductibles les unes des autres; ce qui différencie la Force d'elle-même à nos yeux c'est le nombre de variation qu'elle imprime à tel ou tel corps. Et encore n'y a-t-il pas de limite absolue, un corps vibrant ou en mouvement, ce qui revient au même, produit d'abord un son; que les vibrations deviennent plus nombreuses, le corps s'échauffe sensiblement et bientôt il se produit des phénomènes lumineux. Où finit le son, où commencent la chaleur et la lumière ? Il n'y a pas d'intervalle.

Il faut ajouter que les Alchimistes n'avaient entrevu cette théorie que partiellement. L'état des sciences à leur époque ne leur permettait pas de donner à cette théorie le développement que nous lui avons donné. Pour eux, comme nous l'avons démontré, la Matière était unique en principe, ils l'appelaient Matière Première ou "Hyle". Ils reconnaissaient aussi une Force universelle, Baudoin, l'appelle magnétisme universel, souffle magnétique. Pour les mystiques, la Force est le souffle de Dieu, principe premier de la vie, du mouvement. Paracelse l'appelle "archée". L'"archée" c'est la Force toujours active, qui, en s'appliquant à la Matière, la met en mouvement, lui donne une forme. Les termes de "ares" et "clissus" ont chez Paracelse à peu près le même sens.

Quant au Mouvement ils l'assimilaient au feu, ce qui est en effet l'image la plus parfaite de la Matière actionnée par la Force. Telle était la haute théorie alchimique que peu d'adeptes ont possédée. Que l'on ne s'étonne pas de cette synthèse, dont le raisonnement avait suffi aux Alchimistes, comme il suffit jadis à Pythagore, Démocrite, ou  encore à Platon pour s'élever à la conception des plus hautes vérités.  Les Alchimistes représentaient cette théorie par un triangle, symbole de l'équilibre absolu. Au premier angle, le signe du soufre symbole de la Force, au second, le signe du mercure, la Matière, au troisième le signe du sel, le Mouvement.

 

TOISON D’OR ET ALCHIMIE

Antoine Faivre

Edition Arché Edidit

 1990

L’expédition des Argonautes, la magicienne Médée, le chevauchée de Phrixos et Hellé sur un bélier à la toison dorée par Hermès, ont inspiré des œuvres innombrables.


Parmi elles, les commentaires alchimiques de ce tronc commun qu’est le mythe grec de la Toison d’Or, représentent une branche originale, elle-même très ramifiée ; ils nous révèlent un aspect passionnant de l’imaginaire ésotérique occidental.

Cette étude est la première à aborder dans leur ensemble les interprétations alchimiques de la Toison d’Or. Elle s’ouvre sur celles qu’en donnèrent des auteurs byzantins, se poursuit avec l’examen des rapports unissant une symbolique du Grand Œuvre et l’Ordre de Chevalerie fondé par Philippe le bon, puis, montre comment l’intérêt de la Renaissance pour la mythologie favorisa les lectures hermétiques de cette histoire.

C’est seulement au XVIIe siècle, avec Guillaume Mennens puis Michael Maier et une littérature de type rosicrucien, que s’épanouit une véritable herméneutique du Bélier d’or et de Jason.
Celle-ci connut au siècle des Lumières une fortune singulière, notamment en Allemagne, avec des commentateurs comme Hermann Fictuld et Ehrd de Naxagoras dont les méditations sur la Toison d’Or et l’Alchimie s’épanouissent en discours théosophiques, tandis qu’en France l’exégèse de Dom Pernetty, reste plus rigoureusement opérative.

L’enquête se termine sur la cabale phonétique de deux adeptes au XXe siècle, Fulcanelli et Eugene Canseliet.

Un choix de textes, une note consacrée à la présence de la Toison d’Or dans les rites maçonniques, et un ensemble de documents iconographiques complètent cet ouvrage.

Au sommaire de cet ouvrage :

Des Byzantins aux Rose+Croix - complémentarité de l’histoire et du mythe - du feu Saint Esprit à Philippe le Bon - Artistes, érudits et premiers herméneutes - de la Renaissance à Guillaume Mennens - Le laboratoire à l’enseigne de la Toison d’Or - Michael Maier - J.V. Andreae, et l’alchimie au 17e siècle -

Du siècle des Lumières aux herméneutiques contemporains - Boussole rococo et concordance - Ehrd de Naxagoras - Toison théosophique et or astral - Hermann Fictuld, le soleil d’orient - Exégèses françaises - Dom Pernetty ou le trousseau à une clef - Fulcanelli à l’hôtel Lallemand - Eugene Canseliet et la cabale phonétique -

Textes originaux des longues citations et traductions proposées - Note sur la présence de la Toison d’Or dans la Franc-maçonnerie - nombreuses illustrations -

 

traitÉ de la voie sÉche

Grégoire    Brisse

Edition LE MERCURE DAUPHINOIS

 2006

Ce traité de la voie sèche a des buts diamétralement opposés. Il n’est surtout pas destiné à vous faire pratiquer l’Alchimie, et il se propose de vous expliquer en quoi elle consiste.


Dans ce traité va être patiemment disséqué le Grand Œuvre, tout d’abord dans la théorie afin de vous familiariser avec sa terminologie usuelle et de vous faire saisir l’ensemble de ses implications ; ensuite dans sa réalisation pratique et ce doublement : d’un côté vous assisterez au déroulement séquentiel du processus, et de l’autre vous sera clairement expliqué comment les auteurs ont codé leurs rapports de laboratoire.

 

Nous reprenons le chemin de la pratique alchimique à propos des voies de celles-ci qui ne sont distinguées dans la Tradition qu'en regard des matériaux du laboratoire et en vertu des processus qui sont radicalement différents. La Tradition alchimique a toujours joué sur les mots. Voie longue ou voie courte ne coïncident pas forcément avec voie humide et voie sèche. Le travail au creuset est synonyme de voie sèche, les processus du Premier Oeuvre sont fort différents de ceux du Premier Oeuvre par voie humide.

 

Deux voies en Alchimie :

1 - La Voie Courte, dite du Pauvre ou Voie Sèche.
2 - La Voie longue, dite Voie Riche ou Voie Humide.

 

La Voie Courte est très secrète et correspond au voile de l'Œuvre au Noir. La Voie Longue en honneur dans les écrits hermétiques est souvent décrite dès le commencement de l'Œuvre. C'est d'elle qu'il s'agit lorsque les Adeptes déclarent qu’ils commencent la description de leur opération par le second Œuvre. Elle demande beaucoup de temps, de combustible, des matériaux et des vases coûteux. Cette Voie Longue pénible et ruineuse est utilisée dans le second Œuvre par les Adeptes qui ont parcouru déjà la Voie Courte ; et inversement, (ne pas oublier que, non seulement tout est double ! mais que les choses se croisent aussi !) elle est parcouru en premier par les étudiants, car c'est la seule chose qui leur est enseigné avec une abondance de descriptions, ayant pour but de voiler la Vérité simple et digne de Maât de la Voie Courte.

 

La Voie Courte n'est accessible qu'aux pauvres, aux simples d'esprits. Cette Voie est symbolisée par le voyage en Orient de Jacques Cœur, et le voyage à Saint Jacques de Compostelle de Nicolas Flamel (l'allé par Voie terrestre et le retour par Voie maritime). En Alchimie, ce sont les Rétrogradations et Réincrudation qui permettent de réanimer les corps inertes en les remettants dans leur état Originel. Alors le vieil étudiant arrivé au soir de sa recherche, ruiné par ses errances ses convoitises et rêves futiles, abandonne enfin tous ses espoirs de gloires et de reconnaissance et s'en remet à Dieu et pénètre dans l'entrée du Tartare situé en Occident pour se diriger en Orient là où il retrouvera son cœur d'enfant, et devenir : " Je suis celui qui suis". Mourir, changer de corps pour renaître, abandonner l'ego. Ainsi la Voie Courte est ce voyage en Orient voilé par l'Œuvre au noir.

 

La Voie Longue, comparable au voyage en Occident, est quasiment l'unique voie empruntée par les Adeptes. C'est la Voie exotérique ; et elle s'adresse bien-sûr à notre ego, puisque basé sur le monde matériel de la Manifestation. Elle sert à s'améliorer en se perfectionnant. C'est la Voie des expérimentations et exercices avant de commencer le Grands Œuvre, qui ne s'adresse qu'aux Éveillés, aux Nouveaux nés. Pour renaître à son Origine de conscience universelle et immortelle, il faut le faire durant son vivant, sans casser son vase ou corps physique, ce creuset des Adeptes ; je pense au drame de l'Adepte Albert Poisson, mort à Paris d'épuisement et si jeune.

 

Je retiens le plus souvent possible cette si belle citation que l'on trouve dans les contes russes : " Conter c'est vite fait, agir c'est bien plus long ".Aussi la Voie Courte est le fait de CONTER : et la pratique ou Voie Longue est le fait d'AGIR. Mais il faut croiser ! puisque le " conter " est secret. La Voie Courte et la Voie Longue sont une variation du Solve et Coagule et des Croisements de l'influx des deux Serpents du Caducée d'Hermès. Enfin, garder du BON SENS : pour pouvoir donner aux pauvres, il faut posséder au moins quelque chose ! Déjà ces courtes lignes sur les deux Voies peuvent paraître simples mais, en faîte, les deux Voies laissent entrevoir la complexité de tous les Croisements possibles.

 

traitÉ symbolique de la pierre philosophale

 J. Conrad barchusen

Edition RAMUEL

 1996

En médiéviste éminent, il analyse le testament conservé aux archives nationales ainsi que divers actes qui mentionnent maître Nicolas, généreux donateur et constructeur de multiples édifices. Nigel Wilkins s’interroge, en outre, sur les divers ouvrages alchimiques qui lui furent attribués, et notamment sur le fameux « Livre des figures hiéroglyphiques », mettant en scène Nicolas et sa femme Pernelle, et qui, jusqu’à nos jours, reste à la source de nombreuses méditations occultistes.

 

78 planches alchimiques énigmatiques. Le rapport avec les 78 lames du tarot ésotérique est facile mais pas évident, malgré tout on y retrouve l’esprit des 22 lames majeures du tarot. Les 18 premières lames se retrouvent dans les 18 premières figures, les 4 autres étant les dernières. Correspondance intéressante entre le processus alchimique et le pèlerinage de l’âme du tarot.

 

« Plaçons de l’eau dans une petite boîte de verre circulaire dont les bords ont un centimètre de hauteur (boîte de pétri) et maintenant au lieu de la chauffer plein pot, chauffez tout doucement, très doucement. Vous verrez des courants se former et puis plusieurs cellules apparaîtront, qui ne seront pas sans évoquer les membranes des cellules vivantes. On appelle ces formes hétérogènes qui surgissent de l’homogénéité de l’eau des structures dissipatives. Vous comprenez pourquoi le Feu est pour les alchimistes le moteur de leur œuvre et aussi celui de la manifestation de la vie dans cette douce chaleur qui caractérise le ventre de toutes les mamans ? Inversement, si vous pensez à la casserole d’eau bouillante, comprenez-vous pourquoi le feu trop fort peut tuer ? C’est d’ailleurs pour cette même raison que les alchimistes disent que le feu tue. Alors, quand vous verrez un alchimiste devant un four, soyez prudent, il peut fort bien travailler à tout autre chose qu’à son Grand Œuvre.

 

Si nous regardons la deuxième figure des dix-sept de Jean Conrad Barchusen qui daterait (d’après Barchusen) de 1635, nous voyons l’alchimiste à genou, priant à côté d’un lit bien fait. En face lui, sort de l’homogénéité de l’air la divinité la tête surmontée d’un triangle de Feu. On remarque immédiatement que cette vision est issue de l’homogénéité de l’air car tout ce qui est à côté de cette manifestation disparaît. Si le lit bien fait traduit les veilles de l’alchimiste, il indique cabalistiquement qu’il faut bien lire la gravure. Les pieds de l’orant sont presque sous le lit, ce qui indique bien le sous entendu cabalistique. Cette interprétation est confirmée par le livre ouvert en premier plan. J’arrête là cette interprétation car je ne sais encore comment procéder pour calibrer une image afin qu’elle puisse illustrer cet article.

 

Dans cette gravure, c’est la prière qui est à l’origine de cette hétérogénéité de l’air faisant apparaître ce personnage divin.  L’hétérogénéité peut être provoquée de différente manière notamment par la magie. Ainsi, une personne âgée aujourd’hui décédée depuis trente ans me racontait qu’elle avait assisté, au début du XXe siècle, à Limoux (Aude) à une apparition qui épouvanta une partie de la ville. Un cheval géant parcourait les rues au grand galop. Il s’engagea sur un pont traversant l’Aude et plongea dans le fleuve où il disparut. Il a donc été dissous dans l’homogénéité de l’eau d’où il avait du sortir et prendre son autonomie.

 

Le « mythe » du Golem, des hébreux cet être humain artificiel animé, prends ici tout son relief ! En alchimie, la réussite réside en la capacité de l’adepte à créer l’hétérogénéité à partir des substances qu’il travaille. Il n’est donc plus question de réactions chimiques, mais de réactions psychiques… Cette aptitude est étroitement assujettie à la dimension spirituelle de l’adepte, à sa capacité à maîtriser le silence de sa pensée. Les matières peuvent alors manifester en petit la genèse des mondes et se transformer en pierre philosophale. Partir comme un benêt à la recherche des pouvoirs paranormaux est la pire erreur et la pire perte de temps que l’on puisse faire ».

 

TROIS  ANCIENS TRAITÉS D’ALCHIMIE

Calligraphie et Prolégomènes d’EUGÈNE CANSELIET

EDITION J.J. PAUVERT

 1996

Dans la grande tradition de l’alchimie, ces trois textes anciens sont des classiques. Ils sont ici transcrits, de la main d’Eugène Canseliet lui-même, d’après un très beau manuscrit du XVIIe siècle qui faisait partie de la bibliothèque de Fulcanelli.

 

Ce livre se présente donc comme un fac-similé d’un étonnant travail de calligraphie exécuté il y a plus de cinquante ans dans le respect et l’amour de la minutie des scribes d’autrefois pour qui, écrire à la plume était un des Beaux-Arts.

 

L’auteur de ces traités, le Chevalier Inconnu, acheva le Grand Œuvre avec succès. Les deux autres, Gobineau de Montluisant et Lavinius de Moravie, manifestent un tel savoir de l’élaboration philosophale qu’il est très vraisemblable qu’ils atteignirent, eux-aussi, le niveau supérieur de la connaissance alchimique.

 

La réédition de ces trois traités est donc un événement pour les Curieux en général et les Etudiants en particulier, tant du fait de leur importance sur le plan de la science alchimique que par leur rareté de ces œuvres qui restaient encore, jusqu’à aujourd’hui ; totalement introuvables.

 

 

3 U

 

UN ALCHIMISTE RACONTE

Patrick Burensteinas

Edition Massot

2017

Ils sont rares, on en compte dix par siècle. Patrick Burensteinas est l'un d'eux. Mais oubliez l'image du vieux barbu en cape violette. Scientifique de formation, il a passé des années dans son laboratoire à faire des expériences d'alchimie opérative au creuset. D'abord, pour se prouver à lui-même que " ça ne marchait pas "... et puis parce que ça a marché. L'impossible est devenu possible. Il y aurait donc une âme derrière la matière ? C'est vers un or tout autre que s'est tournée sa quête. Une quête de lumière d'ordre métaphysique. Car c'est en œuvrant à être soi-même " aligné " que l'on parvient à la pierre philosophale. Aujourd'hui, c'est cet éveil qu'il souhaite transmettre au plus grand nombre. Après avoir réalisé des documentaires filmés, de nombreuses conférences et des voyages initiatiques sur des lieux sacrés, il est désormais contacté pour du conseil par des grandes marques, soucieuses de donner du sens à leurs produits.

 

L'alchimie a beau être multimillénaire, c'est un art qu'il souhaite mettre au coeur de la cité des hommes et en prise avec notre époque. Ce livre raconte le parcours de ce chercheur d'or, ce qui a présidé à sa création, pourquoi nous sommes là, ce qui nous attend après la mort, mais aussi ce qui gouverne nos émotions et de quelle façon nous pouvons tendre, nous aussi, vers la lumière qu'est la paix intérieure. Une leçon de sagesse ordinaire qui passe par les méandres de l'extraordinaire.

 

Comme vous le savez, les alchimistes du Moyen-Âge pratiquaient l’alchimie matérielle (ou opérative) dans le secret de leur laboratoire, à l’aide d’outils et d’instruments insolites, parmi lesquels des cornues, des alambics, des creusets, sans oublier l’athanor, foyer principal des opérations. Leur but était de transmuter des métaux vils (généralement le plomb) en or, selon un processus qui comportait plusieurs étapes (sept d’après la plupart des livres de référence). À l’issue de ce processus, ils étaient censés obtenir la Pierre Philosophale qui, après avoir été réduite en poudre et projetée sur le métal en fusion, transformait celui-ci en or. Cela étant, rien ne permet d’affirmer qu’ils y soient vraiment parvenus.

Si l’Art Royal ou Grand Œuvre fait partie intégrante de la Tradition rosicrucienne, les Rose-Croix, les ésotéristes et autres spiritualistes actuels s’adonnent plutôt à l’alchimie spirituelle.

Celle-ci consiste à travailler sur nous-mêmes, afin de transmuter nos faiblesses et nos défauts (nous en avons tous) en leurs qualités opposées : pessimisme en optimisme, impatience en patience, paresse en courage, orgueil en humilité, intolérance en tolérance, etc. Le but d’une telle alchimie est de devenir meilleur sur le plan humain, avec tout ce qui en résulte de positif pour nous-mêmes et pour autrui. Malheureusement, trop peu de personnes ont conscience de l’intérêt et même de la nécessité de se livrer à cette transmutation mystique, ce qui explique en grande partie l’état quelque peu chaotique du monde.

 

Certes, il est difficile de transmuter un défaut, car tant qu’il n’est pas maîtrisé, il fait partie intégrante de notre personnalité et tend à s’exprimer chaque fois que les circonstances lui sont “favorables”. Pour réaliser sa transmutation, il ne faut surtout pas le combattre, car un tel combat le nourrit et lui donne encore plus d’importance. Comme je l’ai dit précédemment, on doit s’évertuer à lui substituer graduellement la qualité opposée. À titre d’analogie, le seul moyen de vaincre l’obscurité est d’y apporter la lumière. Au début, un tel processus est difficile, mais avec le temps, il vient un moment où cette qualité nous devient “naturelle”. Dès lors, le défaut concerné a été transmuté. Si l’alchimie spirituelle est fondamentale pour transmuter graduellement nos défauts en leurs qualités opposées et en venir ainsi à exprimer ce qu’il y a de meilleur en nous, une autre forme de transmutation est tout aussi nécessaire : celle qui consiste à remplacer toute pensée négative qui nous vient à l’esprit par une pensée positive. Par «pensée négative», il ne faut pas entendre uniquement les pensées empreintes de méchanceté, de rancune, de jalousie, de vengeance, etc. Il faut entendre également les pensées générées par la crainte, l’angoisse, le pessimisme, le manque de confiance en soi, etc. Que nous en ayons conscience ou non, elles nuisent à notre bien-être général et sont à l’origine de nombreux troubles psychologiques et physiques.

 

Quel intérêt y a-t-il à pratiquer l’alchimie spirituelle et mentale ? La réponse à cette question tient en un seul mot : s’améliorer. Mais pourquoi s’améliorer ? En premier lieu, pour devenir une meilleure compagnie pour soi-même, car tout défaut majeur est une cause de mal-être et fait de nous un ennemi de nous-mêmes. En second lieu, pour devenir une meilleure compagnie pour les autres, qu’il s’agisse de nos proches, de nos amis, de nos collègues de travail, de nos voisins, etc. En troisième lieu, pour devenir un meilleur citoyen et contribuer ainsi à l’amélioration de la société. Mais d’un point de vue rosicrucien, ces trois raisons se confondent en une seule : si nous vivons sur Terre, c’est pour nous parfaire en éveillant ce qu’il y a de plus divin en nous, ce qui suppose d’avoir une approche spiritualiste de l’existence.

 

Au sommaire de cet ouvrage :

 

1. Qu'’est-ce l’alchimie et comment j’y suis arrivé. Les grands principes de l'alchimie (l'oeuvre au noir/blanc/rouge, sel/soufre/mercure...). Visite guidée du laboratoire d'un alchimiste. La découverte de la pierre philosophale et en quoi ça a changé ma vie.


2.
L’alchimie, une autre vision du monde - Pourquoi venons-nous au monde et que se passe-t-il après la mort ? La vraie quête derrière celle de l'or (celle de l'unité et de la lumière). Que se passe-t-il quand on rêve ? Qu'est-ce que la réalité non ordinaire ?


3.
Les symboles alchimiques sont partout - La langue des oiseaux (le sens caché des mots). Récapitulatif des symboles. L'alchimie dans l'art et l'architecture sacrée. La Bible décryptée et corrigée (l'arche de Noé, le déluge, la mer Rouge et autres miracles). Les contes et les comptines à la lumière des symboles alchimiques. Littérature et alchimie (de Rabelais à Tintin en passant par le Petit Prince)


4.
Comment j’ai décidé d’appliquer l’alchimie au monde des hommes et à notre époque -  L'invention de la Trame (méthode thérapeutique). La voie royale (l'expérience de la pierre philosophale dans son propre corps). La carte métallique. La question de la transmission (séminaires, voyages, disciples...). L'alchimie au quotidien : la gestion des émotions (nourriture, vie de couple.


5.
 Cahier pratique -  Petites expériences d'alchimie opérative faciles à faire à la maison. Remèdes traditionnels inspirés de l'alchimie végétale. Exercices de relaxation inspirés de la voie royale. Conclusion : vivez heureux et agissez !

 

3 V

 

VOIE  DE   L’ALCHIMIE  CHRÉTIENNE  

Séverin      BATFROI

Edition LE  MERCURE   DAUPHINOIS

 2005

La toute première étape de la longue histoire de l’alchimie, se situe aux premiers temps de l’âge du fer au cours duquel l’homme parvient à extraire les métaux des minerais, avec l’aide du feu, grâce à des méthodes de fusion parfaitement maîtrisées. C’est ainsi que le forgeron, ancêtre de l’alchimiste, devient le « prêtre » d’une religion archaïque qui a perduré dans le chamanisme. Peu à peu, à travers l’Egypte, la Grèce, le monde arabe, l’archétype alchimique se nourrit, dans le bassin méditerranéen, du symbolisme des univers religieux qu’il rencontre et qu’il féconde à son tour par des apports originaux d’une grande richesse.

 

Longtemps considérée comme un ensemble de rêveries sans consistance, l’alchimie est sortie de la confidentialité grâce à des travaux universitaires qui ont su en dégager le caractère profondément original. Histoire des sciences, Histoire des religions, psychologie et psychanalyse, autant de domaines où elle occupe aujourd’hui une place indiscutable.


Dans une société où la quête du sens est plus que jamais une préoccupation, le temps est sans doute venu de voir comment et pourquoi la Voie de l’Alchimie chrétienne, qui est une démarche spirituelle d’une grande originalité, peut être reliée au fait religieux et plus particulièrement au christianisme.

 

Grands chapitres étudiés :

Des forgerons archaïques à l’alchimie arabe

Alchimie et christianisme.  La Voie du salut

La Pierre philosophale et le cycle liturgique de Noël

Les cendres du carême et les phases préliminaires du Grand Œuvre

La semaine des semaines des alchimistes

Des ténèbres à la Lumière, et la rédemption de la matière

Le mercure des philosophes, le chaos des sages et le feu secret

 

VOIR LES ÉTOILES AU FOND DU PUITS

Michel  Dziwak

Edition La Pierre Philosophale

 2011

Michel Dziwak nous rappelle que le débat sur les rapports entre l’alchimie et la chimie est ancienne mais de nouveaux éléments de réponse obligent aujourd’hui à reconsidérer des visions parfois trop exclusives.

 

Donc, sans qu’il soit question de retracer l’histoire de l’alchimie, tant, comme on a pu le souligner, la difficulté du sujet est immense, et l’entreprise « périlleuse », il convient cependant pour expliciter les rapports qui peuvent exister entre la science et l’alchimie, de retourner à ses origines et d’examiner ensuite quel statut elle aura au moment où elle pénètre en Europe pour la première fois.

 

Dans une deuxième partie, on verra que les liens entre science et alchimie ne se seraient pas relâcher puisqu’on présente parfois l’un de ses derniers représentants du XXe siècle comme un scientifique, Fulcanelli, car c’est de lui dont il s’agit, offre en quelque sorte une caution à l’alchimie par son double statut de philosophe adepte et d’homme de science aux yeux d’un certain nombre d’alchimistes contemporains.

Si depuis un siècle son identité résiste aux multiples tentatives d’élucidation, son œuvre révèle certains aspects de son savoir et de sa personnalité, si tant est que le personnage ne soit pas une entité regroupant plusieurs individus. Les multiples témoignages allégués au fil des siècles concernant les transmutations effectués laissant derrière elles un certain nombre de médailles et monnaie d’or ou d’argent servant d’autant de pièces à conviction pour attester de la réalité de l’alchimie.

 

Dans la première partie nous verrons si les quelques rares analyses physico-chimiques effectuées sur certaines d’entre elles peuvent apporter un supplément d’information.

 

Au sommaire de cet ouvrage, l’auteur développe les points suivants :

 

Le statut de l’alchimie au Moyen Âge, avec Roger Bacon, Robert Grossetête, Albert le Grand, la ruelle d’or de Pragues.

 

Alchimie de la Renaissance au XVIIe siècle. Avec la redécouverte des œuvres des néoplatoniciens grâce à la traduction du Corpus Hermeticum par Marcile Ficin, Casaubon qui en 1610 démontrera que ce texte n’est pas du temps de Moïse mais, est de facture récente (vers 1100), Paracelse personnage clef de l’alchimie moyenâgeuse. Le problème de l’Alkaest, qui fit couler tant d’encre, et dont parlent Paracelse, Pernety, Glauber et autre Helmont et Kunckel.

 

L’opposition chimie alchimie : une méprise ?

 

Alchimie et Archimie. Pour Fulcanelli « L’aïeule réelle de notre chimie est l’ancienne spagyrie et non la science hermétique elle-même. Il y a deux degrés de recherche dans la science chimique, la spagyrie et l’Archimie. L’archimiste est en définitive un spagyriste cantonné dans le règne minéral et qui délaisse volontairement la quintessence animale et les alcaloïdes végétaux. L’Archimie est une partie de la science qui enseigne la transmutation des métaux.

 

L’alchimie au XVIIIe siècle. Stahl et Lavoisier

 

Le XIXe siècle. Une nouvelle vision de l’alchimie.

 

Le XXe siècle et Fulcanelli. Recherche d’identité. Les relations entre Fulcanelli et Pierre Curie. Fulcanelli est il un scientifique ? Voir les étoiles au fond d’un puits. Le soleil, un astre froid ? Les vitraux alchimiques et un certain Bernard Perrot. Le secret du verre rouge transparent. Le pourpre de Cassius. Fulcanelli et la formule de l’eau, la fabrication de l’or alchimique.

 

Le XXIe siècle et l’alchimie. La radioactivité. Les énergies, les transmutations à basse énergie, les transmutations biologiques, la fusion froide et les phénomènes de réaction nucléaire à basse énergie, les méthodes hydrostatiques, le touchau, les métaux précieux et leur imitation, les sources historiques, recensements et études sur les transmutations, examen des médailles, les nano technologies, les sursauts gamma.

3 Y

YMAGES PHILOSOPHALES par JULIEN CHAMPAGNE - Les planches alchymiques du Mystère des Cathédrales et des Demeures Philosophales

Préface d’Archer

Editions ESH

 2013

L’œuvre de l’alchimiste Fulcanelli, resté à ce jour anonyme comme nombre de ses prédécesseurs, tels Basile Valentin, Le Cosmopolite ou Philalèthe, alors même que certains voudraient les avoir identifiés, est sans doute la manifestation la plus éloquente du regain d’intérêt qui se manifeste actuellement pour l’Alchimie, Science des Sciences qui n’est autre que celle de la Vie. De ce regain, les sources sont sans doute diverses : Impuissance de la science officielle à expliquer valablement le mystère vital, mais aussi persistance d’une Tradition discrète, sinon occulte, qui se poursuit jusqu’à nos jours.

En choisissant d’inscrire ses pas dans ceux de ses devanciers, parmi lesquels, le légendaire Nicolas Flamel, l’Adepte contemporain, au travers de son mystère des Cathédrales et de ses Demeures philosophales, nous a rendu à nouveau sensible, en effet, la signification hermétique de bien des monuments du temps jadis, tout en nous proposant une synthèse personnelle éblouissante de savoir et d’élégance de la théorie et de la pratique alchimique, au travers notamment de « textes classiques » dont le chercheur est appelé à se nourrir.

Nous invitant à nous réapproprier le langage quasi perdu du symbolisme traditionnel, il n’a pas hésité à faire appel, pour mieux illustrer son propos, au talent d’un peintre et dessinateur diplômé de l’Ecole des Beaux-arts de Paris, de surcroît féru d’alchimie et d’ésotérisme: Julien Champagne (1877-1932). C’est à ce dernier, par conséquent, que les deux œuvres actuellement publiées de Fulcanelli, doivent de s’orner « d’un superbe manteau de planches originales ».

Julien Champagne fut un peu martyrisé par les éditeurs qui sortirent les éditions de ces deux livres et Julien Champagne fut un oublié, c’est dommage car il fut un praticien de l’alchimie, il reste un artiste renommé figurant toujours au Bénézit (la Bible des peintres) en tant que peintre et illustrateur de Fulcanelli.

Ce livre est là aujourd’hui pour rendre hommage à ce peintre ésotérique et il nous propose l’intégralité des gravures adornant Demeures et Mystères en leurs éditions originales et en leur adjoignant les planches supplémentaires, figurant dans leurs rééditions initiales. Ainsi nous avons l’occasion d’accéder dans les meilleures conditions possibles à une compréhension optimale du véritable « mystère Fulcanelli ».

L’éditeur ayant pris soin en outre, d’insérer, en regard des dessins superbes de Champagne, une partie du texte fulcanellien, qui les accompagne, et, on peut considérer que l’authenticité du Mystère des Cathédrales et des Demeures se trouve ainsi confortée, voire restaurée. Le lecteur de ce magnifique recueil d’Ymages philosophales autant que philosophiques, où Julien Champagne apparait comme le très digne successeur des Ymagiers du Moyen-Âge, gagnerait à réaliser in fine le fait que ce maître du pinceau et du crayon, fut un peu plus, et certainement beaucoup plus qu’un simple accompagnateur d’images.

Julien Champagne réalisa l’illustration des œuvres de Fulcanelli en 1910 et comme l’a explique Eugène Canseliet, « en alchimie, l’image et le symbole se montrent plus sincères et plus précis que le langage écrit, à condition assurément de savoir en faire la lecture », mais écoutons ce que nous dit J. Champagne en 1908 dans son livre « la vie minérale » : « Concentrer l’énergie minérale sous une forme capable d’opérer la transmutation métallique, enchaîner l’enseignement philosophique aux opérations manuelles ; rendre manifeste et tangible ce qui est occulte par les voies simples de l’expérience, tel est le but de la Science Hermétique.

Les alchimistes, en se basant sur elle, ont atteint ce prodigieux sommet, ils ont cueilli la Rose mystérieuse, en substituant à l’Ombre théorique, la Lumière des réalités concrètes. Ils ont enfin réalisé la synthèse métallique dans ce qu’elle a d’absolu, par l’observation constante, persévérante et raisonné des phénomènes biologiques, l’exclusion de l’hypothèse et la pratique d’une technique aussi prudente que simple et savante. ». Julien Champagne.

Au total ce sont 80 planches qui nous sont offertes, avec pour chaque gravure un texte explicatif correspondant au symbole de la dite gravure.

Ainsi nous est expliqué par le texte et par l’image :

Les quatre vertus –justice, force, tempérance et prudence – qui ornent les angles du tombeau de François II à Nantes - Le phénix - le cadran solaire - Le chevalier de l’apocalypse - L’ Obélisque - La passion - La salamandre - L’arbre sec - Le Baphomet - Diverses portes de maisons et de châteaux - L’enlèvement de Déjanire - Les vieillards symboliques - Saint Pierre et la Véronique - L’homme des bois - Marmoussets et sculptures - Mercure - Servus Fugitivus - Le sujet des sages - Saturne - L’entrée du sanctuaire - Les métaux planétaires - Le chien et les colombes - Solve et coagula - L’esprit universel - Ecusson Symbolique - Le massacre des innocents - Le feu de roue - Le coq et le renard - La rosée des philosophes - La mérelle de Compostelle - Groupe de Tristan et Yseult - Saint Christophe - La Toison d’Or - Chapiteaux et piliers - Hôtel Lallemand - Croix cyclique - L’énigme de la crédence - Les quatre faces du piédestal - Le vaisseau du Grand Œuvre - ………..

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